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Charles Ier d'Angleterre

Charles Ier est un  roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, né à Dunfermline (comté de Fife, Ecosse) le 19 novembre 1600, décapité à Londres le 30 janvier 1649. Il monta sur le trône le 27 mars 1625. Il était le second fils de Jacques Ier, et d'Anne de Danemark. En 1605 il fut créé duc d'York. En 1612, la mort de son frère aîné Henri le fit prince de Galles , titre qu'il reçut le 3 novembre 1646. Très aimé de son père, il subit comme lui l'influence de leur favori Buckingham. Elle se manifesta d'abord en 1622. Le jeune prince de Galles voulait secourir l'électeur palatin son beau-frère; Buckingham lui conseilla de rechercher en mariage l'infante Maria d'Espagne. Ils se rendirent incognito à Madrid où ils se conduisirent avec une légèreté incroyable. Epris de l'infante, Charles escalada le mur de son jardin pour lui déclarer sa flamme. La cour d'Espagne indignée ne l'éconduisit pas sur-le-champ, mais lui demanda les plus grandes concessions; ses chapelains, sa suite furent expulsés; il promit d'abroger en Angleterre les lois pénales portées contre les catholiques, écrivit au pape une lettre qui faisait espérer sa conversion. Il finit par se calmer et éluda ses engagements en demandant la restauration de l'électeur palatin, ce qui provoqua la rupture. Il eut encore le tort de persécuter violemment, au début de son règne, le comte de Bristol, ambassadeur d'Angleterre à Madrid, qui s'était efforcé de pallier ses fautes.
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Charles I d'Angleterre.
Charles Ier d'Angleterre, par Daniel Mytens (1632).

En 1624, Charles se fiança avec une autre princesse catholique, Henriette-Marie de France, fille d'Henri IV; ce mariage, consommé en 1625, fut très impopulaire dans la protestante Angleterre, qui voyait avec inquiétude son roi incliner vers le catholicisme, auquel Buckingham était, croyait-on, favorable. L'attitude du gouvernement, qui favorisait exclusivement l'Eglise épiscopale et persécutait bien plus vivement les puritains anglais et les presbytériens écossais que les catholiques, paraissait suspecte. Le caractère personnel du roi justifiait les appréhensions. Sa santé d'abord faible s'était raffermie; Charles Ier était un cavalier accompli, aimable et sérieux avec une nuance de timidité, très brave d'ailleurs à l'occasion, d'une intelligence ouverte et vive, épris des arts et des lettres, moins instruit, mais moins pédant que son père, assez au courant des affaires politiques. Mais il manquait de sincérité; très porté à se lancer dans des aventures, il s'en tirait en manquant à la parole donnée. Ce goût pour les intrigues était entretenu par Buckingham, son compagnon dans l'équipée espagnole.

La mésintelligence entre le roi et le peuple était déjà grande en raison des prétentions de Jacques ler au pouvoir absolu fondé sur la théorie du droit divin. Elle apparut nettement lors de la réunion du premier parlement de Charles Ier, convoqué par lui aussitôt après son avènement. Il voulait lui demander des subsides pour intervenir dans la guerre de Trente Ans en faveur du parti protestant. On avait déjà commencé à la fin du règne de Jacques Ier; il s'agissait de donner plus d'extension aux opérations, avec le concours de la France que l'on espérait, malgré les maladresses de Buckingham qui froissaient Louis XIII. Le parlement s'ouvrit le 18 juin 1625 (Gardiner, Debates in the house of commons in 1625, Camden-Society, 1873). La Chambre des communes témoigna de sa défiance en n'accordant, en deux subsides, qu'une somme de 140,000 livres très inférieure aux dépenses qu'exigeait l'entreprise projetée. Elle n'accorda que pour un an la taxe sur le tonnage demandée pour la durée de la vie du roi, remit en question la légitimité des droits de douane récemment établis. Un royaliste fervent eut l'imprudence de dire que l'on passerait outre et se procurerait autrement l'argent refusé par le parlement. La peste ayant éclaté à Londres, celui-ci fut transféré à Oxford. Il ne fit qu'accentuer son opposition; le roi avait, au mépris du sentiment national, prêté au roi de France des navires pour combattre les huguenots de La Rochelle. Violemment pris à partie, Buckingham ne put faire prévaloir ses désirs. Sir Robert Phelips déclara que l'Angleterre était la dernière monarchie qui conservât encore sa vieille constitution; on annonçait nettement l'intention de défendre les libertés mises en péril. Montagu, ayant prêché la doctrine du droit divin, fut envoyé à la Tour de Londres. Charles Ier prononça la dissolution du parlement (12 août 1625) et prit Montagu pour chapelain.

Buckingham tenta de rétablir sa popularité et celle du roi par un grand succès extérieur. Il dirigea contre Cadix une expédition. Elle échoua. Les navires, mal équipés, étaient commandés par des officiers nommés à la faveur. On s'empara péniblement du fort Puntal, puis il fallut battre en retraite. Charles Ier reprit alors les négociations avec la Hollande et le Danemark; mais du côté de la France les affaires se gâtaient; les Anglais avaient saisi des navires français portant en Belgique de la contrebande de guerre; Richelieu prit des mesures de représailles. La France intervenait en faveur des catholiques anglais, l'Angleterre en faveur des protestants français. Charles Ier convoqua une seconde fois le parlement. L'ouverture eut lieu le 6 février 1626. On espérait que la nouvelle assemblée serait plus docile, car plusieurs des meneurs de l'opposition avaient été nommés shérifs et se trouvaient ainsi retenus chez eux. Cette espérance fut bientôt dissipée; John Eliot prit la direction de l'opposition et mit en jeu la responsabilité de Buckingham, affirmant que les conseillers du roi étaient responsables des injustices que pouvait commettre le souverain; la Chambre des communes commença une enquête sur les actes du favori, refusant tout subside tant qu'elle n'aurait pas satisfaction. La Chambre des lords, à la barre de laquelle Eliot porta l'accusation, était disposée à l'accueillir; l'Hostilité du comte de Bristol y était fort à craindre pour Buckingham.

Le roi fit mettre les accusateurs Eliot et Digges à la Tour de Londres. La Chambre des communes protesta, déclara illégal le droit de tonnage, présenta au roi une remontrance en demandant le renvoi de Buckingham. Le roi prononça le 15 juin la dissolution du parlement. Il demanda, sans les obtenir, aux comtés des subsides volontaires, et résolut de lever les impôts condamnés par les députés; divers Anglais, à leur tête John Hampden et Thomas Wentworth, refusèrent de les payer. Les ressources si péniblement réunies furent affectées à une expédition que Buckingham conduisit au secours des protestants de La Rochelle (juillet-octobre 1627); il échoua devant l'île de Ré et ne ramena pas la moitié de ses hommes. Ce désastre accrut les forces des opposants; ceux qu'on emprisonnait pour refus de paiement des contributions prétendues illégales réclamèrent leur comparution devant un tribunal qui leur fit connaître la nature de leur délit, et invoquèrent la Grande Charte d'après laquelle nul ne peut être emprisonné que conformément aux lois du pays ou après jugement par ses pairs. Les juges déclarèrent que le roi pouvait, par un ordre direct, faire emprisonner un de ses sujets sans être obligé de s'en référer à un texte précis. L'exaspération du peuple était encore accrue par les excès des troupes étrangères, surtout des Irlandais campés dans l'Essex. Charles Ier se décida à convoquer un troisième parlement (17 mars 1628).

