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Les
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| Fra Angelico
(Fra Giovanni da Fiesole, dit), célèbre peintre
florentin, né en 1387, dans la province de Mugello, près
du château de Vicchio, à quelque distance de Florence, mort
le 18 mars 1455 à Rome. Issu, selon toute apparence, d'une famille
plébéienne très aisée, il s'appelait simplement
Guido
ou Guidolino di Pietro, c.-à-d. Guide fils de Pierre;
le nom patronymique Santi Tosini qu'on lui a quelquefois attribué
est donc erroné. On ne sait absolument rien de ses jeunes années,
ni de ses premières études d'art. On suppose qu'il eût
pour maître le Florentin Gherardo Starnina. A l'âge de vingt
ans, il entra dans l'ordre de Saint-Dominique à Fiesole, avec son
frère Benedetto, qui se fit un nom comme calligraphe et miniaturiste
(mort en 1448). Ce couvent venait à peine d'être construit,
mais l'art de la miniature A la suite des troubles provoqués
par le schisme, la communauté tout entière dut se réfugier
au couvent de Foligno, d'où la peste
La Conversion de Saint Augustin, 1436. (Source : Museum Images). En 1418, toute la communauté put
enfin retourner à Fiesole, où Fra Giovanni passa dix-huit
années consécutives. Les peintures
Une Annonciation. (Source : Musée du Prado). Transformé en musée en 1867,
ce couvent est un véritable monument consacré par notre sublime
artiste à l'exaltation mystique du christianisme. Tous les principaux
sujets du Nouveau Testament « Dans cette page monumentale, a dit Müntz, l'artiste a parcouru toute l'échelle des sentiments, depuis la douleur la plus poignante jusqu'à l'espérance la plus sereine, la plus inaltérable. Il y a là des gestes, des attitudes dignes du dramaturge par excellence, Giotto. »En 1445 Fra Giovanni se rendit à l'invitation du pape Eugène IV. On suppose que lors de ce voyage il s'arrêta à Cortone et que c'est à ce moment qu'il y peignit, dans le tympan et la voussure du portail de l'église de Saint Dominique, une Madone avec l'Enfant; les quatre Évangélistes, saint Dominique et saint Pierre martyr, fresque fortement dégradée. A Rome, il fut d'abord chargé de décorer la chapelle du Saint-Sacrement au Vatican, L'immortel Nicolas V, qui succéda en 1447 à Eugène IV sur le trône pontifical, témoigna à l'humble artiste de Fiesole encore plus d'attachement et d'égards particuliers. Son traitement, supérieur à celui de Bramante, fut alors de 200 ducats d'or. Les peintures de la chapelle du Saint-Sacrement consistaient en Scènes de la vie du Christ, à fresque, et en portraits de plusieurs personnages vivants, tels que le pape Nicolas V, l'empereur Frédéric, l'archevêque Antonin de Florence, etc. Malheureusement cette chapelle fut démolie sous Paul III, pour le redressement des escaliers, et les portraits, après avoir appartenu à Paolo Giovio, ont également disparu. En été de 1447, Fra Giovanni alla, avec ses élèves Benozzo Gozzoli, Giovanni d'Antonio de Florence et Giacomo d'Antonio de Poli, peindre un Jugement dernier au dôme d'Orvieto; mais l'oeuvre resta inachevée et ne fut terminée qu'en 1499, par Luca Signovelli, en partie d'après les esquisses mêmes de notre maître. En 1449, il décora le cabinet de
travail du pape de fresques retraçant la vie et la mort de saint
Étienne et de saint Laurent, auxquelles il ajouta les figures de
quatre évangélistes et celles de huit docteurs de l'Église.
Dans ses Compositions, il laisse voir combien la vue des monuments
de l'Antiquité conserves à Rome firent, par leur simplicité
et leur noblesse, une impression profonde sur son esprit si plein de modestie
et si porté aux aspirations idéales. D'ailleurs, il s'était
toujours mieux harmonisé, dans le domaine de l'architecture et de
la décoration, avec les principes sévères de l'art
roman, issu de l'antique, qu'avec les raffinements du gothicisme. Ici,
en empruntant plus directement à l'art païen certaines formules,
Fra Giovanni ne se douta nullement qu'il devenait un précurseur
inconscient de la Renaissance
Un Ange. (Source : CGFA). Dans l'histoire de l'art, Fra Giovanni apparaît comme un brillant météore qui laisse derrière lui une traînée lumineuse, mais nullement comme un astre destine à orienter des successeurs. C'est un peintre spiritualiste et subjectif au plus haut degré. La correction des formes physiques n'occupe dans son idée qu'une place secondaire, et, d'ailleurs, en raison de ses scrupules religieux, il ne connut qu'imparfaitement l'anatomie du corps humain. Beaucoup de ses peintures sont dépourvues de relief et ont l'aspect des grandes miniatures, même sous le rapport du coloris; souvent aussi la science du clair-obscur lui fait défaut. Dans la technique, il procède de Giotto, dont il fut le dernier imitateur, et si à cet égard il n'a rien innové, il ne cessa jusqu'à sa mort de poursuivre un progrès constant et acquit une remarquable sûreté de main. Mais il a une originalité propre qui suffit pour lui assurer une gloire immortelle. Pour lui, l'art ne devait servir qu'au triomphe de la religion. Son unique préoccupation, fut de fixer l'idéal qu'il portait en lui et d'incarner ses visions célestes. Ses oeuvres reflètent admirablement son âme tendre et rêveuse, la chasteté de son imagination, l'humilité de son caractère, la profondeur de sa foi, la ferveur de sa piété, l'élévation de son esprit et la sainteté de sa vie, vertus qui lui valurent d'être mis au rang des bienheureux (Il Beato). Son art, est avant tout expressif, mais
empreint toujours d'une suavité et d'une douceur infinies. La douleur
même est voilée d'une teinte de mélancolie sous son
pinceau, et jamais il ne put parvenir à le rendre tragique ou austère,
à l'exemple de Giotto ou d'Orcagna, tout en traitant les mêmes
sujets. On l'a appelé« le peintre des rêves séraphiques
», car ses madones juvéniles, ses anges, ses figures .féminines
en général rayonnent d'une beauté céleste.
L'admiration de ses contemporains s'est formulée dans le surnom
d'Angélique (Fra Angelico), accordé au grand
artiste, et l'humanité restera toujours subjuguée par le
charme de ses créations extatiques qui ravissent l'âme dans
les régions éthérées. Sous ce rapport et sous
celui de l'intensité du lyrisme religieux, Fra Angelico fut sans
prédécesseur, comme il resta sans rival. Nul ne l'avait précédé
dans cette voie, et nul ne l'y suivit. Bien qu'il eût des élèves
tels que Benozzo Gozzoli, il ne fit point école. Il fut dans l'art
le dernier représentant de l'idéal religieux du Moyen âge |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.