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La Révolution française
Organisation intérieure 
de la Convention
Aperçu Causes Constituante Législative Convention Directoire
Comme la Législative, la Convention nationale devait compter 749 membres, auxquels il faut ajouter les députés des départements annexés de 1792 à 1795 et ceux des colonies, dont une partie seulement put venir siéger. Le nombre des députés présents varia beaucoup. Le 17 janvier 1793, en proclamant le résultat de l'appel nominal sur la peine à infliger à Louis XVI, le président déclara, que l'Assemblée était composée de 749 membres et qu'il y avait 721 votants. II y eut 690 votants dans l'appel nominal sur le sursis. Bientôt il y eut beaucoup d'absents par mission ou pour d'autres motifs. Le 13 avril, dans l'appel nominal sur la mise en accusation de Marat, il n'y eut que 360 votants. Le 14 juin suivant, la Convention décréta que deux appels nominaux constateraient les absents sans motif valable et que ceux-ci seraient aussitôt remplacés par leurs suppléants. décret provoqua une plus exacte assiduité. Le 16 juillet, il fut constaté que la Convention se composait de 756 membres, dont 62 étaient absents pour cause de maladie, détention on rébellion, et 71 en mission. Il y avait donc alors 561 présents à Paris. Ce chiffre fut établi d'après le registre des mandats, et un membre fit observer qu'il y avait certainement plus de 561 membres présents, vu que les évêques conventionnels ne touchaient pas d'indemnité comme députés et que plusieurs des suppléants récemment appelés à siéger n'avaient pas encore émargé. Enfin ajoutons qu'aux termes de la loi qui ordonnait la réélection des deux tiers des conventionnels aux Conseils, la Convention; à la fin de sa carrière, se composait de 750 membres. Néanmoins, au fort de la Terreur, il n'y eut en moyenne guère plus de 210 votants. Ce chiffre s'élève après Thermidor, mais sans dépasser beaucoup celui de 300 (Guiffrey, les Conventionnels, p. XXII). Enfin rappelons que 74 députés furent décrétés d'arrestation le 3 octobre 1793 et, sans être remplacés par leurs suppléants, cessèrent de siéger, jusqu'au 18 frimaire an III, époque où ils furent rappelés dans le sein de la Convention. Bien que ces députés fussent réellement au nombre de 74 par suite d'une faute d'impression qui, dans la liste officielle, réunit deux de leurs noms en un seul, on les appelle vulgairement les soixante-treize. Voici la liste exacte des soixante-quatorze, par ordre de départements :
Ain : Royer; Basses-Alpes : Maisse, Peyre; Hautes-Alpes : Serre, Caseneuve; Alpes-Maritimes: Blanqui, Massa, Dabray; Ardèche : Gamon, Saint-Prix, Garilhe; Aude: Periès, Tournier; Bouches-du-Rhône : Deperret, Duprat; Calvados : Delleville; Charente : Ribereau; Côtes-du-Nord : Girault, Fleury, Couppé; Drôme : Fayolle, Marbos, Olivier-Gérente; Eure : Dubusc, Savary, Vallée; Finistère : Blad, Bohan, Queinnec; Gard : Aubry, Rabaut-Pommier;  Haute-Garonne : Estadens, Rouzet; Gers : Moysset, Descamps, Laplaigne; Gironde : Lacaze; Ille-et-Vilaine : Obelin, Defermon, Le Breton; Indre Derazey; Jura : Amyon, Babey, Ferroux, Grenot, Laurenceot, Vernier; Landes : Saurine; Loire-Inférieure : Jary, Lefebvre; Lot : Blaviel; Manche : Laurence; Morbihan : Corbel, Roüault; Moselle : Blaux ; Oise : Delamarre; Orne : Dugué d'Assé; Pas-de-Calais : Daunou, Varlet; Pyrénées-Orientales : Guiter ; Rhône-et-Loire : Chasset; Saône-et-Loire : Masuyer; Sarthe : Salmon; Seine-et-Oise : Mercier ; Seine-Inférieure : Bailleul, Doublet, Faure, Becquet, Lefebvre, Ruault, Vincent; Somme : Saladin; Vosges : Bresson; Yonne : Chastellain.
Une partie des membres de la Convention avaient siégé dans les deux Assemblées précédentes, soixante-quinze dans la Constituante et cent quatre-vingt-trois dans la Législative. La plupart des nouveaux venus avaient fait partie des administrations départementales et étaient des hommes de loi. Plusieurs conventionnels étaient d'anciens officiers des armées royales et appartenaient à la noblesse. Des évêques, des curés, des ministres protestants siégeaient dans cette Assemblée. On en trouvera les listes (assez divergentes d'ailleurs) dans l'Histoire de la Terreur de Mortimer-Terneaux (t. IV, p. 468) et dans les Conventionnels de Guiffrey, p. XV.

