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L'histoire des États-Unis
La Révolution américaine
II - La guerre d'Indépendance
Histoire des Etats-Unis d'Amérique
La bataille de Bunker's Hill avait été livrée le 17 juin 1775, deux jours après la nomination du général en chef. George Washington se hâta vers son commandement. Lorsqu'il parut devant Boston, il ne lui restait plus qu'à contenir l'ennemi découragé par les pertes importantes qu'il venait de subir, et à former par la discipline et l'organisation une armée régulière. Il y parvint peu à peu, et tint les troupes anglaises rigoureusement assiégées jusqu'en mars 1776. Alors les généraux ennemis se décidèrent à abandonner la place et se retirèrent à Halifax (17 mars). Pendant ce même hiver de 1775 à 1776, une flotte anglaise incendia Norfolk en Virginie; ce fut tout ce que le gouvernement britannique tenta pour dompter la révolte des colonies du centre et du Sud. La ville même de New York avait été évacuée; ses rues et ses places étaient au pouvoir des chefs populaires, mais il y avait encore des navires de guerre britanniques dans le port, et la ville même était pleine de loyalistes. La prise de Ticonderoga et de Crown Point en mai 1775 par des gens du Vermont et du Connecticut avait suggéré l'idée d'une entreprise sur le Canada où l'on supposait que les colons français, soumis à la domination anglaise depuis 1763, accueilleraient les Américains comme des libérateurs. Le Congrès donna son approbation à ce projet et l'expédition fut confiée, avec des forces  insuffisantes, au général Montgomery et à Arnold. Montréal fut pris et Québec attaqué (31 décembre 1775). L'assaut, conduit avec une brillante vigueur, fut repoussé; Montgomery y fut tué, Arnold grièvement blessé. Les débris de l'expédition durent, quelques mois plus tard, à l'arrivée de renforts considérables envoyés d'Angleterre, abandonner la province (mai 1776). Les Franco-Canadiens, satisfaits de leurs nouveaux maîtres, s'étaient montrés indifférents; l'Amérique affranchie ne pouvait plus compter sur le concours du Canada. Le 28 juin 1776, une escadre anglaise échoua dans une attaque contre le fort de Charleston (Caroline du Sud); au Nord, des corps nombreux de mercenaires de la Hesse, du Brunswick et d'autres pays allemands, loués par le gouvernement anglais, arrivaient au Canada, et un armement formidable quittait Halifax se dirigeant sur New York sous le commandement des frères Howe, l'amiral et le général. George Washington, après avoir rendu leur ville aux indépendantistes bostoniens, s'occupait d'organiser la défense de New York. Sous ses ordres étaient les généraux Schuyler, Lee, Putman, Gates, Thomas, Sullivan, Greene. Gates et Lee étaient des officiers de l'armée britannique, passés au service des rebelles d'Amérique; ils étaient jaloux de Washington, dont chacun d'eux aurait voulu la place.

Tandis que pendant quelques semaines le territoire des treize colonies se trouvait libre de toute occupation britannique, le Congrès se décidait à l'adoption d'une mesure reconnue depuis plusieurs mois indispensable, mais retardée par respect pour les répugnances d'une partie de la population et surtout de celle de la Pennsylvanie dans la capitale de laquelle siégeait le Congrès. La Virginie venait de se proclamer indépendante; Richard Henry Lee, au nom de la délégation du nouvel État, proposa le 7 juin au Congrès une déclaration formelle de dissolution de tous liens avec la Grande-Bretagne. Cette déclaration de l'indépendance des colonies sous le nom d'États-Unis de l'Amérique du Nord, rédigée par Thomas Jefferson, donna lieu à des débats animés, et tut adoptée, le 4 juillet 1776, par le vote de neuf colonies. Une commission fut chargée de rédiger des « articles de confédération » que le Congrès commençait à discuter lorsque la défaite de Washington à Brooklyn (27 août), l'évacuation de la ville et de l'île de New York devant les 30 000 hommes amenés par la flotte de Howe, une nouvelle défaite à White Plains (28 octobre) et la retraite de l'armée américaine, à travers le New Jersey, concentrèrent l'attention du Congrès sur des objets plus pressants. Washington au commencement de décembre fut obligé de chercher un refuge avec quelques milliers d'hommes sur la rive occidentale du Delaware.
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Trenton, le 26 décembre 1776.
Trenton, le 26 décembre 1776.

