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Cazelles (Émile),
philosophe et homme politique, né à Nîmes
le 31 octobre 1834, d'une famille protestante. Interne des hôpitaux
de Paris
(1857), il fut reçu docteur en 1860 avec une thèse de chirurgie
(Sur le Traitement de l'Ectropion cicatriciel), mais délaissa
presque aussitôt la médecine pour la philosophie. Dans sa
retraite de Saint-Gilles (Gard), il entreprit une série de très
importantes traductions qui, présentées an public par des
préfaces souvent considérables, contribuèrent dans
la plus large mesure à faire connaître la pensée de
philosophes contemporains.
C'est ainsi qu'il a traduit : de J.
Stuart Mill, la Philosophie de Hamilton,
l'Assujettissement
des femmes, l'Autobiographie et les Essais sur la Religion;
de Moleschott, la Circulation de la vie;
de Herbert Spencer, les Premiers principes,
les Principes de biologie et les Principes de sociologie, ces
derniers formant seuls 4 vol. in-8; de Bain,
les
Sens et l'intelligence; de Bentham,
l'Analyse
de l'influence de la religion naturelle sur le bonheur temporel, sous
ce titre abrégé : La religion naturelle.
Une partie de ces travaux furent menés
de front avec ceux de la vie publique, à laquelle Cazelles fut appelé
une première fois par les événements de 1870 comme
secrétaire général de la préfecture du Gard,
puis de nouveau et définitivement en mars 1878, comme préfet
de la Creuse d'abord, et, l'année suivante, de l'Hérault.
Après avoir passé à la direction de l'administration
pénitentiaire, il avait celle de la sûreté générale
en 1881, lors de l'exécution des décrets contre les congrégations
religieuses non autorisées. Préfet de Meurthe-et-Moselle
en 1882, il le fut ensuite des Bouches-du-Rhône (1884), et durant
le choléra de Marseille, sa compétence comme médecin,
jointe à son autorité administrative, lui permit de rendre
les plus grands services. Cazelles fut conseiller d'État à
partir de 1887; et reprit momentanément (1889) la direction de la
sûreté au ministère de l'intérieur. (H.
Marion). |
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