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Archélaüs

Archélaüs est un philosophe grec. Il fut, avec Périclès et Euripide, l'un des disciples d'Anaxagore. Il succéda a son maître dans l'école que celui-ci avait fondée à Lampsaque, depuis que la persécution sacerdotale l'avait chassé d'Athènes. Peu de temps après, Archélaüs transporta cette même école à Athènes où Anaxagore l'avait d'abord établie et maintenue durant l'espace d'environ trente années. 

Dans cette école, Archélaüs eut pour disciple Socrate, qui puisa à son enseignement le goût des sciences physiques. Diogène Laërce assure qu'il fut le premier qui apporta d'Ionie à Athènes la philosophie naturelle. Mais cette assertion constitue une erreur, attendu qu'Archélaüs succédait à Anaxagore, et que c'est celui-ci, et non son disciple, qui apporta à Athènes la science que Thalès avait fondée en Ionie.

Archélaüs fut à Athènes le propagateur de cette science, ce qui lui valut le surnom de physikos, lequel, d'après Diogène Laèrce, lui fut encore donné parce que la philosophie naturelle s'éteignit avec lui pour faire place à la philosophie morale, que créa Socrate. Toutefois, l'enseignement d'Archélaüs parait ne s'être pas exclusivement renfermé dans la sphère de la philosophie naturelle, puisque, si l'on en croit de Diogène Laërce, les lois, le beau et le bien, avaient fait plus d'une fois la matière de ses discours. Diogène ajoute même que ce fut d'Archélaüs que Socrate reçut les premiers germes de la science morale, et qu'il passa ensuite pour en être le créateur, bien qu'il ne fit que développer l'enseignement qu'il avait reçu.

Diogène ne détermine rien de précis touchant la cité d'origine d'Archélaüs : il se contente de dire qu'il naquit à Athènes ou à Milet. Quant à l'époque de sa naissance, il ne la mentionne même pas. Il est difficile d'apporter ici une date certaine; mais on peut cependant s'arrêter à une conjecture assez vraisemblable. On sait qu'Anaxagore mourut en 426, et qu'Archélaüs lui succéda dans l'école de Lampsaque. Or, il paraît probable qu'il ne devint pas chef d'école avant l'âgee de quarante à cinquante ans; et l'on est ainsi conduit à rapporter approximativement l'époque de sa naissance à l'une des dix années qui séparent l'an 476 d'avec l'an 466 avant l'ère chrétienne.

La cosmogonie d'Archélaüs diffère par des points essentiels de celle de ses prédécesseurs dans l'école ionienne. Les uns, Thalès, Phérécyde, Anaximène et Diogène, Héraclite, avaient adopté pour principe générateur un élément unique, soit l'eau, soit la terre, soit l'air, soit le feu. Les autres, Anaximandre et Anaxagore, avaient reconnu un nombre indéfini de principes, apeiron, une sorte de chaos primitif, une totalité confuse, à son tour, admit une pluralité d'éléments primordiaux non une pluralité indéfinie, mais une pluralité déterminée, une dualité. 

Maintenant, quels étaient ces deux principes? Diogène Laërce les mentionne sous les
denominations de chaud et de froid, ce qui, vraisemblablement, signifie le feu et l'eau. Primitivement confondus, ces deux principes se séparent et, en vertu de l'action du feu sur l'eau, prirent naissance la terre et l'air, de telle sorte que, dans cet ensemble, la terre et l'eau occupèrent la partie inférieure, l'air le milieu, et le feu les régions élevées. L'action du feu fit éclore du limon terrestre les animaux, et l'humain fut le dernier produit de cette énergie spontanée des éléments.

En physique, il soupçonna la rondeur de la Terre; en morale, il niait la différence du bien et du mal, et disait que rien n'est juste ou injuste que par l'effet de la coutume : c'est ainsi qu'on lui rapporte cet aphorisme cher aux Sophistes : " Le juste et l'injuste ne résultent pas de la nature mais de la loi." (F).