Après avoir tenu ses séances pendant près de huit mois au Manège, la Convention s'installa, le 10 mai 1793, aux Tuileries dans la salle de spectacle ou salle des Machines, qui était très vaste et qu'on avait transformée. Les députés y siégeaient au large sur dix rangs de gradins disposés en amphithéâtre, en face de la tribune et de l'estrade du président. Un vaste couloir, perpendiculaire à la tribune, séparait cet amphithéâtre en deux moitiés égales; c'est par là qu'entraient les députations pour arriver à la barre, située où se trouve de nos jours le banc des ministres. Les députés étaient fort éloignés les uns des autres, comme épars à grands intervalles et perdus dans cette immense salle (Rapport de Poultier du 12 ventôse an III). C'est donc une erreur de Michelet (livre VIII, chap. III) de les avoir montrés « entassés », et « se foudroyant à bout portant ». Les quatre parois de la salle étaient garnies de tribunes qui étaient fort grandes. Les unes étaient publiques, les autres privilégiées; celles-ci furent supprimées après le 31 mai. Dès lors, les jacobins accaparèrent les tribunes, où plus de deux mille personnes, ardentes et intolérantes, vinrent quotidiennement soutenir, par leur attitude et leurs cris, la politique de la Montagne. Les femmes y étaient nombreuses, bruyantes, tyranniques . on les appelait les tricoteuses de Robespierre.

Le règlement intérieur de la Convention fut préparé par une commission nommée dans la séance du 22 septembre 1792, au soir. Ce fut la reproduction presque textuelle du règlement de la Constituante, que la Législative avait également suivi. Le bureau de la Convention se composa d'un résident et de six secrétaires. II n'y eut pas de vice-président, sauf dans la première quinzaine, où Condorcet fut revêtu de ces fonctions. Le président était élu pour quinze jours, par appel nominal. Il n'était rééligible qu'après l'intervalle d'une quinzaine. Quand le président était empêché, il était provisoirement remplacé par le moins ancien de ceux des ex-présidents qui se trouvaient dans la salle. Les secrétaires étaient renouvelés par moitié tous les quinze jours. Voici la liste des présidents de la Convention, telle qu'elle a été dressée par  Guiffrey (les Conventionnels, p. XXXII) : 

20 septembre 1792 - Rühl, doyen d'âge. - Pétion, président élu.
21 septembre - Condorcet, vice-président.
4 octobre - Delacroix.
18 octobre - Guadet.
1er novembre - Hérault-Séchelles.
15 nov embre - Grégoire.
29 novembre - Barère.
13 décembre - Defermon.
27 décembre - Treilhard.

10 janvier 1793 - Vergniaud.
24 janvier - Rabaut Saint-Etienne.
7 février - Bréard.
21 févr ier Dubois-Crancé.
7 mars - Gensonné.
21 mars - Jean de Bry.
4 avril  - Delmas.
18 avril - Lasource.
2 mai  - Boyer-Fonfrède.
16 mai - Isnard.
30 mai - Mallarmé.
13 juin - Collot d'Herbois.
27 juin - Thuriot.
14 Juillet - Jeanbon Saint-André.
25 juillet - Danton.
8 août - Hérault-Séchelles.
22 août - Robespierre aîné.
5 septembre Billaud Varenne.
19 septembre - Cambon.
3 octobre - Charlier.

