|
|
|
|
Les
gens
|
|
| Byron (Le
commodore John), marin né le 8 novembre 1723 à Newstead-Abbey,
mort à Londres John Byron se signala dans la guerre contre la France (1755-63), notamment en détruisant une de flottes françaises (1760). Georges III lui donna en 1764 le commandement d'une expédition de découvertes dans les mers du Sud. Byron découvrit plusieurs îles, entre autres celle des Mulgraves qui porte son nom (par 175° long. E. et 1° 18 lat. S.) et revint en 1766 par Batavia et le Cap. Gouverneur de Terre-Neuve en 1769, il prit part à la guerre d'Amérique en 1778 et fut nommé vice-amiral en juillet 1779. John Byron fut le précurseur de Cook.
|
||||
| Byron (George-Noel
Gordon,
connu sous le nom de Lord), poète né à Londres (Holles-Street)
le 22 janvier 1788, mort à Missolonghi le 19 avril 1824, petit-fils
du précédent et fils de John Byron, capitaine aux gardes,
et de sa seconde femme Catherine Gordon de Gight, d'une famille d'Aberdeenshire
descendant des Stuarts. Le capitaine ayant dissipé
la fortune de sa femme, celle-ci se retira avec son fils à Aberdeen
et y vécut avec un mince revenu de cent trente livres. C'est donc
dans les montagnes de l'Écosse que Byron passa sa première
enfance qui fut triste et maladive. Le caractère aigri, capricieux
et emporté de sa mère, qui l'accablait tour à tour
de caresses et de mauvais traitements, développa cette irritabilité
et cette susceptibilité excessives qui furent les principaux défauts
de son caractère.
D'une beauté remarquable, il avait eu un pied tordu à la suite d'un accident survenu à sa naissance et cette difformité, quoique légère, fut pour lui une source constante d'amertumes. Il n'avait pas neuf ans qu'il tombait amoureux d'une jeune fille, Marie Duff, et lorsqu'il apprit son mariage quelques années après, il fut, il le raconte lui-même, comme frappé de la foudre. Une de ses cousines. Margaret Parker, fillette de treize ans, fut sa seconde passion. C'était, dit-il, une des créatures les plus belles et les plus éphémères qui aient vécu. Toute paix et beauté, elle semblait sortir d'un arc-en-ciel. Elle mourut à quatorze ans, à la suite d'un accident, alors que Byron d'un an plus jeune était au collège de Harrow, et cette mort lui inspira ses premiers vers. En 1798, Byron hérita de la fortune
et de la pairie de son grand-oncle William lord Byron, ainsi que du domaine
de Newstead-Abbey donné à un de ses ancêtres par Henri
VIII. Sa mère l'envoya au collège de Harrow où
il se fit remarquer par son indiscipline et sa haine de toute tâche
imposée. A Newstead-Abbey, en 1803, il s'éprit d'une jeune
fille du voisinage, Mary Chaworth. Il n'avait que quinze ans et Mary, de
deux ans plus âgée, dédaignait cet enfant boiteux qui
devait pourtant, comme Dante à Béatrice,
lui donner une poétique immortalité. Son père, tué
en duel par l'oncle William, rendait d'ailleurs tout mariage impossible;
elle se fiança à un autre et l'adolescent envoyé au
Trinity College de Cambridge C'est à Cambridge qu'il publia son
premier recueil de poésies, imprimé à Newark (1807),
sous le titre de Hours of idleness où s'étalent ses
passions précoces et où percent déjà son humeur
fantasque, son scepticisme et sa misanthropie.
