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L'histoire du Maroc
2 - La conquête musulmane
Aperçu
1- L'Antiquité
2 - La conquête musulmane
3 - Les Almoravides
4 - Les Almohades 5 - L'empire mérinide  6 - Les chérifs saadiens  7 - Les chérifs hasani
L'islam avait commencé à étendre ses conquêtes au dehors de l'Arabie, vers l'époque où la domination byzantine s'éteignait dans l'Afrique septentrionale. Affaiblie par le schisme des donatistes et par les fréquentes révoltes des indigènes, brisée ensuite par les Vandales, l'autorité des césars y avait reçu un coup fatal, et bien qu'elle fût relevée par l'habileté de Bélisaire et soutenue pendant. quelques années par les armes de Salomon et de Jean Troglita, elle penchait vers sa ruine définitive à l'époque où nous commencerons notre résumé historique. Les populations latines s'étaient concentrées autour de leurs places fortes, après avoir abandonné leurs riches campagnes aux Berbères; plusieurs villes de premier rang venaient d'être évacuées, et, depuis l'an 618, l'importante province de la Tingitane était tombée aux mains des Goths d'Espagne. Dans leur deuxième expédition en Afrique, les Arabes n'avaient pas atteint le Maghreb el-Acsa (= l'Ouest du Maghreb actuel). El-Mohadjer s'était en effet arrêté aux environs de Tlemcen, lorsque Koséila, le chef des Aureba, avait revêtu les apparences de la conversion. Ce fut en 682 qu'Ocbaibn-Nafé franchit la Molouïa et arriva devant Ceuta où résidait le comte Julien (comes Julianus) qui en était gouverneur au nom de Constantin IV. Il avait le titre de seigneur d'El-Djazirat el-Khadra (Algésiras), Ceuta et autres lieux, et son autorité s'étendait sur le pays voisin qu'occupaient les Ghomara. On sait l'accueil réservé par Julien au conquérant. Sorti au-devant des musulmans avec des présents magnifiques, il fit sa soumission et en obtint la confirmation dans son gouvernement. Ocba marcha ensuite sur Tanger qui fut emportée après une résistance acharnée des Berbères, et, se dirigeant vers le Sud, le conquérant s'empara d'Oualili, cité prospère et renommée au loin, l'antique Volubilis de la domination romaine, occupée alors par les Berbères chrétiens de cette région; puis, continuant son oeuvre, Ocba franchit l'Atlas et on le vit dans le Sous el-Acsa entrer à Idjli ou Taroudant. Les captives qu'il fit étaient si belles que les chroniqueurs arabes (El-Bekri, En-Nouaïri, Ibn-Khaldoun, El-Kairouâni) nous en ont dépeint les charmes. Il remonta vers le Nord, repassa la Molouïa et fut tué à Tahouda. Telle fut retracée à grands traits la première apparition des Arabes au Maroc. 

