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Charles
X (Charles Philippe). - Roi de France ,
né en 1757 à Versailles, mort en 1836, à Goeritz,
en Illyrie ,
était le quatrième fils du Dauphin, fils de Louis
XV, et était frère de Louis XVI
et de Louis XVIII; il porta avant son avènement
le titre de comte d'Artois .
Il émigra des premiers,
en 1789, parcourut les diverses cours de l'Europe pour chercher des défenseurs
à la cause royale et assista aux conférences de Pilnitz ,
1791. Nommé par Monsieur lieutenant général du royaume
après la mort de Louis XVII, il voulut
opérer avec le secours des Anglais, un débarquement à
l'île-d'Yeu
sur les côtes de la Vendée
(1795), mais il n'y put réussir. En 1814, il pénétra
en Franche-Comté ,
à la suite des alliés, et fit son entrée à
Paris
le 12 avril. Au premier moment, il sut se concilier les esprits par l'aménité
de ses manières; mais il se perdit bientôt dans l'opinion
en signant, avec un empressement que condamna Louis XVIII même, un
traité qui enlevait à la France toutes les places conquises
depuis 1792.
-
Charles
X, par François Gérard.
Après le deuxième
retour de Louis XVIII (1815), il se tint éloigné
des affaires et employa tout son temps soit à la chasse qui était
pour lui une passion, soit à des pratiques religieuses; néanmoins
il était le chef occulte du parti ultraroyaliste. La mort de Louis
XVIII l'appela au trône en 1824; il fut sacré à Reims
l'année suivante. Il débuta par quelques mesures libérales:
et abolit la censure des journaux, mais il ne tarda pas à se jeter
dans les bras des ultra-royalistes, dont Villèle
était le chef, et s'aliéna l'opinion par la loi du sacrilège,
la concession d'un milliard d'indemnité aux émigrés,
le licenciement de la garde nationale, le rétablissement de la censure
(1825-27). Pour calmer les mécontents, il forma en janvier 1828
un ministère modéré, présidé par Martignac.
Ce ministère réparateur avait déjà réussi
à ramener les, esprits, lorsqu'il fut brusquement congédié
et remplacé le 8 août 1829, par le ministère Polignac,
qui fit renaître toutes les défiances. En effet, peu de mois
après, et malgré le respectueux avertissement donné
par l'adresse des 221 députés, parurent des ordonnances qui
dissolvaient les chambres, convoquaient les collèges électoraux
en changeant de mode d'élection, et suspendaient la liberté
de la presse (25 juillet 1830). Ces ordonnances inconstitutionnelles excitèrent
immédiatement un soulèvement universel, et en trois jours
Charles X fut renversé du trône (27, 28 et 29 juillet 1830).
Il abdiqua en faveur
de son petit-fils, le duc de Bordeaux, mais cette abdication tardive resta
sans effet. Deux événements importants à l'étranger
se sont accomplis sous le règne de Charles X : l'intervention en
faveur des Grecs, qui eut pour résultat la victoire de Navarin
(6 juillet 1827) et amena l'affranchissement de la Grèce (1830);
l'expédition contre le dey d'Alger,
qui avait insulté consul de France, expédition que couronna
la prise d'Alger (6 juillet 1830). Le roi déchu se retira d'abord
au château d'Holy-Rood, en Écosse, puis à celui de
Hradschin près de Prague,
et enfin à Goeritz, où il mourut dans sa 80e
année. Ce prince avait épousé en 1773 Marie-Thérèse
de Savoie, dont il avait eu deux fils, le duc d'Angoulême et le duc
de Berry, assassiné en 1820. |
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