Dans son discours d'ouverture, il invita avec une insolence hautaine le parlement à faire son devoir pour parer aux dangers qui menaçaient le royaume, déclarant que, s'il ne le faisait pas, il saurait agir par lui-même. Les députés répondirent en dressant la liste de leurs griefs emprisonnements arbitraires, application de la loi martiale en temps de paix, levée d'impôts non votés par les chambres, etc. Wentworth dirigeait les opposants avec une modération relative. Il ne put obtenir la moindre concession, et la direction passa à John Eliot, beaucoup plus radical. Il fit présenter la célèbre pétition des droits (petition of right). On priait le roi de revenir aux anciennes lois anglaises protectrices de la fortune et de la personne des citoyens : nul ne devait être emprisonné sans motif, nul ne devait être tenu de payer un impôt ou un subside non voté par le parlement. La Chambre des lords fit quelques réserves, mais s'associa à la pétition. Le roi, pressé par le besoin d'argent, céda; il donna son consentement en quelques mots le 2 juin. On trouva cette adhésion trop peu nette, et les démonstrations des députés et du peuple forcèrent Charles Ier à la renouveler solennellement le 7 juin avec la formule française d'usage « Soit droit fait comme est désiré. » Il s'avouait vaincu; l'opposition avait désormais un terrain de combat solide; au lieu de réclamations vagues fondées sur les précédents et les anciennes lois, elle pouvait se prévaloir d'un texte précis. 

La monarchie absolue, qui triomphait dans le reste de l'Europe, était mise en échec en Angleterre. Les subsides furent votés, mais on continua la lutte contre Buckingham, demandant au roi sa disgrâce. Il prorogea le parlement (26 juin 1628). Il s'attacha un des chefs de opposition, Thomas Wentworth, en lui donnant un titre de baronnet. Buckingham prit à Portsmouth le commandement d'une expédition destinée à débloquer La Rochelle. Le favori comptait sur un succès qui relèverait sa popularité et celle de son souverain. Mais la lutte était trop grave, les esprits trop excités pour que ces plans eussent chance de succès. Le 23 août, Lamb, médecin du duc de Buckingham, fut assassiné dans la rue. Le 17 septembre 1628, le duc lui-même tomba sous le couteau de Felton, un officier qui se plaignait de n'avoir pas reçu son avancement régulier. Le peuple de Londres acclama le meurtrier. Charles Ier fit enterrer son favori à l'abbaye de Westminster. La flotte partit pour La Rochelle, mais ne fit rien de bon, et la capitale des protestants français succomba. Lorsque se réunit pour la seconde fois le troisième parlement (janvier 1629), il se montra aussi indocile que précédemment. 

La disparition de Buckingham, au lieu d'améliorer la situation, l'aggravait; le roi se trouvait maintenant directement aux prises avec l'opposition; celle-ci ne pouvait plus s'en prendre au sinistre favori des actes contre lesquels elle protestait. Le conflit se portait sur les questions religieuses. Les succès de la réaction catholique en Europe inquiétaient fort les Anglais; les puritains, de plus en plus nombreux, étaient mécontents de voir l'Eglise anglicane pencher vers l'arminianisme, et ses chefs appuyer les théories absolutistes du roi. William Laud, évêque de Saint-David, avait proclamé que le roi était le représentant immédiat de Dieu sur la terre. La Chambre des communes, amenée par Eliot à discuter ces questions religieuses, y porta une passion extrême. Le député d'Huntingdon, Oliver Cromwell, y prit la parole pour la première fois. Le 2 mars, le roi prorogea le parlement; il s'ensuivit une scène de violences après laquelle les députés proclamèrent ennemi du royaume quiconque conseillait de lever on même payait l'impôt sur le tonnage. Le 10 mars, le parlement fut dissous ; les chefs de l'opposition furent jetés en prison; Eliot y resta jusqu'à sa mort.

Charles Ier, ne pouvant s'entendre avec le parlement, essaya de gouverner sans lui, appliquant ses théories de monarchie absolue. Il y fut encouragé par ses conseillers,
au premier rang Wentworth et Richard Weston. Wentworth, un transfuge de l'opposition, fut nommé administrateur du Nord (au delà de l'Humber), où il opprima durement les opposants, puis, en 1632, gouverneur d'Irlande et comte de Strafford; Weston devint comte de Portland et fut nommé trésorier; il faut citer encore les comtes Holland, de Carlisle; Arundel, etc. Pour faire face à l'opposition de l'intérieur, la première condition était de ne pas avoir d'embarras extérieurs. Charles Ier s'entendit d'abord avec la France (1er avril 1629), renonçant à soutenir les huguenots. Il abandonna le Danemark qui dut traiter avec l'empereur. La paix fut conclue avec l'Espagne (5 novembre 1630) et un traité secret fut même négocié pour l'aider à reprendre les Provinces-Unies. C'était l'abandon de tous les plans caressés par le roi pendant sa jeunesse. L'Angleterre perdit presque toute influence dans les affaires générales de l'Europe. On savait que le roi, brouillé avec ses Etats, n'avait pas les ressources nécessaires pour une guerre; de plus, il ne suivait pas de plan arrêté, flottant de l'idée de l'alliance espagnole à celle de l'alliance françtaise.

A l'intérieur, Charles Ier, habilement conseillé, manoeuvcra mieux, Il exerça le pouvoir absolu sans violer directement les lois protectrices de la liberté anglaise. Weston sut lui procurer les revenus refusés par le parlement. ll fit argent de tout, vendant des monopoles, remettant en vigueur d'anciens droits féodaux de la couronne, renforçant les taxes douanières. En 1635, par exemple, les revenus du roi montaient à 618,000 livres sterling, les dépenses à 636,000, le déficit était donc négligeable, Le roi pouvait compter sur les juges, qui se montraient dociles. La Chambre étoilée qui, jadis, avait jugé les adversaires de la Réforme, frappait ceux de la monarchie absolue, leur infligeant l'amende, la prison. La haute cour, établie sous Elisabeth, concourut à cette oeuvre et sévit surtout contre les adversaires de l'Eglise officielle. Laud, nommé en 1628 évêque de Londres, en 1633 archevêque de Canterbury, dirigeait les persécutions contre les puritains, les écrasant d'amendes, les faisant condamner au fouet, à la perte du nez, des oreilles, à la prison perpétuelle; ainsi furent frappés le presbytérien écossais Leighton, auteur d'un pamphlet contre la reine catholique et les évêques, et, en 1634, l'avocat William Prynne. 

