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Anaximène

Anaximène. - Philosophe grec, de l'École ionienne, né à Milet entre 550 et 500 av. J.-C. La date de sa mort est inconnue; elle se placerait autour de 499 av. J. C. On le présente comme fils d'Eurytrate, et disciple et successeur d'Anaximandre. Mais on ne possède aucun renseignement sur sa vie. On prétend qu'il perfectionna le gnomon (Gnomonique) inventé par Anaximandre; 

Anaximène  se serait mit, comme Thalès et Anaximandre, à la recherche du principe de toutes choses (La matière antique). Thalès croyait avoir trouvé ce principe dans l'eau, et Anaximandre dans l'espace infini (apeiraton). Anaximène enseigna que l'air est le premier principe d'où sortent toutes choses et en lequel toutes choses se résolvent. Pour lui, si l'on en croit Stobée, (Eclog. Physic., I, ) et Plutarque (de Placitis philosophorum, I, 3, 6.), les mots air, esprit, souffle, âme, éther, essence divine, paraissent avoir été synonymes. "Tout, dit-il, vient de l'air, et tout y retourne". De même que notre âme, tout aérienne, maintient notre corps, de même aussi l'esprit et l'air (pneuma kai ahr) entourent et maintiennent l'univers (dlon ton kosmon).

Les attributs de l'air sont : l'immensité, l'infinité, le mouvement. L'air remplit donc complètement l'espace; grâce au mouvement qui, de toute éternité, lui est inhérent, il se dilate ou se condense. De la dilatation et de la condensation du premier principe résultent ce que le vulgaire appelle les quatre éléments. La vapeur, le brouillard, l'eau, les pierres, le feu lui-même ne sont, d'après ce même philosophe, que des degrés de condensations différentes de l'air nous disent Origène (Philosoph.) et Cicéron (Acad., II, 37, 118.). Mais l'eau, le feu, la terre, ne sont pas des éléments hétérogènes; ce sont des formes différentes d'une substance unique. Des quatre éléments on tire, par un système de déduction facile à comprendre, l'origine de toutes les choses existantes. Ainsi l'École ionienne, après s'être élevée avec Anaximandre à la conception d'un infini supérieur à la matière, revient avec Anaximène à un principe matériel unique.

Ajoutons que comme Anaximandre, son maître et ami, Anaximène soutenait que la Terre est librement suspendue au milieu de l'air condensé, contenu dans la moitié inférieure de la sphère du monde. Mais, au lieu de lui donner une forme sphérique, il la supposait aplatie comme une table (trapezoeion); il donnait la même forme au Soleil

D'accord avec la croyance commune, il se figurait les étoiles fixées comme des clous à une sphère tournante, solide, invisible, à cause de sa transparence. Au-dessous de cette sphère venaient les sphères des planètes, liées à la première de façon à laisser à chaque planète son mouvement propre. Quant à la composition même des planètes, elle serait le résultat de la condensation de matières primitivement à l'état de vapeur. Contrairement à l'opinion de quelques philosophes, Anaximène admettait que le mouvement diurne général du ciel s'effectuait au-dessus aussi bien qu'au-dessous de la Terre flottante.

Au reste, toutes ces hypothèses ne nous ont été transmises que très incomplètement et tellement tronquées, qu'il est souvent impossible de saisir la véritable pensée de leur auteur. 
L'époque de la mort d'Anaximène coïncide avec la destruction de Sardes par les Ioniens, événement qui ne tarda pas a être suivi, en guise de représailles, par la prise de Milet et la soumission de l'Ionie à l'empire des Perses, en 494 avant J.C. Ce pays, où s'était un moment fixée la civilisation ne se releva plus de sa chute.
Anaximène de Lampsaque, fils d'Aristoclès, disciple de Diogène le Cynique et de Zoïle, florissait vers l'an 365 av. J.-C. Précepteur d'Alexandre, il le suivit pendant quelque temps dans ses expéditions. On raconte qu'Alexandre s'étant emparé de Lampsaque, la ville natale du philosophe, et ayant dit à ce sujet qu'il lui accorderait le contraire de ce qu'il demanderait, Anaximène en eut connaissance et pria Alexandre de détruire la ville, ce que celui-ci, gardant fidèlement sa parole n'eut garde de faire. Historien célèbre, Anaximène a composé une histoire de la Grèce jusqu'à la bataille de Mantinée, une rhétorique dédiée à Alexandre, qu'on a, à tort, attribuée à Aristote. On ne retrouve que quelques fragments de tous ces écrits dans Stobée.
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Dictionnaire biographique
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