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2 - La conquête musulmane |
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| 4 - Les Almohades | 5 - L'empire mérinide | 6 - Les chérifs saadiens | 7 - Les chérifs hasani |
| L'islam Leur domination était
plutôt annoncée qu'établie, car la mort d'Ocba rendait
à son vainqueur Koséila toute sa puissance. Il semble que
ce soit vers 705
que Moussaibn-Noséir ait reçu d'Abd-el-Aziz le commandement
de l'Afrique et qu il ait alors commencé la conquête du Maghreb
jusqu'à Tanger, l'étendant plus tard jusqu'à l'Espagne.
De Tanger, il envoya deux généraux vers la contrée
où devait dans la suite s'élever Fès,
et où ils firent un grand massacre des gens de la tribu des Aureba.
Le bruit de ce carnage s'étant répandu au loin, le nom seul
de Noséir ne tarda pas à inspirer la terreur, et les historiens
arabes nous représentent les Berbères, quoique découragés,
combattant avec la même vaillance, presque toujours vaincus, tandis
que Moussa parvient jusqu'au Sous el-Adna. La ville de Tanger fut alors
repeuplée avec des otages provenant de la tribu des Masmouda; une
garnison de Berbères bien armés et bien approvisionnés
y fut laissée en toute confiance, car ils avaient embrassé
l'islam. A cette même époque, il convient de placer la défense
de Ceuta Les adversaires les
plus redoutables des gouverneurs arabes allaient être les docteurs
schismatiques qui se propagèrent vers cette même époque.
Telle cette doctrine du kharédjisme que les Berbères embrassèrent
d'autant plus ardemment qu'en l'adoptant ils avaient le droit de repousser
la domination arabe tout en gardant l'islam. C'est ainsi qu'ils proclamèrent
califes
et encore imâms ou chefs de la religion, émirs el-moumenin
ou commandeurs des croyants des chefs élus par eux, choisis dans
leurs rangs et dont le mérite était de combattre les étrangers.
Le kharédjisme, simple protestantisme Depuis un siècle et demi, la puissance des califes d'Orient était représentée dans l'Afrique septentrionale par les émirs siégeant à Kairouan; mais, diminuée insensiblement quoique sûrement par l'établissement des dynasties berbères, la puissance arabe abandonne le Maghreb et-Acsa, tandis que cette autre forme de la religion musulmane et plutôt berbère achève le mouvement; c'est alors qu'Obeïd-Allah, descendant d'Ali et de Fâtima, fonde la dynastie fâtimide. Il chasse les émirs dits Aghlabites (909) et conquiert tout le pays depuis les Syrtes jusqu'au milieu du Maroc; mais, tandis que la nouvelle dynastie devient orientale par la conquête de l'Égypte (973), le Maroc est en partie et à nouveau conquis, converti, administré par les Edrisides, de 788 à 985. Leur nouvelle dynastie s'y établit consacrant la perte définitive de cette contrée pour le califat. Nous en retracerons les phases principales. Après les luttes qui marquèrent en Arabie le lendemain de la mort du calife Ali, gendre du prophète, ses partisans avaient vainement essayé d'obtenir le trône à ses enfants. La dynastie omeyyade s'était fondée; mais les Alides, ayant formé une manière d'association secrète, n'avaient cessé d'attendre le moment de reconquérir le pouvoir; plus tard, quand ils furent vaincus et anéantis à la bataille de Fekh (787), un oncle d'Hosein, du nom d'Edris-ben-Abdallah, s'étant échappé grâce au zèle de son affranchi Rached, réussit à gagner les contrées lointaines du Maghreb. Après avoir séjourné à Tanger, il gagna les montagnes du Zerhoun habitées alors par les Aureba et y fut si bien accueilli par leur chef, Abou-Leïla-Ishak, qu'il s'établit dans la ville d'Oulili. Vers la fin de 788, Edris (Idris) ayant obtenu l'appui des Ghyiâtsa, des Maghila, des Miknasa et d'une partie des Ghomara, se déclara indépendant et étendit son autorité sur une grande partie des populations d'alentour, dont plusieurs avaient conservé leurs croyances chrétiennes ou juives. Les ayant forcés à embrasser l'islam, il franchit la Molouïa, atteignit Tlemcen où l'on raconte qu'il jeta les fondations de la grande mosquée, puis revint aux rivages de l'Atlantique où il s'empara de la ville de Chela ou Sla. Le nouveau pouvoir était dès lors fondé. Edris mourut empoisonné par les soins du calife d'Orient qui, redoutant le développement de cette puissance, lui avait envoyé le traître Éch-Chemmakh. Il fut enterré dans une des gorges du djebel Zerhoun, en face d'Oulili, en 793, et, de nos jours, son tombeau est encore l'objet d'une sainte vénération. Il laissa un fils
posthume, Edris-Seghir ou Edris II, qui fut élevé par les
soins du fidèle Rached, tandis que son oncle Soleïman exerçait
le pouvoir en son nom à Tlemcen. Rached ayant été
assassiné par un émissaire du calife, les Berbères
témoignèrent leur dévouement au jeune Edris en lui
prêtant serment dans la mosquée d'Oulili, en 803.