Charles Ier pouvait se croire maître du terrain. Son autorité, affirmée par des rigueurs, paraissait incontestée; il vivait, selon ses goûts, dans sa cour. La bonne intelligence avec la reine, troublée au début du mariage, avait reparti. Les deux époux avaient les mêmes goûts artistiques, favorisant le théâtre, encourageant Ben Jonson, appelant à Londres Van Dyck et Rubens; Inigo Jones leur bâtissait des palais. Entouré d'une foule de brillants cavaliers et de dames élégantes, le roi ne voyait guère son peuple. Le mécontentement croissait; l'austère manière de voir des puritains se répandait de plus en plus. Nourris des textes de l'Ancien Testament, ils prévoyaient des luttes violentes et s'y préparaient. Elles furent provoquées par la question des impôts. On avait admis jusqu'alors qu'en cas de danger national le souverain pouvait requérir les ports et les comtés maritimes de fournir des navires et des moyens de défense. En 1626, Charles avait ou recours à ce moyen pour combattre les Espagnols. En 1628, il eut l'idée de substituer, à cette fourniture de navires par les districts côtiers, une taxe qui serait levée sur l'ensemble du royaume. Il n'alla pas alors plus loin; mais il reprit ensuite cette idée, d'autant plus qu'il lui fallait une flotta pour contrebalancer les progrès de la Hollande et de la France. En 1634, il la fit équiper par les districts côtiers; puis il fit observer que cette mesure étant prise pour le bien général, tout le royaume devait en partager la charge et il le décréta (4 août 1635). Les tribunaux supérieurs approuvèrent. 

Au printemps de 1637, plus de 200,000 livres avaient été perçues. A ce moment, un seigneur du comté de Buckingham, John Hampden, souleva la question de principe. Il refusa de payer la taxe pour les vaisseaux et se fit intenter un procès (novembre 1637). Le retentissement fut immense; la Chambre du trésor délibéra pendant plusieurs mois; en fin de compte, sept membres se prononcèrent pour la couronne, cinq pour Hampden (1638). Ce succès de la royauté valait une défaite. Weston était mort, et Laud, qui l'avait remplacé comme trésorier, souleva une indignation plus grande encore par ses persécutions religieuses, Des mesures inquisitoriales exaspérèrent les puritains; l'amende la prison étaient infligées à quiconque paraissait s'écarter de l'orthodoxie anglicane. D'autre part, la hiérarchie et la liturgie de l'Eglise épiscopale ressemblaient tellement à celles du catholicisme que l'on craignait une conversion du roi et de la cour. Des milliers de puritains passèrent l'océan Atlantique afin de professer librement leur culte aux bords de la baie de Massachusetts ou du Connecticut, et d'y organiser la démocratie religieuse de leur Nouvelle-Angleterre. Laud les poursuivait de ses menaces; en 1637, il fit rejuger Prynne avec la prédicateur Burton et le médecin Bastwick; ils furent exposés au pilori, eurent les oreilles coupées; à Prynne on enleva les tronçons laissés par la première exécution. On appliquait la théorie de Wentworth, comte de Strafford : récompenser ou acheter les uns, faire plier les autres. On continua jusqu'au jour où la résistance devint telle qu'il fallut recourir à la force, et où la force manqua. Les événements décisifs s'accomplirent en Ecosse, le royaume d'origine des Stuarts.

La politique inspirée par Laud, qui greffait sur le conflit politique un conflit religieux, était très périlleuse; elle l'était surtout en Ecosse où dominaient les sévères calvinistes continuateurs de Knox et de Melville. L'Eglise presbytérienne y était organisée démocratiquement; tous y étaient égaux, et le prêtre différait peu du laïque. Sans doute Jacques ler, s'appuyant sur la noblesse, avait rétabli les évêques, nommé un archevêque-primat; mais il avait ménagé les susceptibilités de ses nationaux, Charles Ier fut moins prudent lorsqu'il vint, en 1633, se faire couronner roi d'Ecosse à Edimbourg. Laud l'accompagnait. Le primat d'Angleterre et le roi firent connaître leur désir d'établir dans l'organisation ecclésiastique et dans le culte la conformité entre l'Angleterre et l'Ecosse. En 1634, Wentworth la fit en Irlande. En Ecosse, des évêques, entourés de ce luxe que flétrissaient les puritains, furent imposés à l'Eglise presbytérienne. En 1635, leur juridiction fut étendue, et le droit de convoquer des assemblées générales du clergé réservé au roi. Avec une imprudence étonnante, on fit ce qu'il fallait pour mécontenter foutes les classes de la population : la dime fut rétablie et imposée à tous les nobles et chefs de clan enrichis par la sécularisation des biens ecclésiastiques; on les obligea à certaines restitutions pour doter richement les évêchés. En 1637, l'annonce de réformes dans la liturgie mit le comble à l'irritation; non seulement on imposait le rituel anglican, mais on faisait un pas au delà pour se rapprocher du catholicisme. Lorsqu'on voulut inaugurer le nouveau rituel dans la cathédrale d'Edimbourg, une émeute éclata (23 juillet 1637). Le conseil secret qui gouvernait l'Ecosse recula devant les protestations. Charles Ier s'obstina. Des délégués des quatre Etats d'Ecosse (noblesse, gentry, villes, clergé) formèrent à Edimbourg une sorte de gouvernement provisoire, qui fut de fait le maître de l'Ecosse. 

Comme le roi, bien loin de céder, marchandait son pardon, exigeant une complète soumission préalable, les Ecossais jurèrent solennellement de défendre leur confession de foi contre toute forme de papisme. Ils reprirent la formule adoptée en 1580, celle du Covenant qui liait les membres de la communauté les uns avec les autres, et tous avec Dieu : les chefs de l'aristocratie adhérèrent au nouveau covenant dont le peuple accueillit la lecture, et qu'il jura dans toutes les paroisses avec un enthousiasme indescriptible. Les théories absolutistes de Charles Ier ne lui permettaient pas de reculer; mais il n'était pas sûr d'être le plus fort. Il chercha donc à négocier. Il envoya à Édimbourg James Hamilton, un noble Écossais de grande famille; ce négociateur habile offrit des concessions importantes : abandon du nouveau rituel; confirmation de l'ancien covenant; convocation d'un parlement ou d'une assemblée générale; en échange, il demandait le renoncement au nouveau covenant conclu sans l'autorisation royale. Il était trop tard. L'assemblée générale qui se réunit à Glasgow le 21 novembre 1638 était formée de partisans du covenant; elle mit à sa tête Henderson, presbytérien résolu. Dès le 28 novembre, elle affirma qu'en matière religieuse, l'Eglise ne dépendait pas de l'Etat; le nouveau rituel fat supprimé; les évêques furent déposés; la puissant comte d'Argyle se rallia à ces décisions.

En face de cette opposition, le roi n'avait plus d'autre recours que la force. Il se prépara donc à la guerre. Les taxes douanières avaient à peu près rempli son trésor; Wentworth avait commencé en Irlande l'organisation d'une armée. On comptait trouver en Ecosse même des partisans du roi chez les nobles, chez les catholiques, chez les clans du Nord. Mais on ne soupçonnait pas la force des patriotes. L'antagonisme de l'Ecosse et de l'Angleterre se réveilla; Richelieu promit des secours. Beaucoup d'Ecossais avaient servi dans la guerre de Trente Ans et étaient des soldats éprouvés; un ancien officier de Gustave-Adolphe, Alexander Leslie, fut mis à la tête d'une solide armée de 20.000 hommes, aussi nombreuse que l'armée royale anglaise conduite par le comte d'Arundel. Charles Ier l'avait accompagnée. Sa défaite paraissait certaine; mais les Ecossais ne voulaient pas pousser les choses à l'extrême. On s'entendit ou l'on fit semblant de s'entendre à Berwick (17 juin 1639). Ce n'était qu'un ajournement, non une solution. Le parlement, convoqué à Edimbourg en août 1639, proposa l'établissement en Ecosse d'une monarchie constitutionnelle dont les pouvoirs eussent été très limités.

