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Alphonse-Pierre
ou
Pierre-Alphonse
(Rabbi Moïse Sephardi), né à Huesca
en Espagne ,
1062. L'époque de sa mort est inconnue. La première partie
de sa vie paraît avoir été employée à
l'étude et à la pratique de la médecine; mais à
l'âge de quarante-quatre ans, 1106, il abjura la religion mosaïque ,
à laquelle il appartenait par sa naissance, et il se convertit au
catholicisme .
Il fut baptisé le jour de la fête de saint Pierre et il eut
pour parrain Alphonse VI, roi de Castille
et de Léon, qui le prit pour médecin. De là, le nom
nouveau qu'il reçut et qu'il porta dès lors.
Une conversion qui se trouvait ainsi rémunérée
par la faveur royale était suspecte de motifs intéressés.
Alphonse-Pierre s'efforça de la justifier, et dans ce but il composa,
en forme de dialogues, un livre dans lequel il mit autant d'ardeur à
attaquer la religion qu'il avait reniée qu'à préconiser
celle qu'il avait récemment embrassée. Cet ouvrage a été
imprimé pour la première fois, en 1536, sous ce titre : Dialogi
lectu dignissimi in quibus inipiae Judaeorum opiniones [...] Confutantur
quaedamque prophetarum abstrusiora loca explicantur, Cologne, in-8.
Plusieurs théologiens ont fait un
grand éloge de ce livre; parmi eux un homme qui paraissait fait
pour l'admirer, Raimond Martin, auteur du Poignard de la foi, Pugio
fidei adversus Mauros et Judaens, 1278. Après avoir écrit
ses dialogues, Alphonse-Pierre traduisit, de l'arabe en latin, et vraisemblablement
retoucha une compilation qu'il appela Clericalis disciplina. Un
manuscrit de cet ouvrage se trouve dans la bibliothèque de l'Escurial ,
dans la collection des écrivains rabbiniques ; il est intitulé
: Proverbiorum seu Clericalis disciplina libri tres. Ce recueil
a été, de bonne heure et plusieurs fois, traduit en français,
prose et vers. Un des traducteurs de la Discipline de clergie décrit
en ces termes le travail de l'auteur
«
Il l'a compilé en partie des proverbes des philosophes arabiques
et de leurs chatoiements, et des fables et des vers; en partie de semblances
de bêtes et d'oiseaux ».
Une traduction en vers français a été
faite au XIIIe siècle, avec ce titre
: Castoiements d'un père à son fils ;
elle a été imprimée pour la première fois,
en 1760, Paris, in-8. |
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