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Les
Odryses
étaient un peuple antique de Thrace ,
établi sur l'Artiscus (Arda) et le bassin supérieur de l'Hébrus
(Maritza). Ils ne se soumirent pas à Darius,
et leur roi Teres étendit sa domination jusqu'à la Mer Noire,
quoique mise en échec par les Thyns. Sa fille épousa Ariapesthès,
roi des Scythes. Au Ve
siècle av. J.-C., son fils Sitalcès
commandait à presque toute la Thrace, depuis le Nord du Danube jusqu'à
Abdère ,
et de Byzance
au Strymon.
Au moment de la guerre
du Péloponnèse ,
Athènes
et Sparte
sollicitèrent son alliance, que la première obtint grâce
à son beau-frère Nymphodore.
Il intercepta les ambassadeurs envoyés par Corinthe
et Sparte pour demander l'alliance des Perses.
Son fils Sadocus et lui-même reçurent le droit de cité
athénienne. Il entreprit une grande expédition contre Perdiccas
Il, roi de Macédoine ,
rassembla 150.000
hommes dont 50.000
cavaliers, envahit la Macédoine et la Chalcidique ,
mais se retira en constatant l'absence de la flotte athénienne (429).
En 424,
il périt en combattant les Triballes. Son neveu Seuthès lui
succéda; c'était l'allié de Perdiccas dont il avait
épousé la soeur Stratonice;
il maintint de bonnes relations avec Athènes;
il avait un revenu annuel de 400 talents. Après lui, le royaume
fut morcelé entre trois souverains: Medocus régna sur les
Odryses, Maesades, son frère, sur les Thyns, et Teres sur le Delta
(presqu'île voisine de Byzance ).
Xénophon
et ses mercenaires, les Dix Mille, à leur retour en Europe
restaurèrent Seuthès II, fils de Maesades, que plus tard
nous voyons les Athéniens réconcilier avec son oncle.
Cotys
Ier,
qui régna ensuite de 382
à 358,
fut affaibli par les incursions des Triballes qui pénétrèrent
jusqu'à Abdère .
On le trouve en guerre avec les Athéniens à propos de la
Chersonèse
de Thrace
à partir de 361.
Il fut assassiné par deux Grecs
d'Aenos. Son fils, Cersobleptès, qui partagea d'abord le pouvoir
avec Bérisades et Médocus, fut gouverné par un aventurier
eubéen du nom de Charidème. Il céda la Chersonèse
aux Athéniens (357).
Leur alliance l'engagea dans une longue guerre contre Philippe
de Macédoine, qui finit par le rendre tributaire (343).
Le roi de Macédoine
fonda pour contenir les Odryses la cité de Philippopolis. Ils fournirent
un contingent à Alexandre, mais
leur roi Seuthès III se révolta plusieurs fois : après
la défaite infligée par les Gètes au Macédonien
Zopyrion (325),
puis contre Lysimaque, qui ne le soumit jamais
complètement. Ces montagnards insubordonnés sont encore en
lutte contre les Macédoniens en 291,
en 183.
Les Romains s'allient à eux, et les
emploient à combattre les Macédoniens, puis à contenir
les populations voisines, en particulier les Besses.
Ceux de leurs rois
dont le nom s'est conservé sont : Cotys II,
contemporain de Persée; Cotys III, allié
de Pompée contre César;
le fils de celui-ci, Sadalès, lègue son royaume au peuple
romain (42)
et Brutus en prend possession. Auguste
les traite favorablement; M. Crassus leur cède en 29
un territoire consacré à Dionysos .
Le régent Rhaemetalcès, qui gouvernait au nom des trois fils
mineurs de Cotys IV, aide Sollius à soumettre les Besses (20);
il est à son tour vaincu par eux, mais rétabli par L. Pison.
Les rois des Odryses
semblent avoir alors étendu sur toute la Thrace
leur royaume vassal de Rome .
A la mort de Rhoemetalcès, Auguste le divise entre son fils Cotys
V et son frère Rhascuporis; celui-ci tua Cotys, mais Tibère
le déporta à Alexandrie
où il mourut bientôt, et maintint la division, donnant Trebellienus
Rufus pour tuteur aux fils de Cotys, tandis que Rhaemetalcès II,
fils de Rhaseuporis, lui succédait dans la zone montagneuse. Deux
ans après, les Odryses s'insurgent contre les Romains et contre
leur roi Rhaemetalcès Il. P. Velleius les subjugue. En 26
ap. J.-C. nouvelle insurrection comprimée
par Poppaeus Sabinus.
En 38,
Caligula
donna la Thrace
entière à Rhoemetalcès, assignant la Petite Arménie
aux fils de Cotys, dont le seul connu s'appelait aussi Cotys. Finalement,
Vespasien
incorpore la Thrace à l'empire. On représente les Odryses
comme un peuple, aux moeurs rudes et féroces, adonné à
l'ivrognerie. Le culte dominant était celui de Dionysos ;
leurs danses guerrières et leur musique barbare ont été
décrites par Xénophon (Anabase ,
VII, 3). (A.-M. B.). |
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