Nul doute que, si les Anglais avaient suivi leur succès avec plus d'énergie et traversé eux-mêmes le Delaware, ils n'eussent eu aisément raison des débris de l'armée des indépendantistes et occupé immédiatement Philadelphie. Ils s'arrêtèrent sur la rive orientale à Trenton, et c'est là que Washington les surprit, le jour de Noël, par une attaque hardie, avant repassé le Delaware sur la glace. Il enleva un millier de Hessois (25 décembre 1776), pénétra avec audace dans le New Jersey, battit un corps d'Anglais à Princeton (3 janvier 1777) et refoula l'ennemi jusqu'à Staten Island, délivrant le New Jersey et rétablissant les communications entre les États du centre et ceux de la Nouvelle-Angleterre par les Highlands sur l'Hudson. Le Congrès l'avait investi à la hâte d'une sorte de dictature, et procéda avec lui, la campagne terminée, à la réorganisation de l'armée sur de nouvelles bases. Le Congrès s'occupa en outre des articles de confédération, les adopta, puis les soumit à l'examen des divers États qui donnèrent successivement leur adhésion en 1777 et 1778, sauf le Maryland qui retarda la sienne jusqu'en 1781, en sorte que la première constitution des États-Unis n'entra en fonctionnement que sept années après la réunion du Congrès continental.

Les généraux anglais, maîtres de New York, pouvaient diriger leurs corps sur tel point de la côte qu'ils choisiraient sans que Washington pût pénétrer à l'avance leurs desseins. Howe s'embarqua en juin avec 20 000 hommes à Staten Island pour le baie de Chesapeake, qu'il remonta jusqu'à Elk River, menaçant Philadelphie. Washington l'attendit sur la rivière Brandywine et fut complètement battu (11 septembre.). Dans cette journée, fut blessé Lafayette qui venait d'entrer comme volontaire au service des États-Unis et avait été fait major général. La victoire de la Brandywine livrait aux Anglais la ville de Philadelphie abandonnée par le Congrès et où ils entrèrent le 26 septembre. Le 4 octobre Washington essaya de les déloger par une attaque sur Germantown, faubourg de la ville, mais fut repoussé avec de grandes pertes. Les Américains étaient plus heureux au Nord. Une armée de 40 000 hommes, commandée par Gates, avait été chargée d'arrêter la marche du corps d'invasion, composé en grande partie de troupes allemandes, que le général Burgoyne dirigeait de Montréal sur la frontière du New York pour prendre les colonies à revers, s'emparer du cours de l'Hudson et couper en deux la confédération rebelle. Burgoyne ne put aller plus loin que Saratoga. Ses troupes fondaient à mesure qu'il s'éloignait de sa base d'opération; celles de Gates se grossissaient des milices appelées des États du voisinage. Une première défaite à Bennington (16 août) présagea à Burgoyne son sort prochain; battu encore la 19 septembre à Bemus Heights, écrasé le 7 octobre à Saratoga, il dut capituler le 16 du même mois avec 6 000 hommes, ce qui lui restait de son armée, si brillante naguère.

La nouvelle de la capitulation d'une armée anglaise devant les milices américaines produisit un grand effet en Europe. Le ministère à Londres fut atterré de ce coup inattendu. La cour de France, près de laquelle Benjamin Franklin depuis un an, après Silas Deane, représentait officieusement le Congrès des États-Unis, se détermina à signer avec la nouvelle nation un traité d'amitié et de commerce et un autre d'alliance défensive (février 1778). Cet heureux événement arrivait en temps opportun pour les Américains épuisés déjà par deux années d'efforts, et incapables, malgré l'éclat du succès de Saratoga, d'arracher Philadelphie aux mains de l'ennemi. Clinton, successeur de Howe, ne se décida à évacuer cette ville (17 juin 1778) que sur la nouvelle de l'arrivée prochaine d'une flotte française à l'embouchure du Delaware. Washington suivit les Anglais dans leur retraite à travers le New Jersey, heurta leur arrière-garde à Monmouth (28 juin), les poussa jusqu'à Staten Island, et alla s'établir sur l'Hudson.

