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| Arrière-plans | ||
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La conquête française du Soudan |
| L'implantation
des Français en Sénégambie
L'origine de l'empire colonial français
de l'Afrique occidentale, qui, rattaché aux possessions françaises
du Golfe de Guinée, allait devenir au début du XXe
siècle l'Afrique Occidentale française, fut le
modeste comptoir fondé en 1626
dans l'île de Gorée par l'association des marchands de Dieppe En 1854 commence le gouvernement de Faidherbe, le fondateur de cette colonie du Soudan. De 1852 à 1861, puis de 1863 à 1865, il poursuit un effort écrasant, établit la domination française au Sénégal. Les commerçants étaient assujettis aux caprices des roitelets maures ou noirs et du paiement de "coutumes", redevances en nature de taux assez arbitraire; même le loyer du sol de Saint-Louis leur était annuellement payé; les Français leur semblaient des vassaux qu'ils toléraient. A la demande des armateurs et négociants, Faidherbe fut nommé gouverneur. Il fit la chasse aux pillards maures, soumit le Oualo, défit les Maures Trarza, puis les Brakna et les Douaïch (1854-58); les coutumes furent remplacées par un droit fixe de 3%, perçu au profit des rois maures sur le commerce de la gomme, mais sur les marchés français. Tandis qu'il combattait la Maures durant la saison sèche, lors de l'hivernage Faidherbe remontait le fleuve jusqu'à Kayes et fondait contre El-Hadj Omar le fort de Médine (1855); il le débloquait après le siège de 97 jours soutenu par les soldats de Paul Holl. Le prophète se reporte sur le Niger. Faidherbe tourne ses efforts vers le Sud du Sénégal, établit le protectorat français sur le Baol, le Sin, le Saloum, la Casamance (1859). L'insurrection des Peuls du Toro est comprimée en 1862 par Jauréguiberry. Faidherbe eut ensuite à lutter contre Lat-dior, chef du Cayor, lequel s'allia à deux disciples d'El-Hadj Omar, Maba, qui dominait le Ripp, et Ahmadou de Podor, chef du Fouta Toro. La politique hésitante suivie envers eux prolongea la lutte; Ahmadou fut tué en 1875 et le Ripp soumis seulement en 1887; la même année périt dans le Niani (près de la Gambie), Mahmadou Lamine, lequel avait excité, en 1886, dans le cercle de Bakel, une redoutable insurrection des Peuls Tidjaniya. La pénétration au Niger. Samori. Mais Faidherbe n'avait pas limité son action à la Sénégambie, dont la mise au pas par l'armée avait permis de quadrupler le commerce en quelques années. Il avait fait explorer par le capitaine Vincent, par l'enseigne Bourrel, par Mage les pays des Maures, par Pascal et Lambert le Bambouk, le Fouta-Djallon, avait envoyé le lieutenant Mage et le Dr Quintin (1863) auprès d'El-Hadj Omar, afin d'étudier la route entre le Sénégal et le Niger. Retenus deux ans à Ségou par Ahmadou Cheikhou, ils procédèrent à une enquête complète qui prépara la conquête. Celle-ci ne fut reprise que par Brière de l'Isle, gouverneur en 1877; il envoya en ambassade à Ahmadou le capitaine Galliéni (1880-81), lequel fit signer au sultan un traité de protectorat et rapporta une étude géographique du pays. Un chemin de fer fut commencé qui, de Kayes où s'arrête la navigation, se dirigea vers le bief navigable du Niger à Bamako; sa première étape était Bafoulabé, où l'on établit un fort (1880); puis le lieutenant-colonel Borgnis-Desbordes construisit celui de Kita (1881) et avança jusqu'au Niger. Voici quelle était alors la situation.
