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Charles-Albert,
roi de Sardaigne ,
né en 1798, mort en 1849, était issu de la branche collatérale
de Savoie-Carignan. Élevé en France ,
il y puisa les idées libérales et se passionna pour l'indépendance
de l'Italie. Il commandait l'artillerie du roi de Sardaigne lorsque éclata
l'insurrection de 1821. Victor-Emmanuel, en abdiquant (13 mars), le nomma
régent du royaume jusqu'à l'arrivée du nouveau roi
Charles-Félix. Il proclama aussitôt
la constitution des Cortès d'Espagne ,
et institua une junte provisoire; mais, au bout de peu de jours (21 mars),
il fut forcé de se retirer devant l'intervention autrichienne. Exilé
en Toscane ,
il resta longtemps en disgrâce; cependant il fut nommé en
1829 vice, roi de Sardaigne.
Appelé au
trône en 1831 à défaut d'héritier direct, il
opéra d'utiles réformes, créa un conseil d'État,
reconstitua les conseils provinciaux, fit rédiger un code complet
de lois civiles et criminelles, réorganisa l'armée, encouragea
l'agriculture, l'industrie et les sciences, abolit le système féodal,
toutes mesures qui le rendirent agréable au parti national; mais,
dans la suite, dominé sans doute par des influences étrangères,
il se montra beaucoup moins favorable à la cause de la liberté.
Cependant, en 1848, après la Révolution de Février,
revenant aux idées de sa jeunesse, il donna à son peuple
une constitution libérale, embrassa ouvertement la cause de l'indépendance
et de l'unité de l'Italie et appuya de ses armes les peuples insurgés
de la Lombardie ,
de la Vénétie ,
des duchés de Parme et de Modène.
Il obtint d'abord
de brillants succès, battit les Autrichiens à Pastrengo (30
avril 1848), à Goito (30 mai), à Rivoli (10 juin), à
Somma-Campagna (24 juillet), enleva Pizzighettone, Peschiera; mais, mal
secondé par les troupes lombardes, il fut à son tour battu
à San-Donato par le maréchal Radetzky (4 août), se
vit forcé d'évacuer précipitamment Milan,
où il faillit être pris, et dut solliciter un armistice. Cédant
aux exigences du parti démagogique, il recommença imprudemment
la guerre à l'expiration de l'armistice; mais il n'éprouva
plus que des revers : il perdit, malgré des prodiges de valeur,
la bataille décisive de Novare (23 mars 1849). Il abdiqua le jour
même en faveur de son fils Victor-Emmanuel
II, s'expatria, et mourut peu de mois après, à Oporto
au Portugal ,
à la suite d'une longue maladie. Il avait encouragé les lettres
et les sciences, et publié à ses frais les Monumenta historiae
patriae, 1838, etc. Une statue lui a été élevée
à à Turin . |
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