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La Convention,
pendant cette période, continue à triompher de ses ennemis
à l'extérieur ( Les
guerres de la Révolution). Les victoires et les conquêtes
se succèdent sans relâche. A la fin de l'année 1794,
toute la rive gauche du Rhin, sauf Mayence ,
a été conquise par les armées de Sambre-et-Meuse,
de la Moselle et du Rhin commandées par Jourdan,
Moreau et Michaud. Pichegru
s'empare de la Hollande .
La République batave est proclamée. Les soldats français
entrent dans Amsterdam
et dans La Haye
(janvier 1795). La flotte du stathouder,
prise dans les glaces, est conquise par les hussards français. Au
Sud, les Espagnols sont vaincus à
la bataille de la Montagne-Noire (17 novembre 1794). La Catalogne
est envahie par les Français. Figuières
et Rosas capitulent. Dans les Pyrénées occidentales, Moncey
envahit victorieusement les provinces basques qui, en juillet 1795,
sont toutes au pouvoir des Français. Les succès sont couronnés
par les célèbres traités de Bâle .
La Toscane
est la première à reconnaître la République
et à signer la paix avec elle (9 février 1795).
La Prusse
signe la paix le 5 avril et consent en principe à laisser à
la France la rive gauche du Rhin. La République batave cède
à la francxe la Flandre
hollandaise, Maëstricht et Venloo (16 mai 1795)
et conclut avec la France
un traité d'alliance. Le 22 juillet 1795,
la paix est conclue avec l'Espagne ,
qui cède à la France la partie espagnole de Saint-Domingue ,
et, le 28 août suivant, avec le landgrave de Hesse-Cassel .
Les Français n'étaient plus en guerre qu'avec l'Autriche
qui était vaincue, et avec l'Angleterre ,
qui nous faisait beaucoup de mai sur mer et nous prenait les colonies françaises.
Quant à la Vendée,
Hoche
avait été chargé de la pacifier. Charette
fit sa soumission le 17 février 1795
et Stofflet suivit son exemple le 2 mai suivant.
Les chouans agitent toujours la Bretagne .
Le 26 juin, les Anglais débarquent trois régiments d'émigrés
à Quiberon .
Mais Hoche repousse cette invasion. Les émigrés
sont rejetés dans la mer ou capturés et fusillés (20
juillet 1795). L'insurrection royaliste
semble définitivement vaincue. Ainsi, au moment où la Convention
se sépare, elle est victorieuse de tous ses ennemis et laisse la
France agrandie et munie de ses frontières naturelles.
La
réaction thermidorienne.
Quant à l'histoire intérieure,
C'est la période connue sous le nom de réaction thermidorienne.
Après le supplice de Robespierre et
de ses amis, la Convention rapporta la loi du 22 prairial sur l'organisation
du tribunal révolutionnaire
(14 thermidor); elle réorganise ce tribunal et traduit devant lui
Fouquier-Tinville.
Les comités de Salut
public et de Sûreté générale ne furent pas
supprimés, mais ils virent limiter leurs pouvoirs (7 fructidor).
Barère,
Collot-d'Herbois
et Billaud-Varenne cessèrent d'en
faire partie (15 fructidor). Cependant, le dernier jour de l'an II (21
septembre 1791), la Convention procéda
avec solennité à la mise au Panthéon
des restes de Marat. Mais, le 21 brumaire an III,
les comités de la Convention
fermèrent le club des Jacobins,
et la Convention approuva cette mesure le lendemain. Le 4 frimaire, elle
porta un décret d'accusation contre Carrier
qui fut arrêté le 26; le 18, elle rappela dans son sein les
soixante-quatorze députés qui avaient protesté contre
le 2 juin; le 19, elle ordonna « la révision des lois pénales
et de circonstance rendues sous la tyrannie
de Robespierre »; le 18 ventôse, elle rappelle les survivants
des Girondins proscrits au
2 juin (lsnard, Louvet, etc.). Le 4 nivôse,
elle abolit les lois sur le maximum. Le 12 germinal (1er
avril 1795), la salle de la Convention
fut forcée par le peuple qui demandait du pain et la constitution
de 1793. Pichegru,
nommé général en chef de la garde nationale, rétablit
l'ordre. La Convention ordonna la déportation immédiate de
Barère, Billaud-Varenne, Collot-d'Herbois, Vadier et l'arrestation
de plusieurs autres montagnards.
La famine, qui régnait alors à
Paris,
amena une seconde insurrection. Le 1er
prairial, la Convention, présidée par Boissy-d'Anglas, fut
de nouveau envahie par une foule qui demandait du pain, la constitution
de 1793 et la liberté des détenus.
Le représentant Féraud fut assassiné. Les insurgés
arrachèrent à la Convention les décrets qu'ils demandaient.
Mais la garde nationale ayant délivré l'Assemblée,
la Convention se vengea des députés qui avaient pactisé
avec l'émeute. Les derniers montagnards, comme on les a appelés,
Romme,
Goujon, Bourbotte, Soubrany, etc., furent traduits devant une commission
militaire : tous périrent, les uns par le suicide, les autres sur
l'échafaud. Ce qui restait des membres des anciens comités
de gouvernement furent arrêtés, même ceux qui avaient
procuré la victoire à la France .
Le tribunal révolutionnaire
fut supprimé le 12 prairial. En même temps, la terreur blanche
régnait dans une partie de la France, à Lyon,
en Provence ,
et les royalistes, encouragés par les
conventionnels Isnard, Chambon et Cadroy, massacraient
impunément les républicains.
Le 6 fructidor, un décret supprima tous les clubs,
toutes les sociétés populaires. Le 15 vendémiaire
an IV, la loi des suspects est rapportée. Le 5 fructidor, la Convention
avait achevé le vote de la Constitution
de l'an III.
Le 4, effrayée des progrès
du royalisme, elle avait décidé que ses membres étalent
rééligibles et que les assemblées électorales
ne pourraient pas en prendre moins des deux tiers pour former le Corps
législatif, c.-à-d. que cinq cents conventionnels au moins
devaient être réélus. Craignant que les électeurs
n'obtempérassent pas à ce décret, la Convention
décida en outre, le 13 fructidor, que, si ce nombre de cinq cents
ne se trouvait pas atteint, les conventionnels élus se réuniraient
pour le compléter eux-mêmes. C'est ce qui eut lieu. Cent quatre
conventionnels furent adjoints aux trois cent soixante-dix-neuf que les
départements étirent et, ajoutés aux députés
des colonies provisoirement maintenus en fonction, ils formèrent
le chiffre de cinq cents exigé par la loi. C'est ainsi que la Convention
se survécut à elle-même dans le conseil
des Anciens et dans le conseil
des Cinq-Cents.
La fin de la Convention fut marquée
par une insurrection sanglante. Le 13 vendémiaire an IV, les sections
de Paris
se soulevèrent et tentèrent contre l'Assemblée un
2 juin royaliste. Barras, aidé de Bonaparte,
les dispersa à coups de canon. La dernière séance
eut lieu le 4 brumaire an IV. Une amnistie générale y fut
votée. À deux heures et demie, le président Génissieu
déclara que la mission de la Convention était remplie et
sa session terminée. Les députés se séparèrent
au cri de Vive la République! |
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