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L'objet de Becklin-Neugebauer
(BN)
porte le nom des deux astronomes qui l'on découvert en 1967. Il
est très profondément enfoui dans la poussière
est inobservable dans le domaine visible, mais c'est une source infrarouge
très brillante nichée au coeur de la Nébuleuse
d'Orion,
non loin de l'amas Trapèze. Il pourrait s'agir
d'une très grosse étoile en train
de naître. Selon certaines estimations, cette
étoile, légèrement variable,
avec une période de 6,15 jours, pourrait être 2500 fois
plus lumineuse que notre Soleil, avoir une masse
comprise entre 7 et 12 masses solaires, et une température
de surface avoisinant les 25 000 K.
Une
étoile en cavale - L'analyse des données recueillies
par la radioastronomie entre 1986 et 1995 a montré que l'objet de
Becklin-Neugebauer s'éloigne extrêmement rapidement (environ
une quarantaine de kilomètres par seconde) de la région centrale
du Trapèze où il se trouvait il y a 4000 ans. Selon
une étude publiée en janvier 2004 par Jonathan Tan (observatoire
de l'université de Princeton), l'objet pourrait avoir été
expulsé du système multiple Thêta-1C Ori, qui avec
une masse équivalente à 45 masses solaires est la principale
étoile du groupe.
Beaucoup d'autres sources infrarouges et radio
(masers) l'entourent. De quoi penser qu'on a ici affaire à un site
de formation stellaire très analogue à son proche voisin,
l'amas du Trapèze, mais moins évolué que lui. On peut
encore noter que l'examen de ce secteur en X par l'instrument ACIS de Chandra
a lui aussi révélé dans le voisinage de BN des sources
stellaires d'une grande diversité. Dans la plupart des cas, leur
contrepartie infrarouge a pu leur être associées. Parfois,
les sources X semblent dépourvues de toute émission infrarouge
ou optique. Elles pourraient correspondre à une nouvelle classe
d'étoiles en formation fortement obscurcies par la poussière.
Tout cela conforte l'idée que l'on est bien en présence d'un
amas
en cours de formation. Quand le Trapèze aura cessé d'illuminer
la Grande nébuleuse, ce sera probablement d'ici que jaillira la
lumière du nouvel amas d'Orion.
Curieusement le centre de l'objet de Becklin-Neugebauer
n'émet aucun rayonnement X. Mais une telle source X est identifiable
dans sa proximité. Aurait-on affaire à deux objets sans rapport
l'un avec l'autre? Ou, au contraire, les émissions infrarouge et
X ont-elles la même cause. Il est envisageable en particulier que
la le rayonnement X provienne de la zone de collision avec le nuage environnant
d'un flux de matière éjecté
par BN. Un point de vue d'autant plus crédible que l'on a mis en
évidence déjà depuis longtemps autour de l'objet de
Becklin-Neugebauer, une petite nébuleuse
en forme de papillon - la nébuleuse de Kleinman-Low. Or, elle aussi
pourrait se comprendre comme le résultat de l'éjection de
matière par de jets s'extrayant de l'astre central.
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Deux
protoétoiles de masses intermédiaires (notées i et
n) ont été détectées par R. Y. Shuping et son
équipe à proximité de l'objet de Becklin-Neugebauer
(BN). L'une d'elle, dont l'auteur de cette étude a schématisé
le disque d'accrétion et les jets de
Herbig-Haro supposés, apparaît à l'origine du creusement
dans la matière interstellaire environnante dense et relativement
chaude (jusqu'à 200°C) (en vert sur le schéma) de deux
cavités coniques (signalées par des pointillées),
ainsi que d'une des composantes de l'expansion générale depuis
quelques milliers d'années de la matière dans cette
région, et dont l'autre composante semble plutôt être
l'objet de Becklin-Neugebauer lui-même.
(Sources des images : Subaru near-infrared false-color images (a, b); Subaru
Observatory, National Astronomical Observatory of Japan; Keck mid-infrared
false-color image; (c) R. Y. Shuping, UCLA, W. M. Keck Observatory). |
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