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La Révolution française
La fin de la Convention nationale
du  27 juillet 1794 (9 thermidor an II) 
au 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV)
Aperçu Causes Constituante Législative Convention Directoire
La Convention, pendant cette période, continue à triompher de ses ennemis à l'extérieur (Les guerres de la Révolution). Les victoires et les conquêtes se succèdent sans relâche. A la fin de l'année 1794, toute la rive gauche du Rhin, sauf Mayence, a été conquise par les armées de Sambre-et-Meuse, de la Moselle et du Rhin commandées par Jourdan, Moreau et Michaud. Pichegru s'empare de la Hollande. La République batave est proclamée. Les soldats français entrent dans Amsterdam et dans La Haye (janvier 1795). La flotte du stathouder, prise dans les glaces, est conquise par les hussards français. Au Sud, les Espagnols sont vaincus à la bataille de la Montagne-Noire (17 novembre 1794). La Catalogne est envahie par les Français. Figuières et Rosas capitulent. Dans les Pyrénées occidentales, Moncey envahit victorieusement les provinces basques qui, en juillet 1795, sont toutes au pouvoir des Français. Les succès sont couronnés par les célèbres traités de Bâle. La Toscane est la première à reconnaître la République et à signer la paix avec elle (9 février 1795). 

La Prusse signe la paix le 5 avril et consent en principe à laisser à la France la rive gauche du Rhin. La République batave cède à la francxe la Flandre hollandaise, Maëstricht et Venloo (16 mai 1795) et conclut avec la France un traité d'alliance. Le 22 juillet 1795, la paix est conclue avec l'Espagne, qui cède à la France la partie espagnole de Saint-Domingue, et, le 28 août suivant, avec le landgrave de Hesse-Cassel. Les Français n'étaient plus en guerre qu'avec l'Autriche qui était vaincue, et avec l'Angleterre, qui nous faisait beaucoup de mai sur mer et nous prenait les colonies françaises. Quant à la Vendée, Hoche avait été chargé de la pacifier. Charette fit sa soumission le 17 février 1795 et Stofflet suivit son exemple le 2 mai suivant. Les chouans agitent toujours la Bretagne. Le 26 juin, les Anglais débarquent trois régiments d'émigrés à Quiberon. Mais Hoche repousse cette invasion. Les émigrés sont rejetés dans la mer ou capturés et fusillés (20 juillet 1795). L'insurrection royaliste semble définitivement vaincue. Ainsi, au moment où la Convention se sépare, elle est victorieuse de tous ses ennemis et laisse la France agrandie et munie de ses frontières naturelles.

La réaction thermidorienne.
Quant à l'histoire intérieure, C'est la période connue sous le nom de réaction thermidorienne. Après le supplice de Robespierre et de ses amis, la Convention rapporta la loi du 22 prairial sur l'organisation du tribunal révolutionnaire (14 thermidor); elle réorganise ce tribunal et traduit devant lui Fouquier-Tinville. Les comités de Salut public et de Sûreté générale ne furent pas supprimés, mais ils virent limiter leurs pouvoirs (7 fructidor). Barère, Collot-d'Herbois et Billaud-Varenne cessèrent d'en faire partie (15 fructidor). Cependant, le dernier jour de l'an II (21 septembre 1791), la Convention procéda avec solennité à la mise au Panthéon des restes de Marat. Mais, le 21 brumaire an III, les comités de la Convention fermèrent le club des Jacobins, et la Convention approuva cette mesure le lendemain. Le 4 frimaire, elle porta un décret d'accusation contre Carrier qui fut arrêté le 26; le 18, elle rappela dans son sein les soixante-quatorze députés qui avaient protesté contre le 2 juin; le 19, elle ordonna « la révision des lois pénales et de circonstance rendues sous la tyrannie de Robespierre »; le 18 ventôse, elle rappelle les survivants des Girondins proscrits au 2 juin (lsnard, Louvet, etc.). Le 4 nivôse, elle abolit les lois sur le maximum. Le 12 germinal (1er avril 1795), la salle de la Convention fut forcée par le peuple qui demandait du pain et la constitution de 1793. Pichegru, nommé général en chef de la garde nationale, rétablit l'ordre. La Convention ordonna la déportation immédiate de Barère, Billaud-Varenne, Collot-d'Herbois, Vadier et l'arrestation de plusieurs autres montagnards

La famine, qui régnait alors à Paris, amena une seconde insurrection. Le 1er prairial, la Convention, présidée par Boissy-d'Anglas, fut de nouveau envahie par une foule qui demandait du pain, la constitution de 1793 et la liberté des détenus. Le représentant Féraud fut assassiné. Les insurgés arrachèrent à la Convention les décrets qu'ils demandaient. Mais la garde nationale ayant délivré l'Assemblée, la Convention se vengea des députés qui avaient pactisé avec l'émeute. Les derniers montagnards, comme on les a appelés, Romme, Goujon, Bourbotte, Soubrany, etc., furent traduits devant une commission militaire : tous périrent, les uns par le suicide, les autres sur l'échafaud. Ce qui restait des membres des anciens comités de gouvernement furent arrêtés, même ceux qui avaient procuré la victoire à la France. Le tribunal révolutionnaire fut supprimé le 12 prairial. En même temps, la terreur blanche régnait dans une partie de la France, à Lyon, en Provence, et les royalistes, encouragés par les conventionnels Isnard, Chambon et Cadroy, massacraient impunément les républicains. Le 6 fructidor, un décret supprima tous les clubs, toutes les sociétés populaires. Le 15 vendémiaire an IV, la loi des suspects est rapportée. Le 5 fructidor, la Convention avait achevé le vote de la Constitution de l'an III

Le 4, effrayée des progrès du royalisme, elle avait décidé que ses membres étalent rééligibles et que les assemblées électorales ne pourraient pas en prendre moins des deux tiers pour former le Corps législatif, c.-à-d. que cinq cents conventionnels au moins devaient être réélus. Craignant que les électeurs n'obtempérassent pas à ce décret, la Convention décida en outre, le 13 fructidor, que, si ce nombre de cinq cents ne se trouvait pas atteint, les conventionnels élus se réuniraient pour le compléter eux-mêmes. C'est ce qui eut lieu. Cent quatre conventionnels furent adjoints aux trois cent soixante-dix-neuf que les départements étirent et, ajoutés aux députés des colonies provisoirement maintenus en fonction, ils formèrent le chiffre de cinq cents exigé par la loi. C'est ainsi que la Convention se survécut à elle-même dans le conseil des Anciens et dans le conseil des Cinq-Cents.

La fin de la Convention fut marquée par une insurrection sanglante. Le 13 vendémiaire an IV, les sections de Paris se soulevèrent et tentèrent contre l'Assemblée un 2 juin royaliste. Barras, aidé de Bonaparte, les dispersa à coups de canon. La dernière séance eut lieu le 4 brumaire an IV. Une amnistie générale y fut votée. À deux heures et demie, le président Génissieu déclara que la mission de la Convention était remplie et sa session terminée. Les députés se séparèrent au cri de Vive la République!

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