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L'évangélisation
de la Finlande
On peut faire débuter
le Moyen âge finlandais quand l'ancienne
religion finnoise
commence à subir l'évangélisation, à la suite
de la croisade conduite dans ce pays, vers 1156,
par le roi de Suède Erik Jedvardsson, dit le Saint, et l'Anglais
saint Henri, évêque d'Upsala, qui s'établit en Finlande,
y fut martyrisé (1158)
et en devint le patron au temps du catholicisme .
Son successeur Rudolf fut également mis à mort (1178)
et la colonie chrétienne eut à lutter non seulement contre
les païens qui, malgré leurs divisions, étaient en état
de porter la guerre jusque dans le Maelare où ils détruisirent
Sigtuna (1187),
mais encore contre les Russes de Novgorod
qui, avec le concours de leurs néophytes les Karjalais, ravagèrent
le Haemeenmaa ou Tavastland en 1186,
1191,
1198,
1227,
et anéantirent des flottilles suédoises dans les eaux du
Ladoga (1164
et 1228)
et dans la Neva, déversoir de ce lac (1240).
Aussi, vers 1237,
les catholiques du Haemeenmaa, se voyant mal protégés par
la Suède, renièrent-ils l'Évangile
et immolèrent-ils des chrétiens dans les bocages qui avaient
été les sanctuaires de leurs ancêtres. Les chrétientés,
à peine relevées et accrues par l'énergique évêque
d'Abo, le dominicain
Thomas (de 1220
à 1245
environ), furent de nouveau ruinées, tandis que les missionnaires
de Novgorod faisaient des progrès chez les Karjalais qui, dès
1227,
furent presque tous baptisés. La Finlande eût dès lors
été conquise, au moins en partie, par les Russes sans l'invasion
mongole ( La
Horde d'or) qui les rendit tributaires du khanat de Kiptchak (1240).
Les Suédois
( La
Scandinavie au Moyen âge) mirent les circonstances à profit
: leur chef, Birger Jarl, fit une croisade en Finlande (1249-1250),
soumit de nouveau les Hamaelaeis, fonda la ville de Tavastehus pour les
contenir et sans doute aussi pour résister aux Novgorodiens qui
continuaient de repousser les incursions des Suédois ou en faisaient
eux-mêmes en Tavastland (1256,1292)
et aussi en 1278
chez les Karjalais devenus leurs adversaires. Afin de consolider la domination
suédoise au delà du Kymmene et jusque dans le bassin du Ladoga,
Tyrgils Knutsson, connétable du roi Birger Magnusson, fonda en 1293
les forteresses de Viborg
et de Kaekisalmi ou Kexholm; en outre, pour commander les voies d'eau qui
conduisaient à Novgorod ,
Landskrona sur l'emplacement actuel de Saint-Pétersbourg; mais les
Russes détruisirent la seconde en 1295,
la troisième en 1301,
et brûlèrent Abo, ainsi que la forteresse épiscopale
de Kuustae en 1348.
Sous la médiation des Hanséates de Visby, dont ces luttes
perpétuelles gênaient le commerce, la paix fut conclue le
12 août 1323
à Nœteborg (en finnois Paehkinaessaari, en allemand Schlüsselburg,
en russe Orekhovets). Ce traité, qui établissait la liberté
de navigation dans la Neva, attribuait à la Suède trois bailliages
de la Karélie et laissait à Novgorod le reste de ce pays
et une partie du Savolaks; la limite entre les deux États passait
par le Systerbaeck, le Sai, le Vuoksi supérieur, le Saimaa, le Haukivesi,
d'où elle gagnait la mer de Kajana (golfe de Botnie ?
mer Blanche?) L'Oesterland (pays de l'Est ou situé à l'Est
de l'Oestersjœ ou Baltique) était ainsi constitué par l'agrégation
des Haemaelaeis, de la plupart des Savolais et de la moitié des
Karjalais aux descendants des anciens Ruotsalais et aux colons suédois.
On commençait à l'appeler Finlande et à donner à
celle-ci le titre de duché à partir de 1284.
