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| Arrière-plans | ||
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| L'histoire de la Corée,
telle qu'elle est donnée à connaître par les annales
chinoises, et commence à s'écrire dès le VIe
siècle avant
notre ère, et révèle un pays divisé
en plusieurs royaumes. Après une période
au cours de laquelle ceux-ci sont unifiés, on a une nouvelle division,
vers le Ier
siècle av. J.-C, en trois entités
: au Nord et au Nord-Est, le royaume de Kao-li; à l'Ouest
celui de Pe-tsi, et au Sud-Est, celui de Sin-la (Sin ra ou Shilla ou Silla).
C'est ce dernier royaume qui a été souvent en lutte avec
le Japon, et paraît avoir eu le plus
souvent la suprématie sur les autres. Il prédominait en tout
cas au Xe siècle,
quand le roi de Kao-li, Ouang-kien, soutenu par la Chine, s'empara des
deux autres royaumes et constitua l'unité de la Corée.
La période qui s'ouvre ainsi, et
qui est celle de la dynastie régnante des Koryô (d'où
dérive le nom du pays) ou Oang, va bientôt être marquée
par les conflits avec les voisins Toungouses
de la dynastie Kin ou Jin ( Entre-temps, la Corée aura été l'objet de nombreuses convoitises. D'abord de la part du Japon avec lequel elle n'a cessé d'avoir des guerres (notamment celle de 1592-1615), puis, surtout à partir du XIXe siècle, des Occidentaux, intéressés par la position de ce pays jugé le plus vulnérable de la région, et qui est envisagé par eux comme une base de pénétration en Asie Orientale. Ce sera cependant le Japon qui l'emportera à la fin, jetant son emprise sur le pays entre 1910 et 1945. Ensuite la Corée, coupée en deux, a eu encore à subir la logique de la guerre froide et un conflit entre ses deux composantes du Nord et du Sud entre 1950 et 1953. Dates clés : 668 av. J.C. - Dynastie de Silla. |
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| Le
« Pays du matin calme »...
Les Trois royaumes.
Dès le début du IIIe
siècle, l'impératrice japonaise Zin-gou, opérant
une descente dans le Sin ra, aurait défait les troupes de ce royaume
et celles du Pâik tjyei; mais le règne fabuleux de cette princesse
ne peut être considéré comme historique qu'avec de
grandes réserves : quoiqu'il en soit, pendant deux siècles
environ, les souverains de ces deux petits Etats offrirent périodiquement
un tribut à la cour du Japon et firent ainsi pénétrer
dans ce pays, en même temps que l'industrie, leur civilisation, leur
littérature et les doctrines philosophiques et religieuses qu'ils
tenaient eux-mêmes de la Chine. Les historiens chinois et japonais
sont unanimes à mentionner, par ordre de dates, les différents
envois qui furent faits au Japon c'est ainsi qu'en l'an 283
le Pâik tjyei y envoya, comme tribut, des couturières et des
brodeuses; en 285, le lettré
Wa-ni, du même royaume, vint y apporter le Lûn-yû
ou Dissertations philosophiques de Confucius;
en 300, le Sin ra y délégua
des constructeurs de jonques et plus tard, en 453,
des musiciens; en 552 et 577,
des sculpteurs, des architectes et des livres bouddhiques Le Sin ra commença à saisir la suprématie et à annexer les Etats voisins au moyen d'alliances ou de guerres, vers le milieu du VIe siècle; profitant habilement des secours de la Chine, alors gouvernée par les Tang, il conquit, en 660 et 668, le Pâik tjyei et le Ko rye; la Corée put jouir dès lors, jusqu'à la fin du IXe siècle, d'une grande prospérité. Mais, en 904, le royaume de Ko rye secoua le joug, ressaisit son autonomie et, en 935, s'empara à son tour du Sin ra et du Pâik tjyei : c'est de cette époque que date l'application géographique du nom de Ko rye dont les Européens ont fait Corée. Toutefois, ce n'est qu'à la fin du XIe siècle, sous Oang-Kien, que l'unité de la Corée sera définitivement constituée. Le temps des Koryô
(Oang).
