D'Anville
fut aussi l'un des initiateurs d'une vaste entreprise. A son époque,
un débat sur la véritable forme de la Terre
commençait à agiter les savants. Des mesures de la Terre
effectuées par Picard et pur les Cassini,
on avait conclu qu'elle était un ellipsoïde allongé
aux pôles; au contraire, les théories de Huygens
et de Newton, en supposant que la Terre était
primitivement molle, lui donnaient la forme d'un ellipsoïde de révolution
aplati aux pôles. Aussi, pendant longtemps, les savants, même
au sein de l'Académie des Sciences, formèrent-ils deux camps.
L'idée
de trouver la vraie forme de la Terre par des mesures précises effectuées
à l'équateur
et le plus près possible des pôles
,
mise en avant par des géomètres et par d'Anville, premier
géographe du Roi, dans sa Proposition d'une mesure de la Terre
(1735), fut enfin approuvée par Louis XV,
qui consentit à couvrir les dépenses nécessaires.
Deux
Commissions furent nommées en 1735 par l'Académie des Sciences,
pour aller au loin effectuer la mesure de degrés terrestres: la
première, composée de Godin, de La
Condamine, Bouguer, J.
de Jussieu et Couplet, se rendit au Pérou;
la seconde, composée de Maupertuis,
Clairaut,
Camus,
Le
Monnier,
Outhier et Celsius,
d'Upsala, se rendit en Laponie (
Voyage
en Laponie).
Après
les travaux de ces deux célèbres expéditions, Cassini
II fit vérifier en 1739 par de La Caille
les mesures de la méridienne de France entre Paris
et Perpignan
;
de ces travaux et de cette vérification, il résulta que le
débat relatif à la forme de la Terre fut tranché en
faveur des partisans de l'aplatissement aux pôles. (Lebon, 1899).