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On donnait
dans l'Antiquité
le nom de Cyrénaïque à une région de la côte
méditerranéenne de l'Afrique
dont la colonie grecque
de Cyrène
était la capitale. La Cyrénaïque était située
à l'Ouest de l'Égypte ,
entre ce pays et le golfe de la Grande Syrte, dans une région qui
correspond au Nord-Est de la Libye
actuelle; elle comprenait essentiellement le plateau de Barca ,
sur lequel étaient les cinq cités formant la Pentapole, dont
le nom est souvent employé pour désigner la région
entière: ces cinq cités étaient : Cyrène, Barca,
Teucheira (plus tard Arsinoé ),
Hespérides ou Hesperis (plus tard Bérénice) et Apollonia.
Les limites de la Cyrénaïgue du côté de la terre
furent assez indécises, étant formées par le désert
de Libye; à l'Est, vers l'Égypte, la frontière était
marquée par la Grande Chersonèse
(ras et-Tin) ou Calabathmus major (à la frontière actuelle
de l'Égypte); à l'Ouest, elle était marquée
par les autels
des Philènes ,
à l'angle oriental de la Grande Syrte; au Sud-Ouest, la Cyrénaïque
s'étendait, théoriquement, jusqu'à la Phazanie (Fezzan ).
Sa partie septentrionale,
surtout à son extrémité Ouest, que les Anciens avaient
nommée le jardin des Hespérides ,
présentait un fertile et délicieux verger. Dans l'intérieur
croissait naturellement le silphium, (deriah des Arabes), arbrisseau précieux
pour ses propriétés médicinales et culinaires. La
partie essentielle était la côte; elle était divisée
en deux sections par le promontoire Boreum (aujourd'hui ras Teyonas, au
Sud de Benghazi );
à l'Ouest de ce cap, la côte riveraine de la Grande Syrte
était peu peuplée; à l'Est, était la Pentapole.
On rencontrait d'abord Hespérides (Bérénice, aujourd'hui
Benghazi), sur le petit fleuve Lathon, le seul de la contrée, lequel
naissait près des Sables d'Hercule, collines sablonneuses; non loin,
était le petit lac Triton ou des Hespérides. Au Nord-Est,
on trouvait ensuite Teucheira (Arsinoé ,
aujourd'hui Taukra), puis Ptolemaïs
(aujourd'hui Tolmeita), le port de Barca ou Barcé ,
qui devint au temps des Ptolémées
la capitale; Barca était à cinq lieues dans l'intérieur.
Après le cap Phycus (ras Sem ou ras el-Razat), le point le plus
septentrional de cette côte, sur la même latitude que le cap
Ténare (Matapan) était Apollonie
(Marsa Sousa), le port de Cyrène
qui était à quatre lieues de la mer. A l'Est, sur la côte,
on trouvait successivement : la ville maritime de Naustathmus (Marsa-al-Halal),
le promontoire Zephyrium avec la petite île d'Aphrodite ou Laia;
puis Darnis (Derna), Axylis et, près du promontoire de la Grande
Chersonèse, la baie et l'île de Platea (aujourd'hui Bombal).
Les montagnes de l'intérieur étaient appelées Sables
d'Hercule, le long de la Grande Syrte; au Sud-Ouest étaient les
monts Velpi; plus à l'Est, sur la frontière méridionale,
le mont Boecolicus. Dans le désert, on considérait l'oasis
d'Augila comme une dépendance de la Cyrénaïque.
La Cyrénaïque,
où Battus de Théra amena une colonie
grecque vers l'an 631,
forma un royaume sous ses successeurs, tomba ensuite sous la domination
des Perses, et devint, vers 514,
une république florissante par son commerce. Conquise par Ptolémée,
fils de Lagus, elle demeura soumise à I'Égypte
jusqu'à l'année 96,
où Apion, fils naturel de Ptolémée Physcon, la légua
aux Romains. |
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La
colonisation grecque
La florissante colonie
grecque
de la Cyrénaïque remontait au VIIe
siècle av. J.-C. Lorsque les relations
commerciales avec l'Égypte
furent généralisées, les Grecs naviguant vers le Sud
furent poussés sur cette côte, située exactement au
sud du Péloponnèse .