An II, 1er brumaire (22 octobre 93). - Moyse Bayle.
16 brumaire (6 novembre 93). - Laloy. 
1er frimaire (21 novembre. 93) -  Romme
16 frimaire (6 déc. 93) - Voulland.
1er nivôse. (21 décembre 93) - Couthon. 
16 nivôse (5 janvier 94) - David. 
1er pluvôse (20 janvier 94) - Vadier. 
16 pluviôse (4 février 94) - Dubarran. 
1er ventôse (19 février 94). Saint-Just. 
16 ventôse (6 mars 94) - Rühl. 
1er germinal (21 mars 94) - Tallien. 
16 germinal (5 avril 94) - Amar.
1er floréal. (20 avril. 94) -  Robert Lindet. 
16 floréal. (5 mai 94) - Carnot.
1er prairial (20 mai 94) - Prieur (de la Côte-d'Or). 
16 prairial (4 juin 94) - Robespierre aîné. 
1er messidor (19 juillet 94) - Elie Lacoste. 
17 messidor (19 jui  94) - Louis (du Bas-Rhin).
1er thermidor (19juin 94) - Collot d'Herbois.
16 thermidor (3 août 94) - Merlin (de Douai).
1er fructidor. (18 août 94) - Merlin (de Thionville). 
15 fructidor (1er septembre 94) - Bernard (de Saintes).

An III, 1er vendémiaire (22 septembre 94) - André Dumont.
16 vendémiaire (7 octobre 94) - Cambacérès.
1er brumaire (22 octobre 94) - Prieur (de la Marne).
16 brumaire (6 novembre 94) - Legendre (de Paris).
4 fraimaire (4 novembre 94) - Clauzel.
16 frimaire (6 décembre 94) - Rewbell.
1er nivôse (21 décembre 94) - Bentabole.
17 nivôse (6 janvier 95) - Le Tourneur (de la Manche)
1er pluviôse (20 janvier 95) - Rovère.
16 pluviôse (4 février 95) - Barras.
1er ventôse (19 février 95) - Bourdon (de l'Oise).
16 ventôse (6 mars 95) - Thibaudeau.
4 germinal (24 mars 95) - Pelet.
16 germinal (5 avril 95) - Boissy d'Anglas.
1er floréal (20 avril 95) - Sieyès.
16 floréal (5 mai 95) - Vernier.
7 prairial (26 mai 93) - Mathieu.
16 prairial (4 juin 95). - Lanjuinais.
1er messidor (19 juin 95). - Louvet de Couvrai.
16 messidor (4 juillet 95). - Doulcet de Pontécoulant.
1er thermidor (19 juillet 95). La Revellière-Lépeaux.
16 thermidor (3 août 95) - Daunou.
2 fructidor (19 août 95) - Marie-Joseph Chénier.
16 frucridor (2 septembre 95) -  Berlier.

An IV. 1er vendémiaire (23 septembre 95) - Baudin (des Ardennes).
16 vendémiaire (8 octobre 95) - Génissieu.

Les autres parties du règlement de la Convention sont éparses dans le procès-verbal imprimé de cette assemblée. On les trouvera réunies dans Mortimer-Ternaux (t. IV, pp. 471-477). C'est, nous l'avons dit, à peu près la même chose que le règlement de la Constituante dont on trouvera une analyse détaillée aux pages qui lui sont consacrées. Le règlement ne prévoyait qu'une séance par jour, mais le président pouvait convoquer extraordinairement l'Assemblée le soir. En réalité, ces séances du soir furent très nombreuses, surtout avant le 31 mai 1793. La séance du matin commençait vers dix heures et se prolongeait en général jusqu'à quatre ou cinq heures. La séance du soir commençait vers sept heures et n'était quelquefois levée qu'à une heure avancée de la nuit. Il arriva aussi à la Convention, dans de graves circonstances de péril national, de se déclarer permanente et de siéger plusieurs jours de suite sans désemparer.

Les Comités

A l'exemple de la Constituante et de la Législative, la Convention organisa, sous le nom de comités, un certain nombre de commissions pour préparer ses travaux. Cette organisation, réglée par une quantité de décrets particuliers, fut fixée en général par le décret du 2 octobre 1792. Le conseil exécutif et les diverses autorités de la République étaient tenus de fournir aux comités tous les renseignements qu'ils leur demandaient. Les comités étaient formés par inscription spontanée des députés qui se croyaient compétents en tel ou tel ordre de travaux et, sur cette liste de candidats, la Convention choisissait en dernier ressort. Le renouvellement des comités fut réglé par des décrets spéciaux. Nous allons passer en revue les comités de la Convention, tels qu'ils sont indiqués dans l'Almanach de l'an II, au moment où l'organisation de la Convention nationale est achevée. 

