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Bouquet de la
Grye (Jean-Jacques Anatole) - Né à Thiers (Puy-de-Dôme)
le 29 mai 1827, polytechnicien (1847), de l'Institut (1884), du Bureau
des Longitudes (1886), est à partir de 1891 en retraite comme ingénieur-hydrographe
en chef de la Marine. Parmi ses publications, citons les Cartes hydrographiques
provenant de ses levés et deux volumes du Pilote des Côtes
ouest de la France (1869, 1873).
M. Bouquet de la Grye étudie depuis
1879 la question des marées ,
et en particulier celle des marées atmosphériques provenant
de l'action du Soleil
et de la Lune .
Il a prouvé, par des calculs basés sur de nombreuses observations
faites à Brest pendant 25 années, qu'il existe des marées
atmosphériques diurnes, senmi-diurnes et semi-mensuelles liées
à l'âge de la Lune, à sa parallaxe
et à sa déclinaison .
A partir de l'époque du passage
en 1874 de Vénus
sur le Soleil, la photographie permit, grâce au procédé
imaginé par Cornu pour donner un achromatisme
suffisant des rayons chimiques, d'obtenir pour les diverses phases du phénomène
des images sur lesquelles des mesures micrométriques peuvent être
prises. Lors du passage en 1882 de Vénus sur le Soleil, la photographie
fut de nouveau appliquée. On a donc eu ainsi deux séries
d'observations photographiques qui ont permis à Bouquet de la Grye
de donner en 1888 la valeur 8", 80 de la parallaxe solaire.
Enfin Bouquet de la Grye a lu son Rapport
sur plus de 70 marégraphes qui fonctionnent en Europe; il a trouvé
que la France emploie le type le plus simple de ces instruments, et que
le niveau moyen de la mer, et par suite du sol, reste à peu près
stationnaire aussi bien à Brest qu'au Havre.
Plusieurs
questions ont été discutées dans la réunion
de la Commission permanente à Fribourg en 1890. Bouquet de la Grye
et Ch. Lallemand ont lu chacun un Mémoire sur le choix d'un zéro
unique pour les nivellements. Comme les recherches de la Géodésie
exigent que les points soient rapportés à une même
surface, l'Association s'était déjà occupée
de la question difficile du zéro unique; elle avait d'abord conseillé
d'installer dans les ports des instruments, appelés marégraphes,
pour enregistrer les variations du niveau des mers, ce qui fut fait dans
plusieurs ports; elle avait demandé que les nivellements fussent
faits deux fois et en sens inverses pour s'assurer de leur degré
d'exactitude. Dans son Mémoire, Bouquet de la Grye, se basant sur
ses nombreuses observations à Brest, est favorable au projet de
prendre pour surface fondamentale le niveau moyen de l'Océan; il
montre que l'on peut obtenir rapidement le niveau moyen de la mer et faire
facilement les corrections dues aux marées et aux vents, en appliquant
les formules qu'il donne. Ch. Lallemand a été porté
par ses recherches à penser que toutes les mers ont le même
niveau moyen : il en résulterait que la question du zéro
unique perd de son importance. (Lebon, 1899).
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