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| Arrière-plans | ||
| Le
Moyen Âge
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| La cinquième croisade,
entreprise sous le pontificat d'Honorius III (1217-1221),
eut pour chefs Jean de Brienne, roi titulaire
de Jérusalem La sixième croisade, de 1228 à 1229, fut accomplie sous le pontificat de Grégoire IX, par l'empereur Frédéric II. Le sultan Mélédin lui céda Jérusalem sans combat. Les deux dernières croisades furent entreprises par Saint Louis (Louis IX), roi de France : l'une, de 1248 à 1254, sous le pontificat d'Innocent IV; l'autre, de 1268 à 1270, sous le pontificat de Clément IV : La septième croisade fut
dirigée contre l'Égypte : le roi de France prit Damiette,
et remporta même un avantage à la Massoure (1250);
mais, la peste s'étant mise dans son armée ( Dans la huitième croisade
(1270), Saint
Louis était accompagné de ses 3 fils et du prince Édouard
d'Angleterre; il se dirigea sur Tunis, espérant, disent quelques
historiens, convertir le maître de cette ville, Mohammed Mostanser;
mais, à peine arrivé sous les murs de Tunis, il fut enlevé
par une maladie contagieuse. Charles d'Anjou |
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| La
Quatrième croisade
Richard
Coeur de Lion, Philippe-Auguste
ne pouvaient plus servir de chefs à la future expédition,
à laquelle les papes comptaient bien décider encore l'Europe.
Le jeune empereur Henri VI semblait désigné
pour ce rôle. Dès 1194,
ce prince commence à s'occuper d'une nouvelle croisade; maître
de l'Italie méridionale et de la Sicile, premier souverain de l'Europe,
il rêve de délivrer Jérusalem La mort de Henri VI changeait complètement
la situation; son frère le remplace en Allemagne, son fils, le jeune
Frédéric, à Palerme, et la direction de la guerre
sainte revient tout naturellement à la papauté. Vers le même
temps, Innocent III succède à
Célestin
III (1198). Le nouveau pontife
allait se vouer à la restauration de la domination chrétienne
en Orient et au rétablissement de l'unité catholique en Europe.
A la requête du roi d'Arménie, Léon, qui travaille
à l'union de son Église avec celle de Rome Quel allait être l'objectif de la
nouvelle croisade? Les renseignements fournis au saint-siège par
les chrétiens d'Orient désignaient l'Égypte comme
le centre de la puissance des Eyoubites; c'était donc là
qu'il fallait frapper pour délivrer Jérusalem Mais les Vénitiens étaient
trop prudents pour répondre par un refus précis et motivé
aux sollicitations des ambassadeurs de l'armée de la croix; le doge,
Enrico
Dandolo, politique fin et sagace, reçut magnifiquement ces envoyés,
parmi lesquels figurait Villehardouin,
et leur promit le concours de la République. Moyennant une somme
assez considérable, 85 000 marcs d'argent, elle s'engage à
transporter en Orient 4500 chevaliers, 9000 écuyers et 20 000 fantassins,
avec vivres, chevaux et bagages. Le payement devait se faire en quatre
termes, échelonnés jusqu'à la fin d'avril 1202.
