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Willem Bilderdijk
(ou
Bilderdyck) est un poète
néerlandais, né à Amsterdam
le 7 septembre 1756, mort à Haarlem le 18 décembre 1834.
En 1735, lors de l'invasion de la Hollande
par les armées françaises, Bilderdijk, partisan déclaré
de la maison d'Orange, dut quitter son pays; il visita l'Allemagne
et se fixa ensuite en Angleterre
où il fit des cours de littérature.
En 1806 il revint en Hollande; le roi Louis se l'attacha comme professeur
de langue néerlandaise et lui
fit une pension de 6000 florins. Après l'abdication du roi Louis
en 1810, la pension fut supprimée et Bilderdijk vécut pour
ainsi dire dans la misère jusqu'en 1813. Après la révolution
batave à laquelle il avait contribué par ses vers patriotiques,
il fut pendant quelques mois auditeur militaire, puis il ouvrit à
Leyde
un cours d'histoire nationale. Il passa les dernières années
de sa vie à Haarlem dans un isolement presque complet, son humeur
déjà sombre devint tout à fait misanthropique
et ses dernières productions se ressentent singulièrement
de cette disposition d'esprit. Les compatriotes de Bilderdijk le proclamèrent
à juste titre le plus grand de leurs poètes; on peut dire
aussi qu'il en a été le plus fécond.
On a de lui plus de cent ouvrages; il a
abordé tous les genres depuis l'épigramme
jusqu'à la tragédie et l'épopée.
Voici la liste des publications les plus remarquables de Bilderdijk : Tijdkortingen
(Amusements, 1778); Gedichten (Poésies, 1783),
ce sont deux recueils de poésies fugitives; Poëtische mengelingen
(Mélanges poétiques, 1802). Ils se composent d'un
poème
didactique sur l'astronomie
et de traductions d'Ossian ;
Gedichten
(Poèmes, 1803); ils contiennent entre autres une traduction
de l'Homme des champs de Delille;
Mengelingen
(Mélanges, 1804); le Fingal d'Ossian y est entièrement
traduit; Nieuwe poetische mengelingen (Nouveaux mélanges
poétiques, 1806, 2 vol.). Ce sont des poésies sacrées,
plus trois poèmes héroïques : Assanide;
Achille;
Cyrus;
on trouve encore dans ce même recueil : De Ziekte der geleerden
(la Maladie des savants); Bilderdijk raconte spirituellement les
tribulations auxquelles sont exposés les gens de lettres. -
Treurspelen
(Tragédies, 1808, 8 vol.). Ce sont des imitations de Corneille
et de Racine; le premier volume débute
par une introduction magistrale sur la
tragédie.-
Winterbloemen
(Fleurs d'hiver, 1840). Ce recueil comprend notamment un Art
poétique où le romantisme allemand est raillé
avec beaucoup de verve et d'esprit. Des eersten wereld vernieting
(Destruction du premier monde, 1815), poème épique
considéré comme le chef-d'oeuvre de Bilderdijk; malheureusement
les cinq premiers livres sont seuls achevés. Ses oeuvres poétiques
ont été réunies sous ce titre : Dichtwerken
(Haarlem, 1857-1860, 16 vol. in-8). Parmi les oeuvres en prose du grand
poète néerlandais, signalons une Grammaire raisonnée
de la langue hollandaise qui fit longtemps autorité.
(E. H.). |
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