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Chamfort
(Sébastien Roch Nicolas, dit). - Poète et littérateur,
né en 1741 en Auvergne ,
d'un père inconnu, fit ses études comme boursier au collège
des Grassins à Paris ,
et remporta les premiers prix de l'Université. Il prit en entrant
dans le monde le nom de Chamfort, à la place du simple nom
de Nicolas qu'il avait porté jusque-là, se fit de bonne heure
connaître par des prix de poésie remportés à
l'Académie, donna au Théâtre-Francais quelques comédies
qui réussirent, et s'attacha pour vivre à diverses entreprises
littéraires. Sa réputation le fit choisir par le prince de
Condé
peur être secrétaire de ses commandements; il devint ensuite
lecteur de Mme Élisabeth, soeur du roi. Néanmoins, à
la Révolution, il embrassa avec ardeur les idées nouvelles;
il se démit de son emploi, et se lia avec Mirabeau.
Roland le nomma en 1792 conservateur de la Bibliothèque nationale.
Ayant osé, sous la Terreur, blâmer les fautes et les violences
du parti révolutionnaire, il fut arrêté et jeté
en prison; il essaya inutilement de se tuer. On le relâcha bientôt,
mais il mourut au bout de quelques semaines, des suites des blessures qu'il
s'était faites (avril 1794). Il avait été reçu
à l'Académie en 1781. Ses écrits les plus estimés
sont : Éloge de Molière,
couronné (1769);
Éloge de La
Fontaine (1774);
La jeune Indienne, le Marchand de Smyrne,
comédies; Mustapha et Zéangir, tragédie. Plusieurs
de ses ouvrages se sont perdus, entre autres un Commentaire sur La Fontaine
(il n'en a paru qu'une partie dans les Trois Fabulistes, 1796).
Ses oeuvres ont été rassemblées par Ginguené,
1795, 4 vol, in-8 et par Auguis, 1824, 5 vol. in-8. Chamfort brillait surtout
par l'esprit : on a fait sous le titre de Chamfortiana un recueil
de ses bons mots, 1800. |
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