 |
Le
Maroc occupe l'emplacement de l'ancienne Maurétanie
Tingitane et d'une faible partie de la Maurétanie Césarienne.
Cette contrée fut soumise à la domination romaine
en 33 av. J. C., et définitivement,
en 42 de notre ère. Elle
devint ensuite la proie des Vandales au
commencement Ve
siècle,
puis passa sous la coupe des Grecs de Byzance ,
et enfin des Arabes (à partir du VIIIe
siècle). Les Edrisites (Idrissites),
fondèrent, en 788, un Etat indépendant
des califes de Bagdad,
dont Fès
était la capitale, et qui fut renversé en 925
par le premier calife fatimide d'Egypte .
Tandis que les Fatimides et les Ommeyades
d'Espagne
se disputaient la possession des débris du royaume des Edrisites,
les Almoravides
créèrent, au Maroc, à partir de 1051,
un nouvel Etat, qui étendit ses conquêtes en Espagne jusqu'au
Tage et à l'Ebre. La puissance des
Almoravides s'écroula aussi rapidement qu'elle s'était élevée,
et fut remplacée,
entre
1120 et 1145, en Afrique
et en Espagne, par celle des AImohades ,
qui elle-même succomba en Espagne en 1212
et en Afrique en 1218. Les Almohades
furent supplantés par les Mérinites
ou Mérinides (1270),
auxquels succédèrent à partir de 1550
les Chérifs, qui se disaient issus de Mahomet .
Sous la dynastie des chérifs alaouites (saadiens) de Tafilet, l'empire
du Maroc acquit sa plus grande étendue, et résista victorieusement
aux armées portugaises qui attaquent aux XIIIe,
XIVe
et XVe
siècles. Le Maroc cessa d'être
menacé après la sanglante bataille d'Alcaçar-Quivir,
où périt le roi Sébastien (1578).
Il s'agrandit tellement par la suite qu'au commencement du XVIIIe
siècle, il étendait encore
son autorité jusqu'à Tombouctou.
Les discordes intestines des derniers alouites
avaient à cette époque déjà laissé
le trône à une dynastie qui s'était substituée
à la leur en 1648. Cette dynastie,
sortie aussi du Tafilet, eut pour fondateur le chérif Moulay, mort
en 1652. Le règne le plus brillant
des souverains de cette dynastie est celui de Moulay-Ismaïl (1672-1727),
prince impitoyable, mais énergique. Le souverain parvenu au trône
en 1822, Moulay-Abderrahman, inquiet
des ambitions de la France en Afrique du Nord, depuis sa prise d'Alger
en 1830, s'associa en 1844
à la guerre sainte d'Abd el-Kâder ( L'histoire
de l'Algérie ).
Mais la défaite de son armée sur l'Isly, le bombardement
de Tanger et la prise de Mogador par les Français le forcèrent,
cette même année, à renoncer à soutenir l'émir.
Moulay-Abderrahman mourut en 1859,
et une guerre civile, au milieu de laquelle plusieurs prétendants
disputèrent le trône à son fils aîné,
Sidi-Mohamhed, s'alluma aussitôt. Cette même année,
les Marocains entrèrent aussi en guerre avec l'Espagne, qui conservait
le long des côtes du Maroc plusieurs villes,
conquises dès le XVIe
siècle, et dont elle avait fait
des présides ou lieux de déportation : telles Ceuta,
le Peñon-de-Velez, Alhucemas, Melilla.
Des conflits avaient déjà eu lieu à leur sujet, mais
cette fois la guerre fut plus sérieuse. Le Marcoc fut défait,
notamment dans deux batailles, dont la dernière fut suivie de la
prise de Tétouan par les Espagnols en 1860.
La paix fut alors conclue entre les deux Etats : le Maroc fit une cession
de territoire, et s'engagea à payer une forte indemnité de
guerre.
La compétition que se faisaient
Allemands et Français eut aussi quelques décennies plus tard
des répercussions sur le Maroc., et les puissance européennes
allaient s'entendre pour laisser à la France, déjà
présente en Algérie et en Tunisie, étendre sa mainmise
sur le Maroc. Il faut remonter au Cabinet Combes pour retrouver l'origine
de cet épisode. A ce moment, Delcassé, ministre des Affaires
étrangères, avait négocié et conclu, avec l'Espagne
un accord secret d'où devait résulter, presque forcément,
la conquête en commun de l'empire du Maroc. Il s'était assuré,
le consentement de l'Angleterre par un autre accord, la convention de 1904
qui établissait l' « Entente cordiale». Il n'avait rien
fait pour s'assurer le consentement de l'Allemagne : négligence
d'autant plus imprudente que la Russie, accaparée par sa funeste
guerre avec le japon, ne pouvait à ce moment gêner en rien
notre puissant voisin.
Les résultats de cette témérité
ne tardèrent guère. L'empereur d'Allemagne fit à Tanger
(31 mars 1905) un voyage gros de menaces
pour la France. Rouvier, alors président du Conseil, justement effrayé
des périls qu'une telle aventure pouvait nous faire courir, résolut
de convoquer, avant d'aller plus loin, à Algésiras (janvier
1906),
une conférence où toutes les grandes puissances seraient
représentées, ce qui avait amené la démission
de Delcassé. La Conférence, où presque toutes les
grandes puissances, même l'Italie, redevenue l'amie de la France,
s'étaient prononcées en faveur de celle-ci avait réglé,
par un acte solennel, les conditions de l'intervention française
au Maroc, accordant à la France et à l'Espagne un droit de
police, au moyen d'officiers et de sous-officiers instructeurs que les
deux pays fourniraient aux troupes marocaines, mais garantissant à
toutes les nations une égalité absolue pour le commerce et
l'exploitation des richesses naturelles et le régime économique
du Maroc.
