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| L'Europe au XVIIe siècle |
| Le XVIIe
siècle représente un tournant
dans l'histoire des lettres européennes et davantage encore des
sciences de la nature. Il est celui qui doit transporter aux Indes orientales
et en Amérique des populations et des institutions nouvelles, dans
des conditions qui seront le plus souvent tragiques pour ceux qui subiront
cette expansion. On peut le diviser en deux parties : le moment où
Louis
XIV commence à gouverner en personne, attirant à lui
toute la lumière, mais faisant aussi retomber sur son nom toutes
les fautes et les drames de cette époque, est le point qui sépare
la première partie de la seconde.
Le siècle
s'amorce de façon contrastée pour les principale puissances
européennes. L'Angleterre est alors dirigée par Élisabeth
I, reine à la fois despotique et fine politique, qui sort victorieuse
de sa guerre avec l'Espagne (destruction de l'Invincible Armada
en 1588),
et peut savourer la chute de son ennemi Philippe
II, qui emportait avec lui la puissance de l'Espagne. Puissance que
le royaume ibérique perd à jamais. En France, le règne
prospère de Henri IV
se poursuit encore dix ans, avant de s'achever par la dague d'un fanatique Dans la seconde partie
du siècle, Louis XIV, dont le règne,
démarré en 1661,
avait été préparé par Richelieu,
assura à la France la prééminence politique en Europe.
Prééminence dont il usa d'abord et abusa ensuite (traité
d'Aix-la-Chapelle,
1668;
de Nimègue, 1678;
de Ryswick, 1698), jusqu'à ruiner le pays et à le laisser
dans le désarroi qui sera le sien au cours du siècle suivant.
A la fin de la guerre de la succession d'Espagne, déjà, Louis
XIV, qui avait espéré d'abord tenir dans sa main la meilleure
partie de l'héritage de Charles-Quint,
dut se résigner, après de pénibles revers, à
signer le traité d'Utrecht Dates clés :1610 - Messager Céleste de Galilée; Assassinat de Henri IV. |
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| Jusqu'en
1661
Le siècle
s'inaugure par de la petite politique et la poursuite des confrontations
religieuses entre protestants En Espagne Philippe
III porte le titre de roi, le duc de Lerme gouverne; le faste de la
cour contraste avec la misère du peuple et la dépopulation
des provinces, surtout depuis l'expulsion définitive des Maures.
La branche allemande d'Autriche est sur le point d'être séparée
en deux par l'ambition de Mathias, qui s'irrite du long règne de
son frère, l'impuissant Rodolphe II; les états héréditaires
sont ouverts, par les révoltes de la Hongrie Aux frontières
de l'Europe, L'empire ottoman, qui profite
de la faiblesse militaire et des divisions intestines de l'Autriche, a
un plus redoutable voisin à l'est dans le shah de Perse L'attention du monde,
après la mort d'Élisabeth
et de Henri IV, se détourne de la France
et de l'Angleterre pour se porter sur l'Allemagne. Jacques IerStuart,
zélé anglican quoique fils de Marie
Stuart, compromet la paix religieuse en Écosse
comme en Angleterre, par son goût pour les controverses; catholiques
et puritains s'enhardissent contre un prince qui aime à formuler
le droit divin
des rois et qui laisse cependant le parlement attaquer la prérogative
royale qui avait été sacrée sous les Tudors
: les griefs de la nation sont légitimés par les intrigues
et les folies du favori Buckingham, qui est cause d'une rupture avec l'Espagne.