Le roi d'Angleterre négociait avec l'Espagne, les Ecossais avec la France. Lorsque Charles réunit ses conseillers pour une délibération décisive, tous furent d'accord sur la nécessité de briser la résistance. Wentworth, qui venait d'être nommé comte de Strafford, et qui aspirait à être le Richelieu anglais, eut dès lors une influence prépondérante. Il avait consolidé l'autorité royale au nord de l'Angleterre, puis en Irlande. Cette île, jusqu'alors peu docile, allait devenir un point d'appui de la monarchie des Stuarts. Le parlement irlandais, convoqué à Dublin, vota quatre subsides; une armée de 8000 hommes fut équipée. Aussitôt Strafford revint à Londres où allait se réunir le parlement anglais qu'il avait conseillé au roi d'appeler, afin de dompter les Ecossais. Le conseil était mauvais, car le nouveau parlement, le quatrième du règne de Charles Ier, se montra animé du même esprit que les précédents. On lui donna le nom de Court Parlement, parce qu'il ne siégea que du 13 avril au 5 mai 1640. Il refusa tout subside tant qu'il ne serait pas fait droit à ses plaintes; John Pym les exposa, exigeant en somme l'abandon des pratiques despotiques dans l'Etat et l'Église. Vainement le roi voulut opposer la Chambre des pairs à la Chambre des communes; celle-ci tint bon et le roi fut obligé de la dissoudre. 

En Ecosse, le parlement covenantaire avait rencontré de l'opposition; les royalistes étaient nombreux; mais quand on vit que le sentiment du peuple anglais n'était pas favorable au roi, les covenantaires n'hésitèrent plus. A la mi-août, Leslie passa la Tweed et entra en Angleterre à la tête de 20.000 hommes; il occupa Newcastle. Cette invasion n'éveilla pas chez les Anglais la vieille haine nationale; les puritains voyaient dans les presbytériens écossais des frères. Le roi avait réuni son armée à York; mais il était trop faible pour combattre ; les principaux lords, Rutland, Bedford, Essex, Warwick, Mandeville, le suppliaient de donner satisfaction à ses sujets et de réunir un parlement; la reine même lui conseillait de céder. Il convoqua un nouveau parlement pour le 3 novembre; les Ecossais continuèrent d'occuper les comtés de Northumberland et Durham. Charles Ier s'avouait vaincu. La direction des événements lui échappait. Le pouvoir absolu qu'il avait exercé était ruiné, et il allait bientôt voir sa couronne en péril.

Le 3 novembre 1640, s'ouvrit le Long Parlement qui eut sur l'histoire d'Angleterre une influence décisive. Convoqué par Charles Ier, il le renversa et lui survécut. Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans le détail des événements de la première révolution d'Angleterre; nous nous bornerons à en indiquer la marche générale et à retracer ceux qui intéressent directement Charles Ier, renvoyant pour les détails aux biographies des principaux acteurs, aux articles consacrés aux diverses sectes religieuses, et au mot Parlement. L'opposition était absolument maîtresse de la Chambre des communes et pouvait compter sur un bon nombre des lords. Elle était résolue à faire triompher ses réclamations contre les impôts illégaux, les monopoles, les tribunaux d'exception, les tendances catholiques attribuées à la cour; à mettre un terme aux persécutions religieuses, à abaisser les prélats, à venger les martyrs. Charles Ier se montra faible et irrésolu; il laissa des commissions de la Chambre mettre en accusation ses principaux serviteurs, les juges de ses tribunaux. Le 11 novembre, le comte de Strafford, accusé de haute trahison par les députés des communes, au nom desquels Pym portait la parole, fut incarcéré à la Tour; le 16 décembre, Laud vint l'y rejoindre; le secrétaire d'Etat Windebank, le garde des sceaux Finck passèrent la mer. 

Le roi se vit dépouillé de son autorité par le parlement. On décida que celui-ci serait convoqué tous les trois ans et ne pourrait être dissous que de son consentement. Le roi sanctionna cette loi; il admit dans son conseil privé les principaux lords de l'oppostion; il souscrivit au traité d'alliance avec les Ecossais, qui leur accordait une indemnité de 300.000 livres et un subside de 125.000 pour leur armée (février 1641). On proposa même la suppression totale de la hiérarchie anglicane. Cette demande, qui divisait les réformateurs, fut ajournée provisoirement par le procès de Strafford. Désespérant de le faire condamner pour haute trahison par les lords, les députés des communes recoururent à un bill d'attainder; le roi n'osa pas défendre ce dévoué conseiller. Il lui avait pourtant promis de ne rien laisser faire contre sa vie, son honneur, sa fortune. Quand la Chambre des lords eut voté le bill (8 mai), le roi se laissa intimider et le sanctionna et laissa tomber la tête de son plus vaillant défenseur. Lui-même sentit l'odieux de sa conduite; jusqu'à la fin de sa vie, il fut poursuivi par le remords, et souvent il considéra ses malheurs ultérieurs comme un châtiment.

L'abandon de Strafford était d'autant plus blâmable que Charles Ier ne songeait qu'à gagner du temps : ses concessions au parlement n'étaient pas sincères, et il n'attendait que l'occasion de les annuler. La reine Henriette de France, qui avait maintenant sur l'esprit de son mari un ascendant considérable, le poussait à la résistance; cette femme, d'une haute intelligence, avait hérité de l'énergie de son père. Il lui semblait qu'un appel au loyalisme de ses sujets, de ses nobles, fournirait au roi les forces suffisantes pour restaurer son autorité. Charles Ier, avant de faire le pas décisif, tenta de se reconcilier avec les Ecossais. Il se rendit au milieu d'eux à Edimbourg, leur accorda tout ce qu'ils demandaient, rassura Argyle, le chef des covenantaires, à qui il laissa le gouvernement; en même temps, il s'entendait avec le jeune comte de Montrose, rival d'Argyle. En Irlande avait éclaté une insurrection catholique; la mort de Strafford, la haine contre les puritains qui prévalaient dans la Grande-Bretagne en furent les principales causes; des milliers de protestants furent égorgés. Les insurgés déclaraient rester fidèles au roi et ne combattre que le gouvernement du moment (octobre 1641). Ces nouvelles accentuèrent encore le fanatisme des puritains anglais. Ils présentèrent au parlement une « grande remontrance » en deux cent six articles, qui visait à la substitution complète du parlement au roi et du presbytérianisme à l'anglicanisme. Les modérés la combattirent vivement, mais elle fut adoptée à onze voix de majorité (22 novembre) Sur ces entrefaites, le roi rentra à Londres. 

