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Mehemet-Ali
et ses successeurs
Le départ
des Français laissa l'Égypte au pouvoir des Turcs ,
des Anglais et des Mamelouks. Ceux-ci, réunis sous leurs deux principaux
beys, Oçmân Bardîsi et Mohammed el-Alfi remportèrent
sur le gouverneur turc Khosreu Pacha une victoire complète. Ce dernier
imputa sa défaite à l'absence d'un commandant de 1000 Albanais,
et l'appela auprès de lui dans le dessein de le mettre à
mort. Ce chef nommé Mohammed-Ali ou Mehemet-Ali
(il était né en 1769à
Ravala, port de Macédoine), prévenu à temps, s'allia
aux Mamelouks et leur ouvrit les portes du Caire ;
puis, se mettant à la solde de Bardisi il marcha contre Khosreu
et le fit prisonnier (1803).
S'élevant peu à peu jusqu'au premier rang en face des beys,
ses rivaux, il renversa bientôt Khosreu, puis Khourehid, gouverneurs
turcs, et finit, grâce à son audace, à sa popularité,
à la division entre Turcs et Mamelouks dont il sut profiter, par
se faire élire pacha du Caire et gouverneur de l'Egypte (1805).
La Porte sanctionna cette usurpation sous la condition d'un tribut de 7
millions. Le nouveau pacha réunit une forte armée, rétablit
l'ordre dans le pays et se mit ouvertement à appuyer la politique
française. En effet, les Anglais, de concert avec les Mamelouks,
ayant tenté de s'emparer du pays, le général Fraser
qui tenait Alexandrie
fut repoussé (septembre 1807);
quant aux Mamelouks, dont la rapacité et la turbulence ne cessaient
de troubler l'Égypte, Mehemet-Ali résolut de les anéantir.
Le 1er mars 1811,
il les faisait exterminer au nombre de 480 dans un guet-apens à
la Citadelle. Ceux restés en province, plus de 600 en tout, furent
égorgés sur son ordre. Son pouvoir était désormais
affermi. Aussitôt après cet horrible massacre, le pacha pressa
l'expédition d'Arabie contre les sectaires wahhâbites, expédition
commandée par la Porte qui ne voyait pas sans inquiétude
grandir ce vassal redoutable. Cette guerre, que conduisirent ses fils Toûsoûn
et Ibrâhim, se termina au bout de sept ans par la conquête
du Hiddjâz et la délivrance des lieux saints (la Mecque
et Médine). En 1822,
la Nubie ,
le Sennaar (Sennâr) et le Kordofân lui étaient conquis
par son troisième fils Ismâïl et son gendre le defterdâr
Ahmed-Bey ; Khartoum était fondée au confluent des deux Nils.
En 1824,
le sultan Mahmoûd ayant imploré contre la Grèce révoltée
le secours de son puissant vassal, celui-ci envoya Ibrâhim Pacha
avec 26 000 hommes.
La flotte turco-égyptienne
fut écrasée à Navarin
(20 octobre 1827)
et Ibrahim dut évacuer la Morée
(1828).
Pour prix de ses services, Mehemet-Ali réclama
le gouvernement de Syrie; Mahmoûd refusa. Ibrâhim envahit la
Syrie, puis l'Anatolie et battit deux généraux turcs à
Homs et à Konya (1832);
Istanbul
était menacée. La Russie et la France intervinrent et imposèrent
aux belligérants la convention de Kutâhyeh (14 mai 1833)
qui laissait au pacha d'Égypte la Syrie tout entière. En
1839,
la Porte, à l'instigation de l'Angleterre, reprit les hostilités
: Ibrâhim écrasa de nouveau les Turcs à Nezib (24 juin),
mais il fut forcé d'évacuer la Syrie devant les troupes anglaises
qui lui enlevèrent Beyrouth
et Acre .
La France conseilla à Mehemet-Ali de céder et le sultan Abd
ul-Madjid finit par lui assurer la possession héréditaire
de l'Egypte, en vertu d'un hatti-chérif et d'un traité ratifié
par les grandes puissances (1841)
( L'Agonie de l'Empire Ottoman ).