La défense du parti protestant La France s'éloigne aussi des voies que lui a tracées Henri IV; au milieu des nouveaux orages civils que soulève l'administration faible et détestée du Florentin Concini, une infante d'Espagne est demandée pour le jeune roi. Les États généraux de 1614, les derniers jusqu'en 1789, discutent toutes les questions qui touchent au pouvoir des rois, aux prétentions du saint-siège sur les couronnes, aux privilèges et aux intérêts de l'église nationale, aux besoins du tiers état; la justice, les finances, le commerce, sont l'objet de beaux plans de réforme, qu'on était impuissant alors à accomplir : le bon sens pratique; une éloquence solide et nerveuse distinguent le prévôt des marchands, Miron, qui tient tête aux orateurs de la noblesse et du clergé. De Luynes, le favori personnel de Louis XIII, ne vaut pas mieux que le favori de Marie de Médicis, qui tombe elle-même du pouvoir et ne saura pas le reconquérir par des révoltes : le nouveau ministre ne peut assouvir les ambitions féodales; connétable, il portera mal l'épée de la royauté catholique contre les Huguenots. Après une sorte d'interrègne, le gouvernement de la France passe enfin aux mains de l'évêque de Luçon, qui ne sera pas longtemps reconnaissant envers Marie de Médicis; à dater de 1624, Richelieu devient le maître du roi et du royaume. En Espagne aussi un nouveau ministre entre au pouvoir : le comte d'Olivarès est contemporain de Richelieu. On remarque à peine que l'indolent Philippe III vient de mourir pour faire place à son fils; Philippe IV a le mérite d'avoir choisi Olivarès. L'intérêt, qui s'attachait à la Hollande quand on doutait encore du succès de sa résistance au gouvernement de l'Espagne, n'est pas entretenu par les querelles sanglantes des arminiens et des gomaristes : sous prétexte d'hérésie, Maurice, qui de stathouder veut se faire prince souverain, livre à la mort le grand pensionnaire Barnevelt; ce vertueux citoyen, à qui l'on devait la trêve et la liberté, n'aurait pas supporté un usurpateur. Même après cette inique vengeance, Maurice n'ose pas dévoiler son ambition, et, quand il meurt, son frère n'est comme lui que stathouder : la guerre a cependant recommencé avec l'Espagne. Ce n'est plus la
branche espagnole de la maison de Habsbourg
mais la branche autrichienne qui va avoir à défendre le principe
catholique contre les protestants Ces quatre guerres
séparées n'ont un dénouement commun que six ans après
la mort de Richelieu : les succès militaires de Condé
et de Turenne, ceux
des généraux suédois Banner, Torstenson, Wrangel,
font conclure la paix de Westphalie, qui règle les droits des puissances
européennes, détermine ceux des membres du corps germanique,
et garantit aux protestants
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La révolution
de 1640
place sur le trône de Portugal Un complot tramé
contre Richelieu au début de son ministère lui a fourni l'occasion
de réprimer les manoeuvres des grands, d'intimider Gaston d'Orléans,
frère du roi, de supprimer les dignités de connétable
et de grand amiral, qui étaient sans profit pour la nation. Vainqueur
des protestants L'italien Mazarin,
ministre de .la reine mère Anne d'Autriche,
pendant que
La guerre, continuée avec l'Espagne depuis 1648, était prolongée par les troubles civils qui vont opposer Turenne, chef de l'armée française, à Condé, général des troupes espagnoles dans les Pays-Bas. Le traité des Pyrénées, dernière oeuvre de Mazarin , assure la conservation des conquêtes faites sous Richelieu rend Condé à la France et marie Louis XIV à l'infante Marie-Thérèse. Louis XIV, à vingt-deux ans, se fait le successeur de son ministre, à partir de 1661 il entend régner par lui-même. L'agitation parlementaire, ridicule en France, enfante en Angleterre une révolution. Le parti de la liberté publique, qui se forme dans la chambre des communes à la fin du règne de Jacques Ier, résiste à Charles Ier et veut dominer. Occupé par des guerres avec la France, avec l'Espagne, avec les Écossais révoltés, Charles Ier est encore plus menacé par la lutte qui se déclare entre lui et les communes. Il offense les parlements, il les casse, il les ménage. Irritée de ses hauteurs, encouragée par sa faiblesse, la chambre des communes obtient de lui la condamnation de Strafford, serviteur fidèle qu'il ne devait pas abandonner; elle s'empare du pouvoir exécutif et lève une armée : des manifestes proclament la guerre civile, elle éclate quand le roi a quitté Londres. De nouvelles sectes religieuses et politiques se sont formées, celles des Épiscopaux et des Presbytériens, celle des Puritains, celle des Indépendants celle des Niveleurs; Oliver Cromwell