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| On s'accorde pour considérer
les Négritos ou Aetas comme les habitants primitifs des Philippines.
Ces aborigènes furent repoussés par les envahisseurs et se
fondirent en partie avec eux. C'étaient des vents favorables qui,
de même que pour la dissémination des plantes, amenaient Polynésiens
et Malais, dès les temps anciens, ou les Japonais
et les Chinois, ainsi que les Arabes, peuples
asiatiques avec lesquels les nations principales de l'archipel faisaient
le commerce et produisaient, par leurs unions avec les étrangers,
de nouveaux métis. Le fond de la population et de la langue est
malais. On distinguait dans ces îles les septentrionaux ou Losongs,
habitants de Luçon, et les méridionaux ou Bisagas; les Espagnols
trouvèrent, à leur arrivée, quatre chefs gouvernant
la première. Les chefs suprêmes étaient dits rajahs
ou sultans. L'esclavage fut aboli à l'arrivée des Espagnols.
Balboa avait pris
possession « pour la couronne de Castille Philippe
II venait de succéder à son père : il ordonna
au vice-roi du Mexique Ce fut sous son successeur, Guido de Labezares,
qu'eut lieu, contre Manille, l'expédition du pirate chinois Lima-Hong.
Il incendia la ville, mais il échoua devant la citadelle. Plus tard,
un complot tramé par les Chinois,
établis vers 1580, fut découvert
et réprimé vigoureusement; 23000 d'entre eux périrent
(1603). En 1609,
les Hollandais vinrent bloquer le port;
ils furent repoussés avec perte. En 1635,
l'on construisit le fort de Samhoanga, dans le but de mettre un terme aux
incursions des Mores. Un effroyable tremblement de terre, en 1645,
fit des ruines nombreuses et des victimes dans la colonie, particulièrement
dans la capitale. En 1762, la ville
de Manille était parvenue au plus haut point de prospérité,
lorsque, à la fin de cette même année, l'Angleterre Sous Ferdinand VII, éclatèrent
en Amérique La conquête n'était par encore
achevée, que déjà com mençaient, dans l'île
de Luçon, les soulèvements qui devaient entraîner pour
les Espagnols la perte des Philippines.
Ils furent conduits par les métis, jaloux de l'égalité
avec les blancs, et par les Tagals. L'oppression que l'Espagne faisait
peser sur la colonie paraissait intolérable. Les impôts pesaient
exclusivement sur les Philippins et les Chinois;
les métis comme les indigènes étaient systématiquement
écartés du pouvoir, mais, par-dessus tout, on avait à
se plaindre de l'oppression du haut clergé et des ordres monastiques.
Les Philippines nourrissaient le clergé le plus nombreux du monde;
les congrégations avaient dépouillé les habitants
de la plus grande partie du sol, prélevaient sur les cultivateurs
des redevances écrasantes, tandis qu'elles-mêmes échappaient
à l'impôt. Le haut clergé séculier et régulier
avait tout pouvoir, laissant l'exercice du culte à des prêtres
indigènes très misérables et qui souvent firent cause
commune avec le peuple. Ceux des Philippins qui avaient acquis de l'instruction
se trouvaient aux prises avec une censure qui perpétuait les vexations
de l'Inquisition Ainsi éclata, au commencement d'août 1896, la dernière et la plus grave insurrection : précisément l'île de Luçon était dégarnie de troupes, occupées à Jolo et à Mindanao. Le général Blanco, alors gouverneur des Philippines, crut devoir ordonner des arrestations, qui ne firent que précipiter l'explosion. Des métis accusés simplement d'avoir diffamé le clergé sont fusillés ou déportés. Les insurgés se livrent aux plus grandes violences dans les provinces de Cavite et de Manille, et les troupes présentes et fidèles sont insuffisantes. Cependant, les Espagnols, maîtres de la mer, isolent, par des lignes fortifiées, du reste de Luçon, les parties soulevées des provinces de Cavite, de la Lagune et de Batangas; et le cours du Pasig est surveillé. Mais la politique espagnole dans l'archipel intervient, le parti du clergé reproche au général son indulgence, et celui-ci est rappelé pour être remplacé par le général Polavieja. Les trois principaux centres des insurgés sont successivement attaqués et pris, dans le Nord de la province de Cavite. Un nouveau gouverneur, le général Primo de Rivera, prend possession de son commandement. Les rebelles occupaient encore les parties Sud et Sud-Ouest de la province de Cavite. Dans une dernière campagne, les
insurgés sont encore vaincus et forcés de renoncer aux batailles
rangées pour se livrer à la campagne de guérillas.
