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Les
gens
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| Buch (Léopold
de), né en 1774 à Stolpe (Uckermark), mort en 1853 à
Berlin Contre
le neptunisme.
Cependant, de Pargine en Italie, le disciple de Werner, L. de Buch, écrivait déjà (vers 1798) à son ami Humboldt : "Ici les diverses espèces de roches semblent avoir été bouleversées par le chaos. Je trouve les couches de porphyre sur le calcaire secondaire, et les schistes micacés sur le porphyre. Tout cela ne menace-t-il pas de renverser les beaux systèmes par lesquels on prétend expliquer les époques des formations?"Bientôt ses doutes s'accrurent avec l'étude des volcans. A la suite de son exploration du Vésuve, il peignit avec une verve poétique les formidables efforts du déchaînement des forces souterraines. Le voyage d'Italie lui fit comprendre que l'examen des couches tranquillement déposées par les eaux n'était pas, comme on le croyait à Freyberg, toute la géologie, que la nature ne se révèle que dans ses crises et que là seulement on pouvait espérer lui dérober ses secrets. Le voyage d'Auvergne opéra un changement complet dans les idées de L. de Buch. Guettard, l'un des maîtres de Lavoisier, avait découvert, en 1751, les volcans éteints de l'Auvergne : les laves, les cendres, les scories, les montagnes avec leurs cônes cratériformes auraient dû depuis longtemps démontrer aux habitants qu'ils foulaient un sol autrefois embrasé. Cependant un étonnement général accueillit une découverte à peine soupçonnée. En 1763, Desmarets, visitant le Puy-de-Dôme, signala les piliers de pierre noire dont la figure et la position lui rappelaient tout ce qu'il avait lu sur les basaltes. Ces colonnes, par leur régularité, portaient l'empreinte d'un produit fondu par le feu. Mais où cet agent modificateur réside-t-il? Bien profondément au-dessous de l'écorce consolidée du globe, avait osé dire Dolomieu. |
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| Avant de se prononcer, Léopold
de Buch voulut observer lui-même ces cratères
éteints, ces basaltes fondus, qui dérangeaient singulièrement
le système de Werner. Son exploration de l'Auvergne fut un acte
d'indépendance. Le moyen de rester fidèle à son maître
quand il voyait, contrairement à l'enseignement reçu, le
granite, le gneiss, le porphyre au-dessus du calcaire, le foyer des volcans
au-dessous des roches réputées les plus profondes, le basalte
lié à la lave, et partout des traces de soulèvement
et de redressement. Son exploration des îles Canaries et celle de
la presqu'île Scandinave achevèrent de le convaincre.
Son voyage au nord de l'Europe le mit sur
la voie de la solution d'un grand problème. Depuis plus d'un demi-siècle,
les habitants des côtes de la Norvège s'étaient aperçus
d'un abaissement graduel du niveau de la mer. Sur le conseil du physicien
Celsius, on avait gravé des marques sur les rochers de Galfe et
de Kalmar |
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| Ce grand géologue distingua
l'effort qui soulève de l'effort qui rompt : au premier il donnait
le nom de cratère de soulèvement, au second celui de cratère
d'éruption. Pour lui les volcans sont des "communications permanentes
entre l'atmosphère et l'intérieur du globe". Il les divise
en deux classes, les volcans centraux et les chaînes volcaniques
: les premiers forment le centre d'un grand nombre d'éruptions qui
se sont faites autour d'eaux; les seconds sont disposés dans une
même direction, comme une grande fente ou rupture du globe. Ces pointes
de rochers, soulevées par le feu souterrain lui suggérèrent
l'idée que les innombrables îles de l'océan Pacifique,
que l'on avait considérées jusqu'alors comme les sommets
d'un continent submergé, étaient des îles de soulèvement.
Leopold de Buch n'avait d'abord présenté
son idée favorite du soulèvement des montagnes qu'avec beaucoup
de réserve. Mais à mesure que les observations s'accumulaient,
il devint plus hardi. En 1822, après une étude nouvelle du
Tyrol |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.