Au Nord de la ligne des postes français, le principal fils d'El-Hadj
Omar, Ahmadou, demeuré maître de Ségou et de Nioro,
commandait le Niger de Sansandig à Nyamina, une partie des Bambara
du Beledougou, le Bakhounou, le Kaarta; ses citadelles méridionales
étaient Koniakary (près de Médine), Koundian sur le
Bafing et Mourgoula. A Dinguiray régnait Aguibou, un autre fils
d'El-Hadj Omar, celui-là allié de la France. Un seul obstacle
sérieux menaçait la puissance des nouveaux maîtres
du pays, du côté du Sud, dans la personne du conquérant,
mandingue Samori Touré (Samory), originaire
du Ouassoulou, qui, après avoir conquis Sanikoro et le Ouassoulou
s'était rendu maître de Kankan (1880),
et, converti à l'Islam En 1882, Borgnis-Desbordes arrive trop tard pour sauver la ville de Keniéra, mais il établit un fort à Bamako, sur le Niger (1883); la destruction de Mourgoula (1883) assure la prépondérance française dans le Baoulé et supprime l'influence d'Ahmadou au Sud du Sénégal. Les Tidianes étant ainsi refoulés au Nord-Est, on les laisse aux prises avec les soulèvements des Bambara fétichistes pour concentrer les efforts contre Samori; Combes bâtit le fort de Niagassola qui couvre la vallée du Bakhoy (1885) et organise le pays. Frey et Galliéni triomphent de l'insurrection de Mahmadou Lamine (1886-87) et battent autour de Niagassola les forces de Samori. Gallieni annexe pacifiquement le Fouta-Djallon et obtient de Samori le traité du 23 mars 1887, cédant à la France la rive gauche du Niger jusqu'au Tinkisso et plaçant le reste de ses États sous le protectorat de la France; un poste est installé à Siguiri, au confluent du Niger et du Tinkisso. Alors a lieu l'expédition du capitaine
Binger; parti de Bamako, il traverse les États de Samori
(1887) et se rend à Sikasso,
auprès de Tiéba, rival de Samori, appuyé sur les Tidjaniya,
qui, parti du Kénédougou, avait enlevé à Samori
le Ouagadougou et organisé une armée régulière
sur le modèle des sofas de Ségou; l'horreur qu'inspiraient
les cruautés de Samori lui valut de nombreuses adhésions;
il battit les armées de son rival en 1886
et l'emporta dans une lutte de plusieurs mois poursuivie autour de Sikasso
(1888). A ce moment, il demanda et
obtint le protectorat de la France. Binger, qui avait préparé
ce résultat, avait poursuivi sa route par Kong, Bondoukou qu'il
plaçait sous le protectorat de la France, visité les États
Mossi Samori négociait
avec les Anglais et dénonçait le traité d'ailleurs
violé par les incursions de ses sofas; le commandant Archinard franchit
le Niger et occupe Kankan, puis Bissandougou que vient d'évacuer
Samori après l'avoir incendiée (1891);
Sanankoro est pris en 1892. Combes
ferme l'accès du Sierra-Leone; les conventions du 10 août
1889,
du 20 juin 1891 et du 21 janvier 1895
délimitent de ce côté la frontière anglaise
arrêtée à la ligne du partage des eaux entre le Niger
et les fleuves côtiers. La même règle fut admise dans
le traité du 8 décembre
1892
qui délimita la frontière avec la république de Liberia.
Réfugié à Kong, Samori en est délogé
par le lieutenant-colonel Audéoud, traqué dans la forêt
et finalement capturé le 29 septembre
1898.
Cinq mois avant, le fils de Tiéba, devenu hostile à la France,
était tué dans la prise de sa capitale Sikasso, enlevée
d'assaut par Audéoud (1er mai 1898).
Le Kénédougou était annexé comme le Ouassoulou.
Il en avait été de même des États d'Ahmadou;
il avait annexé le Macina après avoir empoisonné son
cousin Tidiani et repris la lutte contre la France. Archinard la mena rapidement,
prit Koundian le 18 février
1889,
Ségou le 6 avril 1890, Koniakary
le 16 juin, Nioro le 1er janvier
1891.
