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Calderari

Calderari (Chaudronniers). - Groupe ultra-royaliste napolitain, ainsi nommé de la chaudière (caldaia) qu'elle avait prise pour emblème, entendant par là que la secte libérale des Carbonari (charbonniers) s'anéantirait sous elle comme le charbon se consume sous la chaudière. C'était une tourbe de malfaiteurs échappés des prisons en 1799, de galériens lâchés des bagnes de Ponza et de Pantellaria sur le continent par le prince de Canosa, pendant les règnes de Joseph et de Murat, de brigands qui s'étaient soustraits aux poursuites du général Manhrès, de prêtres et de moines dépravés, de sbires, d'agents pris dans la lie de la population. 

Ils s'étaient organisés à l'imitation des Sanfédistes et agissaient d'accord avec eux au profit de la monarchie absolue, sous le voile de la religion, se donnant pour tâche d'opprimer par tous les moyens les Carbonari, les Francs-maçons, les Muratistes et les libéraux. En 1816, le prince de Canosa, devenu ministre de la police, se fit le chef des Calderari. Il leur distribua des armes, des brevets, des commandements, et les mit dans les conseils. Un massacre général des libéraux, préparé par lui, devait éclater le même jour. Mais, avant le signal, des excès de toute sorte, des menaces, des vols, des assassinats, éveillèrent l'attention des autorités qui n'étaient pas dans le secret.

Des émissaires furent arrêtés dans les provinces, leurs instructions saisies, et l'on découvrit avec stupeur que le ministre de la police était l'auteur de toutes ces trames. Sur les instances des ambassadeurs d'Autriche et de Russie, le roi Ferdinand ler dut renvoyer le prince de Canosa. Mais, même après son départ, les Calderari continuèrent leurs méfaits d'une manière plus ou moins occulte. Leurs derniers vestiges subsistaient dans la Camorra de Naples, que le gouvernement italien trouva en pleine vigueur en 1860 et n'a pas réussi à anéantir depuis. (F. H.).

Calderari (Giovanni-Maria), peintre italien, né à Pordenone vers 1500. Il fut l'élève de Regillo, son compatriote, Licinio, de son vrai nom, et qu'on surnomma le Pordenone. Excellent peintre, Calderari resta dans une obscurité qu'explique sa vie, passée presque tout entière dans son pays natal. Le Frioul même ignore presque son nom, car ses nombreux tableaux de sainteté, dans l'église paroissiale de Montereale, furent attribués au Pordenone, et ses fresques, dans le dôme de la même ville, à l'Amalteo. Calderari mourut après 1564. (Pierre Gauthiez).
Calderari (Matteo), sculpteur vénitien du XVIIe siècle. Il appartenait à cette école de maniérisme et de décadence qui encombra Venise de ses productions à la fin du XVIIe siècle. Ce fut un des auteurs de ces statues prétentieuses qui font la décoration de la façade principale à l'église des jésuites de Venise, monument achevé du faux goût, presque curieux et intéressant à force de perfection dans le ridicule et le bizarre. (Pierre Gauthiez).
Calderari (Ottone), architecte italien, né et mort à Vicenco (1730-1803). Il se forma à l'école de Palladio. On cite, parmi ses oeuvres les plus remarquables, les palais Bonini, Loschi, Cordellina, Antisola à Vicence, et le séminaire de Vérone, qui passe pour un chef-d'oeuvre. Membre associé de l'Institut de France, Calderari a publié un Traité d'architecture, et on a mis au jour, après sa mort, un recueil de ses plans, sous le titre de Opere de architettura (1807-1817).
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