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L'histoire du Royaume-Uni
L'Angleterre au XVIIIe siècle
La conquête de la mer
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Aperçu

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L'Angleterre médiévale
Haut Moyen-âge : Anglo-saxons et Normands
XIIe - XVe siècles : les Plantagenêt

Le XVIe siècle : les Tudor, la Réforme

Le XVIIe siècle : les Stuart, premières colonies
Le XVIIIe siècle : la conquête de la mer
Le XIXe siècle : la Fédération britannique

Le Royaume-Uni depuis 1900


L'histoire de l'Ecosse
L'histoire de l'Irlande
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Georges Ier.
De la paix d'Utrecht aux traités de Vienne, l'Angleterre poursuit avec une invincible opiniâtreté le même plan et la même idée. Elle veut conquérir la mer, elle y parvient. Soumise à la direction d'une aristocratie active, éclairée, dure, la politique anglaise excelle dans l'art de susciter des guerres continentales à ses rivaux maritimes, de les surprendre, de les devancer et enfin de les réduire. Elle se distingue par un manque absolu d'humanité et de justice dans les relations extérieures.
« Nous cesserions d'exister, dit le plus grand orateur anglais de ce siècle, si nous étions justes un seul jour. » 
Par la paix d'Utrecht, l'Angleterre obtient pratiquement le monopole de la traite des esclaves de l'Afrique vers les colonies d'Amérique. Bristol et Liverpool s'enrichissent par cet odieux trafic. Stanhope et Walpole, les ministres de Georges Ier (1714-1727), qui a succédé à la reine Anne, affermissent la maison de Hanovre en réprimant la révolte jacobite d'Ecosse (1715) et en contractant une alliance avec le régent de France. La marine d'Espagne est écrasée par Byng sur les côtes de Sicile dans un véritable guet-apens, les arsenaux du nord de l'Espagne sont réduits en cendres. Malgré les désastres causés par la ruine de la compagnie de la mer du Sud, les Anglais s'affermissent dans les Indes; à l'intérieur le système de corruption mis en pratique par Walpole a du moins l'avantage de donner à la nation l'habitude et le respect de la légalité. 
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Londres au 18e siècle.
Scène de la vie publique à Londres au XVIIIe siècle. - Réception du lord-maire
en 1747 (gravure de W. Hogarth).

Georges II.
Georges Il (1727-1760) est un prince économe mais aussi attaché que son père à son électorat de Hanovre. Ses ministres entraînés par l'opinion publique l'obligent à déclarer la guerre à l'Espagne, indignée de la contrebande britannique; mais il impose sa volonté dans les affaires de la succession d'Autriche et par le traité de Worms s'engage à payer des subsides à Marie-Thérèse et au duc de Savoie. La France riposte vigoureusement et la guerre s'étend à l'Ecosse où le prétendant Charles-Edouard est proclamé roi, et compromet un instant la sécurité même de Londres, à l'IndeDupleix s'empare de Madras, à l'Amérique où les colons français du Canada, malgré la perte de Louisbourg, tiennent tête aux Anglais renforcés par les Américains. Mais tandis que la France se lasse des questions coloniales, abandonne Dupleix et néglige le Canada, les Anglais portent sur mer toutes leurs forces. Jaloux des progrès de la marine française, ils forcent par leurs pirateries les timides ministres de Louis XV, à leur déclarer la guerre. Des subsides sont votés au roi de Prusse et la France commet la faute de devenir un des acteurs essentiels de la guerre de Sept Ans. La France perdra toutes ses colonies. Le procès de Byng, fils du vainqueur de 1718, montra aux amiraux anglais qu'ils devaient vaincre sous peine de mort. En 1758 l'Angleterre s'empare de Fort Duquesne qui devient Pittsburgh; l'année suivante elle prend la Guadeloupe et Québec, Montréal en 1760, l'année de l'accession au trône de Georges III

Georges III.
La Nouvelle-France est morte, la plus Grande-Bretagne (Greater Britain) a pris sa place dans le monde (1763). Le traité de Paris fut suivi de la chute des whigs (Tories et Whigs). Les ministres de Georges III, lord Bute à leur tête, sont attaqués avec véhémence par Wilkes, et l'Angleterre se débat dans de misérables querelles, tandis que lord Clive poursuit la conquête de l'Inde et que lord North, par sa politique imprévoyante, provoque le mécontentement des colonies d'Amérique
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Pitt équilibriste.
Pitt soutenant l'équilibre budgétaire de l'Angleterre avec une loterie.
(Caricature française de l'époque).