1. Comité des archives.
Il siégeait aux Tuileries, entre les pavillons de l'Unité et de l'Egalité. II fut primitivement composé de dix membres avec une mission provisoire d'inspection (2 octobre 1792). A la fin de 1793, il ne se composait plus que de deux membres et du garde Camus. On y déposait tous les documents émanés de l'Assemblée.

2. Comité de Salut public (pavillon de l'Egalité). 
Ce comité, le plus célèbre de tous ceux que la Révolution vit se former, fut créé le 6 avril 1793 par un décret de la Convention sur la proposition du parti montagnard, et eut pendant plus d'une année toute l'autorité en France. Il avait sous ses ordres le tribunal révolutionnaire; chargé de poursuivre les suspects; les comités révolutionnaires, établis dans toutes les communes de la France pour recevoir les dénonciations, et le Comité de sûreté générale, chargé de la police. Il se composa de neuf membres, choisis dans le sein de la Convention, et dont les principaux furent Danton, Barrère et Cambon. Le 10 juin 1793 on leur adjoignit Saint-Just, Jean-Bon-St-André et Couthon. Robespierre et Carnot, Collot-d'Herbois et Billaud-Varennes entrèrent après eux. Ce comité établit le règne de la Terreur et couvrit la France d'échafauds; après s'être défait des ennemis du gouvernement révolutionnaire, il s'attaqua à ses propres partisans et même à ses propres membres, et l'on vit successivement tomber les têtes d'Hébert, de Chaumette, de Danton, etc. La scission qui s'opéra entre Robespierre, Saint-Just, Couthon, et les autres membres, l'arrestation et le supplice des trois premiers au 9 thermidor an II (27 juillet 1794) mirent un terme à la tyrannie du comité. 

3. Comité de Sûreté générale (maison de Brionne). 
Ce comité, dont les attributions étaient vagues, avait pour fonctions de surveiller la police générale de la République. Le décret du 2 octobre 1792 lui attribua trente membres qui furent nommés le 17 : ce sont les conventionnels Fauchet, Basire, Gorsas, Goupilleau (de Montaigu), Grégoire, Lecointe-Puyraveau, Gossuin, Maribon-Montaut, Rovère, Delaunay (d'Angers), Ruamps, Chénier, Kervélégan, Coupé, Bréard, Ingrand, Saladin, Musset, Bordas, Alquier, Brival, Hérault, Duquesnoy, Leyris, Audouin, Laurens (de Marseille), Niou, Chabot, Lavicomterie et Salle. Ses membres furent renouvelés par moitié le 9 janvier 1793. Le 21 janvier, la Convention décréta qu'il ne serait composé que de douze membres, qui furent Basire, Lamarque, Chabot, Ruamps, Maribon-Montaut, Tallien, Legendre (de Paris), Bernard (de Saintes), Rovère, Ingrand, Jean de Bry, Duhem. (Il est à remarquer qu'à ce moment-là, ce comité est indifféremment désigné par la Convention sous le nom de comité de Surveillance et sous celui de comité de Sûreté générale. V. le Procès-verbal, t. V, p. 349 et 365.) Le 9 septembre 1793, la Convention décida que le comité de Sûreté générale serait renouvelé et réduit à neuf membres. Le comité de Salut public fut chargé de désigner ces neuf membres qui furent nommés dans la séance du 14 : ce furent Voilier, Panis, Lebas, Boucher Saint-Sauveur, David, Guffroy, Lavicomterie, Amar, Rühl, Lebon, Voulland et Moyse Bayle. Bientôt, mais à des dates que nous n'avons pu retrouver, Panis, Boucher Saint-Sauveur, Guffroy et Lebon furent remplacés par Dubarran, Louis (du Bas-Rhin), Jagot et Elie Lacoste. 