Ils s'y établirent à demeure sur le conseil de l'oracle
de Delphes .
Les premiers colons étaient d'origine dorienne et vinrent de l'île
de Thèra, vers 630 av. J.-C.; cette fie étant en proie à
la famine et aux dissensions intestines, une partie de la population se
décida à émigrer. Le chef de l'expédition,
oekiste ou fondateur religieux et politique de la cité nouvelle,
était Battus, d'origine mynienne. Le récit
des origines de Cyrène
a été donné par l'historien Mènèkles,
dont l'écrit ne nous est pas parvenu (Scholiaste de Pindare,
Pyth.
IV) et par Hérodote; la tradition locale
attribuait un rôle prépondérant aux Crétois,
qui, certainement, fournirent un gros contingent de colons, et faisait
de Battus un petit-fils du roi crétois d'Assus. Les colons de Thèra,
tirés au sort dans les sept districts de l'île, vinrent sur
deux pentecontères; ils étaient donc peu nombreux; effrayés
de la distance, ils retournèrent chez eux, mais on leur interdit
de débarquer, et Battus les ramena sur la côte de Libye .
Le premier établissement
fut installé dans l'île de Platea; il ne prospérait
pas; Battus se rendit à Delphes
se plaindre à l'oracle
qui lui avait dit de se faire éleveur de bétail, ce qui était
impossible en cet endroit; il reçut l'ordre de continuer ses efforts.
Il passa alors sur le continent dans le district boisé et bien arrosé
d'Aziris, en face de Platea; bientôt les colons se transportèrent
un peu plus loin dans l'intérieur, à six jours de marche
de leur premier établissement et fondèrent Cyrène
sur le plateau, à 550 m d'altitude, sur un sol calcaire arrosé
par des pluies régulières et couvert d'une belle végétation,
auprès d'une belle source qui fut consacrée à Apollon ;
son nom de Cyre fut donné à la ville, et, plus tard, la légende
fit de Cyrène
une nymphe
thessalienne
aimée d'Apollon et venue en Libye sur un char attelé de cygnes .
Les indigènes Asbystes, qui habitaient ce pays, accueillirent bien
les nouveaux venus. Il se forma une population mixte gréco-libyenne,
comparable à celle des colonies grecques d'Italie
et de Sicile et à celle de Carthage ;
l'élément grec, renforcé par une immigration considérable,
resta prépondérant.
La colonie prospéra
très rapidement; l'agriculture y était dans d'excellentes
conditions; sur les différentes terrasses du plateau, on produisit
du blé, du vin, de l'huile, on éleva du bétail; le
monopole du silphium fut aussi une cause de richesse très
appréciée. Les ruines considérables qui jonchent encore
le sol attestent la grandeur de cette civilisation disparue. Les Grecs
vivaient surtout dans les villes; au voisinage étaient leurs exploitations
agricoles auxquelles participaient quelques populations sédentaires
les Asbystes, près de Cyrène ;
les Auschisae, au Sud de Barca ;
les Cabales, près de Teucheira; enfin les nomades erraient librement
alentour, promenant leur bétail et leurs chariots attelés
d'excellents chevaux; les Nasamones faisaient des caravanes vers l'oasis
d'Augila, commerçant avec l'Afrique
centrale.
Le
règne des Battiades
Dans les cités,
les Grecs étaient la population dominante; mais les mariages mixtes
avaient été nombreux et, très probablement, la dynastie
royale des Battiades était demi-africaine. Les noms de Battus et
d'Arcésilas alternent chez ses huit rois. La colonisation complète
de Cyrène
et la grandeur de la ville datent de la seconde immigration qui eut lieu
entre les années 574
et 554
et renforça l'élément grec; on appela des colons de
toutes les parties de la Grèce
sans distinction, leur promettant des lots de terre. L'antagonisme avec
les Libyens
s'accentua, et un roi indigène appela le roi d'Égypte Apriès,
dont l'armée fut battue, ce qui provoqua sa ruine; les Libyens subirent
la loi du plus fort. Le nouveau roi d'Égypte,
Amasis,
fut un philhellène qui épousa une femme de la famille battiade.