Archélaüs Ier est un roi de Macédoine, qui régna de 413 à 399. Il était un fils naturel de Perdiccas II, avait été reconnu de bonne heure par son père, et, à la mort de ce dernier, nommé tuteur du jeune roi, fils légitime né de la reine Cléopâtre. Il commença par se débarrasser d'Alcétas, le frère de Perdiccas, et de son fils Alexandre; puis il mit à mort l'enfant royal dont il avait la tutelle et se fit nommer roi à sa place. Une fois arrivé à son but, il montra les plus grandes qualités et sut poursuivre des projets utiles à son pays.

II prit part à la guerre du Péloponnèse en qualité d'allié des Athéniens; ceux-ci lui prêtèrent leur appui lorsque Pydna se fut détaché de lui. Il reprit cette place avec l'aide du stratège athénien Théramène et la reporta à vingt stades plus à l'intérieur de son royaume. Ce fut surtout dans la paix que son action fut heureuse pour le bien de ses sujets. Comme fondateur de villes, constructeur de routes et organisateur d'armées, Archelaüs, au jugement de Thucydide, fit plus que les huit rois ses prédécesseurs. Epris de la culture hellénique, il rêva d'en transplanter les manifestations les plus brillantes à sa cour; il réussit à y attirer les poètes Choerilus, Agathon, Euripide, qui célébra sa gloire dans une tragédie aujourd'hui perdue, l'Archelaüs. Zeuxis orna de ses peintures le palais; Timothée charma les fêtes au son de sa lyre.

La ville de Dion, construite sur le versant septentrional de l'Olympe dans la Piérie, devint le théâtre de jeux solennels en l'honneur de Zeus et des Muses, tandis que la capitale du royaume était transportée de Pydna à Pella dans l'Emathie, et reliée à la mer par le Ludias.

Les contemporains célèbrent à l'envi tous ces efforts en faveur des arts, de la poésie et de la civilisation. Archelaüs mourut après quatorze ans de règne, tué à la chasse, les uns disent par accident, les autres par une conjuration qu'aurait fomentée le vieux parti macédonien, jaloux de l'influence grecque et hostile aux idées qu'elle acclimatait dans le royaume. (J.-A. H.).

Archélaüs est un général de Mithridate le Grand, adversaire de Sylla durant la première guerre que les Romains firent au roi du Pont (88 av. J. C.). Après avoir battu l'allié des Romains, Nicomède de Bithynie, il fut battu lui-même et blessé au siège de Magnésie. Envoyé par Mithridate en Grèce avec une flotte et une armée considérable, il débarqua au Pirée et détacha des Romains la plupart des peuples grecs jusqu'en Thessalie.

Il livra une bataille de trois jours près de Chéronée au général romain Sura
et mit en danger la puissance romaine en Grèce, en Asie, en Macédoine; c'est alors que Sylla vint prendre la direction de la guerre. II assiégea Athènes et le Pirée où Archelaüs s'était fortifié et d'où il ne réussit à le déloger qu'au prix des plus grands efforts.

Ce fut de nouveau à Chéronée que Sylla livra à son adversaire, qui avait réuni une armée de 120,000 hommes, une bataille formidable où Archelaüs fut vaincu. Il n'en persista pas moins à tenir la mer et à ravager les côtes. Mithridate lui ayant envoyé des renforts, il attaqua les Romains à Orchomène; Sylla l'y battit après deux jours de luttes héroïques, qui coûtèrent aux Asiatiques la presque totalité de leur armée. Mithridate engagea Archelaüs à traiter de la paix, qui fut accordée par Sylla à des conditions particulièrement honorables pour les vaincus (84 av. J.-C.). 

Archelaüs, que Sylla avait traité avec une flatteuse distinction et qui s'était énergiquement refusé à trahir son roi, n'en fut pas moins accusé auprès de lui et tenu désormais en disgrâce. Dans la seconde et la troisième guerre contre Mithridate, il parait s'être rendu utile aux Romains par divers conseils ou services. On ignore la fin de sa vie et l'époque exacte de sa mort. (J.-A. H.).

