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Chicot. - Bouffon, mort en 1592. Ce personnage, si connu par le rôle que lui a fait jouer Alexandre Dumas dans la Dame de Monsoreau, s'appelait de son vrai nom Antoine d'Anglerays; mais il portait le surnom, sous lequel il est connu, dès le mois de novembre 1567, date où nous le voyons envoyé par le maréchal (plus tard amiral) de Villars-Brancas vers M. de Castelnau-Mauvissière pour lui indiquer la direction à faire prendre aux renforts qu'il amenait de Flandre. Il était alors « chevaucheur d'écurie ». Dans un acte de 1570, il figure avec le titre de « porte-manteau du roi ». Pendant le massacre de la Saint-BarthéIemy, selon Brantôme, qui lui-même n'est pas trop affirmatif à ce sujet, de concert avec son frère le capitaine Raymond, il aurait été l'un des meurtriers du comte de La Rochefoucauld. En tous ras, il prit part à l'expédition de La Rochelle, où il se montra aussi brave qu'impitoyable. Vers 1574, il fut nommé «-lieutenant de S. M. au château de Loches ». 

A quelle époque reçut-il l'office de fou du roi? Jal, si complet sur ce qui concerne cette charge et ses titulaires, ne le dit pas. Il cite seulement le premier compte de la maison du roi où il en est investi, celui de 1580. C'était un fidèle et dévoué serviteur, d'un courage à toute épreuve, d'humeur un peu aventurière, bouffon quand il le voulait, comme nous le dit Aubigné, et cachant sous les apparences d'une bonhomie et d'une naïveté adroitement jouées un esprit délié, finement railleur et en même temps beaucoup de bon sens et de jugement. Après l'assassinat de Henri III, il resta au service de Henri IV, qu'il accompagna dans toutes ses campagnes. 

Sa fin fut héroïque. Pendant le siège de Rouen (mars 1592), il blessa et fit prisonnier le comte de Chaligny, de la maison de Lorraine. D'après les lois de la guerre de cette époque, c'était à lui qu'appartenaient le captif et la rançon qu'il en tirerait. Il amena Chaligny au roi. - « Tiens, lui dit-il, voilà ce que je te donne. » Le comte, outré de colère, lui déchargea sur la tête un coup de pommeau d'épée dont il mourut peu de jours après. Par son testament, en date du 8 septembre 1585, il avait témoigné le désir d'être enseveli dans l'église des cordeliers de Loches. On se contenta d'y placer son portrait. Par ordre du roi, il eut son tombeau dans l'église du Pont-de-l'Arche. De sa femme, Renée Baret, d'une vieille et noble famille tourangelle, il avait eu plusieurs enfants qui continuèrent de résider dans les environs de Loches. (Léon Marlet).

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