est à la tête des indépendants qui ne veulent pas seulement, comme une partie des presbytériens, des libertés constitutionnelles, mais affichent déjà une ardeur hypocrite pour la démocratie : et ce sont ces révolutionnaires qui laisseront prendre ou qui offriront la dictature à Cromwell. Les généraux du parlement, Fairfax et Cromwell, remportent des avantages décisifs sur le roi, qui se livre aux Écossais, comptant sur leur attachement traditionnel à la maison des Stuarts, et est vendu par eux à ses, ennemis. Cromwell, qui règne en maître dans l'armée, intimide la partie encore saine du parlement; il fait juger et condamner à, mort le roi son prisonnier : quelques commissaires, qui ne représentent pas tout, le peuple, se chargent des fonctions de régicides. Cet épouvantable arrêt, l'étrange apologie qu'en publia Milton, les discours de Cromwell et tous les détails de ces horribles scènes portent l'empreinte du plus cruel fanatisme. On se battait avec fureur pour des intérêts de sectes religieuses : enveloppé dans les ténèbres des opinions théologiques et mystiques, le sentiment de la liberté se montrait à peine et ne s'éclairait encore d'aucune idée d'équité publique, et d'aucune notion de sûreté personnelle. L'ambitieux Cromwell, après avoir fait proclamer la république, s'empresse de dissoudre le long parlement, qui ne consistait plus que dans la chambre des communes. La répression sanguinaire de la résistance catholique en Irlande, et du parti de l'indépendance et de la royauté en Écosse, lui donne un titre à l'autorité souveraine. Le protecteur sait du moins rendre puissante la prétendue république anglaise; il obtient pour elle et pour lui-même les hommages de la Hollande, de la Suède et de la France; Mazarin le courtise et brigue son alliance. Mais à la mort de Cromwell, son fils Richard trouve trop pesant le fardeau des affaires. Le parti républicain ne peut se soutenir avec les débris du long parlement, qui est flétri du nom de rump ou croupion : la défection du général Monk rétablit presque sans coup férir la royauté. Au nom du roi Charles II Stuart, on condamne à mort les juges de Charles Ier, on dissout l'armée, on relève l'épiscopat; les pouvoirs publics sont replacés dans la condition où ils étaient avant la révolution. Le nom de république qui n'a jamais convenu au gouvernement de l'Angleterre, même avant le protectorat d'Oliver Cromwell, est porté glorieusement par les Hollandais. La rivalité commerciale a armé contre eux la Grande-Bretagne. Ils abolissent le stathoudérat et se confient au patriotisme des deux frères de Wit chargés des fonctions de grand pensionnaire et d'amiral. La Suède et
le Danemark, que la guerre de Trente ans a associés aux grands mouvements
de la politique européenne, enfantent encore l'une un héros,
l'autre un prince réformateur. La fille de Gustave-Adolphe, Christine,
pendant que ses armées continuaient glorieusement la guerre de Trente
ans, au sein de ses États paisibles, encourageait et cultivait les
sciences : Grotius et Descartes
ornaient sa cour. Le goût de la philosophie
et des lettres, peut-être aussi celui des aventures, lui inspire
le dessein d'abdiquer. Son cousin, Charles-Gustave, à qui elle laisse
le trône, ne règne que six ans, mais il remue tout le nord
par sa passion désordonnée des conquêtes : les Russes,
les Polonais, les Danois subissent ses menaces ou ses atteintes, mais de
pareils exploits épuisent l'État, et son fils Charles
XI, monarque plus habile, doit souscrire trois traités qui rendent
au moins le repos à la Suède. Le roi de Danemark, délivré
de l'invasion suédoise, met à profit l'antipathie de la bourgeoisie
contre la noblesse et le clergé, et, du même coup, rend le
pouvoir royal absolu et héréditaire. La Pologne s'affaiblit
de plus en plus, à cause du pouvoir exorbitant de la noblesse qui
multiplie les entraves autour du trône électif, quoique depuis
1587
elle soit fidèle à une même famille de rois, d'origine
suédoise. Jean-Casimir, le dernier roi
de cette famille, ci-devant jésuite et cardinal, est pressé
par les Cosaques et par les Russes; la mort de Charles-Gustave lui épargne
une nouvelle invasion. Ces Cosaques sont redoutables aussi à l'empire
ottoman; les guerres des Turcs sont
fréquentes contre eux, contre les Persans et contre les Vénitiens,
qui ne doivent pas conserver longtemps leurs possessions de l'île
de Crète La paix règne
à peu près partout dans le monde; les idées du droit
divin et du pouvoir absolu des rois sont comme une doctrine admise par
plusieurs peuples de L'Europe, lorsque paraît Louis
XIV, qui qui saura si bien masquer, par les armes et par les beaux-arts,
la rudesse de son le despotisme.