Ses fils Hyei tjonq (943-45), Tyeny tjong (945-49), Koang tjong (949-75) régnèrent après lui; les deux premiers s'adonnèrent au luxe et aux grandes constructions, exemple que suivirent presque tous leurs successeurs ;le pouvoir fut tyranniquement exercé pendant plusieurs années par Oang Kyou, beau-père de Hyei tjong, qui joua le rôle d'un maire du palais et dont Tyeng tjong ne sut se débarrasser que par l'assassinat. Koang tjong gouverna par lui-même, poursuivit l'oeuvre de la défense des frontières septentrionales et fonda des examens littéraires imités de ceux de la dynastie chinoise des Tang (958). Après son fils Kyeng tjong (975-81), un autre petit-fils de Htai tjo, Syeng tjong monta sur le trône (981-97); il déploya une grande activité, organisa l'administration civile, institua des préfets et des sous-préfets, maintint dans le respect du pouvoir les bonzes toujours prêts à abuser de la faveur royale. C'est lui qui fit graver les planches pour l'impression du Tripitaka complet. Il eut à lutter contre les Keui tan (Khitan) qui avaient fondé un empire sous le nom de Liao, étaient devenus voisins du Ko rye en détruisant le royaume de Pal hai (Po hai, 925) et réclamaient le Nord de la Corée jusqu'à Hpyeng yang; vainqueur (993), Syeng tjong maintint sa frontière à l'Ap rok kang, mais consentit à se servir des noms d'années des Liao et envoya des Coréens apprendre la langue keui tan. Le règne de Mok tjong, fils de Kyeng tjong, fut marqué par les débauches et les conspirations de la reine mère (997-1009) ; le roi fut déposé et remplacé par Hyen tjong, petit-fils de Htai jo. De 1011 à 1020, les Keui tan envahirent plusieurs fois la Corée, occupèrent la capitale, chassèrent le roi vers le Sud; les principaux fonctionnaires militaires, se croyant indispensables, se rendirent, par leur arrogance, insupportables aux fonctionnaires civils et à la cour : ils furent massacrés (1015). Des discordes du même genre, avec les incursions des Nye tjin, tantôt soumis, tantôt révoltés, remplirent les règnes de Tek tjong (1031-34) et de Tjyeng tjong (1034-46), tous deux fils de Hyen tjong. Dès le règne de ce dernier, on avait commencé de donner aux Nye tjin (Niu tchen) et à d'autres tribus septentrionales des terres situées à l'intérieur du royaume et dont on formait de nouveaux districts; cette politique s'accentua sous les règnes suivants, surtout sous Moun tjong (1046-83), également fils de Hyen tjong. Ce prince reprit (1071) les relations avec la Chine, qui étaient interrompues depuis plus de cinquante ans; en effet, la puissance des Keui tan était déjà sur son déclin. Moun tjong montra la plus grande partialité pour les bonzes : des districts entiers furent exemptés d'impôts et consacrés à la corvée pour la construction de la bonzerie de Heung oang, qui fut élevée sur un plan grandiose, magnifiquement ornée et somptueusement inaugurée en 1067; trois ans plus tard, les bonzes obtinrent de la fortifier. Syoun tjong, fils du précédent, ne régna que quelques mois; Syen tjong (1083-94), également fils de Moun tjong, institua des examens spéciaux pour les bonzes (1084). Syouk tjong (1095-1105), troisième fils de Moun tjong, força son neveu Hen tjong (1094-95) à lui céder le trône; il forma une importante collection de livres, dont une partie subsistait au XVe siècle; il jeta les premières fondations d'une nouvelle capitale (1099) qui est devenue Séoul. C'est sous son règne et sous celui de son fils Yei tjong (1105-22) que s'établit la puissance des Nye tjin : le premier chef important de ces barbares, Yeng ka, envoya une ambassade en Corée (1102); une défaite infligée par son successeur, O a syok, aux Coréens (1104), fut vengée par le massacre de quatre cents chefs invités à un banquet (1107), d'où résulta la pacification de la frontière du Nord pour quelques années. En 1114, A kol hta (Agouta), chef d'une branche plus septentrionale, parent de Yeng ka et descendant d'un bonze coréen et d'une femme nye tjin se révolta contre les Liao et fonda l'empire des Kin. Il y eut entre le nouvel empire et la Corée quelques difficultés de frontières : mais le royaume accepta la suzeraineté des Nye tjin (1116) et eut moins à souffrir de leur part que de celle des Koui tan. Les règnes de Yei tjonq, de son fils In tjong (1122-46), de ses petits-fils Eui tjong (1146-70), Myeng tjong (1170-97), Sin tjong (1197-1204), ceux de Heui tjong (1204-11), fils du précédent, de Kong tjong (1211-13), fils de Myeng tjong, et les premières années de Ko tjong (1213-59), fils de Kong tjong, furent calmes