La guerre d'indépendance de ces colonies (1776-1783) (L'histoire des Etats-Unis) met en question l'existence même de l'empire britannique. Toute l'Europe conspire avec la France et l'Espagne pour faire respecter les droits des neutres et la liberté des mers. L'Irlande revendique un gouvernement indépendant et un gouvernement national. Cette dure leçon ne fut pas perdue. L'indépendance des colonies est reconnue et la France recouvre quelques débris de ses anciennes possessions. Le ministère du duc de Portland, entraîné par les éloquentes invectives de Burke, fait de louables tentatives pour adoucir le sort de l'Inde. William Pitt devient premier ministre et gouverne pendant huit ans avec une autorité et une habileté incontestées. Cette brillante période du XVIIIe siècle qui précède l'explosion de la Révolution française a un éclat merveilleux en Angleterre. 

La tribune politique où Fox, Burke et W. Pitt se donnent la réplique est dans toute sa splendeur. Des lois humaines sont adoptées; la dette publique créée par les grandes guerres maritimes décroît avec une étonnante rapidité. Les découvertes industrielles transforment l'Angleterre en un immense atelier. C'est pendant ces années fécondes que ce pays amasse les ressources grâce auxquelles il pourra faire face aux dépenses de la Coalition. Pitt avait hérité de son père la haine aveugle du nom français. Il fut soupçonné d'avoir soudoyé plusieurs des émeutes par lesquelles débute la Révolution française; néanmoins en présence des troubles causés en Angleterre par la folie de Georges III, le procès de Warren Hastings, les débats avec l'Espagne sur la question du Nootka-Sund. Pitt refusa de se joindre à la Prusse et à l'Autriche dans la première année de la guerre. Mais dès que les Français eurent envahi les Pays-Bas, l'Angleterre se joignit aux ennemis de la France.
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Fox et Pitt.
"Il est bien tems, Mons Pitt de pleurer quand Fox rit :
Lorsque Ies Français de toi seront en face,
Bon Dieu! quelle grimace
Feras-lit donc alors? Quell sera trop dépit!
Trompé dans ton attente,
Pour ton pays qu'en résultera-t-il?
Une descente.
Ainsi soit-il."
Gravure satirique d'Adam, destinée à Londres.

Le début du XIXe siècle.
Sauf le court intervalle qui sépare la paix d'Amiens de la rupture de 1803, l'Angleterre a été le plus implacable et le plus constant des ennemis de la France pendant les grandes guerres de la Révolution. Ses armées ne jouèrent pas, il est vrai, tout d'abord un rôle très brillant. Mal commandées par le duc d'York, elles ont été chassées à deux reprises de Belgique et de Hollande, mais ses flottes et sa diplomatie  firent beaucoup de mal aux Français. Ce qui excite, il faut bien le dire, l'étonnement de l'historien pendant cette longue guerre, c'est moins encore les victoires de Nelson, les manoeuvres de Collingwood et la ténacité de Wellington que l'attitude de la nation elle-même. En même temps qu'un travail de concentration s'opère dans la métropole par l'acte d'Union (1800), Pitt projette de relever les catholiques de leur oppression séculaire, le roi refuse de laisser présenter ce projet et Pitt donne sa démission (1801). Addington lui succède, mais il appartient au même parti. Il parvient à chasser les Français d'Egypte, il signe la paix d'Amiens et tombe quand la guerre recommence. 

La seconde période de la guerre est le duel de l'Angleterre et de Napoléon, guerre implacable où les deux partis foulèrent presque également aux pieds les droits de l'humanité et montrèrent une égale insouciance du droit des gens. C'est pendant cette seconde partie de la grande guerre que la marine anglaise, victorieuse sur toutes les mers, enlève à la France et à ses alliés presque toutes leurs colonies. Les souffrances causées par le blocus continental sont presque aussi atroces dans la Grande-Bretagne que sur le continent. Les mesures de représailles ordonnées par le gouvernement anglais et en particulier les ordres du Conseil (Orders in council) relatifs au droit de visite et à la presse des matelots suscitèrent une guerre avec l'Amérique (1832-1814), qui se termina par le traité de Gand. L'âpreté et l'énergie de ce peuple de marchands, comme disait dédaigneusement Napoléon, les énormes sacrifices consentis par toutes les classes, sont un des plus grands exemples que puisse montrer l'histoire politique. L'Angleterre eut la part du lion dans le partage des dépouilles. Elle garda les colonies hollandaises de peuplement et en outre l'lle Maurice et la Trinidad. Son empire colonial allait surtout gagner en importance relative par suite de la révolte des colonies espagnoles dans l'Amérique du Sud. L'empire des mers lui est assuré. Déjà elle a pris l'initiative de la suppression du plus odieux crime commis par l'humanité. Wilberforce et ses amis ont créé la ligue pour l'abolition de l'esclavage. Ce fait est peut-être plus important, dans l'histoire du monde, que les victoires de Wellington. (Louis Bougier).

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