Baudelaire
1857 |
Que diras-tu ce
soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon
coeur, coeur autrefois flétri,
A la très
belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin
t'a soudain refleuri?
- Nous mettrons notre
orgueil à chanter ses louanges:
Rien ne vaut la
douceur de son autorité;
Sa chair spirituelle
a le parfum des Anges,
Et son oeil nous
revêt d'un habit de clarté.
Que ce soit dans
la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans
la rue et dans la multitude,
Son fantôme
dans l'air danse comme un flambeau.
Parfois il parle
et dit: "Je suis belle, et j'ordonne
que pour l'amour
de moi vous n'aimiez que le Beau;
Je suis l'Ange gardien,
la Muse et la Madone." |
|