Baudelaire
1857 |
Avec ses vêtements
ondoyants et nacrés,
Même quand
elle marche on croirait qu'elle danse,
Comme ces longs
serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs
bâtons agitent en cadence.
Comme le sable morne
et l'azur des déserts,
Insensibles tous
deux à l'humaine souffrance,
Comme les longs
réseaux de la houle des mers,
Elle se développe
avec indifférence.
Ses yeux polis sont
faits de minéraux charmants,
Et dans cette nature
étrange et symbolique
Où l'ange
inviolé se mêle au sphinx antique,
Où tout n'est
qu'or, acier, lumière et diamants,
Resplendit à
jamais, comme un astre inutile,
La froide majesté
de la femme stérile. |
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