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| Arrière-plans | ||
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La Révolution américaine II - La guerre d'Indépendance |
| La bataille de Bunker's Hill Tandis que pendant quelques semaines le territoire des treize colonies se trouvait libre de toute occupation britannique, le Congrès se décidait à l'adoption d'une mesure reconnue depuis plusieurs mois indispensable, mais retardée par respect pour les répugnances d'une partie de la population et surtout de celle de la Pennsylvanie dans la capitale de laquelle siégeait le Congrès. La Virginie venait de se proclamer indépendante; Richard Henry Lee, au nom de la délégation du nouvel État, proposa le 7 juin au Congrès une déclaration formelle de dissolution de tous liens avec la Grande-Bretagne. Cette déclaration de l'indépendance des colonies sous le nom d'États-Unis de l'Amérique du Nord, rédigée par Thomas Jefferson, donna lieu à des débats animés, et tut adoptée, le 4 juillet 1776, par le vote de neuf colonies. Une commission fut chargée de rédiger des « articles de confédération » que le Congrès commençait à discuter lorsque la défaite de Washington à Brooklyn (27 août), l'évacuation de la ville et de l'île de New York devant les 30 000 hommes amenés par la flotte de Howe, une nouvelle défaite à White Plains (28 octobre) et la retraite de l'armée américaine, à travers le New Jersey, concentrèrent l'attention du Congrès sur des objets plus pressants. Washington au commencement de décembre fut obligé de chercher un refuge avec quelques milliers d'hommes sur la rive occidentale du Delaware. Nul doute que, si les Anglais avaient suivi leur succès avec plus d'énergie et traversé eux-mêmes le Delaware, ils n'eussent eu aisément raison des débris de l'armée des indépendantistes et occupé immédiatement Philadelphie. Ils s'arrêtèrent sur la rive orientale à Trenton, et c'est là que Washington les surprit, le jour de Noël, par une attaque hardie, avant repassé le Delaware sur la glace. Il enleva un millier de Hessois (25 décembre 1776), pénétra avec audace dans le New Jersey, battit un corps d'Anglais à Princeton (3 janvier 1777) et refoula l'ennemi jusqu'à Staten Island, délivrant le New Jersey et rétablissant les communications entre les États du centre et ceux de la Nouvelle-Angleterre par les Highlands sur l'Hudson. Le Congrès l'avait investi à la hâte d'une sorte de dictature, et procéda avec lui, la campagne terminée, à la réorganisation de l'armée sur de nouvelles bases. Le Congrès s'occupa en outre des articles de confédération, les adopta, puis les soumit à l'examen des divers États qui donnèrent successivement leur adhésion en 1777 et 1778, sauf le Maryland qui retarda la sienne jusqu'en 1781, en sorte que la première constitution des États-Unis n'entra en fonctionnement que sept années après la réunion du Congrès continental. Les généraux anglais, maîtres de New York, pouvaient diriger leurs corps sur tel point de la côte qu'ils choisiraient sans que Washington pût pénétrer à l'avance leurs desseins. Howe s'embarqua en juin avec 20 000 hommes à Staten Island pour le baie de Chesapeake, qu'il remonta jusqu'à Elk River, menaçant Philadelphie. Washington l'attendit sur la rivière Brandywine et fut complètement battu (11 septembre.). Dans cette journée, fut blessé Lafayette qui venait d'entrer comme volontaire