Venise Beaucoup de gens ont cru et écrit
dès le XIIIe
siècle (Ernoul par exemple), quelques érudits
ont soutenu plus tard, que les Vénitiens n'avaient jamais eu l'intention
d'exécuter le pacte de mai 1201
et de conduire les croisés en Égypte. Ernoul affirme même
qu'Almelik aurait signé à cet effet un traité avec
la puissante république, et plusieurs historiens ont cru retrouver
ce traité. Mais sur ce dernier point on s'est trompé; le
traité allégué est postérieur à la croisade
et pourrait tout au plus passer pour le prix des services rendus. Toutefois,
il faut bien l'avouer, il paraît difficile d'adopter la version de
Villehardouin
sur les causes du changement de direction de la croisade, et il semble
qu'en cette affaire le maréchal de Champagne Si, entreprise pour combattre l'Égypte,
l'expédition aboutit à la prise de Constantinople Philippe de
Souabe Les termes fixés pour le payement
étaient passés, les princes croisés ne trouvaient
pas à emprunter un denier dans les banques vénitiennes, que
peut-être la Seigneurie leur avait fermées. C'est alors qu'apparaissent
les effets des intrigues de Philippe de Souabe Alexis Angelos arrive alors dans le camp
et propose aux chefs de les conduire à Constantinople Cette fois, les intrigues politiques avaient été assez fortes pour faire échouer la croisade; Innocent III dut accepter les faits accomplis; il ne pouvait refuser son approbation à l'union des deux Églises, qui comblait l'un de ses voeux les plus chers. Il eut le tort, et ce tort fut partagé par ses successeurs, de ne pas comprendre que le temps des grandes expéditions religieuses était passé. La papauté pourra encore décider un prince, tel que saint Louis, à passer en Orient ; les chevaliers et le peuple ne suivront qu'avec répugnance l'impulsion donnée. La société civile, qui cependant s'est organisée, est trop préoccupée de ses intérêts temporels pour songer à la délivrance de la Terre sainte. |
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Le fait daterait de l'an 1212; il est rapporté avec grands détails par Albéric de Trois-Fontaines (ainsi que par Mathieu Pâris et par une Histoire de l'abbaye de Sens, notamment), mais il paraît tellement singulier que quelques historiens l'ont révoqué en doute. L'opinion actuelle est plutôt qu'il y a eu méprise sur le sens donné au mot "enfant", liée à une erreur de traduction du mot puer, qui sans doute signifie enfant en latin, mais que les auteurs médiévaux - selon des historiens contemporains tels que Georges Duby ou Philippe Ariès - appliquaient aussi à une frange de la société, à une classe sociale "sous tutelle" : serfs ou domestiques, par exemple. Ceci précisé, voici comment l'histoire est racontée : au mois de juin de l'année 1212, un jeune berger du village de Cloyes, près Vendôme, nommé Étienne, se mit à parcourir le pays, en appelant à lui les enfants. Il se disait envoyé de Dieu pour la délivrance de la Terre sainte; nouveau Moïse, il n'aurait qu'à paraître avec sa troupe enfantine, les flots s'ouvriraient pour leur livrer passage et les Sarrasins s'enfuiraient devant eux. Les missionnaires qui depuis bien des années parcouraient la France avaient tellement échauffé les esprits, tellement surexcité le sentiment religieux qu'une foule d'enfants des deux sexes quittent alors leurs parents pour s'attacher aux pas de ce pauvre illuminé, et le suivent en désordre, vivant d'aumônes sur la route. Loin de les arrêter, chacun les laisse passer et les encourage. Innocent III lui-même loue leur résolution, signe de l'état des esprits au début du XIIIe siècle. La
troupe, grossie de prêtres vagabonds, de simples ouvriers et surtout
de mauvais sujets et d'aventuriers, traverse ainsi toute la France et atteint
Marseille; elle était, dit-on, forte de plus de trente mille têtes.
Mais la mer ne s'ouvrant pas et le miracle La
même folie s'était, dit-on encore, manifestée en Allemagne
vers le même temps. Un enfant, nommé Nicolas ou Klaus, réunit
près de vingt mille autres enfants, filles et garçons, franchit
les Alpes, malgré les brigands et les frimas; beaucoup périssent
en route; le reste arrive à Gênes le 25 août 1212,
comptant s'y embarquer. Le podestat veut les forcer à gagner Brindisi;
l'archevêque, plus humain, s'emploie à les rapatrier. Mais
la plupart meurent de fatigue et de besoin, d'autres entrent en condition
pour gagner leur vie. Le pape, auquel ils ont envoyé une ambassade,
leur conseille de renoncer à leur projet et d'attendre pour partir
en croisade d'avoir atteint un âge plus avancé. Le chef, Nicolas,
suivit plus tard ce conseil et prit part en 1219
au siège de Damiette, d'où il revint sain et sauf à
Cologne. Cette singulière expédition, fruit des idées
mystiques du XIIIe siècle,
ne laissa pas de surprendre quelques contemporains, et plusieurs essayèrent
de lui trouver une cause naturelle. Au rapport de Vincent
de Beauvais |
| La
cinquième croisade
En dépit de l'hostilité latente
qui existait entre les chrétiens de Syrie et leurs coreligionnaires
Europe, la déception avait été grande en Palestine.
