Tching-Tang (1766-1754),
fils de Tchou-koeï, avait 87 ans à son avènement. Ce
prince, d'une droiture et d'une sagesse célèbres, établit
sa résidence à Po, dans le Ho-nan et prit I-yn pour premier
ministre. Il soumit les seigneurs, réforma le calendrier,
modifia, la couleur des vêtements et fit de la blanche la couleur
impériale. On rapporte que, sous son règne, la Chine
fut frappée d'une affreuse stérilité qui dura sept
ans. Il mourut, très regretté de ses sujets, à l'âge
de cent ans.
Tai-kia (1753-1721), fils de Tai-ting
et petit-fils de Tching-Tang, ne suivit pas d'abord les traces de ce dernier;
il se montra inintelligent et cruel. Voyant sa conduite perverse, I-yn,
en sa qualité de ministre et de président du tribunal des
rites, l'enferma pendant ses trois années de deuil dans le palais
de Tong, province de Chan-si; il prit la régence et gouverna lui-même.
Tai-kia ayant ensuite renoncé à ses premiers désordres,
I-yn lui remit le pouvoir. Le règne de ce prince est considéré
comme l'un des plus brillants de la dynastie; après sa mort, Tai-kia
reçut le titre de Tai-tsong.
Ou-ting (1720-1692), fils de Tai-kia;
il suivit les conseils du sage ministre I-yn, qui mourut en 1713, âgé
de cent ans; Kieou-tan, qui remplaça en dernier, s'adjoignit I-tché,
fils de I-yn; tous les deux illustrèrent ce règne.
Tai-keng (1691-1667), frère
de Ou-ting.
Siao-kia (1666-1650), fils de Tai-keng,
mourut sans postérité.
Yong-ki (1648-1638), frère
de Siao-kia ; les princes vassaux profitèrent de son indolence pour
cesser de venir à la cour et se rendirent indépendants
Tai-ou (1637-1563), frère
de Yong-ki, prit pour ministres I-tché et On-hien; les seigneurs
lui firent retour, et des étrangers de l'Occident vinrent à
plusieurs reprises lui rendre hommage; il rétablit les anciennes
lois concernant les asiles de vieillards et les cérémonies
pour les morts; il reçut le titre de Tchoug-tsong.
Tchounq-ting (1562-1550), fils de
Tai-ou : par suite des inondations du Hoang-ho, il transporta sa résidence
de Po à Ngao (dans le Ho-nan), soumit les barbares du voisinage
et mourut sans laisser d'enfants.
Ouaï-jen (1549-1535), fils
de Tai-ou et frère de Tcho-ung-ting; sous ce prince, les tribus
de Pei et de Sen se révoltèrent.
Ho-tan-kia (1534-1526), fils de
Tai-ou et frère de Ouaï-jen; les inondations du Hoang-ho obligèrent
également ce prince à transporter sa résidence de
Ngao à Siang (dans le Ho-nan); la tribu de Pei fut vaincue; celle
de Sen vint faire sa soumission.
Tsou-i (1525-1507), fils de Ho-tan-kia;
pour les mêmes motifs que ce dernier, il dut, lui aussi, transporter
sa résidence de Siang à Keng (dans le Chan-si); il combattit
les Po ou chefs de Peng et de Weï, nomma Ou-bien son premier ministre
et gouverna sagement.
Tsou-sin (1506-1491), fils de Tsou-i,
conserva le ministre Ou-bien.
Ou-kia (1490-1466), frère
de Tsou-sin, s'empara du pouvoir par les armes; son fils ne lui succéda
pas.
Tsou-ting (14651434); fils de Tsou-sin,
rappela son neveu de l'exil; celui-ci lui succéda
N'an-kong (1433-1409), fils de Ou-kia.
Yang-kia (1408-1402), fils de Tsou-ting.
Depuis le règne de Tsou-ting,
on avait laissé tomber en désuétude le droit d'aînesse
légitime et on avait préféré nommer des personnes
prises parmi les frères cadets ou les fils, de quelque naissance
qu'ils fussent; les uns et les autres se disputèrent pour s'enlever
le pouvoir; ces troubles durèrent pendant neuf générations;
dès lors, les princes ne vinrent plus rendre hommage à la
cour.
Pang-keng (1401-1374), frère
cadet de Yang-kia. Il passa de nouveau au Sud du fleuve Hoang-ho et établit
sa résidence dans le Po occidental qu'il appela Yin; c'est à
partir de ce moment que la dynastie changea de nom et s'appela Yin au lieu
de Chang. Ce prince s'efforça de redonner à l'Empire l'unité,
la vigueur, le repos dont le privaient depuis si longtemps l'autorité
trop indépendante des princes ou vice-rois et le nombre des esprits
séditieux; il obtint des succès qui le firent appeler le
« Restaurateur de l'ancienne vertu »; sa mort suspendit le
cours de ses réformes.
Siao-sin (1373-1353), frère
cadet de Pan-keng; ne voyant que le privilège de sa dignité,
ce prince méconnut ses devoirs pour se livrer aux plaisirs, et l'Empire
fut replongé dans le désordre d'où Pan-keng l'avait
tiré.