Les combats, de part et d' autre, avaient été meurtriers
et s'étaient livrés avec une sauvage énergie. Du côté
des insurgés, le plus fameux chef était Emilio Aguinaldo,
né au village d'Imas en 1871,
il était affilié aux sociétés secrètes
philippines ou Catipunan; c'était un homme énergique et intelligent.
Il était évident que le rappel des ordres monastiques et
l'octroi de libertés locales était le seul moyen de sauver
la domination espagnole. Mais la crainte de mécontenter le pape
était un obstacle insurmontable. La lutte fut pourtant suspendue
par un compromis. Le président du Conseil, en Espagne Le 19 mai, Aguinaldo revient de Hong-Kong.
Il est accueilli en allié par l'amiral Dewey : il a dû, à
Hong-Kong s'entendre avec les Américains. C'était un pacte
temporaire, contre l'ennemi commun, avec l'arrière pensée,
pour les uns, d'établir la république philippine, pour les
autres, d'installer leur domination. En joignant ses troupes à celles
des Américains, Aguinaldo contribua à la chute de la domination
espagnole. Les forts de Manille furent bombardés le 13 août,
la ville capitula. La veille avait été signé le protocole
préliminaire de la paix entre l'Espagne Les Philippins n'acceptèrent pas
cette solution, revendiquant Leur indépendance. Aguinaldo, en septembre
1898,
avait convoqué une assemblée nationale constituant un gouvernement
dont il fut le chef; puis, lorsqu'en vertu du traité de Paris,
les Américains manifestèrent l'intention de garder les Philippines,
il protesta dans un manifeste, en janvier 1899,
proclamant la république à Malolos, et lança, le 7
février, une proclamation dans laquelle il déclara la guerre
aux Etats-Unis En 1935, les Philippines bénéficièrent d'une autonomie administrative. Manuel Quezon, élu président, fut chargé de préparer le pays à l'indépendance après une transition qui devait durer 10 ans. En 1942, les îles tombèrent sous l'occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, et les forces américaines, aidées de Philippins résistants combattirent ensemble en 1944-1945 pour en reprendre le contrôle. Le 4 Juillet 1946, la République des Philippines obtint finalement son indépendance, mais tomba sous le joug du dictateur Ferdinand Marcos, finalement chassé du pouvoir par un soulemvement populaire ( «EDSA 1») et forcé à s'exiler en 1986. Après la chute de Marcos, Corazon Aquino est élue présidente. Elle a été confrontée à plusieurs tentatives de coups d'Eta, ce qui a empêché le retour à la stabilité politique et développement économique. Fidel Ramos a été élu président en 1992 et son administration a été marqué par une plus grande stabilité et de progrès sur les réformes économiques. En 1992, les États-Unis ont fermé ses dernières bases militaires sur les îles. Joseph Estrada a été élu président en 1998, mais a été remplacé par son vice-présidente, Gloria Macapagal-Arroyo, en Janvier 2001 après la houleuse destitution d'Estrada, à la suite d'un procès pour corruption et un nouveau soulèmement populaire ( «EDSA 2»). La présidente a été reconduite pour un nouveau mandat de 6 ans en mai 2004. Le gouvernement philippin est confrontée à des menaces provenant de plusieurs groupes armés. En 2006 et en 2007 plusieurs deu leurs chefs ont été tués ou capturés. Depuis, un accord de paix a été signé avec une composante de l'insurrection musulmane qui ensanglantait le Sud du pays depuis plusieurs décennies, des nécociations ont été entamées avec les autres.(GE). |
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