Archélaüs. - Fils du précédent, servit dans les troupes romaines et reçut de Pompée la souveraineté Comane dans le Pont. Ayant ensuite obtenu la main de Bérénice, fille de Ptolémée-Aulète et reine d'Égypte, il se fit, à la faveur de cette alliance, reconnaître roi d'Egypte, et se révolta contre les Romains, 57 ans av.-J.-C.; mais 6 mois après il fut tué dans un combat contre Gabinius. Néanmoins, son fils, nommé aussi Archélaus, fut fait roi de Cappadoce par Antoine et se fit maintenir par Auguste; mais ayant déplu à Tibère, il fut jeté dans les prisons de Rome ou il mourut en 17 de J.-C.
Archélaüs, fils et successeur du précédent, tenta de s'emparer de la Cappadoce et fut arrêté par Cicéron, gouverneur de Cilicie. César le destitua en 47 av. J.-C.
Archélaüs, fils du précédent, reçut de Marc Antoine la royauté de Cappadoce, grâce aux charmes de sa mère Glaphyra qui sut gagner le Romain. Il prêta son appui au triumvir contre Octave, sut à temps se ranger dans le parti de ce dernier et obtint de conserver son royaume, auquel les Romains ajoutèrent même la Cilicie. Son mariage avec Pythodoris, veuve du roi d'Arménie, Polémon, lui valut d'y joindre encore un troisième Etat. Tibère, exilé à Rhodes, n'ayant pas eu à se louer de la conduite d'Archelaüs à qui il avait précédemment rendu des services, le fit venir à Rome, une fois empereur, et l'accusa devant le Sénat. Il le destinait à la mort; mais on jugea superflu d'employer cette rigueur envers un vieillard affaibli et imbécile; Archelaüs mourut en 17 ap. J: C. ; c'est alors que la Cappadoce fut déclarée province romaine. (J.-A. H.).
Archélaüs (Hist. juive) est le fils d'Hérode le Grand et de la Samaritaine Malthake. D'après le testament d'Hérode, Archelaüs devait succéder à son père sur le trône de Judée, mais ses droits furent contestés par un de ses frères, Hérode Antipas, et ce ne fut qu'après d'assez longues contestations devant Auguste, accompagnées de troubles et de désordres de tout genre en Palestine, qu'une décision impériale intervint entre les deux frères rivaux : Antipas obtint la Galilée et la Pérée avec le titre de tétrarque; Archelaüs garda la Judée, la Samarie et l'Idumée, mais à titre d'ethnarque et non de roi. Une autre partie du royaume d'Hérode fut accordée à leur frère Philippe. 

Le gouvernement d'Archelaüs (an 4 avant jusqu'à l'an 6 après l'ère chrétienne) ne fut pas plus populaire que celui de son, père on lui reprochait d'être violent et tyrannique, c'était un défaut de famille. Il blessa profondément les sentiments religieux du peuple en répudiant sa femme Mariamne pour épouser son ancienne belle-soeur, la princesse Glaphyra, fille du roi de Cappadoce, et déjà veuve de deux époux : le premier, Alexandre, fils d'Hérode; le second, Juba, roi de Maurétanie. Comme elle avait eu des enfants d'Alexandre, ce mariage était, suivant la loi du lévirat, considéré comme illégal. 

Après neuf ans de règne, Archelaüs s'était rendu insupportable à ses sujets. Une députation juive vint se plaindre de lui à Rome, il fut destitué et envoyé en exil à Vienne, dans la Gaule. Son royaume fut annexé à la province de Syrie et gouverné dorénavant par des procurateurs romains. Le cinquième de ces procurateurs est le fameux Ponce-Pilate. (I. Loeb).