Leur domination était plutôt annoncée qu'établie, car la mort d'Ocba rendait à son vainqueur Koséila toute sa puissance. Il semble que ce soit vers 705 que Moussaibn-Noséir ait reçu d'Abd-el-Aziz le commandement de l'Afrique et qu il ait alors commencé la conquête du Maghreb jusqu'à Tanger, l'étendant plus tard jusqu'à l'Espagne. De Tanger, il envoya deux généraux vers la contrée où devait dans la suite s'élever Fès, et où ils firent un grand massacre des gens de la tribu des Aureba. Le bruit de ce carnage s'étant répandu au loin, le nom seul de Noséir ne tarda pas à inspirer la terreur, et les historiens arabes nous représentent les Berbères, quoique découragés, combattant avec la même vaillance, presque toujours vaincus, tandis que Moussa parvient jusqu'au Sous el-Adna. La ville de Tanger fut alors repeuplée avec des otages provenant de la tribu des Masmouda; une garnison de Berbères bien armés et bien approvisionnés y fut laissée en toute confiance, car ils avaient embrassé l'islam. A cette même époque, il convient de placer la défense de Ceuta par le comte Julien. Attaqué, il se défendit avec vaillance, prouvant la bravoure de ses troupes aux musulmans surpris de tant de résistance. Sur ces entrefaites, le roi d'Espagne Witiza mourut et Roderic monta sur le trône. On prétend que Julien, outragé par ce dernier dans l'honneur de sa fille qui, suivant la coutume de la cour des Goths, était élevée au palais de Tolède, aurait conclu un traité avec Moussa aux termes duquel il ouvrait aux Arabes les portes de ses villes et leur assurait aussi le passage du détroit pour débarquer dans la péninsule. Quoi qu'il en soit, il servait ainsi la cause des parents et des créatures laissés par Witiza contre Roderic. En 709-710 eut lieu la première expédition des musulmans en Espagne. Ils débarquèrent, sous la conduite de Tarik, sur la plage de Tarifa. La mesure était habile, car elle détournait vers l'autre rive du détroit l'ardeur guerrière des Berbères, ce qui permit aux Arabes de venir à bout de cet ennemi vaillant. Plusieurs émirs succédèrent à Moussa-ibn-Noséir dans le difficile gouvernement du Maghreb; le siège de leur pouvoir était à Kairouan. L'un d'eux, voulant compléter la soumission des Berbères dans le Sous aussi bien que dans la province de Tanger, confia, en 739, la conduite d'une grande expédition au fils d'Ocba-ibn-Nafé, tandis qu'il dirigeait Omar-ibn-Obeïd-Allah vers le détroit. Les populations se soulevèrent en masse et battirent les Arabes. L'insurrection se propagea; l'armée des émirs fut battue par Khaled sur les bords du Sebou, et les populations du Maghreb se trouvèrent livrées à elles-mêmes. 

Les adversaires les plus redoutables des gouverneurs arabes allaient être les docteurs schismatiques qui se propagèrent vers cette même époque. Telle cette doctrine du kharédjisme que les Berbères embrassèrent d'autant plus ardemment qu'en l'adoptant ils avaient le droit de repousser la domination arabe tout en gardant l'islam. C'est ainsi qu'ils proclamèrent califes et encore imâms ou chefs de la religion, émirs el-moumenin ou commandeurs des croyants des chefs élus par eux, choisis dans leurs rangs et dont le mérite était de combattre les étrangers. Le kharédjisme, simple protestantisme en Orient, devenait donc dans l'extrême Occident un drapeau politique, véritable symbole d'affranchissement et de nationalité, et c'est là une des clefs de l'histoire un peu obscure et confuse de la lutte entre les deux populations : ainsi autrefois le donatisme ou l'arianisme contre le christianisme de Byzance, L'anarchie qui s'ensuivit permit aux Berbères de l'Ouest d'établir deux dynasties indépendantes; l'une fut fondée par Abderramanibn-Roustem à Tiaret (Algérie) en 771 ; l'autre, la seule qui intéresse l'histoire du Maroc, est celle des Beni-Midrar ou dynastie miknasienne des Beni-Ouassoul; elle eut pour siège la ville et l'oasis de Sidjilmassa vers l'an 757 et elle prit fin en 963.

Depuis un siècle et demi, la puissance des califes d'Orient était représentée dans l'Afrique septentrionale par les émirs siégeant à Kairouan; mais, diminuée insensiblement quoique sûrement par l'établissement des dynasties berbères, la puissance arabe abandonne le Maghreb et-Acsa, tandis que cette autre forme de la religion musulmane et plutôt berbère achève le mouvement; c'est alors qu'Obeïd-Allah, descendant d'Ali et de Fâtima, fonde la dynastie fâtimide. Il chasse les émirs dits Aghlabites (909) et conquiert tout le pays depuis les Syrtes jusqu'au milieu du Maroc; mais, tandis que la nouvelle dynastie devient orientale par la conquête de l'Égypte (973), le Maroc est en partie et à nouveau conquis, converti, administré par les Edrisides, de 788à 985. Leur nouvelle dynastie s'y établit consacrant la perte définitive de cette contrée pour le califat. Nous en retracerons les phases principales.