Lord
Brougham, dans la Revue d'Édimbourg Au sortir de l'Université, où malgré l'irrégularité de sa conduite il fit de bonnes études, il se lança dans toutes les extravagances de la jeunesse dorée et devint le héros de maintes aventures scandaleuses, puis en 1809 prit sa place à la Chambre des lords sur les bancs de l'opposition, et bientôt, las des débats parlementaires, partit pour le continent. En deux années, il visita successivement le Portugal, l'Espagne, les rivages classiques de la Méditerranée, résida quelque temps en Grèce et en Turquie. Les deux premiers chants de Childe Harold's Pilgrimage, parus en 1812, sont le récit de ses impressions de voyage et de ses propres aventures. Le succès en fut immense : « Je me réveillais un matin, dit-il, et j'appris que j'étais fameux. »Sa popularité s'accrut encore du retentissement d'un discours qu'il prononça à la Chambre Haute contre les mesures de rigueur nouvellement prises pour étouffer les émeutes d'ouvriers. De 1812 à 1814, la publication du Giaour, de Bride of Abydos Ce fut un grand étonnement pour ceux qui connaissaient le caractère de lord Byron, qui déclara d'ailleurs dans The Dream que le jour de ses noces toutes ses pensées étaient pour la demoiselle d'honneur de sa femme, qu'il trouva placée entre elle et lui dans la voiture. Cependant, de son propre aveu aussi, il fut quelque temps heureux, quoique « fort ennuyé par son pieux beau-père » qui avait offert au jeune couple une de ses résidences, dans le comté de Durham, pour y passer leur lune de miel. Mais dès le mois de mars les époux allaient s'installer à Londres près de Hyde Park, et c'est là qu'éclata leur incompatibilité d'humeur. Lady Byron jolie, intelligente, distinguée, mais imbue de tous les préjugés de la bonne société britannique, dévote et d'une vertu hautaine, ne pouvait faire les agréments du foyer d'un homme qui professait le mépris le plus profond pour toutes les conventions sociales, la haine du dogme religieux aussi bien que du credo politique de la « respectabilité ». Aussi dès sa grossesse se vit-elle délaissée par son mari, qui cherchait des distractions illicites au dehors, bien qu'il eût écrit d'elle avant son mariage : « Elle est si bonne que je voudrais devenir meilleur ».Correcte, sèche, sans tempérament, incapable de faillir et de pardonner, elle était de ces personnes qui rendent la vertu insupportable. Il faut ajouter les embarras financiers sans cesse croissants et qui sans doute aigrissaient son caractère. Les dettes de Byron ne diminuaient en rien le chiffre de ses dépenses. En novembre 1815 il avait été obligé de vendre sa bibliothèque et en moins d'un an les huissiers avaient fait neuf fois irruption dans la maison. Le 10 décembre 1815 la jeune femme accoucha d'une fille, Augusta-Ada, et le 6 janvier son mari, qui ne communiquait plus avec elle que par lettres, lui écrivit qu'elle devait quitter Londres aussitôt que possible pour vivre avec son père en attendant qu'il ait pris des arrangements avec ses créanciers. Elle partit huit jours après rejoindre ses parents à Kirkby Mallory et, bien qu'elle lui écrivit à son départ une lettre affectueuse, elle s'occupa de faire déclarer son mari « insane », affirmant qu'elle ne le reverrait jamais plus. Cette séparation fit scandale. Quelques propos répétés excitèrent une explosion d'indignation publique. Byron fut accusé de toutes sortes de vices monstrueux, et la presse anglaise, toujours hypocritement vertueuse et champion de la morale, le compara à Néron, Héliogabale, Caligula, Henri VIII. Il n'osa plus se montrer en public de crainte des outrages de la foule et des brutalités de la populace. La cause de cette fureur, tenue secrète par la génération suivante, ne fut révélée que cinquante-cinq ans plus tard par Harriett Beecher Stowe : Byron aurait eu des relations incestueuses avec sa demi-soeur Augusta (fille d'un premier mariage de son père), devenue mistress Leigh. Cependant celle-ci continua jusqu'en 1830 d'être en bons termes avec lady Byron, servant d'intermédiaire entre elle et son mari tant qu'il vécut. Elle mourut en 1851, et ce ne fut qu'en 1856 que lady Byron aurait confié ce secret à la romancière américaine, et cela par charité évangélique. Elle pensait qu'en ternissant la mémoire du poète, elle diminuerait l'influence néfaste de ses écrits et par suite son expiation dans l'autre monde. Mistrese Stowe ne publia ces confidences qu'en 1869 dans le Macmillan's Magazine et l'Atlantic Monthly. Dans son livre The Real lord Byron, J.