Ainsi composé, le comité de Sûreté générale fut l'auxiliaire du comité de Salut public. Ces deux comités se réunissaient souvent, surtout quand le décret du 14 frimaire leur eut remis entre les mains presque toutes les fonctions gouvernementales. On les désignait souvent, pour ce motif, sous le nom de comités de gouvernement. Différents décrets de la Convention avaient armé le comité de Sûreté générale des droits les plus terribles sur la liberté des personnes. Robespierre essaya de l'annuler par la création de son bureau de police particulier. Aussi le comité de Sûreté générale contribua t-il, le 9 thermidor, à la chute du dictateur. Le 13 thermidor, la Convention élimina trois de ses membres : David, Jagot et Lavicomterie, et lui adjoignit, le 14, Legendre (de Paris), Goupilleau (de Fontenay), Merlin (de Thionville), André Dumont, Jean de Bry et Bernard (de Saintes). De même que le comité de Salut public, le comité de Sûreté générale fut ensuite renouvelé par quart tous les mois.

4. Comités des décrets et procès-verbaux réunis (pavillon de la Liberté).
Il surveillait la rédaction des décrets, l'apposition du sceau de la République, l'envoi et l'impression des lois, etc.

5. Commission des dépêches (pavillon de la Liberté). 
Elle recevait et distribuait toutes les lettres adressées à la Convention.

6. Commission centrale (galerie du Jardin). 
Composée d'un membre de chaque comité, elle préparait l'ordre du jour de chaque séance et le faisait afficher la veille dans la salle de la Convention.

7. Comité de l'examen des marchés, de l'habillement et subsistances militaires (maison de Breteuil).

8. Comité des assignats et monnaies (pavillon de l'Egalité).

9. Comité de correspondance (galerie du Jardin).
Il s'occupait surtout de la rédaction du Bulletin de la Convention, journal-affiche.

10. Comité des pétitions (galerie du Jardin).

11. Comité de la guerre (pavillon de l'Unité). 
Ce comité était surtout chargé de préparer les lois militaires. La direction des armées lui échappait entièrement et était réservée au comité de Salut public. Dubois-Crancé était le membre le plus actif de ce comité.

12. Comité des finances (pavillon de l'Egalité).
Il était divisé en deux sections : la première, de l'ordinaire et extraordinaire des finances; la deuxième, des contributions directes et indirectes. Il était chargé de la surveillance de tout ce qui était relatif aux contributions et aux dépenses publiques, ainsi qu'à la trésorerie nationale et à la vérification des comptes. C'était aussi lui qui s'occupait de liquider l'actif et le passif de la nation. Cambon était l'âme de ce comité.

13. Comité de législation (pavillon de la Liberté).
Il s'était partagé en deux divisions, dont la première, surnommée division systématique, était subdivisée en huit sections : 1° travail sur la procédure civile; 2° mariage; 3° tutelles et curatelles; 4° meubles et immeubles; 5° donations; 6° successions; 7° et 8°, obligations en général, échanges, ventes, etc. La seconde division était partagée en deux sections, sous le nom de sections des rapports. Les membres dirigeants de ce comité étaient Cambacérès, Merlin (de Douai) et Treilhard.

14. Comité des inspecteurs de la salle (pavillon de la Liberté). 
Ce comité avait à peu près les mêmes fonctions que les questeurs dans les assemblées actuelles.

15. Comité d'instruction publique (maison de Brionne).
 Il était divisé en treize sections : 1° organisation générale de l'instruction publique; 2° éducation morale; 3° éducation physique; 4° éducation des femmes ; 5° éducation des orphelins, des aveugles-nés et des sourds-muets; 6° écoles d'industrie; 7° voyageurs; bibliothèques, musées, collections; correspondance générale, mode d'enseignement; 8° examens, prix, encouragements, brevets d'invention; 9° fêtes nationales; 10° élections aux places vacantes; 11° traitements, pensions de retraite, bourses; 12° bibliographie; 13° valeurs et produits des biens dépendant des établissements d'instruction publique. Les membres de ce comité étaient, en l'an II : David, Jullien (de la Drôme), Jay de Sainte-Foy, Bouquier, Laignelot, Guyton-Morveau, Fourcroy, Arbogast, Mathieu, Boutrouë, Valdruche, Coupé, Bo, nomme, Charles Duval, Thomas Lindet, Prunelle de Lière, Moyse Bayle, Grégoire, Petit, Lakanal, d'Aoust, Duhem, Cloots, Léonard Bourdon, Villar.