Mais, peu d'années après, une scission se fit entre les Grecs;
les frères du roi Arcésilas II fondèrent Barca
(vers 550)
avec l'aide des Libyens, à 113 kilomètres de Cyrène;
peu après, fut fondée Hespérides. L'armée d'Arcésilas
fut exterminée et 7000 hoplites cyrénéens restèrent
sur le champ de bataille. A la suite de ce désastre, les Cyrénéens
furent très affaiblis et la famille des Battiades impuissante à
les gouverner. Alors eut lieu sous le règne de Battus III une révolution
intérieure qu'on peut placer vers l'an 543
av. J.-C.
Sur le conseil de
l'oracle
de Delphes ,
les Cyrénéens appelèrent de Mantinée un réformateur,
Démonax, qui leur donna une constitution nouvelle, classa les Grecs
en trois tribus (Thériens, Crétois et Péloponnésiens ,
insulaires de la mer Égée), forma un sénat, un conseil
d'éphores, organisa la colonie sur le modèle des États
doriens. La dynastie royale subsista sans autorité réelle.
La veuve (Phérétyme) et le fils de Battus III (Arcésilas
III), voulant rétablir l'ancien régime, furent chassés;
Arcésilas III, s'appuyant sur le prince libyen
de Barca
et de nouveaux colons recrutés à Samos ,
rétablit son pouvoir, puis fut tué. Peu après, le
roi perse Cambyse, maître de l'Égypte ,
reçut la soumission de la Cyrénaïque. La mère
d'Arcésilas, Phérétyme, obtint l'appui du satrape
perse Aryandès, lequel s'empara de Barca
après un siège de neuf mois et déporta les habitants
en Bactriane .
Cyrène échappa à la vengeance, mais il semble que
la constitution de Démonax ait été abolie. Au siècle
suivant, les Battiades fut définitivement déposée
vers 450 av. J.-C.
Arcésilas IV, son dernier représentant, gouverna en tyran,
s'appuyant sur des mercenaires, combattant l'oligarchie.
Après sa mort, son fils Battus s'enfuit à Hespérides
où il fut tué. Un nouveau ban de colons vint de Messénie,
mais la plupart périrent dans les guerres civiles. L'histoire de
Cyrène
à cette époque nous est à peu près inconnue.
Elle prospérait et partagea avec Carthage
la côte nord d'Afrique, fixant la limite à l'Ouest de son
comptoir d'Automala au point où fut élevé l'autel
des Philènes .
Les
périodes hellénistique et romaine
En 331,
les Cyrénéens se soumirent volontiers à Alexandre.
Mais la décision pour le rappel des exilés dans les cités
grecques occasionna de grands troubles. Les exilés de Cyrène
appelèrent Thimbron, meurtrier d'Harpale, qui s'était établi
en Crète avec le trésor et les 6000 mercenaires du satrape
Thimbron, occupa Apollonie ,
battit les Cyrénéens, s'allia à Barca
et tenta de se créer un royaume en Cyrénaïque; trahi
par son officier Mnasiclès, il perdit Apollonia et sa flotte, mais
occupa Teucheira, appela des mercenaires du Péloponnèse
et défit l'armée de Cyrène qu'il assiégea.
Les oligarques appelèrent Ptolémée,
maître de l'Égypte ;
celui-ci envoya une armée commandée par Ophellas; Thimbron
fut vaincu et pendu, Ptolémée vint visiter sa conquête,
dont Ophellas devint vice-roi (322).
Une insurrection des Cyrénéens échoua en 312
et leur ville, contenue par une citadelle qu'occupait une garnison égyptienne,
ne put recouvrer sa liberté. Ophellas, allié à Agathocle,
entreprit avec lui une grande expédition contre Carthage
et lui amena son armée par terre. L'aventurier sicilien le tua en
trahison et rembarqua ses colons amenés de Cyrène, lesquels
se noyèrent en mer (307).