La Chambre des communes, appuyée par une émeute du peuple de la Cité, exigea et obtint l'exclusion des évêques de la Chambre des lords (27 décembre 1641); ceux-ci ayant protesté furent accusés de trahison par les députés. Charles Ier riposta en accusant à son tour de haute trahison cinq membres de la Chambre basse, Pym, Hampden, Haselrig, Strode et Holles. Il somma la Chambre de les lui remettre pour les faire emprisonner ; elle refusa (3 janvier 1642). C'était la guerre. La cité de Londres se prononça pour les parlementaires, et lorsque le 4 janvier le roi vint lui-même à la Chambre, qui siégeait à Westminster, avec ses gardes réclamer les cinq inculpés, ceux-ci avaient disparu. Les bourgeois de la ville, les matelots de la Tamise prirent les armes et se groupèrent autour de leurs bannières et sur leur navire pour défendre le parlement; les cinq députés menacés y rentrèrent en triomphe; des comtés voisins accouraient des miliciens et des cavaliers pour les défendre. Charles Ier sortit de Londres; il ne devait rentrer dans son palais de Whitehall que prisonnier, détrôné, à la veille de sa mort. Il se retira à Hamptoncourt (10 janvier), puis à Windsor. La reine partit avec sa fille Marie, fiancée au prince d'Orange, emportant les bijoux de la couronne pour se procurer de l'argent; elle s'embarqua à Douvres (23 février). Le roi se dirigea vers le Nord aver ses fils le prince de Galles et le duc d'York. Mais, avant de s'éloigner, il fit une dernière série de concessions bien inutiles : abandon du procès des cinq députés, changement du gouverneur de la Tour; sanction du bill qui excluait les évêques de toute juridiction et fonction laïque, en particulier de la Chambre des lords.
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Charles I d'Angleterre.
Charles Ier. Tableau de Van Dyck, 1635 (Musée du Louvre).

Le conflit entre Charles Ier et les représentants du peuple était de ceux qui ne peuvent se dénouer pacifiquement. Pied à pied le roi s'était laissé dépouiller de ses prérogatives; une seule restait intacte et ne pouvaitlui être contestée légalement; il était le chef de l'armée. Il pouvait s'en servir pour reprendre tout ce qu'il avait cédé. Le parlement ne perdit pas de temps. Il demanda que le roi fit obligé de choisir les chefs de la milice sur une liste de présentation dressée par lui. La convocation d'une armée destinée à châtier les Irlandais rendait la solution urgente. Le roi ne pouvait plus céder sans abdiquer. Il refusa net et se retira à York. Au milieu de mars, le parlement proclama que son ordonnance sur la milice était exécutoire de plein droit; le roi défendit d'y obéir. Le parlement répondit que seul il faisait la loi. Le commandant de la grande ville de Hull en refusa l'entrée au roi. Le parlement fit une dernière démarche en condensant ses propositions en dix-neuf articles qu'on somma Charles Ier d'approuver. 

« Si j'y consentais, dit-il, je ne serais plus que l'image et la vaine ombre d'un roi. » 
De part et d'autre on se prépara à la guerre. Le 12 juillet 1642, le parlement décida de lever une armée; le roi assemblait la sienne à York. D'un côté s'armaient les Têtes rondes, ainsi nommés de leurs cheveux rasés court; de l'autre les brillants Cavaliers aux Iongues boucles flottantes.

Les forces étaient très inégales. Les parlementaires disposaient de toutes les ressources de la capitale, des riches villes et comtés de l'Est; de la flotte commandée par un des leurs, lord Warwick, de presque tous les ports. Les villes, les marchands, les propriétaires campagnards souscrivirent de fortes sommes; des arsenaux furent créés ou renforcés, des approvisionnements abondants constitués, les milices furent exercées par des chefs résolus; les gentilshommes campagnards comme Hampden, Cromwell formaient une solide cavalerie. Aux ressources presque inépuisables des têtes rondes, les cavaliers n'en pouvaient opposer de semblables. Les nobles royalistes dominaient dans le nord de l'Angleterre, et dans les régions montagneuses de l'Ouest, pays de Galles et Cornouailles, bien moins riches et peuplées que les autres. Ils étaient plus habitués au maniement des armes, d'une bravoure plus éprouvée que leurs adversaires; mais le fanatisme religieux qui animait les puritains compensait leur inexpérience. L'armée parlementaire avait à sa tête le comte d'Essex; le comte de Bedford commandait la cavalerie. L'armée royaliste fut dirigée par le comte Lindsey, puis par le marquis de Newcastle; le prince palatin Robert, neveu du roi, commandait la cavalerie. Le 22 août, le roi planta l'étendard royal à Nottingham; il prenait pour devise : « Rendez à César ce qui est à César ». La noblesse afflua autour de de lui, et tandis qu'il se dirigeait vers le Sud-Ouest, son armée grossissait sans cesse.

La première bataille eut lieu dans le comté de Warwick, à Edge-hill, le 23 octobre 1642; le prince Robert enfonça l'aile gauche des parlementaires, mais s'attarda à piller les bagages; Essex eut plutôt l'avantage au centre et à l'aile droite; toutefois, il battit en retraite. L'armée royale pénétra jusqu'aux portes de Londres, enleva Reading et Brentford (12 novembre), mais n'osa risquer une attaque contre la capitale. L'hiver suspendit les hostilités. Au Nord, la reine avait débarqué avec des munitions et des renforts, mais le marquis de Newcastle était tenu en échec par les Fairfax. Il les défit à Atherton Moor dans le comté de Lancaster (30 juin 1643), et les bloqua dans Hull; mais Cromwell l'empêcha de s'avancer plus au Sud. Dans l'Ouest aussi, les royalistes avaient le dessus; ils avaient vaincu W. Waller à Lansdown et Roundwaydown (Wiltshire), et pris Bristol, la seconde ville du royaume. Au centre, la grande armée d'Essex opérait contre le roi; Hampden fut tué à Chalgrove, près d' Oxford (18 juillet); mais les royalistes ne purent prendre Glocester et échouèrent dans leur tentative pour barrer à Essex la rentrée à Londres (bataille de Newbury, Hampshire, 19 septembre). Si les royalistes étaient trop faibles pour écraser leurs adversaires, ils n'en avaient pas moins l'avantage. La guerre civile commençait à lasser la bourgeoisie. A Londres, beaucoup de gens désiraient et demandaient la paix; une grande partie des lords, d'abord ralliés au parlement, l'abandonnaient. Les avancés, conseillés par Pym, eurent recours à un véritable terrorisme. Mais cela ne suffisait pas. Ils s'adressèrent à leurs coreligionnaires, les presbytériens d'Ecosse, et conclurent avec eux une étroite alliance qui décida du sort de la guerre. Par ce « covenant », les citoyens d'Angleterre, d'Ecosse, d'Irlande juraient d'établir et de défendre dans les trois royaumes l'église, le rituel et le dogme presbytérien. Dans toutes les localités où dominaient les parlementaires on fit jurer à tous les hommes âgés de plus de dix-huit ans cette « ligue et covenant ». Le chef révolutionnaire Pym ne vit pas le succès de sa politique. Il mourut le 8 décembre 1643. La campagne de 1644 fut décisive.

