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Histoire de la Grèce antique
Le protectorat macédonien
La Guerre sacrée, guerre que les Phocéens allument contre eux en pillant la temple de Delphes (355) donna au roi de Macédoine, Philippe, l'occasion de s'immiscer dans les affaires de la Grèce, et bientôt ce prince, profitant habilement des dissensions des Grecs, les soumet presque tous à son empire, malgré les efforts de Démosthène; il finit par les assujettir entièrement à la bataille de Chéronée (338). Alexandre, son successeur, après avoir réprimé une vaine tentative de soulèvement, va, au nom de la Grèce, déclarer la guerre au grand roi des Perses, et soumet presque toute l'Asie à sa domination; mais il meurt au milieu de ses conquêtes (323). Néanmoins la mort du conquérant ne rend pas à la Grèce son indépendance : Vaincue à Lamia, elle tombe sous le joug d'Antipater, puis sous celui de Cassandre et d'Antigone Gonatas; en même temps, elle est déchirée par d'éternelles dissensions. En vain la Ligue Achéenne, instituéee en 284, illustrée à deux reprises par Aratus (251) et par Philopoemen (188-183), qu'on a surnommé le dernier des Grecs, essaye de rallier tous les peuples de la Grèce; elle épuise ses forces à combattre la Ligue rivale des Etoliens. Les Romains peuvent s'apprêter à entrer en scène.
Sous la botte macédonienne

La Macédoine était restée jusqu'au IVe siècle mal organisée; elle ne s'était guère trouvée en contact avec la Grèce. Mais le roi Philippe sut en faire un grand État . Il constitua une forte armée à l'intérieur, débarrassa ses frontières de ses voisins barbares, refoula les Illyriens, les Thraces et conquit les villes grecques de la côte. De cette Macédoine pacifiée et fortifiée, Philippe sortit pour soumettre la Thrace, puis la Thessalie, enfin l'Hellade. Les victoires de Philippe, qui en firent le fondateur d'un grand empire, furent dues à son habile politique et à la supériorité de l'armée macédonienne. Cette supériorité provenait surtout de l'organisation de la phalange, qui resta presque invincible jusqu'à l'arrivée des Romains. Le roi de Macédoine, après s'être donné une armée permanente, commença par s'ouvrir l'accès de la mer, dont le séparaient les colonies grecques, en particulier celles qui remplissaient la riche presqu'île de Chalcidique. La principale était Olynthe qui succomba en 347. La guerre sacrée (355-346) fournit au roi un prétexte pour franchir le seuil de la Grèce. Une querelle des Thébains et des Phocidiens en était la cause. Condamnés à des amendes excessives pour avoir labouré des terres consacrées au dieu de Delphes, les Phocidiens furent excommuniés par le conseil amphictionique. Ils s'emparèrent du temple de Delphes et soldèrent des armées de mercenaires qui résistèrent victorieusement à leurs ennemis. Ceux-ci, surtout les Thébains et les Thessaliens, leur faisaient une guerre d'extermination. Ils appelèrent Philippe qui soumit la Thessalie, s'empara des Thermopyles, extermina les Phocidiens, devint le président des jeux Pythiques et du conseil des Amphictyons (346). Quelque temps la vigilance de Démosthène, réveillant les Athéniens, le tint en échec dans la mer Égée. Il y avait à Athènes même un parti macédonien; dans le Péloponnèse, les ennemis de Sparte (Argos, Messène, Mégalopolis) y adhéraient. En 338, le conseil des Amphictyons, condamnant la cité d'Amphissa, attire en Grèce le roi de Macédoine. Les armées d'Athènes et de Thèbes se réunirent pour la lutte suprême; elles perdirent la bataille de Chéronée.

