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Anthropomorphisme. - L'anthropomorphisme est, comme l'indique l'étymologie (anthropos, humain, et morphè, forme), un doctrine qui se représente les divinités avec la forme et les attributs humains. C'était le cas, en particulier de l'ancienne religion grecque. Les premiers philosophes ont rompu avec cette conception. Platon, par exemple, considère la Divinité comme le Bien suprême, Aristote comme la Pensée pure, qui se pense elle-même dans un acte éternel. Le christianisme adore « Celui qui est » et refuse aux humains la compréhension de Dieu. On peut le connaître, non le comprendre

Nous ne le connaissons que par les qualités et les perfections qu'il a mises en nous. Il possède donc nos perfections et, comme dit Leibniz, "ses perfections sont celles de nos âmes, mais il les possède sans bornes". Là encore sans doute, il y a un certain anthropomorphisme, puisqu'après tout nous ne pouvons nous représenter Dieu qu'à l'aide de nos propres qualités ; mais nous nions en lui l'imperfection et le défaut qui se rencontrent toujours en nous.

A l'anthropomorphisme s'oppose l'agnosticisme. Déjà les Eléates avaient affirmé qu'on ne pouvait rien dire de l'Être; Plotin soutint que l'Être absolu échappait à la pensée ; Kant, Hamilton, Spencer, soutiennent qu'on ne peut arriver à la connaissance de l'Être absolu et Renan résume toutes les théories agnostiques dans ce mot : 

"Quand on parle de Dieu, toute proposition est impertinente en dehors de celle-ci : Il est." 
C'est cette théorie même que Victor Hugo a développée dans Religion et Religions où il ne dit de Dieu que ceci : Il est, il est, il est, il est éperdument.

Il semble cependant qu'attribuer à Dieu la bonté, la justice, l'intelligence, ce n'est 
point être impertinent, ni lui faire tort, surtout quand on ajoute que sa bonté, sa justice, son intelligence n'ont point de bornes et dépassent ainsi infiniment les qualités humaines que nous appelons de ces noms. Nous ne transposons point alors la parole de la Genèse, comme on l'a spirituellement reproché aux philosophes, nous ne faisons point Dieu à notre image, nous nous appuyons seulement sur notre expérience intérieure pour nous représenter une partie de sa perfection. Nous ne voyons pas sans doute cette perfection, mais nous la concevons et nous l'affirmons. (Fonsegrive).

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