Charles Ier avait tenté de mettre tous les droits de son côté en réunissant à Oxford les lords et les députés fidèles pour opposer ce parlement loyal à celui des rebelles; il vint en effet quatre-vingt-trois lords et cent soixante-quinze députés des communes, et le Parlement d'Oxford, quand le roi l'inaugura le 22 janvier 1644, était plus nombreux que celui de Westminster. Mais il n'avait pas son autorité, il ne servit de rien et fut prorogé le 16 avril. La guerre reprit de toutes parts. Au Sud, le roi remporta de grands succès; il manoeuvra habilement autour d'Oxford, vainquit Waller à Cropredy au nord de cette ville, puis détruisit l'armée d'Essex en Cornouailles (septembre 1644). Mais au Nord, l'issue de la guerre venait d'être décidée en faveur des presbytériens. Le 19 janvier, Leslie avait franchi la Tweed avec une armée écossaise; le concours des bandes indisciplinées qu'amena le gouverneur royaliste de l'île, le comte Ormond, ne suffit pas à contrebalancer ces forces. Les Ecossais firent leur jonction avec Fairfax; le marquis de Newcastle s'enferma dans York; le comte de Manchester et Cromwell à la tête des « Côtes de fer » se joignirent aux assiégeants. Le prince Robert, qui venait de prendre Bolton et Liverpool, accourut avec dix-huit mille hommes. Les parlementaires levèrent le siège d'York; le bouillant jeune prince vint les attaquer à Marston-Moor malgré l'avis de désastre; à l'aile droite et au centre, les parlementaires et les Ecossais furent mis en désordre; mais à leur aile gauche, les Côtes de fer de Cromwell enlevèrent la victoire; la cavalerie du prince Robert fut enfoncée; les « habits blancs », de Newcastle massacrés par milliers. On ne fit pas de quartier. La ville d'York capitula, celle de Newcastle fut prise d'assaut (29 octobre). Le marquis de Newcastle se réfugia en Allemagne; le prince Robert dans le comté de Lancaster. Le nord de l'Angleterre était aux mains des parlementaires. Le comte de Manchester marcha contre le roi pour couvrir Londres et l'arrêta à Newbury (27 octobre).

Confiant dans ses succès personnels, Charles Ier n'avait pas perdu tout espoir. Les presbytériens, qui se sentaient menacés par les indépendants et leur chef Cromwell, reprirent les négociations; contre les tendances républicaines ils étaient disposés à s'entendre avec les royalistes. Les pourparlers qui eurent lieu à Uxbridge (au Nord-Est de Londres) ne purent aboutir; le roi ne voulut consentir ni à la suppression de l'épiscopat, ni à la nomination du chef de l'armée par la Chambre des communes (22 février 1645). Les indépendants s'emparèrent de la direction de l'armée. Fairfax en fut général, Cromwell le chef le plus influent. Le résultat ne se fit pas attendre. Le roi opérait en personne au centre de l'Angleterre, tandis que le prince de Galles était au Sud-Ouest Montrose avait soulevé les highlanders, et cette diversion avait rappelé les Ecossais chez eux. Fairfax et Cromwell marchèrent sur Oxford, puis apprenant que le roi venait d'emporter Leicester (30 mai), ils se portèrent à sa rencontre. Le prince Robert conseilla de se retirer au Nord, vers Montrose, lord Digby de marcher au Sud vers l'ennemi. Le roi suivit ce conseil; mais il négligea de surveiller son armée pour s'amuser à la chasse. Les parlementaires se groupèrent à Northampton sans être inquiétés et forcèrent le roi d'accepter la bataille près de Naseby (14 juin 1643). Ireton commandait leur droite opposée au prince Robert, Skippon le centre opposé à sir Astley, Cromwell la gauche opposée à sir Marmaduke Langdale; Fairfax et le roi s'étaient postés chacun au centre avec l'infanterie. Le prince Robert mit en déroute les cavaliers d'Ireton; au centre, les royalistes eurent aussi le dessus; mais Cromwell repoussa les cavaliers de Langdale, prit à revers l'infanterie du centre contre laquelle Fairfax et Ireton revinrent à la charge.

En vain, le roi supplia les cavaliers du prince Robert de faire un dernier effort qui pouvait assurer la victoire; les royalistes pris de panique s'enfuirent; cinq mille furent pris, avec le camp, l'artillerie, les munitions, l'étendard royal, et, ce qui fut plus grave, la correspondance secrète du roi avec sa femme, ses confidents, les princes étrangers. On y trouva la preuve de sa duplicité; malgré ses dénégations, il s'était entendu avec les catholiques irlandais et avait demandé l'intervention de puissances catholiques étrangères. Il devenait évident qu'il n'avait rien abandonné de ses idées absolutistes et de ses partis pris en matière religieuse et n'avait jamais négocié de bonne foi. La publication de ces lettres lui fit beaucoup de tort. Il s'était rendu de Leicester au château de Ragland (comté de Monmouth), où il perdit un temps précieux; malgré le découragement des siens, même du prince Robert, il voulait lutter encore. Il comptait sur les Gallois et sur les Highlanders de Montrose. Il voulut rejoindre celui-ci par le comté d'York, puis y renonça et se replia sur Oxford. Fairfax et Cromwell ne perdaient pas un moment. Ils pacifièrent l'ouest, s'emparèrent de Bristol que le prince Robert défendit mollement. Charles, qui lui-même avait été battu à Chester, fut navré de ce dernier coup. Il disgracia son neveu et l'invita à repasser la mer. Exaspéré, celui-ci vint le trouver à Newark, se justifia devant un conseil de guerre et fit de durs reproches à son oncle. Ils ne se reconcilièrent que plus tard. La cause royale était désespérée; Montrose avait été vaincu par Leslie à Philiphaugh le 13 septembre et forcé de se rembarquer; au Sud, le prince de Galles dut se réfugier aux îles Scilly (mars 1646), puis à Jersey. Partout, les châteaux des Cavaliers étaient forcés d'ouvrir leurs portes, leurs maîtres étaient égorgés, en fuite, ou en prison. Seule, l'Irlande obéissait encore à peu près au délégué du roi, Ormond. Le roi se trouvait assiégé dans Oxford. La guerre civile qu'il avait entamée se terminait par sa complète défaite. Qu'allait-il faire?

Il fallait consentir les concessions auxquelles il avait préféré l'appel à la force, on du moins s'entendre avec la fraction la plus modérée des vainqueurs. Celle-ci, formée par le parti presbytérien qui avait la majorité au parlement et l'appui des Ecossais, y était d'autant plus disposée qu'elle craignait d'avoir travaillé pour les avancés, les indépendants qui dominaient dans l'armée. Les indépendants souhaitaient à la fois l'abolition de la monarchie et de toute organisation cléricale. Les presbytériens restaient partisans de la monarchie et étaient tout disposés à frapper comme hérétiques les sectaires dissidents. Ils désiraient donc s'entendre avec le roi, maintenant que sa force était brisée, afin d'établir régulièrement le régime qu'ils souhaitaient. Mais Charles Ier n'était pas sincère; tandis qu'il envoyait dire au parlement que sa seule aspiration était la paix, qu'il demandait à venir personnellement la conclure à Londres, il continuait de faire recruter des mercenaires sur le continent et traitait avec les catholiques irlandais, par l'intermédiaire du comte de Glamorgan, fils du marquis de Worcester. La découverte de ce traité fournit une nouvelle preuve de sa duplicité. Il offrait simultanément aux presbytériens et à Vane, un des chefs des indépendants, de s'entendre avec lui contre leurs rivaux. Ayant été repoussé, il se tourna du côté des Ecossais. Ceux-ci étaient très mécontents des Anglais qui ne leur remboursaient pas les frais d'une guerre entreprise à leur profit; les progrès des indépendants et la non observance du covenant commun les irritaient. Les Français, leurs alliés, cherchaient à les réconcilier avec leur roi. Sur ces entrefaites, Charles Ier, qui voyait approcher le jour où la prise d'Oxford le ferait tomber aux mains de ses ennemis, quitta la ville. 