L'obligation de ménager les ennemis s'imposait de plus en plus,
et plutôt que de rompre le traité avec Almelik, le roi En 1213,
Innocent
III, qui a définitivement triomphé en Allemagne et en
France, se décide à faire de nouveau prêcher la croisade.
En France, Robert de Courçon, en Allemagne, Olivier de Xanten, dit
le Scolastique, dirigent ces prédications;
leur parole trouve encore une fois un certain écho; un grand nombre
de Français, d'Allemands, d'Anglais, d'Italiens prennent la croix.
Frédéric II luimême fait voeu de pèlerinage Son successeur, Honorius III, n'abandonne
pas la partie et Jacques de Vitry commence vers le même temps ses
prédications; toutefois les circonstances ont un peu changé.
Frédéric II remet de jour en jour son départ; le roi
d'Angleterre est mineur; enfin la noblesse française montre de moins
en moins d'enthousiasme. Les Allemands ont pourtant continué leurs
préparatifs,
et, au printemps de 1217, deux armées
sont prêtes à partir; la première prend par l'Adriatique
avec André, roi de Hongrie Ranimés par l'arrivée de
ces renforts, les chrétiens reprennent leurs anciens projets. Dès
le 27 mai, une partie de la flotte mouille sous Damiette, clef de la vallée
du Nil. Tous les chefs sont là; les maîtres des ordres militaires,
le duc d'Autriche, les comtes de Hollande et de Wied, Jean
de Brienne, roi de Jérusalem Damiette succombe définitivement
le 5 novembre 1219; les chrétiens
s'y fortifient et s'emparent encore de la forte place de Tanis La Croisade de Frédéric II Tout l'espoir de la future croisade, car ce serait mal connaître la papauté que de la supposer découragée par le désastre de Damiette, reposait sur le jeune empereur Frédéric II. Peut-être si les deux pouvoirs, l'empire et la papauté, avaient su s'entendre et combiner leurs efforts, eût-on pu obtenir le succès tant cherché. Cet accord par malheur était chose impossible, l'une des deux parties eût dû se soumettre à l'autre, et il était impossible d'exiger pareille humiliation du successeur de Grégoire VII ou du petit-fils de Frédéric Barberousse. Frédéric II avait pris la
croix en 1215, mais avait remis son
départ d'année en année. Très ambitieux, la
ferveur lui manquait, et il ne voyait dans cette expédition qu'un
moyen d'asseoir sa domination dans la Méditerranée orientale.
On comptait sur son arrivée au camp de Damiette ; on l'attendit
inutilement. Aussi, dès 1221,
le pape Honorius le menace déjà d'excommunication, s'il tarde
plus longtemps à partir. L'empereur ne s'en hâte pas davantage;
remettant son expédition de mois en mois, d'année en année,
il atteint l'année 1227. Mais
alors il montre plus d'activité ; devenu gendre du roi de Jérusalem L'empereur avait un double but : rendre
la sécurité à la Terre sainte par des traités
solides, et rétablir la tranquillité dans le royaume latin.
Il commence par s'arrêter à Chypre, puis arrive à Acre La croisade de 1239 et 1240 Dès l'année suivante, Grégoire
était obligé de signer la paix à San Germano, d'absoudre
l'empereur et d'approuver le traité passé avec Alkamil (1230),
mais les légats pontificaux en Syrie ne s'en montrent pas moins
hostiles à l'autorité impériale et prennent toujours,
dans les guerres qui désolent le royaume latin et l'île de
Chypre durant les années suivantes, le parti des Templiers
et des barons, ennemis de Frédéric II. Le traité de
1229,
mal respecté par les musulmans, qui ne se gênent point pour
massacrer les pèlerins et pour dévaster les environs de Jérusalem En 1240,
arrive un nouveau continent, anglais cette fois, et commandé par
Richard de Cornouailles, frère de Henri
III, roi d'Angleterre (octobre
1240).