au service des États-Unis et avait été fait major général. La victoire de la Brandywine livrait aux Anglais la ville de Philadelphie abandonnée par le Congrès et où ils entrèrent le 26 septembre. Le 4 octobre Washington essaya de les déloger par une attaque sur Germantown, faubourg de la ville, mais fut repoussé avec de grandes pertes. Les Américains étaient plus heureux au Nord. Une armée de 40 000 hommes, commandée par Gates, avait été chargée d'arrêter la marche du corps d'invasion, composé en grande partie de troupes allemandes, que le général Burgoyne dirigeait de Montréal sur la frontière du New York pour prendre les colonies à revers, s'emparer du cours de l'Hudson et couper en deux la confédération rebelle. Burgoyne ne put aller plus loin que Saratoga. Ses troupes fondaient à mesure qu'il s'éloignait de sa base d'opération; celles de Gates se grossissaient des milices appelées des États du voisinage. Une première défaite à Bennington (16 août) présagea à Burgoyne son sort prochain; battu encore la 19 septembre à Bemus Heights, écrasé le 7 octobre à Saratoga, il dut capituler le 16 du même mois avec 6 000 hommes, ce qui lui restait de son armée, si brillante naguère. La nouvelle de la capitulation d'une armée
anglaise devant les milices américaines produisit un grand effet
en Europe. Le ministère à Londres La France, toujours aussi soucieuse de contrer l'Angleterre sur tous les terrains possibles, avait, en 1776 et 1777, encouragé secrètement la révolte des colonies par l'envoi d'armes et de munitions et par des subsides; en même temps de nombreux volontaires, avec Lafayette et Kalb étaient venus offrir leurs services aux colons. Après la conclusion de l'alliance officielle, la cour de France envoya dans les eaux d'Amérique une flotte commandée par d'Estaing. Cet armement n'arriva que le 8 juillet dans la baie de Delaware, quand l'armée anglaise était déjà en sûreté à New York. Les vaisseaux français ne purent franchir la barre de Sandy Hook pour coopérer à une attaque de Washington sur New York, et une tempête les dispersa au moment où ils allaient aider les Américains à reprendre Newport (Rhode Island). D'Estaing dut aller réparer son escadre à Boston, puis mettre à la voile pour les Antilles sans avoir fait en 1778 rien de plus important que de montrer le pavillon français dans des eaux où n'avait flotté jusqu'alors que le pavillon britannique. |
| La détresse financière
empêcha les États-Unis de tenter de grands efforts en 1779.
Le Congrès soutint le mieux qu'il put Washington dans sa résistance
tenace aux causes de dissolution de l'armée; il s'attacha à
réclamer des États l'exécution des mesures qu'il décrétait,
ou plus exactement conseillait, et le payement des contributions ou quotes-parts
qui étaient assignées à chacune d'elles. Du côté
des Anglais un nouveau plan de campagne porta vers les États du
Sud le principal effort. La Géorgie fut reconquise sur la rébellion,
et Savannah occupée (29 décembre 1778);
des troupes américaines, soutenues par l'escadre de d'Estaing, tentèrent
vainement de reprendre cette ville (9 octobre 1779).
Les autres faits de guerre en cette année furent un brillant coup
de main du général Wayne sur Stony Point (Hudson), l'évacuation
de Newport par les Anglais, et les exploits maritimes de Paul Jones (deux
navires de guerre capturés dans les eaux anglaises, 23 septembre).