De 1661 à la fin du siècle Louis XIV gouverne. Pendant cinquante-quatre ans, l'Europe subira l'influence de sa volonté, de son ambition, de ses succès, ou de ses fautes, punies par de cruels revers. Ministres, généraux, hommes distingués en tout genre, forment comme un cortège au roi qui sait choisir les instruments de sa gloire. L'établissement monarchique de Louis XIV peut être défini une royauté absolue et dispendieuse, sévère pour le peuple, hostile envers l'étranger, appuyée sur l'armée, sur la police et sur l'orgueil et la vanité d'un roi, seulement tempérés cependant par le besoin de ménager pour la guerre et pour l'impôt le nombre et la fortune des sujets. Il commence par disgracier
et livrer aux juges le surintendant Fouquet qui doit à ses malversations
une magnificence plus que royale. Colbert devient
contrôleur général des finances, et bientôt administrateur
de la marine, du commerce, des bâtiments, et, à ce titre,
des beaux-arts et des lettres : son ministère est la plus belle
partie du règne de Louis XIV. Grâce à lui, la France
accroît ses colonies aux Indes orientales et occidentales,
et sur les côtes d'Afrique. Louvois,
ministre de la guerre, est moins important parce qu'il est dominé
par le roi. La jeunesse du prince ne suffit pas à expliquer la conduite
arrogante qu'il tient à l'égard de la cour de Rome, pour
l'insulte faite au duc de Créqui, son ambassadeur;
entiché de sa qualité de roi, il fit plus d'une fois plier
devant lui même le Pape. Le gouvernement acquiert Dunkerque du roi
Charles
II qui vend la conquête de Cromwell;
entreprend le canal du Languedoc Vauban
fortifie les frontières. Des manufactures naissent dans les provinces.
La capitale s'embellit; la police sait en rendre le séjour plus
sûr et plus salubre; l'hôtel des Invalides La guerre n'amène
longtemps que des succès. Les Français contribuent à
la victoire de Saint-Gothard, gagnée par les Allemands sur les Ottomans;
il ne tient pas à eux que la Crète Lorsque le titre
de Grand lui est solennellement décerné à l'hôtel
de ville Conquêtes injustes
en pleine paix, qui nous donnent près du Rhin l'importante place
de Strasbourg, jusqu'alors ville impériale; ardent débat
au sujet de la régale avec le pape Innocent
XI, qui provoque en
1682
la fameuse déclaration de l'Église gallicane rédigée
en quatre articles par le clergé assemblé et défendue
par Bossuet; c'est par de tels faits que s'annonce
la seconde partie du gouvernement de Louis XIV. La mort de Colbert
le laisse entre les mains du chancelier Le Tellier, de Louvois, fils de
ce chancelier et ministre de la guerre, du jésuite Le bombardement d'Alger,
le bombardement de Gênes, la condition humiliante faite au doge de
venir implorer la clémence du roi de France dans soit palais de
Versailles,
dépassent les droits ordinaires de la guerre. Le roi de France était
moins généreux que le héros de la Pologne, le roi
Jean Sobieski : quoiqu'il eût à se plaindre de la maison d'Autriche,
Sobieski délivrait Vienne que les Turcs assiégeaient en 1683
( La révolution qui a coûté la vie à Charles ler avait été un enseignement perdu pour les Stuarts; ils n'avaient pas compris que le pays lui leur rendait la royauté voulait des institutions libérales, la tolérance religieuse pour tous les cultes, excepté pour le papisme ainsi qu'on appelait le catholicisme en Angleterre, et au dehors une politique vraiment nationale qui assurât la prospérité de la Grande-Bretagne. Les fils de Charles Ier ne négligèrent pas la marine qui d'ailleurs se développait d'elle-même et qui donna à l'Angleterre de nouvelles colonies importantes aux Indes orientales, aux Indes occidentales et en Afrique. Mais Londreséprouve en deux ans les horreurs des deux plus terribles fléaux, la peste et l'incendie. La disgrâce du chancelier Clarendon inaugure de nouveaux malheurs, dont le roi est responsable. Le parlement s'en prend aux catholiques, aux jésuites, même au duc d'York, frère du roi. Du sein de la lutte parlementaire, sort une loi, célèbre sous le nom d'habeas corpus, qui garantit la liberté individuelle. Les deux partis de
la cour et de la patrie se distinguent par les noms de torys et de whigs
: les torys dominent; une conspiration est étouffée dans
le sang de Russel, et du philosophe Sidney. Le duc d'York, que plusieurs
parlements ont déclaré inhabile à régner, succède
alors sans opposition à Charles
