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La maison d'Armagnac

La maison d'Armagnac, qui descendait des anciens ducs de Gascogne remonte aux premières années du Xesiècle. Pendant les deux cent premières années de son existence, son influence n'a guère été plus grande que celle des autres maisons féodales qui se partageaient le territoire de l'ancienne Aquitaine; mais, dès qu'elle eut réuni à ses domaines patrimoniaux le comté de Fezensac, elle commença à acquérir une importance qui alla toujours croissant jusqu'au XVe siècle. Longtemps, elle disputa le premier rang à la maison de Foix dans la France méridionale, et ses démêlés avec cette maison célèbre remplissent pendant cent cinquante ans, aux XIVe et XVe siècles, l'histoire des pays gascons. 

Sa position sur les frontières de la Guyenne et du Languedoc lui permit de jouer pendant la Guerre de Cent ans un rôle des plus considérables; mais ce ne fut pas toujours au service de la cause française qu'elle sut employer ce qu'elle avait d'influence et de forces. La maison d'Armagnac atteignit à son apogée sous le règne du comte Bernard VII (1391-1418), qui devint connétable de France et premier ministre du roi Charles VI. Mais elle déclina rapidement sous les successeurs de ce prince. Elle s'éteignit à la fin du XVe siècle avec le comte Charles Ier, mort en 1497 sans laisser de postérité. La maison d'Armagnac avait donné naissance aux vicomtes de Fézensaguet, aux comtes de Pardiac et aux ducs de Nemours. Le dernier de ceux-ci, rejeton de la famille d'Armagnac, fut Louis d Armagnac, duc de Nemours, qui mourut, en 1503 sur le champ de bataille. 

Les Armagnac portaient : Écartelé 1 et 4 d'argent, au lion de gueules, 2 et 3 de gueules au lion léopardé d'or.
Bernard VII, comte d'Armagnac. - Chef de la faction dite des Armagnacs, fut mis en possession de son comté en 1391 par la mort de son frère Jean III. Dans les querelles des maisons de Bourgogne et d'Orléans, qui désolèrent la France pendant la démence de Charles VI, il embrassa le parti du duc d'Orléans, dont le fils, Charles d'Orléans, était son gendre, et devint bientôt l'âme de cette faction. Après l'assassinat du duc d'Orléans par le duc de Bourgogne, 1407, il se mit à la tête des partisans de la victime, combattit la faction de Bourgogne, finit, après des succès divers, par entrer dans Paris à la tête d'une armée, 1413, se fit nommer par la reine Isabeau connétable, puis premier ministre, et s'empara de toute l'autorité, 1415. Mais il ne tarda pas à se rendre odieux par ses exactions et sa tyrannie, et rompit avec la reine, qui alla chercher un asile à la cour de Bourgogne, 1418. Les mécontents ayant réussi à introduire les Bourguignons dans Paris, toute la ville se souleva contre le comte d'Armagnac et il se vit contraint de se cacher; mais il fut découvert dans sa retraite, et massacré avec un grand nombre des siens par la populace furieuse.
Jean V, comte d'Armagnac. - Petit-fils de Bernard VII d'Armagnac, fut accusé sous Charles VII d'avoir entretenu des intelligences avec les Anglais, et condamné par le parlement au bannissement et à la perte de ses biens, 1460. Louis XI, à son avènement, le rappela et lui rendit ses biens en 1461; mais il ne paya ce prince que d'ingratitude : il entra dans la Ligue du Bien public, embrassa le parti du duc de Guyenne, frère du roi et son ennemi acharné, et livra les côtes de France aux Anglais et aux Aragonais. Condamné de nouveau, il résista les armes à la main et s'enferma dans Lectoure, où il soutint un long siège contre le cardinal Joffrédy. Celui-ci lui proposa de traiter; mais pendant qu'on négociait, les troupes royales entrèrent dans la place par trahison, et le comte d'Armagnac fut assassiné, 1473. Ce seigneur avait conçu un amour incestueux pour sa soeur Isabelle : il l'épousa publiquement malgré les foudres du Vatican, et en eut plusieurs enfants

Son frère, Charles d'Armagnac, condamné avec lui, resta 14 ans à la Bastille et n'en sortit que sous Charles VIII, qui lui rendit l'Armagnac.

Jacques d'Armagnac. - Duc de Nemours, petit-fils du connétable Bernard d'Armagnac mais issu d'un fils cadet, fut dans sa jeunesse comblé de bienfaits par Louis XI, qui lui fit épouser une de ses cousines, investit du duché de Nemours et lui confia des commandements importants. Loin de se montrer reconnaissant, Jacques d'Armagnac se rangea parmi les ennemis du roi, et accéda à la Ligue du Bien public. Il obtint deux fois son pardon; mais ayant pris part à de nouvelles intrigues, il fut assiégé et pris dans Carlat, et amené à la Bastille, où le roi irrité le fit enfermer dans une cage de fer. Condamné par le parlement, il fut mis à mort en 1477, à peine âgé de 40 ans. Ses fils, encore en bas âge, furent, dit-on, forcés d'assister à son supplice, et placés sous l'échafaud pour recevoir sur leur tête le sang de leur père; mais cet acte odieux est fortement contesté.
Louis d'Armagnac. - Duc de Nemours, troisième fils du précédent, n'avait que 5 ans lors du supplice de son père. Il fut détenu à la Bastille jusqu'à la mort de Louis XI. Charles VIII le mit en liberté et lui rendit une partie de ses biens; il accompagna ce prince dans son expédition en Italie et s'y distingua. Louis XII le nomma vice-roi de Naples : mais il éprouva plusieurs échecs, et périt à Cérisoles en combattant les Espagnols, le 28 avril 1503. Avec lui s'éteignit cette branche de la maison d'Armagnac.
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Dictionnaire biographique
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