L'année suivante (1780), Clinton
poursuivant ses desseins sur les États du Sud, attaqua Charleston
et s'en empara (12 mai), puis il laissa Cornwallis achever la conquête
de l'intérieur. Lord Cornwallis mit Gates en déroute à
Camden Les Anglais étaient victorieux, mais leurs pertes étaient énormes en proportion de leur faible effectif. Cornwallis alla reposer ses troupes (moins de 3 000 hommes) sur la côte, à Wilmington, fit venir des renforts de Charleston, puis se dirigea sur la Virginie (avril), tandis que son adversaire, Greene, s'enfonçait dans la Caroline du Sud, où il refoula successivement tous les détachements britanniques jusque sous les murs de Charleston. Au Nord, de grands changements s'étaient opérés dans la situation. Une division française, commandée par le comte de Rochambeau, occupait depuis juillet 1780 la ville de Newport dans Rhode lsland; Clintonétait comme assiégé dans New York ; la trahison du général Arnold (septembre) ne lui apporta aucune force réelle. Il ne put employer le traître qu'à des expéditions de pillage en Virginie. Clinton ne cessait de demander des renforts en Angleterre, et il n'en reçut pas assez tôt. Lorsque Cornwallis entra en Virginie par le Sud (avril 1781), Clinton ne put disposer d'aucune troupe pour le renforcer; il avait à peine assez d'hommes pour tenir sa position à New York contre les forces françaises et américaines de Rochambeau et de Washington. Bien que Cornwallis n'eût devant lui en Virginie qu'une faible division commandée par Lafayette, il ne tint pas longtemps la campagne et alla prendre position sur la côte à Yorktown. Lafayette vint bientôt l'y bloquer. Puis Washington, avisé qu'une flotte française sous les ordres du comte de Grasse allait entrer dans la baie de Chesapeake en août, trompa quelque temps Clinton par des démonstrations sur New York, opéra sa jonction avec la division de Rochambeau appelée sur l'Hudson, et dirigea l'armée alliée à marche forcée vers le Sud. Cornwallis cerné sur terre et sur mer par des forces supérieures (de Grasse, Lafayette, Rochambeau, Washington) résista un mois et capitula le 19 octobre 1781. Ce grand désastre de l'armée anglaise de la Virginie mit fin aux hostilités sur le continent américain. Les troupes royales occupaient encore Savannah, Charleston et New York, mais Clinton dans cette dernière place était réduit à l'impuissance. Washington fit prendre à son armée ses quartiers d'hiver, renonçant à demander un nouvel effort à ses compatriotes retombés subitement dans l'apathie dont il s'était tant de fois lamenté. Si l'on avait assez de la guerre en Amérique, on en était plus las encore en Angleterre. Le roi et les ministres étaient désespérés. L'opinion publique réclamait l'acceptation du fait accompli, et l'opposition gagna rapidement du terrain dans le Parlement. La 22 février 1782 une motion pour faire cesser la guerre avec l'Amérique ne fut plus repoussée qu'à une voix de majorité. Le 20 mars, lord North avisa la Chambre des communes qu'il avait remis au roi sa démission et celle de ses collègues. La cause était jugée; le
reste ne fut plus que formalités. Le ministère libéral
qui prit le pouvoir était composé d'amis de l'Amérique
insurgée, et n'en voulait point aux colonies de leur triomphe sur
la prérogative royale et sur la majorité de lord North. Shalburne,
lié de longue date avec Franklin, était tout disposé
à reconnaître l'indépendance des États-Unis,
à faire même de magnanimes concessions à la nouvelle
nation. Il dut cependant, pour le décorum, paraître discuter
les conditions de paix. Franklin, John Jay et
John
Adams, chargés des négociations par le Congrès,
négligèrent leurs instructions qui leur enjoignaient de ne
traiter que de concert avec la cour de France; Jay et Adams se défiaient
plus de Vergennes que de Shelburne. Les pourparlers se prolongèrent
jusqu'au 30 novembre
1782. Par les
préliminaires de paix, signés ce jour-là, l'Angleterre
reconnaissait officiellement l'indépendance des États-Unis,
et leur abandonnait tout le territoire entre les Alleghanies et le Mississippi,
dont Vergennes avait pu rêver de conserver une partie pour l'Espagne
entrée tardivement (1779) dans
l'alliance franco-américaine et qui n'avait même pas pu tirer
de l'aventure la reprise de Gibraltar. Shelburne avait à peine insisté