Sept ans plus tard, l'ancien chef de milice albanaise, retombé en
enfance, abdiquait le pouvoir entre les mains de son fils Ibrâhîm.
Celui-ci, atteint lui-même d'une grave maladie inflammatoire, mourait
le 10 novembre 1843
après un règne de six semaines.
On peut dire de Mehemet-Ali
qu'il ressuscita l'Égypte. En même temps qu'il poursuivait
ses guerres et ses conquêtes, il appliqua tous ses soins à
l'organisation et à l'exploitation de ce beau pays. Il avait été
initié dans sa jeunesse aux spéculations de l'Occident par
un négociant de Marseille; plus tard, il fut encouragé et
conseillé par les consuls français Mathieu de Lesseps et
Drovetti. Ses sympathies étaient depuis longtemps acquises à
la France, et c'est à la France qu'il demanda des instructeurs,
des marins, des ingénieurs, des constructeurs, des mécaniciens,
des chimistes, des médecins. Les noms de Selve, Besson, Varin, de
Cerizy, Clot, Linant de Bellefonds, Charles
Lambert, Bruneau, Mougel, sont intimement liés à l'histoire
de son règne. La digue d'Aboukir
fut restaurée en 1816,
et en 1849
fut creusé le canal Mahmoûdiveh. Dès 1822,
il envoya de jeunes Égyptiens à Paris pour s'instruire dans
les sciences et dans les lettres; il donna une grande extension à
la culture du coton et créa des filatures, des raffineries, etc.,
dans tous les chefs-lieux de province. Mais de ces usines élevées
à grands frais, en masse, avec une rapidité inconsidérée,
la plupart tombèrent faute d'entretien, de débouchés
et de qualité suffisante des produits. En outre, pour opérer
ce bouleversement, le vice-roi écrasa les Fellâhs de corvées
et d'impôts, et les déposséda; toutes les propriétés
passèrent entre ses mains; il réserva pour l'Etat tout commerce
extérieur et exerça le plus rigoureux des monopoles. Cette
situation ne fit que s'aggraver sous Abbâs Pacha, fils de Toûsoûn,
successeur d'Ibrâhîm, qui, docile à la voix de l'Angleterre,
compromit l'oeuvre de régénération commencée
(25 novembre 1848-14
juillet 1854).
Mais Saïd Pacha, quatrième fils de Mehemet-Ali, qui avait quelque
chose de l'intelligence hardie et de son père, avec une instruction
européenne très étendue et infiniment d'esprit, poursuivit
les réformes et les étendit. En deux ans, il abolit le trafic
des esclaves, supprima les douanes intérieures ainsi que les monopoles,
rendit aux Fellâhs la liberté individuelle et le droit de
propriété, éteignit les anciennes dettes de l'État.
C'est lui qui acheva le barrage du Nil, autorisa Ferdinand
de Lesseps, son ami d'enfance, à percer le canal de Suez ,
et qui le premier créa la Liste civile. Le 5 janvier 1856,
Saïd Pacha donnait à Lesseps l'acte de concession da canal
de Suez. En novembre 1858,
il souscrivait pour 176 602 actions de la Compagnie du canal de Suez au
nom du gouvernement égyptien. En avril 1859
avait lieu le commencement effectif des travaux, malgré les attaques
de l'Angleterre qui longtemps sembla croire à un retour de la vieille
politique de Bonaparte.
Ismâïl
Pacha, fils d'Ibrâhim, succéda à Saïd le 18 janvier
1863.
Sous le règne de ce prince, les institutions nouvelles furent maintenues,
les travaux continués, les études scientifiques encouragées.
En octobre de la même année, le musée égyptien
créé par Mariette, à Boûlâq,
fut solennellement inauguré. En 1866,
le vice-roi obtint du sultan le droit d'hérédité pour
ses fils et l'abolition de l'ordre de primogéniture pour les branches
collatérales, et l'année suivante (juin 1867),
il reçut officiellement le titre de khédive, titre qui, dans
la hiérarchie ottomane, vient immédiatement après
celui de sultan et se place avant celui de vizir. Au mois de novembre de
la même année, le canal de Suez
fut achevé et solennellement inauguré sous la présidence
Lesseps et en présence des notabilités de tous les pays du
monde.