Siao-i (1352-1325), frère
de Siao-sin, hérita des vices de ce dernier; il ordonna au prince
héritier Ou-ting d'aller étudier sous Kan-pan qui était
l'homme le plus habile et le plus vertueux de l'époque. Sous ce
règne, Kou-kong alla dans le Chan-si fonder une principauté
qu'il appela Tchéou et d'où la dynastie
suivante sortira et tirera son nom.
Ou-ting (1324-1266), fils de Siaoi,
éleva son précepteur Kan-pan à la dignité de
ministre, et ce fut celui-ci qui gouverna pendant le deuil du prince. Après
la mort de Kan-pan, Ou-ting fit rechercher partout un homme capable de
l'aider de ses conseils; son choix s'arrêta sur Fou-youe, homme obscur,
mais sage. Avec son aide, Ou-ting attaqua le pays de Koueï qu'il soumit,
ainsi que la tribu des Chi-oueï (dans le Ho-nan oriental) et plusieurs
autres tribus insubordonnées; il réforma le gouvernement,
inspecta les écoles, s'occupa des vieillards, etc.; l'Empire redevint
aussi florissant que du temps de Tching-Tang; après sa mort, Ou-ting
reçut le nom de Kao-tsong.
Tsou-keng (1265-1259), fils de Ou-ting;
le ministre Fou-youe étant mort, l'Empire commença à
déchoir de son état de splendeur.
Tsou-kia (1258-1226), frère
cadet de Tsou-keng; dédaigneux et hautain, il se livra à
la débauche et aux désordres; sur la fin de son règne,
il soumit les Si-joung et investit du titre de roi ses fils Hiao et Liang.
Lin-sin (1225-1220), fils de Tsou-kia,
n'eut d'empereur que le nom; il défendit à ses ministres
de lui rendre compte d'aucune affaire pour ne pas être interrompu
dans ses débauches, qui le firent mourir jeune et sans postérité
Keng-ting (12191199), frère
cadet de Lin-sin; plus modéré dans ses plaisirs, il fut aussi
négligent que son prédécesseur dans le gouvernement.
Ou-i (1198-1195), fils de Keng-ting,
se rendit célèbre par ses cruautés; il transféra
sa résidence de Yin à Ho pe et, ensuite, à Mou-ye
(dans le Ho-nan); les guerriers de Tchéou attaquèrent ceux
de Tching et les vainquirent; plus tard, ils attaquèrent ceux de
Y-khiou et firent leur chef prisonnier. Un grand nombre de Chinois
orientaux, indignés de la conduite de l'empereur, s'embarquèrent
et partirent fonder des colonies-: on a pensé
qu'ils allèrent peupler les îles Nippon (Honshû) et
Kiou-siou (Kyûshû) au Japon
,
mais rien dans les Annales japonaises ne confirme ce sentiment;
beaucoup d'autres se révoltèrent et se rendirent indépendants.
Ou-i accorda à Khi-li, fils de Tanfou, chef de la tribu Pin, qui
vint lui rendre hommage, un territoire, des pierreries et des chevaux;
il mourut frappé par la foudre, pendant une partie de chasse.
Tai-ting (1194-1192), fils de Ou-i,
fut un prince modéré et prudent; il mit Khi-li à la
tête des troupes qu'il voulait envoyer contre le gouverneur de la
principauté de Yen, pour faire rentrer les rebelles dans le devoir,
et mourut sur ces entrefaites.
Ti-i (1191-1155), fils de Tai-king,
prince modeste, vit revenir Khi-li triomphant de la principauté
de Yen; pendant les six premières années du règne,
les peuples des pays de Yeou-ou, Si-lo, Chi-hou, Y-tou se révoltèrent
: Khi-li les soumit; il fut élevé à la charge de gouverneur
de l'une des neuf provinces, puis ensuite créé prince de
l'Empire (heou-pé); il mourut l'ansée suivante (1185). Ouen-ouang
lui succéda dans le gouvernement de Tchéou et, en 1170, Ti-i
envoya ce dernier combattre les révoltés au Nord et à
l'Ouest de l'Empire.
Chéou-sin (1154-1122), fils
de Ti-i, se distingua par ses qualités supérieures pour le
mal; son nom est resté le synonyme de tous les vices. Ta-ki, une
courtisane, le subjugua entièrement: pour elle, il construisit une
tour en porcelaine et en marbre qu'il appela Lou-taï ou Tour des cerfs;
il institua le supplice du fer rouge, emprisonna Ki-tse et fit mourir Pi-kan,
de la famille impériale. Les guerriers de Young, Chou, Khiang, Meou,
Oueï, Lou, Peng, Po et tous les peuples du Se-tchouen marchèrent
à la suite de l'armée de Ou-ouang et attaquèrent Chéou-sin-:
Ta-ki fut tuée, et Chéou-sin périt dans les flammes
de la tour. Ou-ouang monta alors sur le trône et fonda la dynastie
Tchéou. (Albert Thomas).