Le
duché de Finlande
Ce vaste territoire
qui s'étendait vers le Nord jusqu'à Tornea, ne formait qu'un
seul diocèse; il fut donné en fief le plus souvent à
des princes de la famille royale, et administré par les gouverneurs
des châteaux d'Abo pour la Finlande propre, le Satakunta et l'archipel
d'Aland; de Tavastehus pour le Tavastland et de Viborg
pour le Nyland, la Karélie et le Savolaks. Les habitants, bien que
incorporés à la Suède et en cette qualité affranchis
du servage par Magnus Eriksson (1335),
avaient leurs lois spéciales : le jus suecicum pour les établissements
suédois, le jus finnicum pour le Tavastland, le jus helsingonicum
pour le Nyland et le jus carelicum pour la Karélie. Les déserts
de la Botnie orientale, parcourus par les Lapons nomades, étaient
livrés à une compagnie de marchands nommés Birkarls,
qui s'y maintinrent jusqu'à l'occupation du pays par des colons
suédois, haemaelaeis et karjalais. En 1362,
Magnus Eriksson et son fils Haakon octroyèrent au lagman
(grand juge) de la Finlande le droit rarement exercé de prendre
part à l'élection du roi de Suède.
Le système
féodal commença de se développer vers la fin du XIVe
siècle. Le paiement de la dîme
en produits de l'agriculture, de la chasse ou de la pêche, selon
les contrées, fut réglé à partir de 1329,
et le régime ecclésiastique sagement organisé par
l'évêque Hemming (1338-1366),
qui fut béatifié en 1499.
Les hostilités
avec les sujets de Novgorod recommencèrent en 1337-38,
en 1348,
en 1350-51,
et finirent sans résultats. Les Vitaliens, qui avaient fait des
récifs de la Finlande des repaires de corsaires (1392),
n'en furent expulsés qu'en 1399
par les efforts combinés des Hanséates et de Marguerite,
la fondatrice de l'Union de Kalmar .
Pendant le premier siècle de cette union si souvent troublée,
les gouverneurs et autres potentats de la Finlande firent cause commune
tantôt avec les Danois, tantôt
et le plus souvent avec les Suédois, sans que le pays en éprouvât
de grandes commotions. Sur les frontières de l'Est, les guerres
de partisans alternaient avec les trêves de cinq à dix ans,
mais le gouverneur de Viborg, Erik Axelsson Tott, ayant élevé
la forteresse d'Olofsborg ou Nyslott (en finnois Savonlinna) dans le Savolaks
novgorodien (1475-77),
les incursions réciproques devinrent plus meurtrières, notamment
en 1478-80; en 1495, où Knut Posse tint six semaines à Viborg
contre 60 000 assiégeants et finit par les repousser; en 1496,
où les croisés suédois, mal dirigés par le
président de l'État, Sten Sture, ne purent empêcher
les Moscovites
de ravager la Karélie, le Savolaks et la moitié du Tavastland,
en représailles de quoi ils saccagèrent Ivangorod dans l'Ingermanland.
Les Finlandais, abandonnés par le président qui dut retourner
en Suède où il fut déposé et remplacé
par le roi Jean d'Oldenborg, mais qui obtint en fief le duché de
Finlande (7 mars 1497),
n'eurent plus qu'à traiter avec les Russes; les envoyés de
l'évêque d'Abo, Magnus Stiernkors, et de Knut Posse, conclurent
à Novgorod
une trêve de six ans (3 mars 1497).
Sten Sture, après avoir été réélu président
(12 novembre 1501),
eut à reconquérir la Finlande sur les feudataires du roi
Jean. Lors de la déposition de Christian II, fils de ce dernier,
le parti danois, sous l'habile direction de Séverin Norby, sut résister
pendant deux ans (1521-23)
à Gustave Vasa, dont les tentatives de réforme furent entravées
par l'évêque élu d'Abo ,
Érik Svensson (1524-27),
et par son pieux, mais faible successeur, Skytte (1528-1543).
Du
Moyen Âge aux Temps modernes.
