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Anne Stuart
est une reine d'Angleterre ,
née le 6 février 1663, morte le 10 août 1714. Issue
du premier mariage de Jacques Il
avec Anne Hyde, fille de lord Clarendon, elle fut élevée
dans les principes de la religion anglicane
et épousa à dix-huit ans, en 1683, le prince Georges de Danemark ,
fils cadet du roi Frédéric
III. Elle résida surtout en Angleterre où la retenait
l'affection jalouse de son père. Quand Guillaume
d'Orange débarqua à la têtea d'une armée
pour déposer Jacques Il, Anne passa aux Hollandais.
Cette trahison domestique atterra le roi, d'autant plus que la princesse
avait été entraînée par lord Churchill, le futur
duc de Marlborough, pour qui Jacques avait aussi beaucoup d'affection.
Après le traité de Ryswyk, Anne fut reconnue par le parlement
anglais comme héritière présomptive de Guillaume III
et quand celui-ci mourut, la 19 mars 1702, elle prit possession du pouvoir
sans opposition.
Le règne de Anne Stuart se partage
en deux parties inégales : dans la première (1702-1710),
la reine est dominée par les whigs et dirigée par
la duchesse de Marlborough; dans la seconde (1710-1714), elle passe aux
tories,
et essaie de laisser la couronne à son frère Jacques III.
La guerre de la succession d'Espagne
était déjà engagée quand elle devint reine;
Anne consentit à entrer dans la grande alliance; Marlborough fut
son diplomate et son homme de guerre. Son mari, Georges de Danemark, devint
prince d'Angleterre. La première partie du règne est très
glorieuse. Les Français sont chassés
d'Allemagne
et des Pays-Bas ;
l'insurrection des Camisards est fomentée par l'Angleterre, tandis
que les Catalans se révoltent contre
Philippe
V. La prise de Gibraltar
donne à la marine anglaise la clef de la Méditerranée
en même temps que le traité de lord Methuen fait presque du
royaume du Portugal
un Etat vassal. Enfin, par l'acte d'union (1707), le royaume d'Ecosse
est réuni au royaume d'Angleterre
: Anne Stuart devint reine de la Grande-Bretagne. Un acte du parlement
règle la succession et confère le titre d'héritier
présomptif au chef de la maison de Hanovre issu de la princesse
Sophie, fille de Jacques Ier. Cet acte,
qui détruisait les dernières espérances du prétendant
Jacques III, détermina celui-ci à faire une tentative pour
revendiquer la couronne (1708), mais il ne put mérite pas débarquer
en Ecosse. Les conférences de Gertruydenberg et la bataille de Malplaquet
ébranlèrent l'autorité des whigs qu'on accuse de tout
sacrifier au maintien de leur pouvoir. Aussi en 1810, Anne rompt brusquement
avec la duchesse de Marlborough et, usant de sa prérogative royale,
remplace le ministre en prenant Bolingbroke et Harley pour principaux conseillers.
La seconde partie du règne de la
reine Anne Stuart (1710-1714) est occupée par des intrigues de tout
genre
ayant pour but de préparer la paix avec la France
et la restauration des Stuarts. Le successeur
du duc de Marlborough à la tête de l'armée de Flandre,
Ormond, reçut l'ordre de suspendre les hostilités, Stanhope
fut fait prisonnier à Brihuega, l'avènement de Charles VI
bouleversait toute la politique européenne. Aussi les élections
de 1713, habilement préparées, donnèrent la majorité
aux tories (1713); la paix est signée à Utrecht
(12 avril 1713), une correspondance très active est engagée
entre les ministres de la reine Anne et les agents de la cour de Saint-Germain,
mais l'indolence de Harley (comte d'Oxford) compromet le succès
de cette restauration. Il ne se procure pas assez vite les fonds nécessaires
pour racheter les charges militaires qui se trouvaient encore entre les
mains des whigs. Jacques III gâte tout en refusant de se convertir
à la religion anglicane .
Les whigs apprennent ce complot et réussissent à émouvoir
l'opinion publique. Anne est obligée, le 23 juin 1714, de signer
un décret promettant 5000 livres sterling à quiconque arrêtera
mort ou vif le prétendant en cas de débarquement sur le sol
britannique. Elle força alors Oxford
à donner sa démission et Bolingbroke devint premier ministre
(27 juin), mais il était trop tard. La reine fut surprise d'une
attaque de goutte rendue plus pernicieuse par ses habitudes d'intempérance
: elle expira avant d'avoir pu préparer le retour de son frère.
Le règne de la reine Anne Stuart
a été une des plus brillantes périodes littéraires
de la Grande-Bretagne ( La Littérature
anglaise );
aussi l'histoire a-t-elle été en général très
indulgente pour cette princesse faible, inconstante, mais bien servie.
(Louis Bougier). |
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