II : Jacques Il n'épargne pas le supplice des traîtres
au fils naturel de Charles Il qui essaye de le détrôner; se
croyant fort des actes de cruauté ordonnés par l'horrible
chef de la justice, Jeffreys, il s'avoue franchement catholique, s'entoure
de moines, et méprise la colère du peuple. Son gendre Guillaume
d'Orange n'a qu'à se montrer avec une armée : Jacques II
n'essaye pas de combattre; il fuit de Londres. Le trône, d'abord
déclaré vacant, est donné à la famille du stathouder,
après qu'on a déterminé les droits des citoyens et
les pouvoirs de leurs représentants, raffermi les garanties publiques
et assuré la prérogative royale en la circonscrivant par
la déclaration des droits L'Angleterre, et la Hollande qui continue de laisser des. pouvoirs presque absolus à son stathouder, maintenant roi de la Grande-Bretagne, l'empire, l'Espagne, bientôt même le duc de Savoie, et la Suède, ordinairement alliée à la France, sont conjurés contre Louis XIV. Jacques Il ne sait pas reconquérir sa couronne, quoique l'Écosse et l'Irlande arment pour lui, et que les flottes de la France combattent au service des Stuarts : L'incendie du Palatinat, ordonné une seconde fois par Louvois, est une tache à la mémoire de ce grand ministre, dont la perte qui arriva alors fut sensible : son, fils Barbezieux ne valait pas le brillant fils de Colbert, Seignelay, dont s'honore la marine française. Le maréchal de Luxembourg gagne en Flandre des victoires sur Guillaume d'Orange en personne; Guillaume ne se lasse pas de courir de la Flandre en Irlande, de revenir de l'Irlande sur le continent, pour défendre sa couronne, protéger les Hollandais ou les Espagnols. Les Anglais, vainqueurs
sur mer dans la journée de la Hogue, bombardent Dieppe La maison d'Autriche
n'a pas pu prendre une part bien active à la lutte contre Louis
XIV, la guerre étant incessante avec les Turcs, et avec la Hongrie
révoltée, contre laquelle l'empereur Léopold exerça
de cruelles vengeances. Le prince Eugène s'illustre sur le Danube;
la paix de Carlowitz La paix, ainsi rétablie
aux deux extrémités du monde en Occident et en Orient, n'était
pas encore gravement troublée au nord. Sur le sol longtemps inculte
de la Russie, apparaît pour la haute figure tsar Pierre
Ier,
énergique initiateur des transformations que connaîtra la
Russie au cours du siècle suivant ( La vie intellectuelle En Grande-Bretagne,
du temps de Jacques Ier, à
la charnière de la Renaissance
et du XVIIe
siècle, Shakespeare
et Bacon composent une grande partie de leurs immortels
ouvrages; mais ce roi n'inspire ni ne seconde leur génie. Bacon,
dont la conduite politique fut tachée par des abus, ose tracer un
plan pour la réédification des connaissances
humaines; l'observation, l'expérience
et la réflexion sont les instruments
que nous offre la nature pour l'étudier
elle-même. Bacon esquisse un tableau provisoire de toutes les sciences,
même de celles qui n'existaient pas encore ( En France, la poésie,
moins riche et moins téméraire qu'en Angleterre, continue
à fixer sa langue : Malherbe est à
ce titre un grand poète. Mais l'Espagne et l'Italie gardaient trop
d'influence sur la littérature française pour qu'elle affirme
encore une véritable originalité; et le cavalier Marin, devait
à son Adone les faveurs de Marie
de Médicis. L'hôtel Pisani, Bien
plus connu sous le nom d'hôtel de Rambouillet Ou connaît
moins Cluvier (Cluver), né à Dantzig,
qui a étudié la géographie ancienne de la Germanie,
de l'Italie et de la Sicile. Le nom de Kepler,
Saxon de Wittemberg, fait époque dans l'histoire
de l'astronomie; il a trouvé les lois-mathématiques
qui régissent les mouvements des corps célestes ( La langue italienne
s'honore du poète J.-B. Guarini et du
prosateur Davila, historien partial des guerres
civiles de France. Le Vénitien frà Paolo Sarpi applique sa
critique à l'Église dans son Histoire du concile Descartes
commence une nouvelle ère pour la philosophie
: il recommande à l'humain de douter, c'est-à-dire
de ne croire qu'après examen, de ne pas se laisser imposer par l'autorité,
de ne céder qu'à la lumière de la vérité;
son Discours sur la méthode est le premier grand monument
de la langue philosophique en France. Ses travaux mathématiques
suffiraient à sa gloire; il a perfectionné le calculalgébrique,
appliqué l'algèbre à la
géométrie,
l'une et l'autre à la mécanique et à l'optique, toutes
à l'astronomie.