La Cyrénaïque,
où Ophellas aurait pu se rendre indépendant, resta donc une
dépendance de l'Égypte ptolémaïque .
Cette période fut pour elle très favorable; les Ptolémées,
selon leur politique, fondèrent de nouvelles cités où
du moins en favorisèrent d'autres aux dépens des anciennes
Barca
fut éclipsée par son port Ptolémaïs
qui devint la capitale, Cyrène
fut dépassée par Apollonia, Hespérides prit le nom
de Bérénice, Teucheria celui d'Arsinoé ;
la Pentapole fut donc formée de ces cinq cités (Cyrène,
Apollonia, Ptolémaïs, Arsinoé, Bérénice).
En l'an 117,
la Cyrénaïque fut érigée en royaume au profit
d'un bâtard de Ptolémée Physcon, du nom d'Apion. Quand
il mourut en 95
ou 96,
il légua son royaume aux Romains.
Les Romains garantirent
aux cités leurs libertés, occupant seulement le domaine royal
et exigeant un tribut. Les querelles intestines provoquèrent l'intervention
de Lucullus et décidèrent les Romains à réduire
la Cyrénaïque en province; elle fut jointe à la Crète
(67).
Sous Auguste ce fut une province sénatoriale
à laquelle on préposa depuis lors un propréteur avec
titre de proconsul, assisté d'un légat et d'un ou deux questeurs.
Sous Constantin, la Cyrénaïque
devint une province distincte appelée Libye
supérieure et confiée à un président.
Le développement
pris par la Cyrénaïque est attesté par sa numismatique
(ci-dessous), par les ruines dont le sol est encore encombré, par
les grands personnages qui y naquirent le philosophe Aristippe,
Callimaque,
Ératosthène
et plus tard Synesius. Le grand événement de son histoire
au temps de l'empire romain fut l'insurrection des Juifs
(sous Trajan); ils massacrèrent 220 000
Romains et Cyrénéens, et ne furent soumis qu'à grand-peine.
Lorsque l'Empire affaibli ne put plus défendre ses frontières,
les gens de la Cyrénaïque devinrent les victimes des perpétuelles
incursions des Libyens ;
les nomades du désert ruinèrent peu à peu les populations
sédentaires. Synésius, évêque de Ptolémaïs
au VIe
siècle, a décrit les misères
du pays. En 616,
le Perse Chosroës dévasta la Cyrénaïque,
dont la conquête arabe acheva la ruine (647).
Les villes ont disparu sauf Bérénice aujourd'hui Benghazi.
Ses ruines ont été étudiées, particulièrement
celles de Cyrène .
Numismatique
La Cyrénaïque
a une longue et riche série de monnaies d'or, d'argent et de bronze
qui s'échelonnent depuis l'an 630
avant notre ère environ, jusque sous Auguste.
Les types les plus ordinaires de ces monnaies sont la tête cornue
de Zeus
Ammon ( L'Oasis d'Ammon )
et la fameuse plante de silphium, représentée en tige,
en fleurs ou en graine. Les villes qui ont frappé ces monnaies sont
Cyrène ,
Barcé (Barca ),
Evespéris (Hesperides) et Teuchira; on attribue aussi quelques rares
pièces à Balagrae (Balis), à Darnis et à Héraclée.
Enfin, il est des monnaies anépigraphes et dont l'atelier est indéterminé;
il en est d'autres frappées au nom de la communauté (sonde)
de la province, et sans nom de ville, mais émises sans doute par
l'atelier de Cyrène.
Les monnaies les
plus anciennes de la Cyrénaïque (630
à 530
environ) sont anépigraphes; ce sont des pièces d'électrum
et d'argent de poids euboïque (drachme de 4,20 g) qui attestent les
rapports commerciaux des Cyrénéens avec l'Eubée ,
la Crète, Rhodes
et une partie de l'Asie Mineure. Quelques-unes de ces monnaies même
pourraient aussi bien convenir à la Lycie qu'à la Cyrénaïque.
Au droit, le silphium, en fleur ou en fruit; au revers, un carré
creux partagé en quatre parties, ou bien une rosace analogue à
celle des monnaies de Milet .