Désordres
financiers et civils
De 1871
à 1876,
l'Égypte, par Samuel Baker, puis le colonel
Charles
Gordon, étendit sa domination sur le haut Nil, dans le Dârfoûr,
le Kordofàn, le Feïzoghloû, sur la mer Rouge, jusqu'aux
frontières de l'Abyssinie ,
des grands lacs intérieurs et des territoires somalis
: 1 965 560 km² peuplés de 10 800 000 habitants. Mais le khédive,
en dix ans de règne, avait emprunté à des conditions
onéreuses 2 milliards et demi. Ce prince dissipateur et orientalement
voluptueux avait espéré par ses largesses et le faste inouï
de son hospitalité, conquérir une indépendance absolue
vis-à-vis de la Porte .
Il ne réussit qu'à vider le Trésor et à rendre
imminente la banqueroute de l'Égypte. On dut recourir aux mesures
les plus sérieuses. Le 2 mai 1876
parut un décret instituant en Egypte une caisse d'amortissement
ou caisse de la dette publique; le 7, un décret d'unification de
cette dette; le 11, un décret sur 1° l'installation d'un conseil
suprême et ses attributions, 2° la formation du budget de l'État,
3° la composition et l'organisation des sections du conseil suprême
du Trésor.
Le 18 novembre, nouveau
décret sur : 1° la séparation de la Daïra
(domaine privé) du khédive d'avec la dette publique, 2°
le rétablissement de la Mouqâbala (impôt compensateur),
3° la nomination de deux contrôleurs généraux,
l'un Français, l'autre Anglais. Ismaïl Pacha se voyait forcé
d'accepter l'intervention européenne dans la gestion des finances
de l'Égypte. Deux ministres étrangers, Rivers Wilson, Anglais,
et Blignières, Français, entrèrent dans le cabinet
égyptien (1874).
En même temps les propriétés khédiviales et
princières étaient abandonnées à l'État,
qui offrit à aux Rothschild, de Londres ,
de leur confier tous ces biens, en garantie d'un emprunt de 8 millions
et demi de livres sterling, plus de 200 millions de francs. Des conflits
ne tardèrent pas à s'élever sur le service de la dette;
le khédive refusa de se soumettre au contrôle et destitua
les deux Européens. La France et l'Angleterre exigèrent de
la Porte la déposition d'Ismâïl. Elle fut accordée
par le sultan et le pouvoir transmis le 26 juin 1879
à Tewfik Pacha, fils d'Ismàïl, sous le contrôle
anglo-français pour tout ce qui concernait les finances égyptiennes.
Alors éclata,
en 1881,
une émeute militaire suscitée par un soi-disant parti national,
qui entendait supprimer le contrôle. Le 9 septembre, 4000 hommes
de la garnison du Caire
assiégèrent le khédive dans son palais, demandant
la destitution du cabinet, l'augmentation de l'armée, une assemblée
de notables, etc. Le cabinet fut renversé et le parti national appelé
an pouvoir. A la suite de nouveaux troubles, le colonel Arabî fut
nommé ministre de la guerre (4 janvier
1882).
