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Beham

Hans Sebald Beham est un peintre-graveur né à Nuremberg en 1500, mort à Francfort-sur-le-Main le 22 novembre 1550. La plus ancienne planche connue de lui, une petite tête de madone, tout à fait dans la manière d'Albert Dürer, est de 1518. A partir de 1520, il est en pleine production, et, quoiqu'il passe pour avoir mené une vie peu régulière, son oeuvre témoigne d'une grande fécondité et d'une force de travail peu commune : environ 20 dessins, plus de 270 estampes et 500 gravures sur bois, sans parler de ses tableaux pour la plupart perdus. En 1525, il fut, comme son frère Barthel, banni de Nuremberg, mais il rentra bientôt en grâce et revint s'établir dans sa ville natale. En 1526, il exécutait les dessins d'un livre sur la Papauté, et en 1527 le Livre de prières de Luther, en collaboration avec le graveur sur bois Jérôme Andrel. En 1529, il fut de nouveau expulsé à l'occasion d'une gravure licencieuse (la Mort derrière un homme et une femme nus), et, en 1530, il alla rejoindre son frère à Munich. C'est là qu'il fit le bois du Cortège militaire et l'Entrée triomphale de Charles-Quint à Munich
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Hans Sebald Beham : Adam et Eve.
Adam et Eve, par Hans Sebald Beham, 1543.

En 1531, le cardinal Albert de Brandebourg, prince-archevêque de Mayence, lui confia, en collaboration avec le miniaturiste Nicolas Glockendon, l'exécution des miniatures de son livre d'heures, conservé à la bibliothèque d'Aschaffenbourg. (C'est à partir de ce moment que Hans-Sebald adopte le monogramme H. S. B. au lieu de H. S.. P. dont il s'était servi jusque-là.) De la même époque il faut dater la suite de bois connus sous le titre des Planètes, une de ses oeuvres les plus importantes et les plus caractéristiques de sa manière. Vers 1533, il vient s'établir à Francfort-sur-le-Main, qu'il ne devait plus quitter jusqu'à sa mort. C'est également pour le cardinal Albert qu'en 1534 il peignit le dessus de table, qui, des collections du cardinal Mazarin, est entré an musée du Louvre (n° 14). Il est divisé en quatre parties traitées à la manière de grandes miniatures et représentant : l'Entrée du roi Saül à Jérusalem après la défaite des Philistins; David et Bethsabée; le Siège de Rabbath; le prophète Nathan devant David. Dans un coin, le peintre s'est représenté debout, derrière une table, un compas à la main; au-dessus de sa tête, en lit cette inscription : 

SEBALDUS BEHAM NORIBEBGENSIS PICTURAM HANC ILLUSTRISSIM0 PRINCIPI ALBERTO CARD., ARCHIEP. MOG. HUJUS ARTIS ALIARUMQUE OMNIUM AMATORI, SUMMÀ CURÀ PINGENS ABSOLVERAT ANNO 1534. 
Dans une autre partie se trouve le portrait du cardinal avec l'énumération de tous ses titres. Les ouvrages les plus accomplis de Sebald sont compris entre la période qui s'étend de ces années 1530 à 1540 environ : Danseurs à une noce de village (douze pièces); Histoire de l'enfant prodigue (quatre planches); la Jeune femme accompagnée d'un bouffon; les Planètes; la Patience; la Mélancolie; les Patriarches avec leurs femmes et leurs enfants, commençant par Adam et Eve avec leurs quatre enfants et la Mort qu'ils ont apportée au genre humain, etc. Sujets religieux, sujets profanes pour lesquels il eut une prédilection marquée et qu'il traita avec une verve puissante et souvent avec une licence inouïe; il aborda tous les genres et partout il fit preuve d'une rare imagination et d'un talent vigoureux. Son portrait (dessin à la plume) de l'Albertina daté de 1549 est d'une originalité saisissante. (André Michel).
Barthel Beham est un peintre-graveur, né à Nuremberg en 1502, mort à Rome en 1540, l'un des plus habiles parmi les petits maîtres de l'école de Dürer. En 1525, il fut avec son frère Hans-Sebald et son camarade, le peintre Georges Pencz), traduit en justice et condamné à l'exil pour affiliation aux doctrines anabaptistes et propagation d'écrits de Münzer et de Carlostadt. Cette condamnation ne paraît pas l'avoir empêché de travailler, puisque quelques-unes de ses meilleures planches, entre autres celle des Trois soldats (Bartsch, n° 50), portent le millésime 1525. En 1527, il entra au service du duc Guillaume IV de Bavière et s'établit à Munich. II y peignit, en 1528, le portrait du patricien munichois Hans Lissaltz et la série des quinze portraits de princes bavarois conservés aujourd'hui dans la salle des ancêtres du château de Schleissheim. Ils ne sont pas faits pour donner une haute idée de son talent; mais le musée d'Augsbourg, en revanche, le montre comme portraitiste accompli dans le beau portrait du palatin Othon Henri (1535), pendant longtemps attribué à Amberger.