Les monnaies de la deuxième époque (530-480)
commencent avec le règne d'Arcésilas III, et confirmant les
données de l'histoire; elles nous révèlent une alliance
avec Cyrène ,
Samos
et lalysos
dans l'île
de Rhodes. Ce sont des pièces d'argent de poids euboïque, encore
anépigraphes. Outre le silphium, paraît, comme type, la nymphe
Cyrène ,
Héraclès ,
Zeus
Ammon, une tête de lion ,
une tête d'aigle ,
une gazelle. Le type le plus remarquable représente Héraclès
et Cyrène dans le jardin des Hespérides .
Les monnaies de la
troisième époque sont de poids phénicien (drachme
de 3,36 g), et la plupart portent l'inscription KUPA.
Le type ordinaire est, au droit, la tète de Zeus Ammon ornée
des cornes de bélier ,
et au revers, la tige de silphium. Avec la quatrième période
(431-321) paraissent de belles monnaies d'or. Les statères ont,
au droit, la légende KUPANAION
avec la Victoire dans
un quadrige, et au revers, Zeus Ammon debout, sacrifiant devant un thymiaterion;
les hémi-statères sont au type du cavalier et de la tige
de silphium. Les monnaies d'argent de cette série sont à
l'effigie de Zeus Ammon de profil ou de face, ou celle de Dionysos ;
les bronzes ont la tête de la nymphe Cyrène, une gazelle,
un cavalier. Au revers, outre le silphium, on a la Victoire, Hermès ,
une roue. Sur toutes ces pièces, un nom de magistrat monétaire
qui varie.
Les monnaies de la
cinquième période (321
à 96)
comprennent celles qui ont été frappées sous l'autorité
des Ptolémées d'Egypte. Ce sont
des pièces d'or, d'argent et de bronze, de poids attique, ayant,
outre les types précédents, la tête de Pallas ( Athéna )
des monnaies d'Alexandre le Grand, celle
d'Apollon ,
une Victoire debout, un palmier, une lyre, un cheval
au galop. En légende, on lit KUPANAION
ou KUPA
et quelquefois PTOLEMAIOU.
En 308,
Magas ayant été nommé gouverneur de la Cyrénaïque,
fit frapper des monnaies avec BASILEWS
PTOLEMAIOU, et même avec BASILIKWS
MAGA. La tête de sa fille Bérénice figure aussi sur
des monnaies de Cyrène .
C'est peu après cette époque qu'on place les monnaies cyrénéennes
qui ont pour toute légende
KOINON.
A partir de l'avènement de Ptolémée
IV Philopator jusqu'à la mort de Ptolémée Apion
en 96,
les monnaies frappées en Cyrénaïque n'ont plus aucun
caractère national et elles se confondent, pour les types, avec
les monnaies frappées en Egypte
( La
numismatique égyptienne).
La sixième
période comprend les monnaies de bronze frappées en Cyrénaïque
par les gouverneurs romains de cette province. Ces pièces, les unes
en caractères grecs, les autres en caractères latins, portent
les noms des gouverneurs : L. Lollius, A. Pupius Rufus, L. Fabricius, Patellius,
Scato, Palicanus et Capito. Leurs types sont, au droit, les têtes
d'Ammon, d'Apollon ,
d'Artémis
et d'Auguste, et au revers, une chaise curule,
un chameau, un cerf ,
un bélier ,
un caducée ,
une couronne, un serpent ,
etc.
Toutes les monnaies
dont il vient d'être parlé ont été frappées
à Cyrène ,
la capitale de la province. Celles de Barca
sont généralement aux mêmes types, mais elles portent,
en légende, BAPKAION,
avec un nom variable de magistrat. Les monnaies d'Evespéris ont
pour légende EU, EUES, EUESPERITAN.
Les drachmes très rares de Teuchira ont seulement TE, avec une tige
de silphium et la tête de Zeus Ammon. Les monnaies classées
par Muller aux autres villes énumérées
plus haut sont d'attribution incertaine. (E. Babelon). |