à l'extérieur. Mais à l'intérieur ils furent marqués par les prodigalités et le luxe des rois et par l'affaiblissement continu du pouvoir royal : rivalités sanglantes entre militaires et civils (1110, 70), pouvoir de Ri Tja kyem, beau-père des rois Yei tjong et In tjong (1122), révoltes des bonzes (1126-35, etc.), un roi déposé en 1170, mis à mort en 1173, un autre détrôné en 1196, un autre en 1211, tels sont les événements les plus saillants de cette période. A partir de 1170, le pouvoir appartint uniquement aux fonctionnaires militaires qui se réservèrent presque toutes les charges; ce n'est qu'en 1275 que les fonctionnaires civils reprirent quelque influence. D'ailleurs, la tyrannie des grands chefs militaires fut telle qu'un personnage peu important, Tchoi Tchyoung hen, réussit à les renverser (1196) et fut considéré comme un sauveur : il s'empara de tout le pouvoir, nomma et destitua les fonctionnaires, réorganisa l'administration à son profit. Il fit d'ailleurs preuve de hautes capacités et d'une grande énergie et devint une sorte de maire du palais; son fils Tchoi Ou (1218), son petit-fils Tchoi Hang (1249), son arrièrepetit-fils Tchoi Eui (1257), héritèrent de son autorité et de ses dignités, c'est par l'assassinat de ce dernier (1258) que s'éteignit cette dynastie comparable à celles des shoguns japonais. Il faut encore noter pendant cette période la réunion au royaume de l'île de Quelpaërt transformée en sous-préfecture (1168) et la composition du Sam kouk sa keui, le plus ancien ouvrage d'histoire coréenne qui soit parvenu jusqu'à nous : il fut présenté au roi par son auteur Kim Pou sik (1145). Les quarante dernières
années de l'administration des Tchoi (1218-58)
furent signalées par une lutte opiniâtre contre l'invasion
mongole, plus terrible que celles des Koui tan et des Nye tjin. En 1231,
soixante-douze résidents mongols furent installés en Corée,
le pays dut, payer tribut, donner des otages, fournir un million d'hommes
à l'armée du khan; mais l'année suivante, Tchoi On
emmena la cour dans l'île de Kang hoa et prescrivit au peuple de
se retirer dans les îles et dans les montagnes pour continuer la
résistance. Après la mort de Tchoi Eui, le prince héritier
fut envoyé à la cour du khan pour traiter (1259),
et la première condition posée fut que le roi revint sur
la terre ferme. A son retour, le prince héritier monta sur le trône
(Ouen tjong, 1259-74).
Désormais, la Corée ne fut plus qu'une province mongole,
gouvernée par des rois indigènes : ceux-ci étaient
mariés à des princesses mongoles qui prenaient le pas sur
eux dans les cérémonies publiques; des conseillers mongols
dirigeaient leur politique; ils étaient appelés à
Pékin Pour la politique extérieure, les mongols firent de la Corée leur base d'opérations contre le Japon; malgré des préparatifs considérables (depuis 1270), Mongols et Coréens réunis furent plusieurs fois repoussés par les tempêtes et par le courage des Japonais après un dernier échec (1280), le khan Koubilaï renonça à son projet. Mais ces expéditions avaient appauvri la Corée d'hommes et de grains et. avaient ajouté de nouvelles inimitiés à celles qui existaient déjà entre la péninsule et le Japon. Grâce à l'affaiblissement de la puissance mongole, le roi Kong min (1351-74), fils de Tchyoung syouk; jouit de plus d'indépendance que ses prédécesseurs. Il tomba sous la domination des bonzes, particulièrement de Pyen syo, ou Sin Ton; celui-ci sut persuader le roi que Sin Ou, son propre fils, devait la naissance au roi lui-même. Sin Ou (1374-88), puis Sin Tchyang (1388-89), fils de Sin Ou, succédèrent donc à Kong min; ils s'attachèrent à la fortune des Mongols qui venaient d'être chassés de Chine. Ri Syeng kyei, principal chef de la noblesse, fut le général chargé de marcher contre les Chinois (1388); il refusa d'obéir, déposa le roi et le remplaça par Kong yang (1389), descendant de Sin tjong; peu d'années après, il se sentit assez fort pour régner lui-même : il déposa Kong yang et fonda une nouvelle dynastie (1392). Outre les événements rapportés ci-dessus, il faut noter que, sous cette dynastie, la noblesse territoriale du Sinra ra a graduellement disparu et qu'une nouvelle aristocratie, une « noblesse de pinceau », s'est peu à peu formée; elle était constituée dès le XIe siècle avec les principaux traits qu'elle a conservés. En même temps est apparu un régime de castes qui a laissé des traces jusqu'au XXe siècle. D'autre part, les formes extérieures de l'administration ont été de plus en plus empruntées à la Chine.