La chute de Chérif Pacha donna lieu à la formation du ministère
Mahmoûd Baroûdi (2 février) qui proposa la déposition
de Tewfik (10 mai); les consuls généraux de France et d'Angleterre
exigèrent l'éloignement d'Arabi et il fut entendu qu'une
conférence européenne se tiendrait à Istanbul pour
le règlement des affaires égyptiennes (31 mai). Sur ces entrefaites,
une émeute éclata à Alexandrie ;
un grand nombre d'Européens furent massacrés ou blessés,
sous les yeux du khédive impuissant et des flottes française
et anglaise immobiles (11 juin). Un mois après, l'amiral français
Conrad, sur l'ordre de son gouvernement, quittait les eaux d'Alexandrie,
emportant avec son pavillon le qui restait encore à la France de
prestige en Égypte, et le lendemain (11 juillet) l'amiral anglais
Seymour
bombardait la ville. Arabi entama des négociations pour gagner du
temps, et tandis qu'il se retirait avec ses troupes à Kafr ed Douâr,
il fit ouvrir les portes du bagne. Les forçats pillèrent
la ville et l'incendièrent. A Paris, la Chambre ayant refusé
les crédits demandés peur parer aux événements,
il en résulta une crise ministérielle qui se termina par
la chute du ministère Freycinet et l'arrivée an pouvoir du
cabinet Duclerc (7 août).
Quant à la
Sublime Porte qui devait envoyer 5 ou 6000 hommes, il lui fut imposé
de si ridicules conditions de débarquement sur son propre territoire,
que sa dignité de puissance suzeraine l'obligea à s'abstenir,
ainsi que les Anglais y comptaient. Dans le même temps, le khédive
déclarait Arabi rebelle et. autorisait l'amiral Seymour
à occuper la ligne du canal de Suez
et à combattre la révolte. Le 20 août, 35 000 Anglais,
sous le commandement de sir Garnet Wolseley, débarquaient à
Port-Saïd, battaient les troupes d'Arabi à Qassâsin (28
août) et les mettaient en pleine déroute, après une
fusillade de cinq minutes dans la plaine de Tell el-Kébir (13 septembre)
Le lendemain, l'avant-garde anglaise s'embarquait sur le chemin de fer
et arrivait tranquillement au Caire .
On a attribué tout le mérite de cette facile victoire à
la cavalerie de Saint-Georges, par allusion à l'effigie que
portaient à cette époque les livres sterling, avec quoi elle
aurait été achetée au préalable. Toujours est-il
qu'Arabi et ses complices se rendirent, passèrent devant une cour
martiale, furent condamnés à mort après un semblant
de procès et que le khédive, docile jusqu'au bout au secret
verdict de l'Angleterre, commua la peine en celle de l'exil perpétuel.
A la suite de cette tragi-comédie, le contrôle anglo-français
fut supprimé (14 janvier
1883);
malgré les réclamations de la Porte, et grâce à
la politique d'abandon de la France, l'Angleterre disposa sans rivale des
destinées de l'Égypte.
Elle annonça
le projet de réformer l'administration de la dette égyptienne,
d'établir des impôts communs aux indigènes et aux Européens,
de prolonger les pouvoirs des tribunaux mixtes pour permettre de méditer
à loisir une réforme judiciaire, de réorganiser l'armée,
de créer une gendarmerie, d'abolir le contrôle moyennant la
nomination par le khédive d'un conseiller européen (anglais),
de doter le pays d'une constitution plus ou moins représentative,
enfin d'abolir l'esclavage pour de bon cette fois. Lord Dufferin, malgré
son titre d'ambassadeur auprès de la Sublime-Porte, fut chargé
d'étudier sur place tous ces projets et d'en assurer l'exécution.
La
révolte du Mahdi
Jusque-là,
à cause de l'éloignement et des graves préoccupations
du moment, le cabinet britannique n'avait porté qu'une attention
distraite sur le mouvement insurrectionnel dont les provinces du haut Nil
étaient le théâtre ( La
Nubie et le Soudan oriental ).
En effet, par une coïncidence étrange qui a fait croire à
une vaste conspiration du panislamisme, dans le même temps que s'était
révélé le parti national, tout le Soudan égyptien
s'était soulevé à la voix d'un nouveau mahdi, Mohammed-Ahmed,
né à Dongola vers 1843.
Cet illuminé, s'attribuant la mission divine de réformer
l'islam ,
puis passant de la prédication aux actes, avait tout à coup
proclamé la guerre sainte (août 1881).
