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Becket (S.
Thomas). - Archevêque de Canterbury ,
grand chancelier d'Angleterre ,
né à Londres
le 24 décembre 1117 assassiné à Canterbury le 29 décembre
1170. Ii étudia la théologie
à Oxford
et à Paris ,
et le droit à Bologne
où il eut pour maître le célèbre canoniste Gratien.
Il .s'éleva par son savoir et son esprit de conduite aux plus hautes
fonctions de l'Etat. L'appui de Théobald, archevêque de Canterbury,
et la faveur du roi Henri II le firent
nommer grand chancelier du royaume (1158). Il déploya, en cette
qualité, les talents les plus divers, tantôt figurant, les
armes à la main, à la tête de la chevalerie anglaise ,
sur les champs de bataille, dans la guerre du roi Henri Il, son maître,
contre les comtes de Toulouse ,
tantôt défendant, sur le terrain juridique, son souverain,
contre les prétentions ultramontaines représentées
par l'évêque de Chichester .
En 1162, il fut appelé à
occuper le siège archiépiscopal de Canterbury .
A peine investi de sa nouvelle dignité, il se voua au service de
l'Eglise
avec un zèle égal à celui qu'il avait déployé
en faveur de la couronne. Il défendit énergiquement les privilèges
ecclésiastiques que lui-même avait jadis attaqués comme
grand chancelier. II n'en fut pas moins contraint de signer les fameuses
Constitutions
de Clarendon (1164) qui enlevaient à l'Eglise quelques-unes
de ses plus anciennes prérogatives. Malgré les concessions
obtenues, le roi cita Becket à comparaître devant un parlement
convoqué à Northampton, pour se justifier d'une série
d'accusations portées contre lui, entre autres d'avoir détourné
les deniers publics, pendant qu'il remplissait les fonctions de grand chancelier.
Au lieu d'obtempérer à cette sommation, Thomas Becket en
appela au pape et se réfugia en France
auprès de Louis VII, dont il obtint l'appui.
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Le
meurtre de Thomas Becket. (Gravure anglaise).
La lutte entre la théocratie et
la royauté en était arrivée à une crise aiguë.
D'un côté, était Henri
II avec ses barons et le haut clergé; de l'autre, Becket qu'accompagnaient
les voeux du peuple et des clercs inférieurs. Aux excommunications,
Henri répondit par des représailles contre la famille et
les amis de Becket, par la confiscation de leurs biens et d'autres mesures
vexatoires. Après un conflit qui dura six ans, les adversaires se
réconcilièrent à l'entrevue de Fréteval ,
en Beauce
(22 juillet 1170). Quelques mois après, Becket rentra en possession
de toutes ses dignités et de tous ses biens. Non content de cette
consécration de son triomphe, il suspendit de leurs fonctions plusieurs
membres du haut clergé qui avaient pris parti pour le roi contre
lui. Henri II, irrité de cette mesure agressive, prononça
contre son adversaire des paroles de colère, qui furent interprétées
par quelques gentilshommes de la cour, comme un ordre de le débarrasser
d'un ennemi gênant. Thomas Becket fut assassiné dans la cathédrale
de Canterbury ,
au pied de l'autel. Deux ans après,
il fut canonisé comme martyr par Alexandre
III. Le roi fit pénitence publique sur son tombeau et reçut
l'absolution de ce crime dont il avait été la cause involontaire
(1174).
La tombe de saint Thomas Becket devint,
pendant tout le Moyen âge ,
un centre de pèlerinage pour la chrétienté. En 1538,
Henri
VIII s'empara des riches offrandes accumulées dans la cathédrale
de Canterbury, détruisit la chasse où étaient déposées
les reliques
de Becket, et raya du calendrier le
nom de ce vaillant champion de l'Eglise .
La Vie de Thomas Becket a été écrite plusieurs
fois, notamment par l'abbé Mignot, Paris, 1756, par Bataille, 1843,
par J. A. Giles, Londres, 1846, avec ses Lettres, et par l'abbé
Darboy, Paris, 1858. Hippeau a édité en 1860 une Vie de
Thomas Becket, en vers, composée au XIIe
siècle par Garnier de Pont-Sainte-Maxence. J. A. Giles a publié
ses Opera omnia, 8 vol. in-8, Oxford, 1844-1846. (G.
de la Quesnerie). |
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