Ce prince, voyant chaque jour son autorité s'étendre et sa
résidence devenir insuffisante, résolut de fonder une grande
cité, et, en 803,
il choisit à cet effet le territoire que traversait un petit affluent
du fleuve Sebou. C'est là que s'élevèrent les premières
constructions de Fès,
destinée à devenir une des villes les plus fameuses du Nord
de l'Afrique. La plus grande partie du règne d'Edris-Seghir se passa
à soumettre les tribus masmoudiennes et certaines des populations
de l'Atlas; ce prince parcourut ensuite le Sous et combattit le kharédjisme,
dont il avait décrété l'abolition. Il confia de grands
commandements aux chefs des Aureba, désireux de leur faire oublier
les rigueurs du début de son règne et qui avaient été
contraires à la politique de son père. Ayant repris Tlemcen,
qui s'était affranchi de son autorité, il s'avança
jusqu'au Chélif et passa trois années ainsi dans l'Est de
ses États. Peu avant la fin de son règne, il recueillit 8000
musulmans expulsés d'Andalousie Vers 910,
la grande tribu des Miknasa avait profité de cet affaiblissement
de la dynastie édrisite et avait soumis toute la contrée
comprise entre Taza, Tesoul et la frontière orientale du Maghreb
el-Acsa. Dix ans plus tard, le chef des Miknasa assiégeait Fès
et forçait le descendant d'Edris, Yahia-ben-Edris, à reconnaître
la suzeraineté du sultan fâtimidee. L'année suivante,
Yahia est interné à Asilah, et Messala, le chef miknasien,
s'empare de ses trésors. Après la mort de Messala, un prince
édrisite, El-Hasan, releva toutefois le prestige de sa famille;
il s'empare de Fès, en chasse le gouverneur, Rihan le Kétamien,
et complète son succès par la victoire de Taza sur les Miknasa.
Mais ce triomphe est de courte durée, car, victime peu après
d'une sédition, il est jeté en prison et meurt misérablement,
le pouvoir restant cette fois-ci aux Miknasa. En 931,
le calife d'Espagne enlève Ceuta Fès abandonné se livre aux Fâtimides, dont l'autorité est représentée par Hamed-ben-Hamdoun. Grâce aux luttes qui suivirent ces événements, les Edrisites consolidèrent le pouvoir qu'ils avaient recouvré à la suite de leur alliance avec les Fâtimides; en 936, El-Hasen-Kennoun, chef de la dynastie, s'empare d'Asilah, tandis que son cousin Hasen rentre vainqueur à Tlemcen. Ce prince étant mort en 949 fut remplacé par son fils, Abou l'Aich-Ahmed, surnommé El-Fadel ou l'Homme de mérite, qui entretenait des relations avec la cour omeyyade et rompit par la suite avec les Fâtimides; puis, les autres Edrisites imitant son exemple, tout le Nord du Maroc se trouva placé sous la domination du souverain de l'Espagne musulmane, qui réclama aussi Tanger et Ceuta. Fès reçut alors un gouverneur envoyé au nom du calife. Seule, l'oasis de Sidjilmassa, où régnait un Miknasien des Beni-Ouassoul, refusa de suivre l'exemple. En 951, leur armée omeyyade, envoyée dans le Rif, s'empare de Tanger et force El-Fadel à la soumission que le calife d'Espagne ne jugeait ni assez prompte ni assez complète. Au cours des interminables luttes qui s'établirent alors entre les Fâtimides et les Omeyyades, le chef des premiers réussit, à force de persévérance et à la seconde tentative, à s'emparer de Fès. La ville, livrée au pillage, est dotée d'un gouverneur. Djouher, le chef de l'armée, se rend au Rif, soumet les Edrisites qui fout amende honorable et se trouvent, au nom des Fâtimides et répudiant leur alliance omeyyade, confirmés dans leur possession de cette contrée et du Ghomara avec la ville de Basra (aujourd'hui détruite [entre Onazzan et Alkasar el-Kebir]) comme résidence. En 959, à son retour à Kaironan, le général fâtimide traînait à sa suite, enfermés dans une cage de fer, le souverain qu'il avait détrôné à Sidjilmassa et l'infortuné gouverneur de Fès. Ces résultats devaient être bien fragiles; tandis que le calife fâtimide est absorbé par la guerre de Sicile, le Maghreb, à peine reconquis et livré à lui-même, retourne peu à peu aux Omeyyades, dont l'action gouvernementale est plus voisine. Sidjilmassa répudie les Fâtimides, et les Edrisites dans le Rif, comblés de cadeaux par les souverains d'Espagne, se font les champions des Omeyyades jusqu'au moment où ils abjurent à nouveau leur parti devant la rapide et brillante campagne de Bologguine qui avait reçu à Kairouan l'investiture. Après le départ des Fâtimides, quand El-Moezz se fixa au Caire, les Omeyyades en profitèrent pour regagner le terrain perdu. La destruction de l'empire édrisite fut décidée par le calife écoeuré de tant de lâcheté; la résistance fut cependant plus dure qu'on ne l'avait prévu à la cour de Cordoue. Une armée,
débarquée à Ceuta A la chute des Omeyyades qui régnaient depuis trois siècles et à qui l'empire musulman doit un si grand éclat, la lutte s'établit au Maroc entre les Maghraoua et les BeniIfren. El-Moezz, fils de Ziri, ayant voulu arracher Sidjilmasa des mains des Beni-Khazroum qui s'y étaient déclarés indépendants, avait été défait et contraint de rentrer à Fès après avoir perdu son aimée en 1016. Dès lors la puissance des Maghraoua fut contre-balancée par celle de leurs contrées du Sud; la vallée de la Molouïa ne tarda pas à relever de Sidjilmassa ainsi que la petite ville de Sefrou, toute voisine de Fès. En 1026, sous le successeur d'EI-Moezz, Hammama, Ies Maghraoua reprennent d'abord le dessus, mais en 1033 leur chef doit se réfugier à Oudjda avant de pouvoir rentrer à Fès. Après sa mort, Fès redevint le théâtre des luttes sans fin où s'exerça la puissance des Maghraoua. Comme en Sicile, comme en Espagne, la division des musulmans au Maghreb el-Acsa allait avoir les conséquences les plus importantes en favorisant l'arrivée d'un nouvel élément ethnographique. (H.-P. de la Martinière). |
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