C'en était fait de la liberté de la Grèce. Thèbes fut abaissée, Athènes réduite à son territoire plus Samos, Lemnos et la Chersonèse, Sparte réduite à la Laconie. Un congrès des députés de la Grèce, convoqué à Corinthe, nomma Philippe généralissime des Grecs contre les Perses. Seuls les Spartiates s'abstinrent (337). La mort de Philippe retarda à peine l'entreprise. Elle fut exécutée par son fils Alexandre. Vainqueur d'abord des barbares du Nord, il réprima l'insurrection de la Grèce par la destruction de Thèbes (335). Il exécuta ensuite son grand projet. Concentrant les forces helléniques, il les conduisit contre l'ennemi héréditaire et conquit l'empire des Perses. Durant cette colossale expédition, l'or de Darius lui procura de nombreux mercenaires grecs et suscita même une diversion. Le roi de Sparte prit les armes, entraînant les Achéens, les Eléens et la plupart des Arcadiens. Ils furent défaits par le régent macédonien Antipater (330). Une dernière tentative, après la mort d'Alexandre, n'eut pas un meilleur succès. Démosthène et Léosthène soulevèrent les Athéniens, auxquels se joignirent les Locriens, les Phocidiens, les Étoliens, les Thessaliens, les Argiens, les Épidauriens, les Eléens, les Messéniens. La guerre lamiaque, ainsi nommée parce que les coalisés s'exténuèrent au siège de Lamia, finit par la défaite de Crannon (322). La démocratie athénienne fut déportée; la plupart des villes importantes reçurent une garnison macédonienne. La perte de l'indépendance était consommée.

Mais en même temps les Grecs voyaient s'ouvrir devant eux un champ immense. La pensée fondamentale d'Alexandre, la fusion de l'Orient et de l'Occident, fut réalisée après sa mort. La longue lutte des Hellènes et des Perses finissait par la victoire totale des premiers. La conquête de l'Asie occidentale et de l'Égypte leur livrait des pays vingt fois plus étendus que le leur, les foyers des plus vieilles civilisations. A cette situation nouvelle correspondaient des formes politiques nouvelles. Le cadre de la cité ne pouvait contenir le nouveau monde hellénique ou hellénisé. Nous n'avons pas ici à suivre l'histoire de l'hellénisme dans les royaumes orientaux, Bactriane, Syrie, Egypte ptolémaïque, pas même dans ceux de l'Asie Mineure, Pergame, Pont, etc. Nous nous contenterons de résumer ici les événements qui intéressent la Grèce proprement dite.
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Le siècle d'Alexandre

De grands hommes avaient encore, dans le siècle de Philippe et d'Alexandre, ajouté au patrimoine de gloire que leurs prédécesseurs avaient formé. Praxitèle (360-280), le plus gracieux des sculpteurs grecs, et le peintre Pamphile qui fut le maître d'Apelle, avaient succédé à Phidias, à Polyclète, à Zeuxis. Pourtant, déjà, l'art fléchit; le goût est moins pur, le style moins sévère. On donne trop à la grâce; on parle plus aux yeux qu'à la pensée.

Si l'art montre des symptômes de défaillance, l'éloquence et la philosophie n'en ont pas. La tribune d'Athènes retentit des accents passionnés et virils de Démosthène, de Lycurgue, d'Hypéride et d'Hégésippe. Eschine, le rival de Démosthène, y apporte le mouvement et l'éclat de sa parole; Phocion, sa vertu, qui pour l'orateur est aussi une arme puissante.

Après la mort de Socrate, ses disciples s'étaient dispersés. Le plus illustre d'entre eux était cependant revenu dans Athènes : Platon (429-347) enseignait dans les jardins d'Académos. Les Grecs, charmés par la grâce incomparable de son langage, contaient que son père était Apollon et qu'à son berceau les abeilles de l'Hymette avaient déposé leur miel sur ses lèvres. 

Aristote (384-322), son élève, son rival et le maître d'Alexandre, a fixé sur lui par d'autres mérites l'éternelle attention des hommes. Vaste et puissant génie, il voulut tout connaître, les lois de l'intelligence humaine comme celles de la nature. La philosophie suit encore la double voie que lui avaient tracée ces deux grands esprits : idéaliste avec l'un, rationnelle et positive avec l'autre. Xénophon, âme douce et conteur aimable, ne prend place que bien loin d'eux.