Les Finlandais ne
demandaient pas de changement, pas plus en religion qu'en politiquee, et
comme le fondateur de la dynastie des Vasa ne tenait qu'à s'approprier
les biens de l'Église, sans en affecter une bonne part à
l'entretien des écoles tombées en décadence depuis
la laïcisation, le rituel fut d'abord seul modifié; l'esprit
du peuple ne le fut que peu à peu, moins par les prédications
de Peder Saerkilax (1525-29)
que par les publications finnoises de M. Agricola qui devint évêque
d'Abo (1554)
lors du démembrement de ce diocèse (Viborg
ayant été attribué à P. Juusten). Sous le règne
de Gustave Vasa (1521-1560),
la paix ne fut plus troublée en Finlande que par les intrigues de
son beau-frère, le comte Jean de Hoja, gouverneur de Viborg et Nyslott
(1534),
par une émeute de paysans à Lappvesi, près de Villmanstrand
(1550)
et par une guerre avec la Russie (1554-56),
pendant laquelle les Moscovites ne purent s'emparer de Vibor, ni les Suédois
de Noeteborg. En créant de grands feudataires, ce prince avait attribué
le duché de Finlande à son fils Jean qui travailla à
en faire une principauté indépendant: et qui ayant épousé
(1562)
Catherine Jagellon, soeur du roi de Pologne Sigismond-Auguste,
laissa la dot entre les mains de celui-ci, mais se fit donner en gage sept
fortereses de la Livonie .
Son frère et suzerain, Erik XIV, retardant comme une félonie
cette alliance avec les Polonais, le fit condamner à mort par la
diète de Stockholm (7 juin 1563)
et, après la prise du château d'Abo, l'enferma à Gripsholm
(1563-67)
et réunit à la couronne le duché de Finlande. Jean,
l'ayant supplanté (1569)
avec l'aide de la noblesse, augmenta les privilèges de celle-ci
et éleva son ancien fief au rang de grande-principauté (1581)
sans réussir à la préserver des déprédations
des Russes et même de ses propres soldats. Son fils Sigismond,
roi de Pologne, qui lui succéda comme roi de Suède le 17
novembre
1592,
conféra les pouvoirs les plus étendus (29 mai 1593)
au gouverneur général de la Finlande, le connétable
et amiral Clas Fleming, qui le soutint énergiquement contre son
oncle le duc Charles de Saedermanland, chef du parti protestant et prétendant
à la couronne. Tandis que celui-ci dominait en Suède, à
titre de président de l'Etat, Fleming maintenait en Finlande le
pouvoir royal, mais il eut à lutter contre les paysans de l'Oesterbotten,
exaspérés par le cantonnement des militaires dans les villages
et insurgés à l'intigation du duc Charles et du clergé
protestant. Cette jacquerie, connue sous le nom de guerre des Gourdins,
dura du 25 novembre 1596
au 24 février 1597
et coûta la vie à quelques milliers de pillards et d'incendiaires.
Le successeur de Fleming, décédé le 13 avril 1597,
Arvid Stâlarm, après avoir fait deux descentes infructueuses
en Suède (juillet et octobre 1598),
dut se soumettre au duc (septembre 1599) et fut condamné à
mort, mais gracié (1600),
tandis que beaucoup de royalistes finlandais étaient exécutés.
Le duc, qui fut plus
tard le roi Charles IX (1607),
s'appliqua à panser les plaies que les invasions, les guerres et
sa propre ambition avaient faites à la grande-principauté.
A la suite de la diète d'Abo (1602),
il rendit une ordonnance sur l'administraion, fonda les villes d'Uleâborg
1605),
de Vasa (1606)
et la forteresse de Kajaneborg (1607).
Ses sages mesures pour la protection du peuple lui valurent le surnom de
hyvae Kuningas (bon roi). Pendant l'insurrection tu faux Dmitri, il fournit
au tsar Vasili Chouisky des troupes auxiliaires en partie composées
de Finnois, qui s'avancèrent jusqu'à Moscou
et à Smolensk (1610),
et il recul jusqu'à Kexholm sur le Ladoga les limites de la Finlande,
annexion que son fils et successeur (1611),
Gustave-Adolphe, fit confirmer par le traité de Stolbova (févrrier
1617).
Ce monarque ferma aux Moscovites la porte de la Finlande en s'emparant
de Nœteborg sur la Neva et du reste de l'Ingermanland (1612). |