Archélaüs est un sculpteur grec, qui n'est connu que par une seule oeuvre, portant sa signature. C'est le curieux bas-relief de l'Apothéose d'Homère, trouvé au milieu du XVIIe siècle, près de la voie Appienne, sur l'emplacement de l'ancienne Bovillae. Ce bas-relief a été conservé, jusqu'en 1819, au palais Colonna, et a été ensuite acquis par le British Museum. Il est divisé en deux registres d'inégale grandeur. 

La partie supérieure semble représenter le Parnasse, au sommet duquel est assis Zeus, le sceptre en main, avec l'aigle à ses pieds. Sur les pentes de la montagne, à des niveaux différents, sont représentées les neuf Muses, dési gnées par leurs attributs caractéristiques, et groupées avec une certaine préoccupation de viser au pittoresque. Au pied de la montagne est figurée une grotte, sans doute antre corycien du Parnasse; l'artiste y a placé Apollon Citharède, aux pieds duquel on voit l'omphalos de Delphes, avec l'arc et le carquois du dieu, et une figure féminine, tenant une patère où l'on reconnaît une prêtresse de Delphes. A côté de la grotte, se trouve la statue d'un poète, placée sur la même base qu'un trépied; c'est Hésiode ou Orphée. 

A la partie inférieure, on voit Homère assis, appuyé sur un sceptre, et accompagné de deux petites figures, qu'une inscription désigne par les noms de l'lliade et de l'Odyssée. Derrière le poète, une femme debout, coiffée du modius, tient une couronne au-dessus de sa tête : c'est la Terre habitée; près d'elle, le Temps tient un rouleau manuscrit à la main, comme pour indiquer que le temps est le gardien des oeuvres homériques. En avant, la flamme brille sur un autel, la victime destinée au sacrifice est prête, et le Mythe (Mythos) joue le rôle du sacrificateur, tandis que l'Histoire dépose sur l'autel des grains d'encens. La Poésie, qui vient ensuite, tient deux torches allumées. Derrière elle, la Tragédie et la Comédie s'avancent, le bras droit tendu vers le poète, dans une attitude théâtrale, et plus loin la Vertu, la Mémoire, la Bonne Foi et la Sagesse, complètent le groupe des figures allégoriques qui viennent rendre hommage au génie d'Homère.
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Apothéose d'Homère.
Bas-relief de l'Apothéose d'Homère.

L'inscription gravée dans un cartouche placé aux pieds de la figure de Zeus nous apprend que ce bas-relief est l'oeuvre d'Archelaüs de Priène, fils d'Apollonius. Les caractères de l'écriture, ainsi que le style de l'oeuvre, sont les seuls indices que nous possédions sur la date où vécut Archelaüs. La composition dénote des emprunts à des types connus de la statuaire grecque, notamment dans la figure d'Apollon Citharède. La disposition des personnages nous montre ce goût pour le pittoresque qui se développe avec l'école de Pergame. Enfin, une telle composition, où l'allégorie est luise au service de l'érudition, trahit tous les caractères de l'art alexandrin; c'est une hypothèse très plausible d'admettre qu'Archelaüs de Priène vivait au commencement du Ier siècle avant notre ère. (Max. Collignon).

Archélaüs est un géographe grec, peut-être contemporain d'Alexandre, auteur d'un écrit Péri potamôn cité par le pseudo-Plutarque (De fluviis).
Archélaüs de Chersonèse est un poète et naturaliste qui semble avoir vécu du temps de Ptolémée Philadelphe. Nous avons de lui quatre épigrammes; des auteurs le présentent comme un poète didactique qui s'est occupé de décrire les productions et les phénomènes de la nature. (J.-A. H.).
Archélaüs est un évêque de Carrhes en Mésopotamie, adversaire de Manès et de l'hérésie manichéenne.
Archélaüs est un poète alchimiste grec, florissait vers le Ve siècle de l'ère chrétienne. Il a laissé un poème en vers iambiques sur l'art sacré; plusieurs bibliothèques de l'Europe en renferment des manuscrits. Ideler l'a publié en entier dans ses Physici et medici graecii minores, Berlin, 1842, in-8 ; le poème se compose de 136 vers. (Dr L. Hn.).
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