La France, toujours aussi soucieuse de contrer l'Angleterre sur tous les terrains possibles, avait, en 1776 et 1777, encouragé secrètement la révolte des colonies par l'envoi d'armes et de munitions et par des subsides; en même temps de nombreux volontaires, avec Lafayette et Kalb étaient venus offrir leurs services aux colons. Après la conclusion de l'alliance officielle, la cour de France envoya dans les eaux d'Amérique une flotte commandée par d'Estaing. Cet armement n'arriva que le 8 juillet dans la baie de Delaware, quand l'armée anglaise était déjà en sûreté à New York. Les vaisseaux français ne purent franchir la barre de Sandy Hook pour coopérer à une attaque de Washington sur New York, et une tempête les dispersa au moment où ils allaient aider les Américains à reprendre Newport (Rhode Island). D'Estaing dut aller réparer son escadre à Boston, puis mettre à la voile pour les Antilles sans avoir fait en 1778 rien de plus important que de montrer le pavillon français dans des eaux où n'avait flotté jusqu'alors que le pavillon britannique.

Washington et  Lafayette à Mount Vernon.
Wahington reçoit Lafayette dans sa propriété de Mount Vernon en 1776.
Tableau de L. R.  Mignot et Rossiter (1859, Metropolitan Museum of Art, New York).
La détresse financière empêcha les États-Unis de tenter de grands efforts en 1779. Le Congrès soutint le mieux qu'il put Washington dans sa résistance tenace aux causes de dissolution de l'armée; il s'attacha à réclamer des États l'exécution des mesures qu'il décrétait, ou plus exactement conseillait, et le payement des contributions ou quotes-parts qui étaient assignées à chacune d'elles. Du côté des Anglais un nouveau plan de campagne porta vers les États du Sud le principal effort. La Géorgie fut reconquise sur la rébellion, et Savannah occupée (29 décembre 1778); des troupes américaines, soutenues par l'escadre de d'Estaing, tentèrent vainement de reprendre cette ville (9 octobre 1779). Les autres faits de guerre en cette année furent un brillant coup de main du général Wayne sur Stony Point (Hudson), l'évacuation de Newport par les Anglais, et les exploits maritimes de Paul Jones (deux navires de guerre capturés dans les eaux anglaises, 23 septembre). L'année suivante (1780), Clinton poursuivant ses desseins sur les États du Sud, attaqua Charleston et s'en empara (12 mai), puis il laissa Cornwallis achever la conquête de l'intérieur. Lord Cornwallis mit Gates en déroute à Camden (16 août) et envahit la Caroline du Nord, mais perdit son aile gauche, surprise et anéantie à King's Mountain (7 octobre). Cet échec le fit rentrer dans la Caroline du Sud. En 1781, malgré un nouveau succès des Américains à Cowpens (17 janvier), Cornwallis rentra dans la Caroline du Nord, poussant devant lui Greene, successeur de Gates; il le heurta à Guilford Court House (15 mars). 

Les Anglais étaient victorieux, mais leurs pertes étaient énormes en proportion de leur faible effectif. Cornwallis alla reposer ses troupes (moins de 3 000 hommes) sur la côte, à Wilmington, fit venir des renforts de Charleston, puis se dirigea sur la Virginie (avril), tandis que son adversaire, Greene, s'enfonçait dans la Caroline du Sud, où il refoula successivement tous les détachements britanniques jusque sous les murs de Charleston. Au Nord, de grands changements s'étaient opérés dans la situation. Une division française, commandée par le comte de Rochambeau, occupait depuis juillet 1780 la ville de Newport dans Rhode lsland; Clintonétait comme assiégé dans New York ; la trahison du général Arnold (septembre) ne lui apporta aucune force réelle. Il ne put employer le traître qu'à des expéditions de pillage en Virginie.  Clinton ne cessait de demander des renforts en Angleterre, et il n'en reçut pas assez tôt. Lorsque Cornwallis entra en Virginie par le Sud (avril 1781), Clinton ne put disposer d'aucune troupe pour le renforcer; il avait à peine assez d'hommes pour tenir sa position à New York contre les forces françaises et américaines de Rochambeau et de Washington. Bien que Cornwallis n'eût devant lui en Virginie qu'une faible division commandée par Lafayette, il ne tint pas longtemps la campagne et alla prendre position sur la côte à Yorktown. Lafayette vint bientôt l'y bloquer. Puis Washington, avisé qu'une flotte française sous les ordres du comte de Grasse allait entrer dans la baie de Chesapeake en août, trompa quelque temps Clinton par des démonstrations sur New York, opéra sa jonction avec la division de Rochambeau appelée sur l'Hudson, et dirigea l'armée alliée à marche forcée vers le Sud. Cornwallis cerné sur terre et sur mer par des forces supérieures (de Grasse, Lafayette, Rochambeau, Washington) résista un mois et capitula le 19 octobre 1781.
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Uniformes américains en 1781.
Les uniformes de l'armée américaine, lors de la campagne de Yorktown, en 1781.