Bientôt, l'assassinat d'un Français,
le Dr Mauchamp, à Marrakech (1907),
puis de deux Européens à Casablanca, conduisirent la France
à engager dans le grand Empire de l'Ouest africain des opérations
militaires qui ne devaient pas cesser de s'étendre. On alla bombarder
et prendre Casablanca. Sur ces entrefaites, le sultan. Abd et Aziz, qui
avait traité avec les Français, vit son frère, Moulay
Hafid, se révolter contre lui et se faire proclamer â sa place.
La France ne défendit pas Abd et Aziz, et Moulay Hafid, pour faire
reconnaître son autorité par l'Europe, accepta les traités
conclus, y compris l'acte d'Algésiras. Mais Fès, la capitale
de l'Empire, était en pleine insurrection. Le général
Moinier marcha sur la ville avec des forces importantes et y entra sans
coup férir. Mais la colonne de ravitaillement qui le suivait avec
le colonel Gouraud fut attaquée et eut à soutenir de furieux
combats (1911).
L'Allemagne se mit à susciter incident
sur incident, chicane sur chicane, pour les opérations françaises
au Maroc. C'étaient, en 1908,
les incidents de Casablanca, à propos de l'arrestation, par les
gendarmes, de déserteurs de la légion étrangère
qu'un agent subalterne de l'ambassadeur d'Allemagne accompagnait et essayait
de protéger. Il fallut recourir à un arbitrage que l'Allemagne
n'accepta pas sans difficultés. L'affaire se termina en novembre
par un compromis signé à Berlin. Le Maroc devint ainsi un
protectorat de la France, puis une colonie, jusqu'à l'indépendance
acquise en 1956.
-
Le
mausolée de Mohammed V, à Rabat. Il contient sa tombe,
aisni que celles de ses
deux
fils, le roi Hassan II et le prince Abdallah. Source
: The World Factbook.
 |
Michel
Abitbol, Histoire
du Maroc, Perrin 2009.
Oeuvre
magistrale couvrant l'histoire du Maroc de l'Antiquité
à nos jours, cette étude de Michel Abitbol jette une lumière
toute neuve sur le passé de ce pays que des liens uniques, attachent
à la France et à l'Europe.
Analyses politiques, sociales, économiques et culturelles s'entremêlent
dans cette immense fresque qui prend en compte toutes les composantes humaines
qui font la richesse et l'originalité de la civilisation marocaine
: berbères, arabes, juives et européennes.
L'ouvrage
de Michel Abitbol étudie avec le même sérieux et la
même exigence des périodes lointaines comme l'époque
romaine et les débuts de la conquête arabo-musulmane et celles
plus proches comme l'ascension des Alaouites, l'établissement du
Protectorat français (et espagnol) et l'accession à l'indépendance.
Il analyse avec la même abondance de détails l'oeuvre et l'action
de personnages devenus légendaires comme Moulay Idris, fondateur
de Fès,''Almoravide Youssef B. Tashfin,
bâtisseur de Marrakech, l'Almohade Abd al-Mu'min dont l'empire s'étendit
de l'Andalousie à la Libye et Ahmad
Al-Mansour, le conquérant de Tombouctou
et du Soudan occidental. Ou encore Moulay Isma'il, contemporain de Louis
XIV et ses arrières-arrières-petits-fils Mohammed V et
Hassan II qui ont présidé aux destinées du royaume
chérifien jusqu'à la fin du XXe siècle.
Fruit
d'un labeur de nombreuses années dans les bibliothèques et
les collections d'archives de plusieurs pays, c'est une véritable
" biographie " du Maroc, depuis sa naissance jusqu'à nos jours,
que l'auteur nous livre aujourd'hui. Depuis les travaux de Charles-André
Julien et Roger le Tourneau voilà 50 ans, c'est la seule étude
qui soit aussi complète, aussi rigoureuse et aussi minutieuse. La
multitude de faits relatés, sur la base de sources européennes
et arabes, loin de nuire et d'alourdir apporte une note pittoresque et
originale à ce tableau et contribue à laisser au Maroc la
chaleur de ses couleurs, sa vie et par là même son authenticité
historique. (couv.).
Carlos Freire, Amazigh,
voyage dans le temps berbère, Hazan ,2006.
-
Aucune
intention ethnographique, philosophique ou sociologique dans ma démarche,
déclare Carlos Freire au terme de ses 8500 kilomètres parcourus
en terre berbère.
«
Un regard de passage. Lieux. Visages. Les berbères du Maroc étaient
installés dans ce territoire avant l'arrivée des arabes.
Ces gens des plateaux de l'Atlas, du Rif et du Moyen Atlas, sont nos contemporains.
Leur vie, différente de la nôtre, dans le paysage magnifique
qui encadre leur quotidien, existe dans un temps plus lent, plus contemplatif.
Le point commun qui a permis nos rencontres a été la curiosité
mutuelle autour de l'Autre, du visiteur dans leur cas, du maître
de maison, dans le mien.
Ce
sont ces hommes et femmes des vallées et des montagnes du Maroc
qui m'ont accordé généreusement et gracieusement un
permis de regard pendant mes voyages dans le temps berbère.
Ce
temps, c'est ce que nous proposons aux lecteurs de ce livre, avec mes photos,
les poèmes traditionnels berbères et le texte de l'écrivain
Driss Benzekri, lui-même d'origine berbère, et mon compagnon
dans ce livre : un voyage dans un temps berbère tissé de
rencontres et de regards en miroirs renversés.» (couv.). |
|
|