Djenné, l'ancienne capitale musulmane du Niger, et Bandiagara en
avril 1893. Les Français établissent
roi ou fama du Macina le frère d'Ahmadou, leur allié Aguibou,
dont l'apanage de Dinguiray est annexé; les Toucouleurs du Fouta
sénégalais y sont renvoyés. Ahmadou se retire dans
le désert où il est réduit au rôle de chef religieux.
Le 10 janvier 1894, le colonel Bonnier
occupe Tombouctou Les zones d'influences des Puissances L'extension du Soudan français vers
l'Est se heurta à des difficultés diplomatiques; la colonie
anglaise du Niger, les colonies anglaises de la Côte d'Or et de Lagos,
la colonie allemande du Togo, revendiquaient comme hinterland les régions
à travers lesquelles les Français s' avançaient partant
du Sénégal ou du Dahomey. Un traité hâtif et
insuffisamment étudié reconnut le 5 mars 1890
aux Anglais le protectorat du Sokoto L'occupation du Sahel saharien au Nord
de la ligne de Saï à Barrona fut confiée à la
mission Voulet-Chanoine qui, après la révolte et la mort
de ses chefs, fut continuée par Pallier et Joalland, rejoints par
la mission Foureau-Lamy à Zinder (1899).
Ils soumirent au Nord du lac Tchad le Kanem et opérèrent
dans le Baghirmi leur jonction avec Gentil venu par le Congo sur le Chari.
Ces trois expéditions françaises venues des trois points
de l'horizon vainquirent et tuèrent à Kousseri le conquérant
du Bornou Les limites orientales de cet empire colonial ont été définies par la convention franco-anglaise du 21 mars 1899, attribuant à la France le Ouadaï et les oasis sahariennes jusqu'au Tibesti. La grande entreprise conçue par Faidherbe, poursuivie par Borgnis-Desbordes, Galliéni et Archinard a été ainsi menée à terme. Les armées françaises ont créé une redoutable armée coloniale formée des tirailleurs sénégalais et soudanais. Et l'on songe à partir de cet instant à mettre en valeur ce vaste espace. Réorganisation du Soudan dit Français Une organisation régulière a été donné au territoire conquis par le décret du 17 octobre 1899. Un décret, qui a consommé ce qu'on a appelé la dislocation du Soudan français, la répartition de ses territoires entre un certain nombre de grandes colonies. Si la conquête avait exigé la concentration des forces, l'exploitation économique, considère-t-on désormais, se fera mieux par la multiplicité des initiatives. On est parti de cette idée que les régions soudanaises, régions intérieures, ont des débouchés naturels différents, selon qu'elles sont plus ou moins voisines de telle ou telle zone côtière. A chacune des quatre colonies françaises riveraines de l'Atlantique a donc été attribué le hinterland dont elle est le débouché normal. Au Dahomey, les pays au Sud de 13° latitude Nord, cantons de Djennaré, Djongoré, Folmongani, Botou, le territoire de Saï et Nebba du Liptako. A la Côte de l'Ivoire, les cercles d'Odjenné, Kong, Bouna et généralement les bassins supérieurs de la Comoé, du Bandama, de la Sassandra. A la Guinée française, le haut bassin du Niger, cercles de Dinguiray, Siguiri, Kouroussa, Kankan, Kissidougou et Beyla. Au Sénégal les cercles de Kayes, Bafoulabé, Kita, Satadougou, Bamako, Ségou, Djenné, Niera, Goumbou, Sokolo, c.-à-d. les pays du haut fleuve et du moyen Niger, l'ancien royaume d'Ahmadou; et de plus le cercle de Bongoum (Ouassoulou oriental). Dans ces pays, où l'armée à relâché sa pression, chaque colonie pousse son chemin de fer de pénétration, de Kotonou vers le bas Niger en amont des rapides; de Bingerville vers Kong; de Konakry vers Kouroussa sur le haut Niger; de Kayes vers Bamako et le moyen Niger. Les territoires de l'intérieur de
la boucle du Niger et ceux du Nord, plus tardivement annexés et
limitrophes des belliqueux Touareg, restent sous l'autorité militaire
et forment comme deux marches protégeant les quatre colonies : au
Nord, le territoire militaire de Tombouctou |
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