Ce grand désastre de l'armée anglaise de la Virginie mit fin aux hostilités sur le continent américain. Les troupes royales occupaient encore Savannah, Charleston et New York, mais Clinton dans cette dernière place était réduit à l'impuissance. Washington fit prendre à son armée ses quartiers d'hiver, renonçant à demander un nouvel effort à ses compatriotes retombés subitement dans l'apathie dont il s'était tant de fois lamenté. Si l'on avait assez de la guerre en Amérique, on en était plus las encore en Angleterre. Le roi et les ministres étaient désespérés. L'opinion publique réclamait l'acceptation du fait accompli, et l'opposition gagna rapidement du terrain dans le Parlement. La 22 février 1782 une motion pour faire cesser la guerre avec l'Amérique ne fut plus repoussée qu'à une voix de majorité. Le 20 mars, lord North avisa la Chambre des communes qu'il avait remis au roi sa démission et celle de ses collègues.

La cause était jugée; le reste ne fut plus que formalités. Le ministère libéral qui prit le pouvoir était composé d'amis de l'Amérique insurgée, et n'en voulait point aux colonies de leur triomphe sur la prérogative royale et sur la majorité de lord North. Shalburne, lié de longue date avec Franklin, était tout disposé à reconnaître l'indépendance des États-Unis, à faire même de magnanimes concessions à la nouvelle nation. Il dut cependant, pour le décorum, paraître discuter les conditions de paix. Franklin, John Jay et John Adams, chargés des négociations par le Congrès, négligèrent leurs instructions qui leur enjoignaient de ne traiter que de concert avec la cour de France; Jay et Adams se défiaient plus de Vergennes que de Shelburne. Les pourparlers se prolongèrent jusqu'au 30 novembre 1782. Par les préliminaires de paix, signés ce jour-là, l'Angleterre reconnaissait officiellement l'indépendance des États-Unis, et leur abandonnait tout le territoire entre les Alleghanies et le Mississippi, dont Vergennes avait pu rêver de conserver une partie pour l'Espagne entrée tardivement (1779) dans l'alliance franco-américaine et qui n'avait même pas pu tirer de l'aventure la reprise de Gibraltar. Shelburne avait à peine insisté pour obtenir des Américains quelques concessions de pure forme en faveur des loyalistes dont les biens avaient été confisqués pendant la guerre. Le traité de paix (traité de Versailles) devint définitif en mars 1783 par la conclusion des accords particuliers entre la France et l'Angleterre.
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Signature des préliminaires de la paix du 3 septembre 1783.
Signature des préliminaires 
de la paix du 3 septembre 1783.

La métropole, vaincue dans cette grande lutte contre des communautés politiques sorties de son sein, put se consoler par la pensée que l' ennemi qu'elle n'avait pu dompter était de souche britannique. Son empire américain, il est vrai, était brisé. de l'immense continent qui lui avait appartenu pendant quinze années, elle ne conservait que la partie septentrionale, la moins fertile, cernée au Nord par les glaces, peuplée presque exclusivement de Français. Elle perdait cette côte orientale déjà couverte de populeux et prospères établissements et la magnifique vallée du Mississippi, encore déserte. Mais ces concessions étaient faites à des parents, non à des étrangers. L'Angleterre, avec laquelle les États-Unis avaient combattu, était l'Angleterre hostile de lord North; le pays avec lequel les Américains venaient de traiter était l'Angleterre, bienveillante et amie, de Shelburne et de Pitt. La réconciliation était faite. Malgré de nouveaux démêlés, des malentendus répétés et une seconde guerre (1812-1815), l'Amérique émancipée est toujours restée pour John Bull une terre parente, le home du cousin Jonathan.

