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Les étoiles,
même les moins brillantes, nous apparaissent agitées d'incessantes
et rapides variations d'éclat et de coloration : elles scintillent.
Ce phénomène, qui est visible à l'oeil nu et que tout
le monde a observé, n'a reçu qu'au cours du XIXe
siècle une explication plausible.
Aristote
et Cardan
l'attribuaient aux vacillations de l'oeil, Tycho Brahe ,
Kepler ,
Galilée
à des variations d'éclat de l'astre lui-même, Huygens ,
Newton ,
Saussure
au déplacement des rayons sous l'action de l'air agité. Arago ,
le premier, l'a rattaché à la présence de l'atmosphère
terrestre. Il y a là, selon lui, un cas d'interférence, deux
rayons émis à un même moment par une même étoile,
ajoutant ou détruisant mutuellement leurs effets, selon que la différence
produite dans leur marche par les différences d'état des
parties différentes de l'atmosphère qu'ils traversent, est
d'un nombre pair ou d'un nombre impair de demi-longueurs d'onde. Respighi ,
Dufour, Messotti, Donati ,
Montigny, Exner, ont, après Arago, étudié de façon
toute particulière le phénomène de la scintillation.
Ils en ont donné des explications qui s'écartent un peu de
la précédente, substituant aux faits d'interférence,
les unes des faits de réflexion totale, les autres des faits de
dispersion et de réfraction, mais qui,
toutes, sont basées, comme elle, sur l'interposition de l'atmosphère
terrestre.
La plus satisfaisante fait appel à
des variations dans les indices de réfraction des couches d'air
traversées par la lumière. Si l'on considère l'ensemble
des rayons de couleurs et de réfrangibilités différentes,
qui émanent d'une étoile et viennent déterminer dans
l'oeil de l'observateur, par leur superposition, l'image de cette étoile,
on voit que chacun d'eux a dû suivre à travers l'atmosphère
une trajectoire particulière, déterminée par sa réfrangibilité
propre, et comme, d'autre part, les diverses régions de cette atmosphère
subissent des variations continuelles de densité, de température
et d'humidité, qui en modifient, d'un point à un autre, le
pouvoir réfringent, l'intensité relative des divers rayons
se trouve, à chaque instant, atténuée pour les uns,
renforcée pour les autres, ce qui produit, d'un moment à
l'autre, les variations constatées dans l'éclat et dans la
coloration.
L'observation est d'accord, au surplus,
avec la théorie quant à l'influence prépondérante
qu'exerce l'atmosphère sur la scintillation. Ainsi, sur les hauts
sommets. La où la couche d'air est peu épaisse, les étoiles
scintillent beaucoup moins, il en est de même, pour un même
lieu, lorsqu'elles sont au zénith. Au contraire,
la scintillation est sensiblement plus forte l'hiver,
on à l'approche de la pluie, alors que l'atmosphère est plus
chargée de vapeurs et plus agitée. La constitution physique
de l'étoile, ou plus précisément le spectre
qui en découle, joue, de son côté, un certain rôle
dans la production du phénomène. Il résulte, à
cet égard, des nombreuses observations faites par Montigny que les
étoiles dont la spectre présente un double système
de bandes obscures et de raies noires et auxquelles
correspondent, entre leurs rayons, du fait de la dispersion de ceux-ci
dans l'atmosphère, les lacunes les plus nombreuses et les plus marquées,
scintillent moins que les étoiles à raies spectrales fines
et beaucoup moins que celles dont le spectre présente uniquement
quatre raies noires et pour lesquelles les lacunes sont très peu
nombreuses.
A la différence des étoiles,
les planètes ne scintillent pas. La raison
en est que leur disque a un diamètre apparent sensible et envoie
à la Terre de chaque point de sa surface
une lumière qui, si elle était isolée, comme celle
de l'étoile, simple point dans le ciel, présenterait le caractère
de la scintillation, mais qui, n'étant pas isolée, est perçue
par l'observateur en même temps que les rayons partis des autres
points de la surface. L'effet produit par la juxtaposition de toutes ces
images élémentaires, dont les unes ont un éclat plus
fort, les autres un éclat moindre que l'éclat moyen, est
le même que si chacune desdites images possédait un éclat
invariable, Aussi arrive-t-il qu'un planète scintille si elle vient
à être vue dans des conditions où les dimensions de
son disque deviennent très petites : c'est le cas de Vénus
lorsqu'elle ne montre plus qu'un croissant étroit. |
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