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Étienne
(Charles Guillaume). - Ecrivain dramatique et publiciste, né en
1778 à Chamouilley (Haute-Marne). mort en 1845, occupait un modeste
emploi à l'armée, lorsqu'une pièce de circonstance
qu'il fit pour le camp de Boulogne
appela sur lui l'attention de Napoléon.
Le ministre Maret le prit pour secrétaire et se chargea de sa fortune
: il devint en 1810 chef de la division littéraire au ministère
de la police, puis censeur; il donnait à la même époque
des comédies qui obtinrent du succès : il fut admis à
l'Académie française en 1811. Privé de ses emplois
par les Bourbons en 1814, exclu même de
l'Académie, si il ne rentra qu'en 1829, il se jeta dans la politique
et fit une rude guerre à la Restauration dans le Constitutionnel
et la Minerve : ses Lettres sur
Paris,
dans ce dernier recueil, eurent une grande vogue. Élu député
en 1820 par le département de la Meuse, il prit place parmi les
défenseurs de la cause libérale et fut en 1830 un des rédacteurs
de l'adresse des 221; il fut quelques années plus tard élevé
à la pairie.
Ses oeuvres les plus connues sont : parmi
ses comédies, les Maris en bonne fortune (1803), en 3 actes
et en prose : Brueys et Palaprat (1807), en 1 acte et en vers; les
Deux-Gendres (1810), en 5 actes et en vers (l'envie l'accusa d'avoir,
dans cette comédie, copié une pièce inconnue d'un
jésuite,
intituée Conaxa, avec laquelle la sienne avait seulement
quelque analogie par le sujet);
l'lntrigante (1813), en 5 actes
et en vers, dont les représentations furent défendues à
cause de prétendues allusions blessantes pour la cour impériale;
parmi ses opéras-comiques, Gulistan, 1805; CendrilIon,
1810; Joconde, 1814; Jeannot et Colin, 1814; le Rossignol,
1817; Aladin ou la Lampe merveilleuse, 1822. Il a aussi composé,
soit seul, soit en société, de charmants vaudevilles et une
Histoire
du Théâtre-Français depuis la Révolution.
Charles Étienne brille par un esprit
fin et délicat : il a porté dans la comédie une gaieté
vive et de bon goût, une grande vérité d'observation
et a su soutenir l'intérêt. Une édition de ses Oeuvres
a paru en 1846-1847. 4 vol. in-8. Alfred de Vigny,
son successeur à l'Académie, y a fait son Éloge. |
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