Gassendi, contemporain
de Descartes, rajeunit, en l'étayant de preuves nouvelles, la doctrine
bien ancienne qui fait venir des sens toutes les
idées
( L'érudition
s'enrichit dans tous les pays : la chronologie doit beaucoup aux travaux
du jésuite français Petau (Petavius),
de l'irlandais Usserius (Usher); la critique historique
et littéraire au Hollandais Meursius, à l'Allemand Gérard-Jean
Vossius, aux Français André Duchesne
et Saumaise. La Hollande, la Suède, l'Angleterre, terres protestantes Le cardinal Richelieu
avait protégé les lettres, mais quand sa conscience de prêtre
et sa vanité d'auteur n'étaient pas blessées. L'Académie
française lui doit ses statuts : Voiture,
Balzac,
Vaugelas,
qui en furent membres, ont leur part de gloire dans les progrès
de la langue française. L'art dramatique moderne est créé
par Pierre Corneille : dès 1636,
il avait fait le Cid La comédie
peut espérer déjà dans Molière,
qui s'est fixé à Paris en 1658;
les Précieuses ridicules sont de 1659.
Racine
et Boileau sont à peu près de l'âge
du roi, et leur illustration commencera en même temps ils vont, avec
des titres différents, marcher ensemble à l'immortalité.
Bossuet
et Bourdaloue sont bien jeunes encore dans la carrière de l'Église.
L'affaire du jansénisme Pour sa vie austère,
le grand peintre Lesueur peut être placé à côté
de pareils noms. Nicolas Poussin,
son émule, assistera à la naissance de l'école française
de Rome dont il est le plus illustre, chef. Ils sont devancés de
quelques années par les plus célèbres artistes de
la Flandre La seconde moitié
du siècle.
La critique des moeurs
du temps et la critique de l'art recommandent Boileau.
Le théâtre lyrique de Quinault,
qui partagea ses succès avec Lulli,
le musicien du roi, et les ouvrages de La Fontaine
qui n'eut de naïveté dans ses fables Les Mémoires
du cardinal de Retz vivent encore à côté des oeuvres
historiques de Bossuet qu'inspira surtout la
religion La fin du siècle
a produit des ouvrages moins distingués, mais qui ont joui d'une
série de popularité, les travaux demi-historiques et demi-romanesques
de Saint-Réal, les Révolutions de Portugal Plus active que l'académie
des inscriptions, qui n'a presque rien produit jusqu'en 1700,
l'académie des sciences, instituée
aussi par Colbert en 1666,
s'est livrée aussitôt à des travaux utiles. On remarque
dans son sein l'astronome Cassini et le physicien
Huygens
qui, par ses calculs, détruisait les tourbillons
et le monde de Descartes, perfectionnait les
horloges et pressentait l'attraction universelle Milton
n'a guère été célèbre de son vivant
que comme pamphlétaire et publiciste; ses premiers essais poétiques
avaient plus d'agrément que de force. La postérité
a presque oublié en lui le courageux et persévérant
défenseur des idées de liberté,
qui l'ont exalté jusqu'au fanatisme; sa prose toute brillante d'imaginationet
souvent de saine raison est à peine connue.
Le Paradis perdu Locke,
de 1686
à 1690,
analyse l'Entendement humain, recherche les éléments
des idées générales, explique le système
entier des facultés de l'intelligence
et des divers genres de connaissances par
la sensation; il expose les principes
constitutionnels de 1688.
Newton
publie, en 1687,
ses Principes mathématiques; il formule la grande loi
de l'univers, la loi de l'attraction universelle L'Italie Au XVIIe
siècle, m'imprimerie cesse d'être
une technique nouvelle, pour se convertir en industrie. L'art typographique
illustre ainsi plusieurs familles de Leyde, de la Haye, d'Utrecht
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