Le 27 avril 1646, à minuit, il s'enfuit avec son chapelain Hudson et un de ses officiers Ashburrrham; il était déguisé en domestique. Il se rendit à deux heures le Londres, n'osa y entrer, prit la route du nord, erra huit jours de ville en ville et finit par trouver l'envoyé Français Montreuil par qui il se fit conduire au camp écossais levant Newark (comté de Nottingham). Il fut sur-le-champ entouré d'une garde d'honneur, c.-à-d. traité en prisonnier. Les Ecossais, après la prise de Newark, l'emmenèrent avec eux à Newcastle près de leur pays. Leurs principaux chefs Argyle, le prédicateur Henderson, Hamilton, lui demandèrent d'adopter la constitution presbytérienne; les lords anglais, l'ambassadeur français et même la reine, sa femme, y engageaient fortement. Il préféra continuer son double jeu, offrant aux indépendants une tolérance religieuse illimitée, promettant aux presbytériens de la leur refuser. Il voulait gagner du temps, laisser les Ecossais rentrer chez eux, l'armée parlementaire se dissoudre, maintenant que la guerre était finie. Le résultat de ces intrigues fut que les vainqueurs s'entendirent sans lui. Les Ecossais se firent allouer une indemnité de 400.000 livres sterling et reconnurent que c'était aux Anglais à disposer de la personne du roi. Ils le remirent aux commissaires du parlement le 23 janvier 1647 à Newcastle. Il fut conduit au château de Holmby (comté de Northampton). Il était traité avec égards, mais surveillé de près. Il  reprit les négociations avec les presbytériens. Ceux-ci, qui en arrivaient à la rupture ouverte avec les indépendants et les chefs de l'armée, voulaient avoir le roi avec eux; on était à la veille de le faire revenir à Londres. Les indépendants ne le souffrirent pas. Le  4 juin, le cornette Joyce, envoyé probablement par Cromwell, enleva le roi d'Holmby pour le conduire au quartier général à Newmarket. Cependant, un cousin de Cromwell, le colonel Whalley, survint bientôt qui offrit au rsoi de le ramener à Holmby. Charles Ier préféra continuer son chemin; il semble qu'il préférât avoir affaire à des soldats. Le moment était mal choisi pour se livrer aux indépendants. Le parlement entrait en conflit avec eux; l'armée réclama l'expulsion de onze députés presbytériens et marcha sur Londres. Le parlement céda, mais la Cité, où les royalistes fort nombreux avaient manifesté contre les meneurs militaires, se souleva, réclamant le retour du roi et une entente avec lui. Les députés du parti indépendant se réfugièrent auprès de l'armée qui entra dans Londres et les ramena (6 août). Le parti presbytérien était vaincu; les indépendants étaient les maîtres de la situation.

Charles Ier ne pouvait qu'y perdre. Au moment du mouvement royaliste de la Cité, il avait dédaigneusement écarté les « demandes de l'armée » : tolérance religieuse pour toutes les sectes protestantes, réforme électorale, périodicité du parlement, abandon du commandement de la milice, nomination pour dix ans à tousles grands offices. Ireton lui dit nettement :

« Sire, vous voulez être arbitre entre le parlement et nous, nous, nous voulons être arbitres entre le parlement et vous. »
Même après la victoire des indépendants, le roi continua de jouer double jeu. Le parlement lui ayant représenté les dix-neuf articles qu'il avait rejetés au début de la guerre civile, il les rejeta de nouveau, déclarant les « demandes de l'armée » bien plus acceptables. Les ménagements, la déférence qu'on lui témoignait dans son château de Hamptoncourt lui faisaient illusion. Fairfax et Cromwell désiraient un compromis et s'efforçaient d'y arriver. Mais tous ces pourparlers avec le roi finirent par exaspérer les troupes; les chefs leur devenaient suspects, et elles firent nettement connaître leur désir de supprimer complètement la monarchie. Les officiers supérieurs voyaient, d'autre part, qu'il ne pouvaient faire foi sur le roi, lequel négociait avec leurs ennemis, les Ecossais presbytériens, et comptait sur le marquis d'Ormond, son gouverneur d'Irlande, qui était venu le rejoindre. Enfin, on craignait que les soldats ne s'en prissent à la personne même du souverain. Le 11 novembre au soir, celui-ci s'enfuit. Il se réfugia dans l'île de Wight dont le gouverneur, le colonel Hammond, l'interna au château de Carisbrooke. En même temps, Fairfax et Cromwell se réconciliaient avec leurs soldats. Ils renonçaient à l'espoir chimérique de s'entendre avec le roi. Le parlement, d'accord avec l'armée, vota quatre bills que le roi fut invité à sanctionner dans les dix jours; malheureusement Charles Ier, qui ne pouvait plus compter sur l'antagonisme des presbytériens du parlement et des indépendants, trouva ailleurs un appui. Les commissaires écossais présents à Londres, voyant qu'il n'y était plus question du covenant, n'admirent pas les demandes des révolutionnaires anglais; ils apportèrent au roi leur protestation. Il conclut alors avec eux un traité secret, par lequel il s'engageait à confirmer la Ligue et le covenant pour l'Angleterre et l'Écosse, à établir dans les deux royaumes l'organisation presbytérienne et à poursuivre les indépendants; en échange, les Ecossais lui promettaient de défendre et de rétablir la prérogative royale dans presque toute son étendue. C'était non seulement rompre l'union entre l'Angleterre et l'Ecosse, mais organiser une seconde guerre civile. Charles Ier repoussa donc carrément les quatre bills; le parlement rompit les négociations et le 15 janvier 1648 il interdit toute relation avec le roi. Rentrés chez eux, les commissaires écossais publièrent le traité conclu avec le roi et l'on prépara la reprise des hostilités.