Après les luttes qui marquèrent en Arabie le lendemain de la mort du calife Ali, gendre du prophète, ses partisans avaient vainement essayé d'obtenir le trône à ses enfants. La dynastie omeyyade s'était fondée; mais les Alides, ayant formé une manière d'association secrète, n'avaient cessé d'attendre le moment de reconquérir le pouvoir; plus tard, quand ils furent vaincus et anéantis à la bataille de Fekh (787), un oncle d'Hosein, du nom d'Edris-ben-Abdallah, s'étant échappé grâce au zèle de son affranchi Rached, réussit à gagner les contrées lointaines du Maghreb. Après avoir séjourné à Tanger, il gagna les montagnes du Zerhoun habitées alors par les Aureba et y fut si bien accueilli par leur chef, Abou-Leïla-Ishak, qu'il s'établit dans la ville d'Oulili. Vers la fin de 788, Edris (Idris) ayant obtenu l'appui des Ghyiâtsa, des Maghila, des Miknasa et d'une partie des Ghomara, se déclara indépendant et étendit son autorité sur une grande partie des populations d'alentour, dont plusieurs avaient conservé leurs croyances chrétiennes ou juives. Les ayant forcés à embrasser l'islam, il franchit la Molouïa, atteignit Tlemcen où l'on raconte qu'il jeta les fondations de la grande mosquée, puis revint aux rivages de l'Atlantique où il s'empara de la ville de Chela ou Sla. Le nouveau pouvoir était dès lors fondé. Edris mourut empoisonné par les soins du calife d'Orient qui, redoutant le développement de cette puissance, lui avait envoyé le traître Éch-Chemmakh. Il fut enterré dans une des gorges du djebel Zerhoun, en face d'Oulili, en 793, et, de nos jours, son tombeau est encore l'objet d'une sainte vénération.

Il laissa un fils posthume, Edris-Seghir ou Edris II, qui fut élevé par les soins du fidèle Rached, tandis que son oncle Soleïman exerçait le pouvoir en son nom à Tlemcen. Rached ayant été assassiné par un émissaire du calife, les Berbères témoignèrent leur dévouement au jeune Edris en lui prêtant serment dans la mosquée d'Oulili, en 803. Ce prince, voyant chaque jour son autorité s'étendre et sa résidence devenir insuffisante, résolut de fonder une grande cité, et, en 803, il choisit à cet effet le territoire que traversait un petit affluent du fleuve Sebou. C'est là que s'élevèrent les premières constructions de Fès, destinée à devenir une des villes les plus fameuses du Nord de l'Afrique. La plus grande partie du règne d'Edris-Seghir se passa à soumettre les tribus masmoudiennes et certaines des populations de l'Atlas; ce prince parcourut ensuite le Sous et combattit le kharédjisme, dont il avait décrété l'abolition. Il confia de grands commandements aux chefs des Aureba, désireux de leur faire oublier les rigueurs du début de son règne et qui avaient été contraires à la politique de son père. Ayant repris Tlemcen, qui s'était affranchi de son autorité, il s'avança jusqu'au Chélif et passa trois années ainsi dans l'Est de ses États. Peu avant la fin de son règne, il recueillit 8000 musulmans expulsés d'Andalousie par El-Hakem à la suite d'une révolte, et il les établit dans sa capitale, où cette population, d'origine celto-romaine contribua à la prospérité de la nouvelle ville. Edris Il mourut en 828, à l'âge de trente-trois ans, étouffé par un grain de raisin. Il laissait un empire qui comprenait à peu près le Maroc actuel et s'étendait dans l'Est jusqu'à la Mina; mais, dans la vallée de l'oued Ziz, les Miknasa régnaient en maîtres, et la dynastie des Beni-Ouassoul à Sidjlmassa protégeait ouvertement le kharédjisme. Edris laissait douze fils, et l'aîné d'entre eux, Mohammed, lui succédait à Fès, mais il ne tarda pas à fractionner l'empire en neuf commandements, dont le démembrement amena de longues luttes qui furent fatales à la dynastie, la guerre ayant éclaté et s'étant généralisée. Parmi tous ces princes, Omar, qui paraissait avoir hérité des velléités guerrières du père, mourut prématurément en 835; l'année suivante, un autre fils, Mohammed, cessa également de vivre, mais il laissait à Fès un fils nommé Ali auquel les Berbères Aureba prêtèrent serment de fidélité. Quant aux autres, ils régnèrent assez obscurément dans leurs provinces et nous n'entrerons pas dans le long et fastidieux détail des luttes qu'ils engagèrent entre eux.