16. Comité des secours publics (maison de Breteuil).
Il surveillait les établissements publics de charité, les hôpitaux et les prisons, sous le rapport de la salubrité. Il proposait le mode de répartition générale des secours pour les pauvres dans tous les départements, le mode de répartition particulière pour un département désigné, pour une ou plusieurs communes, et même pour les individus, à l'occasion d'accidents graves, tels qu'inondations, incendies, etc. Il inspectait le vagabondage, la voirie, l'exercice de la médecine. Il veillait à l'application des lois de police relativement à la salubrité.

17. Comité de division (maison de Brionne). 
Ses fonctions embrassaient : 1° tous les objets relatifs à la division de la République en départements, districts, cantons, communes; 2° les établissements des juges de paix, des tribunaux de commerce, des commissaires de police; 3° les rectifications de toutes les erreurs commises ou glissées dans les élections et nominations d'administrateurs; 4° le nombre et la distribution des notaires publics dans les 87 départements; 5° la circonscription de toutes les paroisses de la République et généralement tout ce qui concerne les matières ecclésiastiques.

18. Comité de liquidation et examen des comptes (pavillon de l'Egalité). 
Ce comité, qui d'abord en formait deux, se divisait en cinq sections : 1° arriéré des départements; 2° offices de judicature, municipaux, militaires et de finance, brevets de retenue et greffes nationaux; 3° pensions et gratifications; 4° créances sur le ci-devant clergé et pays d'Etats; 5° examen des comptes.

19. Comité d'aliénation et domaines (maison de Brionne). 
Ce comité, qui d'abord en formait deux, s'occupait de tout ce qui concernait l'aliénation des biens nationaux et la gestion des biens du Domaine.

20. Comité d'agriculture, commerce, ponts et chaussées, navigation intérieure.
(pavillon de la Liberté). Ce comité, qui d'abord en formait deux, se divisait en sept sections : 1° canaux, cours d'eau, moulins et machines hydrauliques; 2° mines, minières et carrières ; 3° haras, troupeaux, écoles vétérinaires et animaux destructeurs; 4° police rurale, fêtes agricoles, encouragements, dîmes, boulangerie, vendanges; 5° routes, chemins vicinaux, pépinières, tabacs, rhubarbe, garance, bois, ponts et chaussées; 7° commerce et navigation.

21. Comité de la marine et des colonies (pavillon de l'Egalité). 
Six sections : 1° ports, constructions, etc.; 2° approvisionnements et munitions navales; 3° classes des gens de mer, police des ports; 4° comptabilité de la marine et des colonies; 5° colonies; 6° nominations, promotions, etc.

Les partis et les débats

Maintenant que nous avons donné une idée de l'organisation intérieure de la Convention, il reste à dire un mot des mesures parlementaires et de la division de cette Assemblée en partis. Les luttes politiques furent très ardentes dans la Convention et bien des vivacités de langage y furent risquées, surtout à l'époque où la présence de Marat éveillait toutes les passions. Mais c'est surtout avant le 2 juin et après le 9 thermidor que se remarque le scandale de ces querelles. Pendant la période de la Terreur proprement dite, il y eut à la tribune plus de discours lus et de rapports que de débats dialogués. La Convention écoutait en silence et enregistrait avec gravité les décisions de son comité de Salut public. Alors on discute moins qu'on n'agit.

Quant au costume des conventionnels, c'est une erreur de se les représenter avec le bonnet rouge, la carmagnole, les sabots. Sans doute, quelques députés adoptèrent ces travestissements, soit par puérilité, soit pour flatter le public des tribunes. Mais la majorité s'en abstint, et notamment les orateurs dirigeants, comme Robespierre, Couthon, Saint-Just, Vergniaud, Condorcet, Billaud-Varenne, Camille Desmoulins, etc. Les costumes négligés et affectés ne furent adoptés que par des excentriques comme Léonard Bourdon et Armonville. Quant au tutoiement, il ne devint en usage que dans la seconde moitié de l'année 1793 et encore plus d'un orateur en esquiva-t-il l'obligation.