... et des après-midis agités Les marins et
les curés.
Plus tard, le père Régis donna au XVIIIe siècle des observations géographiques et une histoire de la Corée. En 1832, le missionnaire protestant Karl Gützlaff fit à bord du Lord Amherst, appartenant à l'East India Company, un voyage sur les côte de Chine, de Formose (Taïwan), de Corée et des Liou-chou (Ryu-kyu). Le 10 août 1847, les Français ont perdu sur les côtes de Corée deux vaisseaux, la Gloire et la Victorieuse. En 1851, le Narval, baleinier français, se perdit sur les îles de la côte Sud-Ouest de Corée, dans la nuit du 2 au 3 avril; l'équipage à l'exception d'un homme ayant échappé au naufrage, le second du navire se rendit à Chang-haï (Shanghaï) : dans une des chaloupes du baleinier prévenir le consul de France, Montigny, qui équipa un lortcha, et, accompagné de son interprète, le comte Kleczkowski, alla chercher lui-même ses compatriotes. En réalité, la première
intervention sérieuse des étrangers fut celle des Français
en 1836, à la suite du massacre
des missionnaires catholiques « Parti de Tche-fou le 11 octobre avec la frégate la Guerrière, les corvettes à hélice le Laplace et le Primauguet, les avisos le Déroulède et le Kien-chan, les canonnières le Tardif et le Lebreton, le contre-amiral Roze mouillait le 13, avec sa division, devant l'île Boisée, à dix-huit milles de Kang-hoa. Le lendemain, les canonnières remontèrent la rivière Salée (détroit de Kang-hoa), remorquant les embarcations qui portaient les compagnies de débarquement de la Guerrière et des corvettes, ainsi qu'un détachement des marins fusiliers du Yokohama. A peine débarqués, nos marins occupèrent les hauteurs sans rencontrer la moindre résistance, et campèrent à 5 kilomètres de Kang-hoa. Le 15, une reconnaissance fut exécutée par une colonne commandée par M. le capitaine de frégate comte d'Osery; arrivée près d'un fort qui domine la ville, elle fut accueillie par un feu bien nourri de mousqueterie et par celui de deux canons de petit calibre. Après un engagement de quelques minutes, le fort fut occupé, et les Coréens s'enfuirent, laissant un drapeau entre nos mains. »Le 16, la ville était prise, le 9, l'amiral Roze recevait une lettre du roi de Corée, à laquelle il répondit en faisant connaître les satisfactions qu'il réclamait. Dans un engagement qui eut lieu le 17 novembre, près de Kang-hoa, il y eut plusieurs hommes blessés; quelques jours plus tard, l'amiral Roze, ne recevant pas de réponse du roi de Corée et craignant à l'entrée de l'hiver des difficultés dans la navigation, se décida à retourner en Chine. La destruction de Kang-hoa, qui est le seul événement important de cette expédition, fut loin de produire en Corée l'impression qu'en attendait l'amiral Roze; les Coréens devinrent plus insolents et se préparèrent à repousser d'autres attaques étrangères. Il n'y en aura
pas pour tout le monde...
Ce que n'avaient pu faire ni les Français,
ni les Américains, les Japonais l'entreprirent avec succès
le 20 septembre 1875, le bâtiment
de guerre l'Unyokuwan fut reçu à coups de canon, pendant
qu'il se livrait à des travaux hydrographiques dans les eaux coréennes;
le succès qu'ils avaient déjà remporté contre
la Chine Le XXe
siècle.
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