Vers 910, la grande tribu des Miknasa avait profité de cet affaiblissement de la dynastie édrisite et avait soumis toute la contrée comprise entre Taza, Tesoul et la frontière orientale du Maghreb el-Acsa. Dix ans plus tard, le chef des Miknasa assiégeait Fès et forçait le descendant d'Edris, Yahia-ben-Edris, à reconnaître la suzeraineté du sultan fâtimidee. L'année suivante, Yahia est interné à Asilah, et Messala, le chef miknasien, s'empare de ses trésors. Après la mort de Messala, un prince édrisite, El-Hasan, releva toutefois le prestige de sa famille; il s'empare de Fès, en chasse le gouverneur, Rihan le Kétamien, et complète son succès par la victoire de Taza sur les Miknasa. Mais ce triomphe est de courte durée, car, victime peu après d'une sédition, il est jeté en prison et meurt misérablement, le pouvoir restant cette fois-ci aux Miknasa. En 931, le calife d'Espagne enlève Ceuta, grâce à un coup de main; cette ville tenait encore pour la famille d'Edris, et sa perte est vivement ressentie par les derniers représentants de cette dynastie. Sur ces entrefaites, Moussa-ben-Abou l'Afia, chef des Miknasa, devenu maître de Fès, s'efforce de conquérir les places du Rif demeurées fidèles aux descendants d'Edris; leur capitale y était une place réputée inexpugnable, Hodj en-Neser; il pille Nokour et, étendant son action vers l'Est, il entre en vainqueur à Tlemcen. Il entame des pourparlers avec les Omeyyades devenus maîtres de Ceuta; il répudie la suzeraineté fâtimide pour laquelle il avait jusqu'alors combattu. Cette défection devait lui être fatale. En 933, une armée fâtimide s'étant mise en route vers le Maghreb el-Acsa, Moussa est vaincu à la bataille de Mes soun, non loin de Taza, et doit se réfugier dans la ville de Tesoul, où les Edrisites, profitant de sa défaite, viennent l'attaquer. 

Fès abandonné se livre aux Fâtimides, dont l'autorité est représentée par Hamed-ben-Hamdoun. Grâce aux luttes qui suivirent ces événements, les Edrisites consolidèrent le pouvoir qu'ils avaient recouvré à la suite de leur alliance avec les Fâtimides; en 936, El-Hasen-Kennoun, chef de la dynastie, s'empare d'Asilah, tandis que son cousin Hasen rentre vainqueur à Tlemcen. Ce prince étant mort en 949 fut remplacé par son fils, Abou l'Aich-Ahmed, surnommé El-Fadel ou l'Homme de mérite, qui entretenait des relations avec la cour omeyyade et rompit par la suite avec les Fâtimides; puis, les autres Edrisites imitant son exemple, tout le Nord du Maroc se trouva placé sous la domination du souverain de l'Espagne musulmane, qui réclama aussi Tanger et Ceuta. Fès reçut alors un gouverneur envoyé au nom du calife. Seule, l'oasis de Sidjilmassa, où régnait un Miknasien des Beni-Ouassoul, refusa de suivre l'exemple. En 951, leur armée omeyyade, envoyée dans le Rif, s'empare de Tanger et force El-Fadel à la soumission que le calife d'Espagne ne jugeait ni assez prompte ni assez complète. Au cours des interminables luttes qui s'établirent alors entre les Fâtimides et les Omeyyades, le chef des premiers réussit, à force de persévérance et à la seconde tentative, à s'emparer de Fès. La ville, livrée au pillage, est dotée d'un gouverneur. 

