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Altruisme.
- Amour d'autrui, par opposition à égoïsme,
amour de soi. Terme créé par Auguste
Comte, et adopté depuis, même en dehors de l'école
positiviste, pour désigner, dit Littré,
«l'ensemble des sentiments bienveillants
innés dans l'humain». Ces sentiments ou ces penchants
bienveillants (car ce sont des «sentiments dans l'état passif»
et des «penchants dans l'état actif»), sont ramenés
par Comte à trois : deux spéciaux, l'attachement et la vénération,
et un général, l'humanité, qu'il appelle encore bonté,
sympathie,
amour universel. Ensemble, ils forment les penchants ou sentiments sociaux,
lesquels, avec sept penchants personnels ou égoïstes, rangés
sous les deux rubriques intérêt et ambition, constituent le
domaine du coeur, la sphère entière des «moteurs effectifs»
qui donnent l'impulsion à l'activité intellectuelle et à
l'activité pratique.
Considérés non plus dans
leur nature, mais quant à leur objet, les sentiments altruistes
nous attachent soit à une personne déterminée et de
notre choix, comme l'amour et l'amitié, soit à un groupe
plus ou moins étendu de personnes unies par des liens naturels,
comme les affections domestiques, civiques, philanthropiques. Selon Littré,
qui a, sur ce point entre autres, commenté et développé
avec beaucoup de force la doctrine de Comte, de même que l'égoïsme
provient «de la nécessité de nutrition, qui est imposée
à la substance organisée pour qu'elle subsiste comme individu»,
l'altruisme provient «de la nécessité d'aimer, qui
lui est imposée fondamentalement par l'union des sexes pour qu'elle
subsiste comme espèce».
Cette humble origine de la sympathie, qui
aurait ainsi sa première racine dans l'appétit sexuel, ne
l'empêche pas de «croître en complexité et en
raffinement» jusqu'à devenir un des éléments
essentiels du sens moral et la source des plus nobles actions des humains.
Cette idée a passé dans ce qu on appelle « le positivisme
anglais ». Allant plus loin que Littré, qui reconnaissait
au fond de l'idée de justice une notion pure « de l'ordre
intellectuel, de la nature du vrai », J. Stuart-Mill
ne voit dans le sentiment du juste rien de plus que l'instinct
de défense personnelle généralisé par la sympathie.
(H. M.).
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En
bibliothèque - Aug. Comte,
Cours de philosophie positive, t. I.
-
Littré, la Science au point de vue philosophique: Origine
de L'idée de justice; - la philosophie positive, janv.
1870. - J. Stuart-Mill, On utilitarism. |
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