La Grèce hellénistique

A partir des conquêtes d'Alexandre, lors de cette période que l'on appelle hellénistique, La Grèce n'est plus le principal théâtre de l'activité hellénique : Alexandrie, Pergame, Rhodes, égalent Athènes dans l'ordre intellectuel, la surpassent en prospérité matérielle. La désunion des cités grecques les avait épuisées et livrées à la Macédoine. Incapables de s'entendre au temps de leur splendeur, elles le furent encore au temps de leur décadence. Elles furent tout d'abord impliquées dans la série des compétitions entre les héritiers d'Alexandre. Nous n'avons pas à entrer dans le dédale de ces intrigues et de ces combinaisons. On sait que l'organisation qu'Alexandre voulait donner à son empire fut compromise par les rivalités de ses lieutenants. Ceux-ci se partagèrent les provinces. Des trente-quatre généraux admis au partage, les principaux étaient Perdiccas, Ptolémée, Eumène, Cassandre, Lysimaque, Antigone, Antipater, Séleucus. Tant que les faibles rejetons de la famille royale vécurent, il fut possible de se rallier à eux et de conserver un semblant d'unité. Les régents Perdiccas, Antipater et Polysperchon défendirent la cause des enfants d'Alexandre contre les genéraux. (Le Monde hellénistique).

En Grèce, la lutte se poursuivit entre Polysperchon et Cassandre, l'ambitieux fils d'Antipater. Polysperchon, qui combattait au nom du petit roi Philippe Arrhidée, décréta la restitution aux cités grecques de leur liberté et de leur autonomie (319). C'est le premier de ces décrets, comme il s'en rendra beaucoup durant les siècles suivants et tout  aussi creux. Polysperchon voulait s'appuyer sur la démocratie contre l'oligarchie, alliée de Cassandre et favorisée par ses garnisons. Il déchaîna de terribles représailles. Phocion en fut victime à Athènes où l'on avait restauré la constitution démocratique. Cassandre y substitua bientôt la tyrannie bénigne de Démétrius de Phalère; puis, afin de se populariser, il releva Thèbes. Pendant les années suivantes, Cassandre et Polysperchon se combattent avec acharnement, courant de la Macédoine au Péloponnèse; le premier l'emporte de plus en plus, mais il est attaqué par Antigone et Ptolémée, lesquels proclament à leur tour la liberté et l'autonomie des cités grecques (313). La guerre ravage toute la Grèce où la confusion est inextricable. La famille d'Alexandre disparaît dans ces conflits. Ses deux derniers fils sont victimes de Cassandre (312 et 309). 

On continue de beaucoup parler de la restauration de la liberté hellénique. Antigone s'en porte champion. Son fils, Démétrius Poliorcète, débarque en Grèce avec une grosse armée (307) et s'installe à Athènes. Les seuls qui se rendent vraiment libres sont les Rhodiens que Démétrius assiège vainement (305-304). Il revient en Grèce et la conquiert presque entièrement sur Cassandre et Polysperchon (passé à la solde de Cassandre depuis 309). Après la bataille d'Ipsus, Démétrius Poliorcète se retire en Grèce, et c'est de nouveau ce malheureux pays qui sert d'échiquier aux Diadoques (successeurs d'Alexandre). Cassandre étant mort, Ptolémée suscite contre Démétrius les Spartiates et Pyrrhus prétendant au trône d'Épire. Démétrius quitte le siège de Sparte pour se faire couronner roi de Macédoine (294). Il est un moment maître de la Grèce presque entière, le reste même après qu'il a perdu la Macédoine (288). Quand cet extraordinaire aventurier eut disparu, les Athéniens qui avaient deux ou trois fois secoué son joug, s'insurgèrent, chassèrent les garnisons macédoniennes; le neveu de Démosthène, Democharès, réussit à rétablir la démocratie pour une dizaine d'années. Mais le fils de Démétrius, Antigone Gonatas, conserva la Béotie, Mégare, Corinthe et quelques places du Péloponnèse. 

La Macédoine et la Grèce centrale furent effroyablement dévastées par une invasion de Celtes (279-277). Ils pillèrent l'Étolie, forcèrent les Thermopyles, mais furent battus près de Delphes. Cette invasion est suivie de l'accession au trône de Macédoine d'Antigone Gonatas (277). L'Épire, qui, dans la décadence générale, semble plus forte, dispute un moment à la Macédoine l'hégémonie, mais son roi aventurier Pyrrhus ne tarde pas à disparaître (272). Sa mort, laissant Antigone Gonatas maître de la Macédoine, clôt la période des Diadoques, le demisiècle de guerres ininterrompues qui avaient sévi dans la péninsule balkanique et particulièrement en Grèce, depuis la mort d'Alexandre. Elles avaient complété l'abaissement des cités grecques, livrées à tous les hasards des conflits entre les bandes de mercenaires des chefs macédoniens, vidées de citoyens par les proscriptions et par le drainage fait au profit des colonies qui se multipliaient en Asie.

