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Belleau
(Remy), poète de la Pléiade, né à Nogent-le-Rotrou
vers 1527, mort dans les premiers jours de mars 1577. Les détails
manquent sur la vie de ce poète. L'abbé de Mureaux, Chretophle
de Choiseul, lui
procura les ressources nécessaires pour qu'il put rester à
Paris. Ronsard le mit en rapports avec le cardinal
de Lorraine. Belleau fut protégé particulièrement
par le frère du cardinal René, marquis d'Elbeuf, général
des galères, qu'il suivit en Italie lors de l'expédition
de 1557 et qui le nomma professeur et gouverneur de son fils Charles de
Lorraine, par la suites duc d'Elbeuf et grand écuyer de France.
Il vécut tantôt au château
de Joinville, tantôt à l'hôtel de Guise à Paris
et fut longtemps malade. On l'enterra dans le choeur de l'église
des Vieux-Augustins. Ronsard, Baïf, Desportes
et Amadis Jamin portèrent son cercueil sur leurs épaules.
Belleau a eu, de
son vivant, une grande réputation. Les témoignages contemporains
abondent. Ronsard l'appelle un "excellent poète français"
et "le peintre de la nature". L'Estoile le nomme "un des doctes
et gentils poètes de nostre temps". Ses poésies ont beaucoup
de grâce et de vivacité; il n'est pas obscur et alambiqué
comme la plupart des membres de la pléiade; son style est très
brillant. Un certain nombre de pièces, les chansons notamment, sont
assez licencieuses dans le goût du siècle. L'Estoile cite
même un poème intitulé : Jean qui ne peult,
qu'il qualifie de "vilain et lassif et mal sonnant aux aureilles chrestiennes"...
Remy Belleau a écrit
: la Bergerie, divisée en une première et une seconde
journée (Paris, 1572, in-8); diverses pièces de circonstance
publiées de 1559 à 1561; les Amours et nouveaus échanges
de pierres précieuses, vertus et proprietez d'icelles (Paris,
1576, in-4); la Reconnue, comédie (Paris, 1577, in-8); une
pièce en style macaronique Dictamen metrificum de bello huguenotico
et reistrorum piglamine ad sodales (Paris, s. d., in-4); une traduction
en vers des Odes
d'Anacréon
(Paris, 1556, in-8); une traduction en vers de l'Ecclésiaste ,
du Cantique des cantiques
(publiée en 1576 avec les pierres précieuses); une traduction
en vers des Phénomènes
d'Aratus.
Voici les principales
éditions anciennes qu'on a données des oeuvres de Belleau
: les Oeuvres poétiques (Paris, 1578, 2 vol. in-12; Lyon,
1592, 2 vol. in-12; Rouen, 1604, 2 vol. in-12); Oeuvres complètes,
publ. par A. Gouverneur (Paris, 1867, 3 vol. in-12) ; Oeuvres poétiques,
publ. par Ch. Marty-Laveaux (Paris, 1879, 2 vol. in-8) dans la collection
de la Pléiade françoise. (R. S.). |
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