Baudelaire
1857 |
Ils marchent devant
moi, ces Yeux pleins de lumières,
Qu'un Ange très
savant a sans doute aimantés;
Ils marchent, ces
divins frères qui sont mes frères,
Secouant dans mes
yeux leurs feux diamantés.
Me sauvant de tout
piège et de tout péché grave,
Ils conduisent mes
pas dans la route du Beau;
Ils sont mes serviteurs
et je suis leur esclave;
Tout mon être
obéit à ce vivant flambeau.
Charmants Yeux, vous
brillez de la clarté mystique
Qu'ont les cierges
brûlant en plein jour; le soleil
Rougit, mais n'éteint
pas leur flamme fantastique;
Ils célèbrent
la Mort, vous chantez le Réveil;
Vous marchez en
chantant le réveil de mon âme,
Astres dont nul
soleil ne peut flétrir la flamme! |
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