La pinacothèque de Munich possède également de lui une oeuvre importante: l'Invention de la croix par sainte Hélène (n° 267) signée Bartholome Behem, 1530. Les fonds du tableau révèlent déjà une influence italienne et plus particulièrement vénitienne; on lui attribue également un Sacrificé de Marcus Curtius daté de 1540 (n° 269 de la Pinacothèque), d'une jolie couleur. Mais cette attribution parait fort douteuse. L'Adoration des rois Mages, de l'église paroissiale de Messkirch, dont les volets se trouvent dans la galerie Furstenberg à Donaueschingen et dans la collection Rynecker à Wortzbourg, le petit tableau d'autel de la collection Furstenberg (1536) avec la Vierge et l'enfant couronnés par des anges; la Crucifixion, la Sainte Anne et quelques autres petits tableaux de la même galerie; la Sainte Catherine, le Christ au mont des Oliviers (n° 619 A et 634 du musée de Berlin), les portraits de princes bavarois de la galerie Nostiz à Prague paraissent être de sa main ou tout au moins de son atelier
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Barthel Beham : l'empereur Ferdinand.
L'Empereur Ferdinand, par Barthel Beham, 1531.

Mais c'est surtout comme graveur que Beham occupe dans l'école allemande une place éminente. On connaît quatre-vingt-douze planches de sa main; il exécuta avec une rare souplesse une série d'ornements qui montrent déjà les ressources de son talent : dans les figures, il se révèle comme dessinateur excellent et incisif. Les portraits de Charles-Quint et de Ferdinand VI qu'il grava en 1581 d'un burin magistral - et dans des dimensions plus grandes que ses autres ouvrages - sont surtout cités comme une manifestation décisive de ses rares dons de portraitiste, habile à saisir et à caractériser le type individuel; par ce côté de son talent, il se rattache à Albert Dürer, son maître. On ne compte que cinq portraits dans son oeuvre gravé qui comprend 13 sujets religieux, 22 figures ou scènes mythologiques, 10 allégories, 11 scènes de genre familières, 26 planches d'ornements et 5 d'armoiries. La Vierge offrant le sein à l'enfant Jésus; Cléopâtre; les Enfants couchés à côté de têtes de mort; les Combats d'hommes nus; la Femme endormie; le Triomphe d'un homme et d'une femme entourés de jeunes filles sont citées parmi les meilleures.

Barthélemi Beham, qui mourut à Rome, avait été envoyé en Italie par le duc Guillaume IV pour se perfectionner dans son art; on croit qu'il travailla dans l'atelier de Marc Antoine et quelques historiens ont même voulu lui attribuer quelques estampes de l'oeuvre du célèbre maître italien, par exemple Jeune femme arrosant une plante; l'Homme et la Femme aux boules; la Femme aux deux éponges. Cette opinion a été à peu près universellement rejetée; mais il est certain que Beham sut assouplir et agrandir à l'école de l'Italie sa manière germanique et la corriger de sa sécheresse sans lui faire rien perdre de sa saveur ni tomber dans l'insupportable maniérisme de tant de ses compatriotes et successeurs. (André Michel).

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