La Grèce du IIIe siècle ne ressemble que par les noms à celle du IVe. Elle est décidément tombée sous le protectorat macédonien. La Macédoine, dépeuplée par l'émigration et l'invasion celtique, est très affaiblie, mais les cités grecques le sont encore plus. Beaucoup se résignent à la vassalité, sentant qu'elles ont intérêt à ce qu'un État puissant les couvre contre les Barbares du Nord, les Celtes établis en Thrace, les Dardaniens, etc. Les Macédoniens continuent la politique de Philippe, le système du protectorat garanti par quelques garnisons macédoniennes et aussi par l'appui donné à des tyrans. Leurs principales forteresses furent Démétriade, sur le golfe Pagasique, Chalcis et l'Acrocorinthe qu'on appela les trois entraves de la Grèce. Ils recontrèrent cependant des résistances, qu'encourageaient les Ptolémées d'Égypte. La politique de ceux-ci ne cessa de susciter des difficultés aux Antigonides; durant un siècle, la Grèce est partagée entre l'influence égyptienne et l'influence macédonienne. Elle est le champ de bataille où ces deux grandes puissances (au sens moderne du mot) se disputent l'hégémonie.

La Grèce conservait son prestige, et on avait peine à se déshabituer de la regarder comme le centre naturel du nouveau système politique résultant des conquêtes d'Alexandre. Il ne saurait plus guère être question d'une histoire générale des Grecs. L'histoire politique de la Grèce, même en y comprenant les anciennes colonies d'Asie et d'Italie, ne comprendrait pas les manifestations les plus éclatantes de la civilisation grecque; les émigrants, qui, par centaines de mille, se répandent dans tous les pays de la Méditerranée orientale, plus tard aussi, après la conquête romaine, dans la Méditerranée occidentale, n'appartiennent plus à un peuple unique. Les citoyens des grandes villes grecques qui s'élèvent en Orient, des Alexandries, des Séleucies, des Antioches, ne sont pas des Hellènes comme ceux du VIe siècle. Les peuples métis qui représentent la civilisation et la langue hellénique sont, comme on l'a dit, plus justement qualifiés d'hellénistiques, suivant un néologisme qui exprime bien la différence : la science hellénique, la littérature hellénique y fleurissent; dans ce monde élargi, où les navigateurs grecs s'enfoncent jusqu'à la Baltique et jusqu'à l'océan Indien, elles établissent pourtant la conscience d'une sorte de nationalité hellénique qu'on oppose fièrement aux Barbares. Au-dessus du particularisme politique qui divisait les Hellènes en une multitude de petites communautés rivales s'est développée la notion de cette unité culturelle. Les philosophes contribuent à la répandre en sapant les bases de l'étroit patriotisme local. Un Grec se sentait presque autant chez lui à Alexandrie ou à Marseille qu'à Athènes

Le temps du désarroi

Le centre de l'hellénisme dans cette nouvelle période fut, en effet, l'Alexandrie des Ptolémées. C'est dire que dans l'histoire de l'hellénisme qui est désormais l'histoire d'idées plus que d'organismes politiques, la Grèce proprement dite, la vieille Hellade, ne joue plus le premier rôle. Elle avait perdu sa liberté politique et sans compensation. Les cités grecques ne furent pas incorporées à un État plus vaste pour inaugurer comme parties de ce tout une vie nouvelle; elles ne furent pas davantage fusionnées. Elles restèrent isolées dans leur particularisme, divisées à l'intérieur par les guerres sociales, guerroyant les unes contre les autres, livrées à tous les périls de l'anarchie. Le protectorat macédonien aurait peut-être fini par se convertir en domination complète et par créer un État balkanique élargissant les cadres de la Grèce continentale. Il n'en eut pas le temps. La rivalité de l'Égypte prolongea les résistances de la Grèce, et les confédérations nouvelles qui y surgirent paralysèrent la Macédoine jusqu'à l'entrée en scène des Romains. Le nouveau compétiteur entré en ligne a la fin du IVe siècle, le royaume d'Epire, ne tarda pas à disparaître. Après la mort de Pyrrhus, son fils Alexandre fut confiné dans ses montagnes. Après sa mort (vers 260) le royaume des Molosses s'écroula bientôt. Les princes de la dynastie des Eacides s'entre-égorgèrent et l'Épire se décomposa : les trois peuples principaux, Molottes, Thesprotes, Chaoniens, formèrent des républiques fédérales troublées et annihilées par leurs dissensions. Les princes des Athamanes n'étaient pas plus à craindre. 