Plus politique que les chefs qui l'ont précédé, il
se décide à conclure la paix avec l'Égypte (février
1241)) ; les captifs sont rendus moyennant rançon, et après
avoir muni Ascalon La septième croisade Le véritable successeur de Grégoire
IX (mort en 1241) fut non pas Célestin
IV, mais Innocent IV (élu en 1243).
Ce pontife, ardent et actif, tout en continuant la lutte contre Frédéric
II, n'oublie pas la Terre sainte; au concile de Lyon, en 1243,
il impose aux princes de l'Europe une trêve de quatre ans, frappe
le clergé d'une taxe d'un vingtième de ses revenus, contribue
lui-même pour une forte somme; enfin, il noue des négociations
avec les musulmans d'Égypte, dans le but de rendre moins précaire
la situation des chrétiens d'Orient, et entre en relations avec
les Mongols, qui, ennemis mortels du califat de Bagdad Mais l'Europe se montre indifférente;
les princes continuent à guerroyer les uns contre les autres; enfin
le pape lui-même, entraîné par sa lutte contre l'empereur,
en arrive à détourner au profit de cette croisade d'une nouvelle
espèce les ressources qu'il a su réunir pour l'expédition
d'outremer. Une nouvelle croisade semblait donc chose bien douteuse; pour
tenter pareille aventure dans cet âge déjà tiède,
il fallait un prince encore imbu de l'esprit du XIe
siècle. Louis IX se trouva
à point nommé; si la France y gagna indirectement en renom
et en éclat, on doit regretter le zèle intempestif qui, après
avoir conduit le roi sur les bords du Nil, le fera mourir plus tard sur
les côtes d'Afrique, qui, enfin, fit périr la fleur de la
noblesse et décima les forces militaires du pays. On était
à la fin de 1244, et on venait
d'apprendre avec consternation la destruction de Jérusalem Au surplus, il doit bientôt reconnaître
qu'il est seul animé de pareils sentiments; si les chevaliers de
France imitent son exemple, c'est plutôt par point d'honneur, par
affection pour leur roi. Les souverains étrangers restent insensibles
à son appel; Haquin (Aakon), roi de Norvège, promet de partir,
puis renonce à accompagner le souverain français; le roi
d'Angleterre ne voit dans la croisade qu'un moyen de remplir ses coffres;
le roi de Castille L'objectif de l'expédition était l'Égypte. La flotte atteint d'abord Chypre, où l'on avait, depuis deux ans, accumulé des provisions. Saint Louis comptait n'y séjourner que quelques jours; la nécessité de rallier ses vaisseaux, dispersés par une tempête, d'y attendre les retardataires, l'oblige à hiverner; puis, au printemps, il lui faut noliser de nouveaux vaisseaux : il ne peut mettre à la voile pour l'Égypte que le 30 mai 1249. Il avait cent vingt gros vaisseaux, seize à dix-sept cents voiles, deux mille huit cents chevaliers, cinq mille arbalétriers, et une nombreuse infanterie, en tout cinquante mille combattants au plus. Le vieux sultan d'Égypte, Eyoub,
malade et affaibli, avait pris ses précautions et garni Damiette,
la plus exposée des villes du pays, mais il avait compté
sans la furie française; la flotte force le passage, les chevaliers
se jettent à terre, l'armée ennemie est dispersée
et le roi entre à Damiette (6 juin). S'il avait marché immédiatement
sur le Caire Saint Louis,
par sa fermeté, étonnait ses gardiens; le jeune sultan, après
quelques atermoiements, se décide à lui accorder la liberté
contre 400 000 besants et Damiette; le roi et les principaux seigneurs
reprennent le chemin de la côte (28 avril 1250).
