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Chaucer
(Geoffrey). - Poète, né vers 1340, mort le 25 octobre 1400.
Son père, négociant en vins à Londres ,
faisait partie de la suite emmenée par la famille royale lors du
voyage en Flandres
et à Cologne ,
en 1338. Cette circonstance aide à comprendre que Geoffrey Chaucer
nous apparaisse, la première fois qu'il est fait mention de son
nom dans un document (1357), en qualité de page attaché à
la maison de Lionel, duc de Clarence, second fils d'Edouard
III. En 1359, il est dans les rangs de l'armée anglaise qui
envahit la France ,
et dont Froissart a raconté l'expédition.
Il y fut fait prisonnier, et recouvra sa liberté moyennant rançon,
quelque temps avant le traité de Brétigny .
Nous le retrouvons en 1367 avec le titre de valet du roi, qui lui accorde
une pension et l'emploie à des missions diverses hors d'Angleterre
en 1363 et en 1370.
Chaucer était marié dès
cette époque à la fille de sir Payne Roët, du Hainault,
et sa femme, Philippa, avait une charge de dame de la chambre auprès
de la reine. Après une mission diplomatique en Italie
(1372-1373), il fut nommé contrôleur des coutumes et subsides
pour les laines et les peaux dans le port de Londres
et, en même temps que cette charge lucrative, remplit celle, plus
honorifique, d'écuyer du roi. Sa carrière de diplomate ne
fut pas interrompue pour cela, et il eut encore à soutenir les intérêts
de la cour d'Angleterre
en Flandre ,
en France
et en Italie. La mort d'Edouard III
et l'avènement de Richard II
(1377) n'ébranlèrent pas, au moins dans un premier temps,
la fortune de Chaucer. Il fut même envoyé à la Chambre
des communes par le comté de Kent .
Mais bientôt sa charge de contrôleur lui fut retirée,
sa femme mourut, et il se débattit dès lors dans des embarras
financiers dont il ne fut délivré que vers la fin de sa vie,
par la faveur du roi Henri IV (1399),
fils de son meilleur protecteur, le duc de Lancaster, lequel était
devenu son beau-frère en épousant Catherine, veuve de sir
Hugh Swynford et soeur de Philippa, sa femme.
-
Geoffrey
Chaucer.
Nommé en 1389 secrétaire
des travaux du roi au palais de Westminster, à la Tour de Londres
et aux autres châteaux de la couronne,
il perdit cette place en 1391 et dut accepter, avec un certain Richard
Brittle, les fonctions de garde-forestier que Roger Mortimer, comte de
March, leur offrait à North Petherton Park, dans le comté
de Somerset. Il n'était pourtant pas complètement oublié
à la cour, car on le trouve, en 1398, remplissant pour le compte
du roi des missions secrètes dans différentes parties du
royaume. Il mourut le 25 octobre 1400, et fut inhumé dans la chapelle
de l'abbaye de Westminster, où il inaugura
ce qu'on a appelé le « Coin des poètes ». C'est,
en effet, comme poète que Geoffrey Chaucer s'est assuré son
renom. Il est, avec Gower, et bien au-dessus de lui, le véritable
père de la poésie de langue anglaise. Le premier, il a su
plier la langue vulgaire, sortie du fond saxon et très fortement
mélangée d'éléments français-normands,
aux nécessités et aux fantaisies d'une pensée raffinée;
il lui a donné la souplesse et la sonorité du rythme; tout
en lui conservant son caractère populaire de familiarité
et d'énergie, il en a fait le merveilleux instrument littéraire.
La manière littéraire de
Chaucer peut se diviser en trois périodes assez distinctes. Dans
la première, il se montre disciple direct de nos trouvères.
S'il n'est pas l'auteur de la version anglaise du Roman de la Rose ,
que beaucoup lui attribuent, c'est du moins à cette période
que se rapportent A. B. C. on la Prière de Nostre-Dame et
la Complainte à la Pitié (Compleynte to Pite).
Puis l'influence italienne, que ses séjours répétés
en Italie devaient le disposer à subir facilement, se fait de plus
en plus sentir dans des oeuvres comme the Parlement of Foules, the Complaint
of Mars, Anelida and Arcite, sa traduction en prose et en vers du De
Consolatiane de Boëce, Troïlus
and Criseyde ,
the
house of Fame, the Legend of Good Women, the Complaint of Venus,
etc. Enfin, il se montre lui-même inventeur, créateur et grand
poète, lorsque, dans un cadre dont le Décameron
a sans doute fourni l'idée première, il nous présente
le pittoresque, saisissant et amusant défilé de tous les
types caractéristiques de la société anglaise de son
temps, réunis à la taverne du Tabard, près de London
Bridge, en route pour un pèlerinage
au tombeau de Thomas Becket, et profitant de leur
rencontre pour se raconter les inoubliables histoires qui, sous le titre
de Canterbury Tales, font à jamais partie du trésor
littéraire du genre humain. (B.-H. Gausseron).
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En
librairie - G. Chaucer, Les contes
de Canterbury, Gallimard, coll. Folio, 2000.
Cl.
Polet, Cl. Pichois, D. Poirion, Patrimoine littéraire européen.
V- Premières mutations : de Pétrarque à Chaucer, 1304-1400,
vol. 5, De Boeck, 1995.
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