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Bruis (Pierre
de), originaire probablement de la Provence
et ancien disciple d'Abélard. Il parcourut
le Dauphiné ,
la Provence
et plus tard le Languedoc ,
prêchant partout une réforme radicale de l'Église ,
d'après l'idéal qu'il s'était formé du christianisme
primitif. Ses principes rappellent ceux des anabaptistes
du XVIe siècle.
Selon lui, les quatre évangiles
seuls ont une autorité religieuse et doctrinale décisive;
le seul chemin du salut est la foi intérieure, par opposition aux
pratiques extérieures de l'Église; la transsubstantiation
est une erreur; la sainte cène
ne doit en général pas être renouvelée dans
l'Église, comme étant un acte accompli une fois pour toutes
par Jésus-Christ
et ses disciples; la condition indispensable du baptême est la foi ;
le baptême des enfants est donc sans valeur; l'Église est
la communion des croyants; plus de temples faits de main d'humain, plus
d'autels, plus de crucifix, plus de liturgies, plus de célibat ecclésiastique
le vrai culte de Dieu
consiste dans la piété intérieure, le vrai croyant
peut prier en tout lieu; plus de prières, plus d'aumônes pour
les âmes
des défunts : seules les dispositions religieuses de l'humain pendant
cette vie décident de sa destinée après la mort.
Ces doctrines, Pierre de Bruis les mit
en pratique; il rebaptisa les membres de sa secte, et excita le peuple
à détruire les églises du clergé « imposteur
» et à brûler les crucifix. Après avoir échappé
pendant vingt ans à toutes les poursuites dont il était l'objet,
il fut saisi et brûlé en 1126 à Saint-Gilles en Languedoc .
Ses partisans, les petrobrusiens, se confondirent après sa
mort avec les henriciens ou adhérents de Henri de Lausanne.
L'abbé de Cluny ,
Pierre
le Vénérable, dirigea contre la secte un traité
(Adversus Petrobrusianos haereticos dans Bibl. PP. max. Lugd.,
XXII, pp. 1033 et suiv.) qui, outre un passage d'Abélard
(Introductio in theologiam, dans Abelardi Opp;Paris, 1616,
p. 1016, in-4), est la seule source de son histoire. (A.
Jundt). |
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