Mais alors nouvelle péripétie : Touran-Châh est massacré
par
les émirs (2 mai); le traité est, par le fait, rompu et les
captifs courent un instant les plus grands dangers. Enfin, le tumulte s'apaise;
Chedjer-eddor est investie de l'autorité suprême, le traité
est confirmé de nouveau, et, le 6 mai, les chrétiens sont
mis en liberté. Les jours suivants, on verse aux Sarrasins la première
moitié de la somme promise, on leur livre Damiette, et la petite
troupe de saint Louis met à la voile pour Acre Saint Louis avait accompli son voeu, il pouvait regagner l'Europe; plein de pitié pour la Terre sainte, il va y rester encore trois longues années. Il commence par se refaire une petite armée et veut racheter les prisonniers restés en Égypte. Il réussit à délivrer les survivants à peu près sans bourse délier, les musulmans d'Égypte craignant une alliance de leurs ennemis de Syrie et des chrétiens, et on attend les secours de l'Occident. C'est en vain; rien n'arrive, les principaux barons abandonnent le roi les uns après les autres. Lui, cependant, négocie avec le nouveau sultan d'Égypte, Almelik-Alachraf, avec celui de Damas, Nacer-Yousouf, fortifie les villes du littoral, Sidon, Césarée, Acre, Joppé. Les Égyptiens se décident par crainte à rendre les captifs survivants, donnent à saint Louis quittance du reste de sa rançon, et ce prince reste spectateur attentif de la lutte entre les musulmans (octobre 1250- janvier 1251). Les princes d'Europe ne font d'ailleurs rien pour lui; le peuple seul répond à son appel; une masse confuse, les Pastoureaux, se met en marche, en 1251, pour aller secourir la Terre sainte, mais cette troupe, sans chefs, sans but bien déterminé, commet de tels excès que tout le monde doit s'armer contre elle et elle se disperse après avoir encore davantage découragé les derniers partisans de la croisade. En 1252,
saint
Louis s'allie définitivement aux musulmans d'Égypte contre
ceux de Syrie, et obtient d'eux la restitution éventuelle du royaume
de Jérusalem La huitième croisade Tandis que saint Louis (Louis
IX), sans perdre de vue la terre d'Orient, s'applique à administrer
son royaume, l'état de la Syrie va chaque jour en empirant. Les
guerres intestines entre les princes latins continuent comme par le passé;
les colonies commerciales de Venise Les progrès des musulmans n'excitaient
plus en Europe aucune indignation. La papauté elle-même, tout
occupée à poursuivre l'extermination de la dynastie des Hohenstaufen,
se montre indifférente. Seul, Louis IX,
qui n'a jamais perdu l'espoir de tenter une nouvelle croisade, s'efforce
par des envois d'argent et de soldats de soutenir le courage des chrétiens
d'Orient. Dès
1261, il invite
sa noblesse à prendre la croix; il la prend lui-même en 1267,
avec ses fils et bon nombre de grands barons; mais beaucoup de seigneurs,
et parmi eux le fidèle
Joinville, refusent
de suivre cet exemple. Le roi et son frère Alfonse de Poitiers rassemblent
tout l'argent qu'ils peuvent et négocient avec Venise A vrai dire la Syrie avait grand besoin
de secours. Après une première campagne de reconnaissance
en 1263, Bibars en 1264 avait battu les Mongols et leurs alliés
les Arméniens, puis, dès 1265, il s'attaque aux villes chrétiennes
de la côte : Césarée succombe, puis Arsouf défendue
par les hospitaliers; en 1266 il prend
Safed, forteresse des Templiers, et détruit
près de Tibériade une petite armée de Chypriotes.
En 1267 et 1268,
il attaque Joppé, prend Beaufort, place du Temple, enfin le 27 mai
1268,
Antioche Au début d'octobre, Édouard,
prince d'Angleterre, avait rejoint l'armée française devant
Tunis; il avait pris la croix dès 1266
et reçu de saint Louis (Louis IX) de fortes
avances pour subvenir aux frais de l'expédition. L'honneur lui commandait
de tenter quelque chose. Après avoir passé l'hiver à
la cour de Naples, il met à la voile au printemps de 1271
et atteint Acre Cependant la papauté n'a pas renoncé
à ses projets. Au concile de Lyon, réuni en 1274
par Grégoire X, on s'occupe de la réunion
des deux Églises et du secours de la Terre sainte; le pape fait
alliance avec les princes mongols, ordonne de prêcher la croisade
et décide la plupart des souverains d Europe à prendre la
croix. Mais aucun ne se résout à partir; à Grégoire
X succèdent des papes moins ardents, dont plusieurs ne règnent
que quelques mois, et les meilleurs consacrent toute leur influence à
venger les Vêpres siciliennes et à combattre la maison d'Aragon |
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