Quatre- mois après, 7000 hommes envoyés par Réouf
Pacha, gouverneur de Khartoum, étaient attaqués par 50 000
insurgés et exterminés (décembre). Le 17 janvier 1882,
El-Obeïd tombait dans les mains du mahdi, qui anéantissait
successivement trois nouveaux détachements, puis se portait sur
Khartoum (juillet). Alors avaient lieu les massacres d'Alexandrie. Entre
Arabî, maître de la Basse-Egypte, et Mohammed-Ahmed, maître
du Soudan, le khédive semblait perdu. Le gouvernement de la reine
comprit qu'il se devait à son protégé : il confia
à Hicks Pacha, ancien colonel de l'armée des Indes, le soin
de rétablir l'ordre au Soudan. Hicks s'embarqua pour Souâkin
en décembre avec 42 officiers européens et 10 000 Fellâhs
enrôlés à prix d'or. On était depuis dix mois
sans nouvelles de l'expédition, et les troupes anglaises se préparaient
à évacuer l'Egypte, sauf 3000 hommes laissés à
Alexandrie lorsqu'on apprit avec stupeur que Hicks avait été
massacré avec toute son armée,dans un défilé
inconnu du Kordofân, Hahsgate, et qu'un renfort de 500 hommes envoyé
à sa rencontre avait subi Le même sort à Tokar, près
de Souakin
(3-6 novembre 1883).
Ce désastre
inattendu humiliait tant soit peu le prestige de l'Angleterre; mais il
venait fort à propos permettre au cabinet de Londres de contremander
le mouvement d'évacuation sans paraître faillir aux protestations
libérales dont lord Dufferin s'était fait l'interprète.
Au surplus, l'opinion publique en Egypte contraignit l'Angleterre à
intervenir directement. Des colonnes expéditionnaires tirées
d'abord du corps d'occupation, puis de l'armée des Indes, furent
coup sur coup dirigées vers le Soudan, soit par la voie du Nil,
soit pur Souâkin et Berber .
Mais, dans ces contrées sauvages, les Anglais devaient subir de
terribles échecs. Les désastres succédèrent
aux désastres deux années durant, chaque victoire équivalant
à une défaite. Dès le 5 février 1881,
Baker
Pacha est anéanti à Trinkitat; le 29 février à
Tebb, puis le 27 mars à Tamâniyeh, Graham est vainqueur d'Oçmân
Degna, mais il sort décimé de cette lutte inégale;
en avril, Gordon tente vainement une sortie sur
Halfîyeh pour dégager la route du Nord; le 16 janvier 1883,
Stewart écrase les Soudanais aux puits d'Aboû Kléa,
mais il est blessé à mort; le 28, sir Wilson est repoussé
devant Khartoum qui a été livré au mahdi
par le gouverneur égyptien et où l'héroïque Gordon
vient d'être massacré avec une partie de la population. Dès
lors, la campagne est perdue, le sort de 10 000 hommes compromis. Sir Wolseley
se porte sur Berber, résolu à s'en emparer coûte que
coûte, afin d'ouvrir par Souâkin des communications avec l'Angleterre
et d'y attendre du renfort (février); Earle, dans cette marche,
est vainqueur entre Derbikân et Doulka, mais il est tué; enfin,
le 20 mars, Graham, parti de Souâkin ait secours de l'armée,
livre près de Tamaï deux combats qui ne laissent plus d'espoir
sur cette tentative téméraire. Wolseley reprend la route
du Caire
avec les débris de sa vaillante armée, renonçant à
lutter contre un climat meurtrier et un fanatisme religieux qui transforme
en fauves ceux qui en sont passédés. A la suite de cette
campagne néfaste, le cabinet Gladstone
dut se résigner à l'humiliante évacuation du Soudan
: il reporta les frontières de l'Egypte à Wadi Halfâ .
De ses immenses possessions
du Soudan, l'Égypte ne conserva que Souâkin où fut
placée une garnison de 300 hommes sous le commandement du major
Kitchner, puis du général Grenfell. Encore cette cité,
ruinée aujourd'hui et toute déchue, resta-t-elle longtemps
bloquée par les bandes d'Oçmàn Degna. (Paul
Ravaisse). |
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