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Barmécides,
c'est-à-dire
fils de Barmek, famille célèbre
en Orient par son élévation et par ses malheurs, joua un
rôle important sous les premiers califes
abbassides.
Le premier qui soit connu dans l'histoire est Khaled, fils de Barmek noble
du Khoraçan ,
il fut promu vers 750 à la dignité de grand vizir par Aboul-Abbas,
qu'il avait contribué à placer sur le trône, et conserva
quelque temps cette charge sous Almanzor, dont
le règne glorieux fut en grande partie son ouvrage. Il devint ensuite
gouverneur de Mossoul
(765), et fut chargé d'élever l'héritier du trône,
Haroun-ar-Raschid
(778); il mourut peu après, avec une grande réputation de
sagesse.
Son fils Yahia, porta au plus haut point
la fortune et la gloire des Barmécides. Il contribua beaucoup à
assurer la couronne à Haroun qui
en reconnaissance lui donna la charge de vizir dès qu'il fut sur
le trône (786) : c'est à lui qu'est dû l'éclat
du règne d'Haroun-ar-Raschid.
Yahia eut plusieurs fils, dont les plus
connus sont Fadhl et Djafar (frère du Giafar
des Mille et une Nuits )
qui tous deux partagèrent la fortune et la faveur de leur père;
on les nommait les Petits Vizirs. Fadhl eut administration de la justice,
et Djafar, la surintendance du palais du calife
: il était le compagnon et le confident du prince. Haroun lui confia
en outre l'éducation de son fils Al-Mamoun.
Au bout de 17 ans d'une prospérité sans égale, cette
famille se vit tout d'un coup renversée du faite des grandeurs et
frappée de la manière la plus cruelle, par ce même
Haroun-ar-Raschid
qui lui devait tant (803). Djafar fut décapité à Anbar ,
à peine âgé de 37 ans; Yahia fut, ainsi que son fils
Fadhl, envoyé dans une prison lointaine; tous les parents ou amis
des Barmécides, enveloppés de la même disgrâce,
furent massacrés ou emprisonnés, et dépouillés
de leurs biens.
On ne connaît pas bien la cause de
cette étrange révolution selon les uns, Haroun
était jaloux des Barmécides qui avaient usurpé tout
le pouvoir et ne lui laissaient que le vain nom de calife;
selon d'autres, Djafar avait désobéi au calife en mettant
en liberté un descendant d'Ali qu'il lui avait
ordonné de mettre à mort; selon d'autres enfin, Djafar avait
séduit une soeur du prince, la belle Abbassa, pour laquelle Haroun
avait lui-même une vive passion. Les malheurs des Barmécides
ont été chantés par les poètes orientaux; ils
ont aussi fourni le sujet de plusieurs tragédies, de celle entre
autres que La Harpe fit représenter en
1778. |
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