pour obtenir des Américains quelques concessions de pure forme en
faveur des loyalistes dont les biens avaient été confisqués
pendant la guerre. Le traité de paix (traité de Versailles
Signature des préliminaires de la paix du 3 septembre 1783. La métropole, vaincue dans cette grande lutte contre des communautés politiques sorties de son sein, put se consoler par la pensée que l' ennemi qu'elle n'avait pu dompter était de souche britannique. Son empire américain, il est vrai, était brisé. de l'immense continent qui lui avait appartenu pendant quinze années, elle ne conservait que la partie septentrionale, la moins fertile, cernée au Nord par les glaces, peuplée presque exclusivement de Français. Elle perdait cette côte orientale déjà couverte de populeux et prospères établissements et la magnifique vallée du Mississippi, encore déserte. Mais ces concessions étaient faites à des parents, non à des étrangers. L'Angleterre, avec laquelle les États-Unis avaient combattu, était l'Angleterre hostile de lord North; le pays avec lequel les Américains venaient de traiter était l'Angleterre, bienveillante et amie, de Shelburne et de Pitt. La réconciliation était faite. Malgré de nouveaux démêlés, des malentendus répétés et une seconde guerre (1812-1815), l'Amérique émancipée est toujours restée pour John Bull une terre parente, le home du cousin Jonathan. Fin de la Révolution Le Congrès continental n'attendait
que la nouvelle de la signature des préliminaires pour licencier
l'armée qui avait vaincu à Yorktown et dont il ne parvenait
pas à payer les arriérés de solde. Washington, après
avoir rendu à son pays tant de services pendant la guerre, lui rendit
encore, la paix signée, celui d'assurer le respect de l'autorité
civile par le pouvoir militaire. Lorsque les derniers régiments
se furent débandés, il fit ses adieux aux officiers ses compagnons
d'armes, et rentra dans la vie privée en son domaine virginien de
Mount Vernon (1783). Le Congrès
continental siégeait toujours, constamment renouvelé dans
chacune des délégations qui le composaient et représentant
seul l'idée, bien affaiblie déjà, des intérêts
communs des colonies. La constitution en vigueur depuis 1781
(Articles de confédération) avait organisé un pouvoir
central purement nominal, sans attributions effectives, sans moyens d'action.
Sa tâche la plus pressante, et il ne put s'en acquitter, était
de liquider les engagements formidables qu'il avait dû prendre pendant
la guerre au nom des colonies, tant à l'intérieur qu'à
l'égard de la France et de la Hollande qui avaient consenti de larges
prêts. Mais le papier-monnaie continental avait perdu toute valeur;
les États ne payaient plus leurs quotes-parts. Le Trésor
était vide, et le Congrès n'avait aucun moyen de le remplir,
la constitution ne lui permettant de lever directement aucune taxe sur
la population. Il s'efforça, avec l'appui de Washington,
et surtout d'Hamilton et de Madison, entre 1783
et 1787, d'obtenir l'assentiment de
tous les États à un amendement aux articles de confédération,
qui lui eût per mis de prélever au profit commun un droit
de 5 % ad valorem à l'entrée de toutes marchandises
aux États-Unis. Il n'y put parvenir. La nouvelle nation marchait
à la banqueroute et à la dissolution. Enfin les citoyens
les plus éminents dans les divers États réussirent,
par un travail persévérant, à provoquer la réunion
d'une convention nationale pour la formation d'une constitution nouvelle
répondant mieux aux besoins de l'Union. Tandis que cette assemblée
délibérait à Philadelphie sur la réforme constitutionnelle
et menait son oeuvre à heureuse fin, le Congrès continental
terminait sa carrière par le vote de l'ordonnance de 1787,
charte politique du grand territoire du Nord-Ouest, dont le traité
de 1783 avait assuré la possession
aux États-Unis. George Washington fut
élu à l'unanimité le premier président de l'Union,
et la ville de New York (mars 1789)
offrit l'hospitalité au premier Congrès fédéral
sous la constitution, rédigée en 1787,
et encore en vigueur aujourd'hui. Les États-Unis achevaient leur
révolution au moment même où la France commençait
la sienne
Charles Thomson annonce à George Washington son élection à la Présidence. |
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