Outre l'Ecosse, Charles avait pour lui la moitié de l'Angleterre. Les Cavaliers s'armaient dans tout le royaume, le pays de Galles leur; était dévoué; ils prirent au Nord Berwick et Carlisle; une sanglante collision eut lieu dans Londres même. Dans les comtés de l'Est et du Sud, des milliers da royalistes se groupaient; on en comptait dix mille dans le comté de Kent. La flotte même s'insurgea. Mais si les forces apparentes des révolutionnaires étaient moindres qu'en 1643, ils avaient cette fois l'avantage.de disposer d'une armée excellente. Les bandes royalistes furent partout dispersées; les débris assiégés dans Pembroke à l'Ouest, dans Colchester à l'Est. L'armée écossaise fut vaincue auprès de Preston  (Lancashire) par Cromwell (17-19 août 1648); il alla à Edimbourg, où le parti du comte d'Argyle hostile an roi reprit la dessus. La capitulation de Pontefract, dans le comté d'York, mit fin à la seconde guerre civile. La cause royaliste semblait définitivement perdue. Cependant Charles Ier s'obstinait dans ses espérances et continuait ses intrigues. Tandis que l'armée des indépendants combattait les Cavaliers et les Ecossais, les presbytériens avaient reconquis la majorité au parlement, où beaucoup d'entre eux, se sentant moins menacés, avaient reparu. Ils avaient recommencé à négocier avec le roi et faisaient les plus grands efforts pour le déterminer à une transaction. Mais lui traînait en longueur, leurrait de demi-promesses les commissaires du parlement qui étaient venus le trouver à Newport. En dessous, il prévenait ses confidents que ces concessions n'étaient pas sincères. 
« N'obéissez qu'à ma femme, non à mes ordres, écrivait-il à Ormond, et si vous apprenez que le traité va être conclu, n'en croyez rien, prévenez secrètement nos amis de mes vraies intentions. » 
Tandis que le roi trahissait ainsi les presbytériens, les indépendants vainqueurs l'incriminaient avec violence. Le sang qu'il venait de faire verser criait vengeance. De nombreuses pétitions demandaient qu'il fût jugé pour haute trahison. On commença par s'assurer de sa personne. On savait que Hammond, qui en avait la garde, le défendrait; on l'écarta, puis le roi fut enlevé et transbordé au château de Hurst (Hampshire) en face de l'île de Wight. Le parlement prit parti pour lui et, le 5 décembre 1648, il déclara que ses concessions étaient une base suffisante pour rétablir l'ordre et la paix dans le royaume. C'est alors que les indépendants exclurent du parlement la plupart de leurs adversaires par la « purge de Pride » (6 et 7 décembre) Cette fois le roi était perdu. Le 22 décembre, High Peters, prêchant à Westminster devant les membres du parlement, les conjura de livrer à la justice Barabas. Le lendemain, Charles fut amené à Windsor. Le 1er janvier 1649, la Chambre des communes décida que Charles Stuart ci-devant roi, qui avait commencé la guerre contre le parleraient, serait jugé pour haute trahison. Les lords prostestèrent inutilement, les députés des communes déclarèrent que le peuple était la source du droit et que seuls ils le représentaient (4 janvier). Le procès commença.

L'obstination du roi à maintenir ses idées absolutistes et la duplicité qu'il n'avait cessé de déployer avaient fermé à ses adversaires tout espoir d'accommodement. La guerre de 1648 avait eu un caractère plus violent que la première; il paraissait juste d'en punir l'auteur. Un tribunal extraordinaire de cent cinquante membres fut nommé pour le juger. Beaucoup se récusèrent. A la première séance (20 janvier 1649), cinquante-trois seulement se présentèrent dont Cromwell, Ireton, Pride; Fairfax s'abstint; l'intègre juriste Bradshaw fut nommé président. Le tribunal siégeait dans cette même salle de Westminster où avait eu lieu le procès de Strafford; le public encombrait les galeries; le roi, assis sur un fauteuil de velours, resta couvert; de même les juges. Charles ler déclina la compétence du tribunal; à son droit héréditaire on opposait le droit populaire; mais comme on en avait appelé à la force pour vider le différend, ces discussions perdaient de leur intérêt. Pendant une semaine, le tribunal recueillit les témoignages et finit par condamner Charles Stuart à la décapitation comme tyran, traître, meurtrier et ennemi public. Le 27 janvier on lui donna lecture de la sentence. Il demanda à parler aux lords et aux communes, mais ne l'obtint pas. II passa ses derniers jours dans le palais de Saint-James, conférant avec l'évêque de Londres, Juxon. Le 29 janvier on lui amena ses deux enfants présents en Angleterre, la princesse Elisabeth et le duc de Glocester. Le 30 au matin, il fut conduit à son palais de Whitehall; par une fenêtre, il passa sur l'échafaud drapé de noir qu'on avait adossé au palais. D'une voix ferme, il adressa à la foule un dernier discours, affirmant son innocence, rejetant la responsabilité du sang versé sur ceux qui avaient voulu lui retirer le commandement de l'armée, exprima ses regrets d'avoir laissé périr Strafford,et conclut en pardonnant à ses ennemis. Il affirma qu'il mourait dans la foi anglicane. Puis il s'agenouilla et posa la tête sur le billot. Il fit un signe et le bourreau masqué lui trancha la tête. « Voici la tête d'un traître », s'écria-t-il en la montrant au peuple. Un long et sourd murmure fut la réponse. Le corps de Charles ler fut déposé dans la chapelle de Windsor, à côté de celui d'Henri VIII. Il avait eu pour fils Charles II et Jacques II.

Peu après la mort de Charles Ier, parut un petit traité Eikon basilike, sorte d'exposé de ses sentiments vis-à-vis de Dieu et de son peuple, qui lui fut attribué et motiva une réfutation de Milton. Il paraît probable que ce livre fut rédigé par Gauden, évèque d'Exeter, peut être d'après des notes du roi. Browne a publié ses oeuvres authentiques (La Haye, 1651), elles ont été rééditées complètement à Londres en 1662. (GE).

Portraits de Charles Ier.
Van Dyck exécuta un grand nombre de portraits de Charles Ier; un des plus beaux est celui que possède le musée du Louvre : le roi est représenté dans son costume de chasse. Près de lui, à droite, est son cheval, dont on ne voit que la moitié du corps, et que retient par la bride le chevalier d'Hamilton, grand écuyer. Van Dyck exécuta cette peinture en 1635.

Un autre portrait de la plus grande beauté est celui que possède le musée du Belvédère, à Vienne Charles ler, debout et vu jusqu'à mi-corps, est vêtu d'un pourpoint de soie blanche et d'un manteau noir jeté légèrement sur l'épaule gauche. Au musée de Dresde se trouve un portrait représentant Charles ler en habit et en manteau noirs. Une autre pointure de Van Dyck (musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg) montre le roi revêtu de son armure de guerre.

Au château de Windsor, il y a un tableau de Van Dyck qui représente Charles Ier sous trois points de vue : de face, de trois quarts, de profil. Ce singulier portrait fut peint pour le Bernin, à qui on l'envoya à Rome
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Charles I d'Angleterre, par Van Dyck.
Portrait triple de Charles Ier, par Van Dyck (ca 1636, château de Windsor).

Le célèbre sculpteur exécutait alors un buste de Charles Ier qu'il n'avait jamais vu. Ce buste fut détruit par un incendie à Whitehall. On a deux magnifiques portraits équestres de Charles Ier par Van Dyck : l'un, de grandeur naturelle, est placé au palais de Windsor; l'autre, petit portrait équestre, est au palais Buckingham, à Londres

Van Dyck a représenté plusieurs fois Charles ler entouré de sa famille; un chef-d'oeuvre en ce genre a figuré à l'Exposition de Manchester, en 1857. Une répétition de ce tableau se voit à Windsor. Au palais Pitti, à Florence, un tableau représente, réunis dans un même cadre, mais séparés par une colonne, Charles Ier et sa femme Henriette.

D'autres artistes ont peint Charles Ier : Gonzalès Coques, dont le musée de Dresde possède un tableau d'une exquise finesse; H. Pot, dont on voit au Louvre un petit portrait daté de 1632, attribué quelquefois à N. Conningh; le chevalier Lely; Daniel Mytens le vieux (Daniël Mijtens); Steenwyck; Paul Delaroche, qui a peint Charles Ier insulté les soldats de Cromwell, etc. (NLI).

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