Djouher, le chef de l'armée, se rend au Rif, soumet les Edrisites qui fout amende honorable et se trouvent, au nom des Fâtimides et répudiant leur alliance omeyyade, confirmés dans leur possession de cette contrée et du Ghomara avec la ville de Basra (aujourd'hui détruite [entre Onazzan et Alkasar el-Kebir]) comme résidence. En 959, à son retour à Kaironan, le général fâtimide traînait à sa suite, enfermés dans une cage de fer, le souverain qu'il avait détrôné à Sidjilmassa et l'infortuné gouverneur de Fès. Ces résultats devaient être bien fragiles; tandis que le calife fâtimide est absorbé par la guerre de Sicile, le Maghreb, à peine reconquis et livré à lui-même, retourne peu à peu aux Omeyyades, dont l'action gouvernementale est plus voisine. Sidjilmassa répudie les Fâtimides, et les Edrisites dans le Rif, comblés de cadeaux par les souverains d'Espagne, se font les champions des Omeyyades jusqu'au moment où ils abjurent à nouveau leur parti devant la rapide et brillante campagne de Bologguine qui avait reçu à Kairouan l'investiture. Après le départ des Fâtimides, quand El-Moezz se fixa au Caire, les Omeyyades en profitèrent pour regagner le terrain perdu. La destruction de l'empire édrisite fut décidée par le calife écoeuré de tant de lâcheté; la résistance fut cependant plus dure qu'on ne l'avait prévu à la cour de Cordoue

Une armée, débarquée à Ceuta, fut d'abord défaite, mais le dernier prince édrisite, El-Hasen, se voit forcé d'abandonner sa capitale de Basra; il fuit au Ksar-Masmouda et se réfugie enfin à Hodj en-Neser avec son trésor. Il ne tarde pas à devoir se rendre, accablé sous le nombre croissant des assiégeants; il a la vie sauve (octobre 973). Ainsi disparut ce qui restait de l'empire édrisite. Tous les descendants d'Edris furent recherchés et emmenés à Cordoue où ils vécurent d'une pension; plus tard, on les dirigea vers Alexandrie où le souverain fâtimide les recueillit. Il est superflu d'entrer ici dans le long détail des luttes qui se continuèrent au Maghreb, notamment quand l'Edrisite El-Hasen-ben-Kannoun, s'enfuyant d'Égypte, rentrait (984), s'alliait aussitôt avec les chefs des Beni-Ifren et concluait un traité contre les Omeyyades. C'est dès lors une guerre de partis dont l'écheveau est singulièrement compliqué. El-Hasen vaincu est mis à mort. En 994, Ziri, chef des Maghraoua dévoués à cette époque aux Omeyyades d'Espagne, ayant jugé des inconvénients stratégiques qu'offrait la position de la ville de Fès comme capitale, fonda, près de l'oued Isly, la ville d'Oudjda. Ce même Ziri ne tarda pas à entrer en lutte avec les Omeyyades et ne fut vaincu définitivement qu'après deux expéditions en l'an 1000, époque où il fit sa soumission. Son fils, El-Moezz, fut nommé en 1006 gouverneur du Maghreb par les Omeyyades et s'établit à Fès.

A la chute des Omeyyades qui régnaient depuis trois siècles et à qui l'empire musulman doit un si grand éclat, la lutte s'établit au Maroc entre les Maghraoua et les BeniIfren. El-Moezz, fils de Ziri, ayant voulu arracher Sidjilmasa des mains des Beni-Khazroum qui s'y étaient déclarés indépendants, avait été défait et contraint de rentrer à Fès après avoir perdu son aimée en 1016. Dès lors la puissance des Maghraoua fut contre-balancée par celle de leurs contrées du Sud; la vallée de la Molouïa ne tarda pas à relever de Sidjilmassa ainsi que la petite ville de Sefrou, toute voisine de Fès. En 1026, sous le successeur d'EI-Moezz, Hammama, Ies Maghraoua reprennent d'abord le dessus, mais en 1033 leur chef doit se réfugier à Oudjda avant de pouvoir rentrer à Fès. Après sa mort, Fès redevint le théâtre des luttes sans fin où s'exerça la puissance des Maghraoua. Comme en Sicile, comme en Espagne, la division des musulmans au Maghreb el-Acsa allait avoir les conséquences les plus importantes en favorisant l'arrivée d'un nouvel élément ethnographique. (H.-P. de la Martinière).

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