Fin de la Révolution

Le Congrès continental n'attendait que la nouvelle de la signature des préliminaires pour licencier l'armée qui avait vaincu à Yorktown et dont il ne parvenait pas à payer les arriérés de solde. Washington, après avoir rendu à son pays tant de services pendant la guerre, lui rendit encore, la paix signée, celui d'assurer le respect de l'autorité civile par le pouvoir militaire. Lorsque les derniers régiments se furent débandés, il fit ses adieux aux officiers ses compagnons d'armes, et rentra dans la vie privée en son domaine virginien de Mount Vernon (1783). Le Congrès continental siégeait toujours, constamment renouvelé dans chacune des délégations qui le composaient et représentant seul l'idée, bien affaiblie déjà, des intérêts communs des colonies. La constitution en vigueur depuis 1781 (Articles de confédération) avait organisé un pouvoir central purement nominal, sans attributions effectives, sans moyens d'action. Sa tâche la plus pressante, et il ne put s'en acquitter, était de liquider les engagements formidables qu'il avait dû prendre pendant la guerre au nom des colonies, tant à l'intérieur qu'à l'égard de la France et de la Hollande qui avaient consenti de larges prêts. Mais le papier-monnaie continental avait perdu toute valeur; les États ne payaient plus leurs quotes-parts. Le Trésor était vide, et le Congrès n'avait aucun moyen de le remplir, la constitution ne lui permettant de lever directement aucune taxe sur la population. Il s'efforça, avec l'appui de Washington, et surtout d'Hamilton et de Madison, entre 1783 et 1787, d'obtenir l'assentiment de tous les États à un amendement aux articles de confédération, qui lui eût per mis de prélever au profit commun un droit de 5 %  ad valorem à l'entrée de toutes marchandises aux États-Unis. Il n'y put parvenir. 

La nouvelle nation marchait à la banqueroute et à la dissolution. Enfin les citoyens les plus éminents dans les divers États réussirent, par un travail persévérant, à provoquer la réunion d'une convention nationale pour la formation d'une constitution nouvelle répondant mieux aux besoins de l'Union. Tandis que cette assemblée délibérait à Philadelphie sur la réforme constitutionnelle et menait son oeuvre à heureuse fin, le Congrès continental terminait sa carrière par le vote de l'ordonnance de 1787, charte politique du grand territoire du Nord-Ouest, dont le traité de 1783 avait assuré la possession aux États-Unis. George Washington fut élu à l'unanimité le premier président de l'Union, et la ville de New York (mars 1789) offrit l'hospitalité au premier Congrès fédéral sous la constitution, rédigée en 1787, et encore en vigueur aujourd'hui. Les États-Unis achevaient leur révolution au moment même où la France commençait la sienne .
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CharlesThomson et George Washington.
Charles Thomson annonce à George Washington
son élection à la Présidence.


François Jahan, La frégate l'Hébé et la guerre d'indépendance américaine - 1782, deux marins, un mystère, Guénégaud, 2005.
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En 1782, la guerre bat son plein depuis quatre ans entre la France, qui assiste militairement la jeune République des Etats-Unis dans son combat d'indépendance, et la Grande-Bretagne, puissance coloniale qui s'y oppose. Sortie de Saint-Malo, le 3 septembre, pour sa première mission, l'Hébé, toute neuve, bien équipée, est capturée par un bâtiment anglais vingt-quatre heures après.

L'événement a stupéfié les contemporains, car même face à un adversaire plus puissant la frégate aurait dû s'échapper grâce à sa vitesse supérieure, gagner au besoin l'abri de la côte voisine, au pis se saborder. L'affaire a même confiné au scandale quand on a appris que, presque intacte, elle avait sans délai été incorporée à la Royal Navy.

Le mystère de la prise de l'Hébé a subsisté jusqu'à nos jours. C'est cette énigme à laquelle l'auteur s'est attaqué.

Pour mener à bien son enquête, il lui a fallu revenir en détail sur la carrière des deux principaux protagonistes, le capitaine de vaisseau de Vigny, propre oncle du poète Alfred de Vigny, qui commandait la frégate, et son second, le lieutenant de vaisseau, chevalier de Lanidy. Ce n'est qu'au terme de cette investigation minutieuse, couronnée par l'évocation d'un conseil de guerre de six mois, tenu à Morlaix, animé de rebondissements multiples, qu'est mise au jour une explication satisfaisante. (couv.).

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