Quant aux partis politiques, ils n'étaient pas organisés comme ils l'étaient alors en Angleterre ou comme ils le furent ensuite en France. A l'exemple des constituants et des législateurs, les conventionnels affectaient de n'être d'aucun parti. Les noms que reçurent, pour leur communauté d'opinions, certains groupes de députés leur furent donnés d'abord par leurs adversaires. Ces groupes furent, au début, les girondins et les montagnards.

Les girondins, qu'on appelait aussi brissotins, dominèrent jusqu'aux journées des 31 mai et 2 juin 1793. Les théoriciens du groupe étaient Brissot et Condorcet. Les girondins proprement dits étaient Vergniaud, Guadet, Gensonné, Grangeneuve, Ducos, Noyer-Fonfrède. Il y avait aussi parmi eux les amis de Mme Roland ou rolandistes, notamment Buzot, Barbaroux, Louvet, Pétion; puis des Girondins indépendants, comme Isnard, Lanjuinais, l'abbé Fauchet, Lasource, Rabaut Saint-Etienne, Manuel, Dufriche-Valazé, Larivière, Salle, Jean de Bry, Kersaint, J. Dupont, etc.

La Montagne se subdivisait en quatre fractions : 1° Marat, chef sans soldats; 2° Danton et ses amis, Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins, Delacroix, Legendre, Hérault-Séchelles, Merlin (de Thionville), Chabot, Bazire, Philippeaux; 3° les hébertistes, dont le chef ne siégeait pas à la Convention, mais y avait des amis comme Anacharsis Cloots, Fouché, Collot d'Herbois; 4° Robespierre et les robespierristes Couthon, Saint-Just, Lobas, David, etc. II est d'autres montagnards qui échappent à toute classification, comme le fanatique Billaud-Varenne, le sceptique Barère et ces grands citoyens, travailleurs modestes et patriotes, qui s'appelaient Carnot, Cambon, Jeanbon Saint-André, les deux Prieur, Robert Lindet, Lakanal, Grégoire, etc.

Le Centre ou Marais, composé de muets qui retrouvèrent la parole après Thermidor, donna tour à tour la majorité à la gauche et à la droite : les hommes marquants du centre étaient Sieyès, du Bois du Bais, Palasne de Champeaux, Durand de Maillane, Boissy d'Anglas, etc. 

La chute de Robespierre amena un nouveau groupement. Il y eut des thermidoriens de gauche, Billaud, Collot, Barère, etc., et des thermidoriens de droite, Barras, Tallien, Fréron, Courtois, Rovère, etc. Mais ces classifications sont très arbitraires, quoique célèbres, et les faits les démentent à chaque instant.

Faisons remarquer, en terminant, qu'il n'y avait pas à cette époque de compte rendu officiel des discours, ni sténographique, ni analytique. Le procès-verbal de la Convention imprimé par son ordre donne exactement le texte des décrets et l'ordre des débats : il ne rapporte presque jamais les noms des orateurs et ne reproduit que leurs motions. Mais alors beaucoup d'orateurs lisaient ou récitaient, et il subsiste un certain nombre de discours des Conventionnels imprimés, soit à leurs frais, soit à ceux de la Convention. Il y a des comptes rendus des débats dans les journaux du temps, notamment dans le Moniteur (qui n'avait nul caractère officiel), dans le Journal des Débats et des Décrets, dans le Républicain français. C'est au premier de ces journaux que sont empruntés presque tous les extraits des discours cités par les historiens. Ces comptes rendus, très incomplets, doivent être contrôlés les uns par les autres et par le procès-verbal. Certains orateurs, comme Robespierre, remettaient aux journaux le texte de leurs discours. D'autres, comme Danton qui improvisait, ne s'inquiétaient pas de la façon dont leurs discours étaient reproduits. Un certain Guiraut fit en 1793 un essai de compte rendu sténographique; mais son journal, le Logotachygraphe, était mal fait et ne dura pas. (F.-A. Aulard)..

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