-C. Jeaffreson revint sur cette question de l'inceste, qui ne devrait pourtant laisser aucun doute, à en juger par des stances écrites à sa soeur Augusta pendant le séjour du poète à la villa Diodati (1816), et des vers adressés à My sweet Sister (Ma douce soeur), détruits à sa mort sur son expresse volonté. Byron implora son pardon, qui lui fut implacablement refusé, et la séparation à l'amiable eut lieu le 2 février 1816, à la suite de quoi il quitta l'Angleterre pour n'y plus revenir, après avoir publié The Siege of Corinth et Parisina. Le premier ouvrage fut composé pendant
son année de cohabitation conjugale, car le manuscrit tout entier
est copié de la main de lady Byron. L'éditeur Murray envoya,
pour les deux poèmes, un chèque de mille guinées que
Byron lui retourna. Il visite la France et la Belgique, se rend en Suisse
où il se lie avec le poète Shelley,
dont la vie agitée et courte eut tant de similitudes avec la sienne.
A Genève, il compose le troisième chant de Childe Harold
et The Prisoner of Chillon Dépité et mécontent,
voyant ses forces s'user, son génie s'appauvrir et sa fortune se
fondre, il résolut de mettre au service de l'insurrection des Grecs
pour leur indépendance ( Lord Byron est l'un des plus grands poètes de langue Anglaise et, à un moment donné, il éclipsa la gloire de tous, même celle de Walter Scott, Wordsworth, Southey, Moore et Campbell. On l'a quelquefois comparé à Burns; tous deux, le pair et le paysan, écrivirent d'après leurs impressions et leurs sentiments personnels, se montrant tout entiers dans leurs oeuvres; esclaves de passions impérieuses, livrés également au doute et à la mélancolie, ils moururent prématurément, après une vie d'extraordinaire activité physique et intellectuelle. Ils furent l'un et l'autre des apôtres de cette école négative et stérile de misanthropie, de doute et de désespérance, qui fit tant de ridicules adeptes et de niaises victimes. Les écrits de Byron c'est lui-même, et de lui l'on peut dire : Le poète et l'homme ne font qu'un. Il a beaucoup haï les Anglais, c'est peut-être pourquoi il fut si populaire en France, mais voici l'épigraphe qu'il transcrivit en français en tête de Childe Harold : « L'univers est une espèce de livre dont on n'a lu que la première page quand on n'a vu que son pays. J'en ai feuilleté un assez grand nombre, que j'ai trouvées également mauvaises. Cet examen ne m'a point été infructueux. Je haïssais ma patrie. Toutes les impertinences des peuples divers parmi lesquels ai vécu m'ont réconcilié avec elle. Quand je n'aurais tiré d'autre bénéfice de mes voyages que celui-là, je n'en regretterais ni les frais ni les fatigues. » (Hector
France).
|
||||
| Byron (Anne Isabelle
Milbanke, lady), femme du précédent, née au château
de Seaham, comté de Durham, le 17 mai 1792, morte à Brighton A la mort de son mari, lady Byron mena une vie retirée. Sa fille unique Ada, mariée en 1835 au comte de Lovelace, mourut en 1852, laissant deux enfants, lord Wentworlh et lady Anne Blunt. Elle passa le reste de ses jours à Brighton. s'occupant de controverses religieuses, d'œuvres de piété et de charité. Lady Byron a été fort diversement
jugée. Miss Martineau, dans ses Esquisses biographiques,
parle d'elle avec une respectueuse admiration, tandis que d'autres la considèrent
comme une pédante au coeur sec d'une rigidité insupportable.
Byron, dans un de ses poèmes, l'appelle une Clytemnestre |
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.