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Apicius.
- Ce nom a été porté dans l'Antiquité latine
par trois personnages de la même famille qui se sont immortalisés
par leur gourmandise.
Le premier vivait dans le dernier siècle
de la République; il a joué un certain rôle politique
et a été le principal auteur de l'exil de l'ancien consul
Rutilius Rufus, en 92 av. J. C
Le deuxième vivait à l'époque
d'Auguste et de Tibère
: son nom complet est M. Gavius Apicius. C'est le plus célèbre
dans cette trinité de gourmets ou plutôt de gloutons. Sénèque
et Pline l'Ancien en parlent avec mépris
et indignation, Pline en l'appelant le plus vorace de tous les débauchés,
Sénèque en lui consacrant les lignes suivantes :
«
De nos jours vivait Apicius. Dans cette même ville d'où l'on
a chassé les philosophes comme corrupteurs de la jeunesse, il a
professé l'art de la bonne chère et il a infecté le
siècle de sa science. Sa mort vaut la peine qu'on la raconte. Après
avoir dépensé pour sa cuisine 100 millions de sesterces,
après avoir absorbé pour chacune de ses orgies tous les revenus
du Capitole, se trouvant accablé de dettes, il eut l'idée
de faire, pour la première fois, le compte de sa fortune. II compta
qu'il lui restait 10 millions de sesterces; et, comme s'il eut dû
vivre dans les tourments de la faim avec ses 10 millions de sesterces,
il s'empoisonna. Quels devaient être sa corruption et son faste,
alors que 10 millions de sesterces lui représentaient l'indigence?
» (Consolat. ad Helviam, 10).
On vient de voir que Sénèque
fait allusion à un traité d'Apicius sur l'art gastronomique,
on possède en effet sous ce nom un livre de recettes de cuisine;
mais ce traité de l'art culinaire
date du IIIe siècle de notre ère,
et n'a rien de commun avec le M. Apicius de l'époque de Tibère.
L'ouvrage original d'Apicius est perdu, celui que l'on possède,
De
re coquinaria, s'était mis sous le patronage de ce nom célèbre
dans l'art de la bonne chère, Apicius resta dans toute l'Antiquité
le type par excellence de la gourmandise; c'est à son exemple que
l'empereur Elagabal, digne à tous égards de prendre un pareil
modèle, mangeait des talons de chameau, des crêtes de coq,
des langues de paon et de rossignol.
Le troisième Apicius vivait sous
Trajan.
Ce gastronome est connu pour avoir envoyé à l'empereur, lors
de son expédition chez les Parthes, des huîtres qu'il eut
l'art de lui faire parvenir encore toutes fraîches.
(G.
L.-G.). |
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