Ce furent les Étoliens qui héritèrent du rôle des Épirotes et firent contrepoids aux Macédoniens dans la Grèce continentale. Ils furent naturellement soutenus par l'Égypte. Cependant les Ptolémées étaient trop loin pour arracher la Grèce aux Macédoniens. On le vit clairement dès que la guerre s'engagea. Après la mort de Démétrius Poliorcète, les Athéniens, redevenus libres, vécurent en bonne intelligence avec l'Égypte. Ils furent impliqués dans la guerre engagée par Ptolémée II contre la Syrie et la Macédoine (266). La Grèce entière y prit part et le général athénien Chrémonides y eut le premier rôle. Les Spartiates, les Éléens, les Arcadiens, les Achéens s'allièrent aux Athéniens et au roi d'Égypte pour la défense de l'autonomie; le roi d'Épire et les Etoliens prirent aussi les armes. Corinthe et Chalcis se rebellèrent. Antigone vainquit pourtant les coalisés. Il détruisit la flotte égyptienne à Cos (265), reprit Chalcis, défit et tua le roi de Sparte Areus. Après un long siège, Athènes dut capituler (262); des garnisons macédoniennes furent portées à Salamine, à Sunium, dans les ports, d'Athènes, sur la colline du Musée; bientôt les Longs-Murs furent démolis. Ainsi disparut l'État athénien; il ne peut plus en être question par la suite en tant que puissance politique autonome. Mégare, Épidaure, Trézène, Mantinée reçurent également des garnisons macédoniennes.

La Ligue achéenne et la ligue étolienne.
Les forces de la Grèce n'étaient pas cependant tout à fait épuisées. Ce que des États isolés n'avaient pu réaliser, l'union des Hellènes, des confédérations, l'essaye. Malheureusement on retrouve, aux derniers jours de la Grèce antique, le déplorable dualisme qui avait été la cause la plus efficace de sa ruine. A la ligue étolienne, fédération des montagnards du Nord, s'oppose la ligue achéenne, fédération incomplète des États du Péloponnèse

La ligue étolienne avait grandi pendant l'anarchie de la fin du IVe siècle et de la première moitié du IIIe siècle; elle s'était superposée à l'ancien conseil amphictyonique. Mais le brigandage, les moeurs de klephtes des Etoliens leur aliènent les villes du Midi.

Celles-ci se rallient à la ligue achéenne, réorganisée par Aratus autour de Sicyone, très prospère depuis que Démétrius Poliorcète l'avait reconstruite. La ligue achéenne réagit contre les tyrans protégés de la Macédoine, et s'appuie sur l'Égypte, laquelle reprenait le dessus, grâce à l'énergie de Ptolémée Évergète; elle avait conquis tout le littoral de la Grèce asiatique, de l'Hellespont à la Pamphylie, vaincu la flotte macédonienne à Andros (245). Aratus s'empare de Corinthe, Mégare, Trézène, Epidaure. En 239, la mort d'Antigone Gonatas accentue l'affranchissement du joug de la Macédoine. 

Les Étoliens, d'abord alliés à elle contre la ligue achéenne, s'entendent avec celle-ci. Le roi Démétrius ne peut conserver que la Phocide et la Béotie. L'Arcadie occidentale entre dans la ligue achéenne avec Mégalopolis (234). puis l'Argolide. La mort de Démétrius aggrave la crise subie par la Macédoine. Tout ce que peut faire d'abord le régent Antigone Doson est de résister aux Barbares septentrionaux. La Thessalie se détache; l'Attique est affranchie; mais Athènes n'aspire plus qu'au rôle de cité universitaire attirant dans ses écoles des étudiants du monde entier. (A.-M. Berthelot).

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